Azouz Begag

  • Le vieux s'est échappé, une fois de plus. Il marche au bord de l'autoroute, hagard et obstiné, prétendant arriver à Marseille et de là prendre le bateau pour rentrer dans son pays. Mais si ses fugues à répétition mettent la famille en émoi – son fils surtout, Azouz, qui se sent vaguement coupable de les avoir provoquées – elles se terminent en général dans un café miteux de Lyon, entre les parties de dominos, le thé à la menthe et les disputes qui entretiennent l'amitié.
    Bouzid Begag, ancien travailleur du bâtiment, n'a plus toute sa tête. Il a contracté la maladie d'Ali Zaïmeur, disent ses copains du Café du Soleil. Une maladie " qui mange les souvenirs des gens, déjà qu'on n'en avait pas beaucoup ".
    En hommage à un père déclinant, Azouz Begag a composé le plus vibrant et le plus mélancolique des chants d'amour, dévoilant avec émotion un nouveau pan de cette vérité intime qu'il avait commencé à nous révéler dans Le Gone du Chaâba.
    Azouz Begag, écrivain né à Lyon, chercheur en sociologie urbaine au CNRS, a été ministre de la Promotion de l'égalité des chances de 2005 à 2007. Il est l'auteur d'une cinquantaine de romans et d'essais, parmi lesquels Le Gone du Chaâba (1986), Un mouton dans la baignoire (2007), La voix de son maître (2017) et La Faute aux Autres (2017).

  • Salam Ouessant

    Azouz Begag

    « Mes filles, vous verrez comme c’est beau la Bretagne ! »Mais qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête de ce père divorcé pour trainer à Ouessant contre leur gré deux gamines qui fantasment sur le soleil algérien ?Dans sa vie, il est passé à côté de pas mal de choses : le Lyon de son enfance, son pays « d’avant », un amour de jeunesse, son ex femme, et maintenant peut-être même ses adorables pestes de filles... Leur arrivée à Ouessant sous une pluie battante n’augure rien de bon. Mais il faut toujours compter sur la magie des îles…Débordant d’émotion, de tendresse, de drôlerie, le roman d’Azouz Begag, l’auteur du Gone du Chaâba, mêle à la mélancolie du gris de l’océan les accents ensoleillés de ses deux jeunes héroïnes dont la gouaille algéro-lyonnaise va s’avérer contagieuse !

  • Il est des routes qui n'ont pas de carrefour, celle du père, ancien berger, ignorant les découvertes scientifiques de l'humanité et celle du fils qui a dejà rejoint le savoir du monde moderne. Comme dit l'instituteur, "le monde appartient à ceux qui posent des questions".

    Azouz Begag est un écrivain, chercheur et homme politique français. Il est né à Lyon en 1957 et est titulaire d'un doctorat en sciences économiques. Depuis 1986, il est chercheur au CNRS. Il a été ministre de l'égalité des chances de 2005 à 2007 et diplomate à Lisbonne de 2013 à 2015. Il est aussi essayiste et scénariste pour le cinéma et la télévision. Le Gone du Chaâba, récit autobiographique publié Au Seuil en 1986, a été un grand succès en librairie et a été adapté en 1997 au cinéma.

  • Les profs trouvent qu'il s'en sort bien "pour un étranger". Les policiers s'adressent à lui en petit-nègre. Lui, il s'est choisi un drôle de nom, qu'il aime "parce que là, on voit pas que je suis arabe. Pas comme Ben Abdallah que je suis obligé de porter comme une djellaba toute la journée en classe."
    Béni est français. Ses parents, algériens. Et la société, compliquée. Alors quand on lui demande d'où il vient, il répond qu'il est "d'origine humaine", pour rire...
    Dans les années 70, lorsque les cités ne sont pas encore des "téci", un adolescent apprend à ravaler la honte et la colère pour laisser libre cours à sa rage de vivre communicative.

