[eBook] Les aventures d'Arthur Gordon Pym

Traduction CHARLES BEAUDELAIRE  - Langue d'origine : ANGLAIS

Résumé

Le plus grand livre non terminé de toutes les aventures de mer : mais attention, c'est le manuscrit d'Arthur Gordon Pym, qui n'est pas terminé, et pour cause... La scénographie qu'en fait Edgar Poe, présent tout au début et à la toute fin, pour expliquer la disparition de Pym, est magistrale. Comme magistral le premier constat : oui, bien sûr, un grand récit de mer. On y retrouve, comme dans les grands films de genre des grandes périodes de l'âge classique, le naufrage, la tempête, la mutinerie, des cadavres et des fantômes, des requins (qui avalent l'ami d'enfance, celui par qui toute l'aventure a commencé), puis le cannibalisme, tout quoi. Et pourtant, dès les premiers chapitres, on le sait: on est chez Edgar Poe et pas un autre. Tout est vu comme dans un rêve, tout est vu comme dans un livre. Hallucinant récit du narrateur caché dans la cale de la goélette, dans une caisse pas plus grande qu'un cercueil, mais équipée de livres, d'encre, plume et papier - tout le livre alors aurait pu naître de cette cachette imaginée, dans le fond d'une goélette partie de Nantucket et dont vous ne savez rien, pas plus qu'eux ne savent votre présence ? Et puis la fascination de l'auteur de "Eureka" pour la science... On sait le mystrère de son "Manuscrit trouvé dans une bouteille", où les vagues et les hommes grandissent à mesure que le bateau fonce vers le Pôle Sud, et que le temps se ralentit (le temps du narrateur n'est pas le même que celui du capitaine, lequel est lui-même en train d'écrire le journal de son aventure)... L'Antarctique n'a pas été découverte par des marins : mais bien par les physiciens et astronomes, pour des déductions liées à la masse de la terre. Et c'est bien vers le Pôle Sud, donc voyage sans possible fin, que Pym et Poe, Poe et Pym nous emportent - avec des îles mystérieuses, des géants et cavernes, et un labyrinthe qui fera que le livre se termine par un vertige : l'écriture même, l'écriture mais inconnue. Alors on imagine le régal de Baudelaire, habitué aux proses courtes d'Edgar Poe, et se confrontant à un voyage en mer qui doit lui rappeler le sien. Mots anciens, figures prises à la Tempête de Rabelais, l'impression qu'il s'amuse. La recréation des "Aventures d'Arthur Gordon Pym" comme rêve de Baudelaire est probablement ce qui, à jamais, conditionne le nôtre... FB

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  • EAN 9782814505247
  • Disponibilité Disponible
  • Nombre de pages 384 Pages
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Edgar Allan Poe

1809-1849 La vie d'Edgar Poe fut une longue pérégrination, de ville en ville et de solitude en solitude, dans une Amérique qui ne peut le comprendre.ÿFils d'acteurs de tournées, phtisiques et alcooliques, il naît dans une roulotte cahotante. En 1811, il est orphelin et confié à la charité de la bourgeoisie de Richmond. Il est adopté par la famille Allan qui s'installe pour quelque temps à Liverpool: l'Angleterre mystérieuse va impressionner l'enfant et lui donner le goût du fantastique macabre. Il suit des études classiques et littéraires. A l'Université de Virginie, il commence à contracter des dettes de jeu et rompt avec son père adoptif qui refuse de les payer.ÿEn 1833, il connaît un premier succès en remportant un prix à un concours organisé par le Saturday Visitor de Baltimor avec son récit "Manuscrit trouvé dans une bouteille". Il entre au Souther Literary Messenger de Richmond et en deviendra rédacteur en chef en 1835. Mais l'alcool et les drogues le plongent dans des accès de dépression et il perd son emploi. Dix ans plus tard, il publie le Corbeau qui bouleverse le public. Poe connaît alors une courte période d'engouements et de succès mondains. Les dettes et l'alcool le précipitent définitivement dans la déchéance.ÿNul ne saura jamais ce que furent les derniers jours de sa vie: on le découvre, le 3 octobre 1849, dans un ruisseau, près de Light Street à Baltimore. Il meurt quatre jours plus tard au Washington Hospital.ÿÿ"Je n'ai commis qu'une seule faute: je n'ai pas su être heureux. Jamais! Pas même un jour, pas même une heure. La création elle-même, joie des poètes plus sensibles, était pour moi plus angoissante que rédemptrice. La cause première de mon infortune, maintenant, je la connais. J'ai toujours eu peur de la vie. D'une sensibilité exacerbée et malade depuis ma plus tendre enfance, secoué, ébranlé jusqu'au bout par la malchance et la misère, la vie de tous les jours, la réalité quotidienne étaient pour moi un continuel motif de terreur. J'avais l'impression d'être contamment suspendu à la limite des deux royaumes, d'être un enfant à demi mort, enchaîné, de façon incompréhensible, à un spectre nostalgique. L'enfant avait peur des ténèbres; le spectre, de la lumière. L'un et l'autre aspiraient à la mort et la redoutaient tout ensemble. La vie, c'était pour moi l'hallucination, l'ennemie, la condamnation. Chaque fois que je tentais de m'accorder avec elle, j'étais blessé, repoussé; je me faisais l'effet d'un ange voulant s'asseoir à un banquet de monstres. L'amour lui-même ne parvint pas à me sauver, car la femme est une des plus parfaites incarnations de la vie, et j'avais de la vie une indicible terreur." (Le Jugement Universel de Giovanni Papini)

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