Isabelle Mandraud

  • Beaucoup de choses ont été dites sur la façon dont on entre dans le djihad, mais très peu sur la façon dont on en sort. Le témoignage d´Abdelhakim Belhadj, émir du Groupe islamique combattant libyen, apporte un regard exceptionnel sur un univers radicalisé qui préoccupe, à bon droit, les Occidentaux. Les clivages et les luttes d´influence traversent cet univers que l´on croyait homogène, bien loin de l´image que l´on s´en fait.Aujourd´hui âgé de 47 ans, cet ancien compagnon de route de Ben Laden, livré en 2004 par la CIA à Kadhafi, a participé en août 2011 à la libération de Tripoli. Devenu gouverneur militaire de la capitale libyenne, Belhadj s´est ensuite présenté aux premières élections libres de Libye. Dans un pays décrit comme un nouveau sanctuaire du terrorisme, le djihadiste repenti est devenu un interlocuteur des chancelleries étrangères inquiètes, et une sorte d´ambassadeur des islamistes qui tâtonnent dans le tourbillon du « Printemps arabe ». Tournant le dos à la lutte armée, Abdelhakim Belhadj prône aujourd´hui un système pluraliste fondé sur le vote.

  • Au pouvoir depuis vingt ans, Vladimir Poutine a ouvertement annoncé son intention de replacer la Russie au centre de la politique mondiale. Sa stratégie : perturber les règles du jeu partout où il le pourra. C'est ce que montre cette enquête passionnante.

    Isolée par son intervention en Ukraine, la Russie s'est servie du conflit syrien comme d'un tremplin pour revenir en puissance dans les affaires internationales. Le chef du Kremlin use, sans complexe, de méthodes de déstabilisation hors-champ et recourt à ses réseaux de l'ombre en Europe, aux États-Unis, dans l'espace postsoviétique, en Afrique, en Asie, et jusque dans le Grand Nord. Tous les moyens sont bons : ingérence dans des élections, élimination d'opposants, pressions politiques, économiques et énergétiques, cyber-attaques, interventions militaires...

    Face à cette offensive globale, les Occidentaux, divisés, hésitants, voire bienveillants, semblent incapables de trouver une parade efficace. Moscou façonne pourtant un monde plus dur, instable et conflictuel. Un monde où le rapport de force s'impose sur la coopération, où les droits de l'homme s'effacent, où la démocratie cède devant l'autocratie. Un monde favorable aux ambitions du Kremlin que Vladimir Poutine impose par sa stratégie du désordre.

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