  • " Ce soir, il est rentré à la niche, il s'est posé devant l'entrée, son coin favori, et il m'a appelé d'un air malin que je connaissais sur le bout des oreilles.
    - Viens, approche-toi de moi, fiston.
    Fiston tu parles ! Je l'ai reluqué en chien de faïence. Je me doutais qu'il allait me demander un service, faire des courses pour lui ou quelque chose comme ça. Il a dit :
    - Enlève-moi mes tiques, je suis lessivé.
    Je n'ai pas pu refuser.
    Il en avait deux énormes, plantées dans le cou. Il a dit en maugréant :
    - Oui, là ! J'en ai plein le cou.
    J'ai dit :
    - De quoi ?
    - Des tiques, pardi !
    J'étais expert en tiques. En cinq minutes, je les ai trouvées et je leur ai fait leur anniversaire. C'étaient des tiques nerveuses, les pires, celles fabriquées par la maladie du travail. Faire tourner la roue, comme son propre père l'avait fait, faisait de mon chien de père une proie facile pour toutes les tiques du monde. Il avait l'impression d'avoir manqué le coche, d'être passé à côté de la vraie vie. Ça lui donnait des boutons, des insomnies, des regrets... "
    A. Begag
    Après Le Gone du Chaâba, Béni ou leParadis privé, Les Chiens aussi est le récit bouleversant d'un fils d'immigrés algériens. A travers l'enfance révoltée, où le " gone " jure qu'il ne sera pas un éclopé de la vie au pays des ignorants, est révélée une autre vie " au pays du Bonheur ". Une quête poignante où chaque cri est un coup de cœur et fera battre des montagnes à ce " fils de chien ".

  • Dernier témoin vivant des vagues d'immigration qui ont fait escale à Lyon au cours des siècles, la place du Pont a longtemps cristallisé les haines, les psychoses et les fantasmes des Lyonnais. L'auteur raconte l'évolution de ce quartier, la Médina de Lyon, et sa reconquête par les pouvoirs publics.

  • «S'intégrer, c'est pourtant simple», «Être intégré, c'est se faire discret», «Certaines cultures s'intègrent mieux que d'autres», «L'immigration menace l'identité française», «La langue est un puissant facteur d'intégration», «L'intégration passe par le mariage mixte», «L'intégration, c'est la reconnaissance sociale»...
    Autant d'idées reçues que nous entendons fréquemment et qui son ici analysés par Azouz Begag.

  • Le passeport

    Azouz Begag

    Que vaut la vie d'un flic dans une ville en guerre ? Chaque matin, c'est la question que se pose Zoubir El Mouss, alias Zouzou, ancien agent de la circulation qui rêvait d'une existence heureuse à regarder passer les " gazelles " aux carrefours d'Alger la blanche. Ses collègues, grands consommateurs de tranquillisants, Simon, Géloule et Karamel, ne sont pas mieux lotis. Tous les quatre sont maintenant serrés dans une Toyota, un huis-clos ambulant à l'image de leur vie. La peur au ventre, ils roulent en écoutant les instructions radio qui les dépassent. Leur fréquence est interceptée par les " fous de Dieu ", les " coupeurs de têtes ", qui possèdent des renseignements complets sur chacun d'eux. Mais ce qu'Azouz Begag fait défiler à cent à l'heure comme dans un rétroviseur, c'est le chaos d'un monde, le nôtre, la chronique de toutes les dictatures, d'où qu'elles soient, incarnées par ces policiers perdus qui se trompent de cible avant de mourir à leur tour.
    Seul, peut-être, Zouzou s'en tirera...

  • Un soir de novembre 2003, à la Foire du Livre de Brive-la-Gaillarde, le romancier et sociologue Azouz Begag, enfant des bidonvilles et de la banlieue à Lyon, croise Dominique de Villepin, flamboyant ministre des Affaires étrangères. Sur le mode de la plaisanterie, Azouz lui fait savoir combien il aimerait être ambassadeur dans quelque pays lointain d'Afrique.Dix-huit mois plus tard, le jeudi 2 juin 2005, son portable sonne : c'est Villepin, nouveau Premier ministre, qui lui annonce de but en blanc qu'il l'a nommé ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances.Une nomination symbolique pour incarner la diversité française ? ou bien une promotion destinée à faire contrepoids à l'image répressive du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy ?De fait, à compter du jour où le mot « racaille » est lancé par ce dernier et à compter du début de la crise des banlieues de novembre 2005, c'est la guerre ouverte entre l'hôte de la place Beauvau, son entourage, et le ministre délégué, insulté, ignoré, bafoué, confiné dans sa rage et sa persévérante volonté de bien faire.C'est la chronique de ces deux ans d'expérience gouvernementale, unique dans les annales de la République que retrace ce récit haut en couleurs.

  • Les immigrés sont-ils mobiles ? Quel usage font-ils de la ville ? Quel rôle peuvent jouer les transports, en particulier collectifs, dans leur vie quotidienne ? Autant de questions dont les réponses passent par une meilleure compréhension du choc culturel et de la condition sociale vécues par ces populations. Les réponses nécessitent aussi que soit brisée l'image déformante d'une population maghrébine considérée comme uniforme. Ainsi, ce livre montre toute la diversité des situations, des attitudes, des perceptions de la ville et de la société, même lorsque les personnes que l'auteur a regardé vivre et écoutées habitent sur le même palier.

