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Les aventuriers de l'absolu

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Philosophie

Les aventuriers de l'absolu

À propos

0300 Pendant des millénaires notre rapport à l´absolu, notre besoin de plénitude, a été vécu dans le cadre de l´expérience religieuse. Puis la référence au monde divin à cédé sa place à des valeurs humaines. Aujourd´hui, l´aspiration à la plénitude (au sacré, au sublime, à l´infini...), à une qualité de vie supérieure fait partie du "projet de vie" de chacun. Mais comment la mener ? Où doit-elle nous conduire ?
Parmi les tentatives contemporaines extraordinairement variées de toucher à l´absolu, Tzvetan Todorov a voulu en retenir une : celle qui interprète cette expérience comme une quête de la beauté et l´art comme le moyen d´y accéder. Et il s´est attaché à trois serviteurs de la beauté ? Oscar Wilde, Rainer Maria Rilke, Marina Tsvetaeva ?qui ont toute leur vie aspiré à une forme de perfection, et en ont fait le projet de leur existence.
Dans un livre qui nous rappelleMémoire du mal, tentation du bien, Tzvetan Todorov ne nous offre pas seulement une triple et passionnante biographie, mais aussi une réflexion sur l´art de vivre. Le culte de la beauté et la pratique des arts ne suffisent pas à organiser l´ensemble d´une vie, conclut-il au terme de son cheminement. Nous sommes des êtres imparfaits, non des anges, et ne pouvons vivre dans une extase continuelle, dans le seul ravissement de la plénitude. La voie ne serait-elle pas de trouver une beauté dans le quotidien qui permette de découvrir le sens de la vie ? Dans leur quête, Wilde, Rilke et Tsvetaeva ont connu l´échec, mais ils ont montré le chemin.
0400 L´« aventure » est à entendre ici en un double sens : ils n´empruntent pas des chemins bien balisés mais ouvrent des voies nouvelles ; et, intrépides, ils ne s´arrêtent pas prudemment à mi-chemin mais vont aussi loin que possible, au risque de leur bonheur, voire de leur vie : ce sont des explorateurs de l´extrême. C´est pour cette raison que leur expérience, sans ressembler à celle du commun des mortels, est éclairante pour tous. Il fallait qu´on ait affaire à des individus qui non seulement avaient aspiré à une forme de perfection, mais qui en avaient au préalable conçu le projet et qui l´avaient consigné par écrit. C´est le prix à payer pour qu´on puisse confronter théorie et pratique, jauger le projet à l´aune de sa réalisation. Cette condition nous oriente vers la vie d´êtres dont le rapport à l´absolu touche à leur profession même : ce seront des artistes, serviteurs de la beauté. Et, plus particulièrement, ceux parmi eux qui ont laissé des témoignages abondants, éloquents et fiables de leur expérience : donc des écrivains. Stefan Zweig, qui publiait en 1928 un essai intituléTrois poètes de leur vieet consacré aux destins de Casanova, Stendhal et Tolstoï, justifiait ainsi son choix : « Seul le poète peut être un Selbstkenner », c´est-à-dire celui qui se connaît lui-même.
Tous les écrivains ne s´engagent pas dans cette voie, mais ceux parmi eux qui ont voulu le faire et ont laissé des traces écrites de leur tentative, offrent une riche matière pour notre exploration. On ne trouvera pourtant guère, dans ce qui suit, des pages de critique littéraire. Les oeuvres, on le sait, ne permettent jamais d´accéder avec certitude à la vie de l´auteur. De plus, la question qui nous importe ne concerne pas la structure et le sens des oeuvres, mais la possibilité ou non de prendre exemple sur quelques existences passées pour mieux régler la nôtre ; ou en tous les cas d´éclairer la nôtre par la leur. Qu´il s´agisse d´existences d´écrivains est une commodité, non une nécessité. La matière privilégiée sera donc constituée pour nous, non par les oeuvres de ces auteurs, mais par leurs écrits intimes, là où ils parlent d´eux-mêmes, de leur choix de vie, de leurs réussites et échecs.
Parmi ces écrits, complétés à l´occasion par d´autres sources, c´est la correspondance qui tient une place privilégiée. La lettre se situe à mi-chemin entre le purement intime et le public, elle s´adresse déjà à un autrui pour qui l´on se peint et s´analyse, mais cet autrui est un individu que l´on connaît, non la foule impersonnelle. Les lettres manife

Rayons : Sciences humaines & sociales > Philosophie > Philosophie généralités > Essais / Réflexions / Ecrits sur la philosophie

  • EAN

    9782221121665

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    242 Pages

  • Poids

    1 039 Ko

  • Distributeur

    ePagine

  • Diffuseur

    Editis

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    ebook (ePub)

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