La peur des barbares ; au-delà du choc des civilisations

À propos

Comment répondre au terrorisme sans faire, hors de chez soi, un usage abusif de la force en s´engageant dans des actions militaires aussi disproportionnées qu´inefficaces (exemplairement incarnées par la guerre en Irak) ? Comment réagir, sur son territoire, face à ce que l´on considère comme une atteinte aux valeurs démocratiques sans montrer cette « fermeté » qui est un autre nom pour l´intolérance ?
Sans baisser les bras face aux dangers ni céder à l´angélisme, les démocraties occidentales doivent veiller à ne pas se laisser entraîner par la peur dans une réaction excessive, qui risque ? et a parfois déjà commencé ? de les faire sombrer à leur tour dans la barbarie. L´enjeu : refuser, d´une part, de perdre son âme en piétinant les valeurs mêmes que l´on défend, éviter, d´autre part, d´envenimer des conflits dont l´embrasement ? à une époque où les moyens de destruction massive sont à la portée de chacun ? pourrait mettre en danger la survie de l´espèce humaine.
Pour discuter ces questions sensibles, Tzvetan Todorov a fait appel à sa connaissance intime de l´histoire des cultures et des idées ; il nous livre un essai lumineux où les différentes approches ?, philosophique, anthropologique, politique ?, se mêlent à l´observation critique de l´actualité dans un va-et-vient constant entre présent et passé. Une véritable « boîte à outils » pour appréhender les enjeux du monde contemporain.0400 À l´intérieur des pays occidentaux, et singulièrement européens, où habite depuis plusieurs décennies une importante minorité provenant des « pays du ressentiment », on retrouve des situations qui illustrent la formule du remède pire que le mal. Cette minorité pratique une religion, l´islam, différente de celle de la majorité ; et, surtout, dans l´organisation de sa vie sociale, elle lui accorde une place qui ne correspond pas à celle que les démocraties libérales contemporaines réservent à la religion, quelle qu´elle soit. Il en résulte, sur toute une série de questions touchant à la vie quotidienne, des frictions entre différentes parties de la population. Comment diminuer ces frictions ? C´est ici qu´apparaît une réaction malencontreuse, à savoir la « fermeté », euphémisme pour l´intolérance.
Personne n´est entièrement satisfait des conditions dans lesquelles il vit, on a même souvent l´impression que ces conditions se dégradent. À qui la faute ? L´on est tenté de chercher une réponse simple et un coupable facile à identifier : c´est cette tentation qui produit les mouvements et partis populistes. Le populisme de gauche répond : c´est la faute aux riches, il faut prendre leurs biens et les distribuer aux pauvres. Le populisme de droite défend non une classe sociale mais une nation et, à la même question, répond : c´est la faute aux étrangers. La xénophobie constitue le programme minimum des partis d´extrême droite, qui ont dû abandonner leurs autres thèmes de prédilection, l´anticommunisme et le racisme. Depuis quelques années, ces partis ont renforcé leur audience dans une bonne moitié des pays membres de l´Union européenne. Ils ne jouent nulle part le premier rôle mais, ici et là, sont devenus indispensables aux coalitions qui détiennent le pouvoir. Si celles-ci veulent le garder, elles doivent satisfaire les exigences de l´extrême droite en matière d´immigration et de cohabitation ? autrement elles risquent de perdre les voix des électeurs.
Cette xénophobie générale se double de ce qu´il faut bien appeler une islamophobie, même si le terme est parfois employé abusivement. Les deux formes de rejet ne se recoupent que partiellement : l´islamophobie ne concerne qu´une partie des immigrés, mais elle ne s´arrête pas aux frontières du pays ; néanmoins, la majorité des immigrés actuels en Europe sont bien d´origine musulmane. Or attaquer les immigrés est politiquement incorrect, alors que critiquer l´islam est perçu comme un acte de courage ; l´un peut donc venir à la place de l´autre.
Ce choix particulier de tradition à repousser a des raisons multiples et pour une part anciennes. L´islam est longtemps apparu comme un rival du christ

Rayons : Sciences humaines & sociales > Sciences politiques & Politique > Vie politique dans le monde

  • EAN

    9782221121641

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    247 Pages

  • Poids

    1 090 Ko

  • Lectorat

    Tout public

  • Distributeur

    ePagine

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    Editis

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    ebook (ePub)

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