  • Les transports jouent un rôle capital dans la vie quotidienne immigrés voués à la vie dans les banlieues. Le vécu quotidien des déplacements nous conduit au coeur des problèmes d'intégration. Dans ce livre, les immigrés prennent la parole pour dire comment ils ressentent ce que leur font vivre ces déplacements entre ville et banlieue, entre le monde du travail, les lieux de consommation et ces habitats qui ressemblent si souvent à des ghettos. Le terrain choisi a été Vaulx-en-Velin. À la lecture de leurs propos, on comprend mieux pourquoi les flammes ont embrasé le Mas-du-Taureau en octobre 1990.

  • L'arbre ou la maison Nouv.

    L'arbre ou la maison

    Azouz Begag

    Rentrée littéraire Julliard 2021.De retour en Algérie, deux frères redécouvrent la maison de leur enfance en même temps qu'un pays en pleine révolution démocratique.Un voyage initiatique de chair, de larmes et de rires.Après des années d'absence et la mort de leur mère, deux frères lyonnais, Azouz l'intellectuel et Samy l'arboriculteur, binationaux franco-algériens, décident de rentrer quelques jours à Sétif, le temps de nettoyer les tombes de leurs parents et de vérifier l'état de la maison familiale. Tandis que Samy bougonne à l'idée de remettre les pieds dans cette ville où tout dysfonctionne, Azouz est impatient d'assister à la révolution démocratique qui secoue le pays. Par-dessus tout, il espère retrouver Ryme, la femme qu'il aime depuis toujours, son cordon ombilical avec la terre de ses ancêtres. Mais à Sétif, Samy et Azouz ne reconnaissent plus rien, et aux yeux des locaux, ils sont devenus des étrangers, des
    bi. Quant à Ryme, l'amour de la liberté lui a donné des ailes, comme à son peuple. L'aura-t-elle attendu ? Enfin, l'arbre planté par leur père devant la maison, un demi-siècle plus tôt, a tellement grandi que ses racines en menacent les fondations. Les deux frères se retrouvent ainsi face à un dilemme : garder l'arbre
    ou la maison.
    Dans ce roman pétri de tendresse et d'humanité, Azouz Begag confronte avec un irrésistible sens de l'humour la nostalgie de l'enfance à la réalité d'un pays en pleine effervescence, résolument tourné vers l'avenir.

  • Un musée extraordinaire où Ali et Jérémy collectionnent des gouttes d'eau de pluie, des éclairs d'orage électrisés, des courants d'air en pleine course ou des clairs de lune pétillants de blanc... A partir de 7 ans.

  • Dans la ville française, l'idée d'un ghetto, de quartier renfermé sur lui-même, de cité enclavée, ne sied pas aux modèles d'intégration sociale et spatiale. Et pourtant... depuis plusieurs années, on assiste à une dérive régulière de certains quartiers en difficulté par rapport à la ville centrale, par rapport à la société Le quartier devient alors territoire de repli. Les modes de régulation sociale qui s'y développent outrepassent les cadres réglementaires et légaux. Pendant un an, Azouz Begag et son équipe ont exploré en Avignon, derrière les remparts, dans les immeubles HLM, les espaces de "l'être loin" et de "l'être près de"... pour donner du sens au mot intégration.

  • France, immigrés, islam, musulmans, intégrisme, foulard coranique, arabe, Rushdie, Khomeyni, mosquée, minaret, chiites, terrorisme, Abdallah, Georges, clandestins, réfugiés, frontières, djihad, Allah akbar ! Beurs, froms, feujs, identité française, mosaïque : douce France, cher pays de mon enfance... Bouzid, installé en terre gauloise depuis quarante a Retraité. Analphabète. A compris que l'aventure ne se terminera pas avec lui. Un soir d'hiver dans un appartement de banlieue, après le dîner, il se lève, va dans sa chambre, installe par terre son tapis « made in Corea », cherche la bonne direction et prie Allah à genoux. A ses côtés, Louisa, sa petite-fille aux cheveux blonds, le regarde, intriguée, du haut de ses deux ans, et elle demande à l'assemblée : « Qu'est-ce qu'il fait pépé ? » Tout le monde rit. Une histoire est terminée. Une autre commence. Elle a les cheveux blonds et le teint méditerranéen : intégration.

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