Jan Baetens

  • Après, depuis Nouv.

    Après, depuis est un livre de deuil. Cette chose tout à fait commune, ce thème en soi banal se voient traités ici sur un mode particulier, qui fait basculer le ton forcément subjectif de l'expérience unique vers un cadre plus général, non pas impersonnel mais susceptible d'être investi par n'importe quel lecteur. En six étapes, de la chambre vide à la maison à vendre, chacune d'elles rédigées et composées dans un style et un rythme différents, ce livre fait le tour de ce qui reste et de ce qui change après la mort d'un être aimé. Le ton du livre rappelle par moments les grands textes lyriques de John Ashbery, mais aussi la fantaisie des listes telle qu'on la trouve chez Borges ou Sei Sh?nagon. L'essentiel pourtant est le souci de lisibilité, puis la tentative de dépasser le vécu purement individuel. Après, depuis est une élégie dont la grande ambition est d'offrir un écho, certes décalé mais parfaitement reconnaissable, de la vie de ses lecteurs.Auteur francophone de langue maternelle néerlandaise, Jan Baetens est l'auteur de quelque vingt recueils de poésie, dont SLAM, poèmes sur le basketball, Cent ans de bande dessinée (en vers et en poèmes), Vivre sa vie, une novellisation en vers du film de Jean-Luc Godard ou Ici, mais plus maintenant. Les styles et thèmes de ces livres varient considérablement, mais leur point de départ est toujours le même : la vie quotidienne, refaite et repensée par la littérature. Il est également l'auteur de nombreuses études sur les rapports entre textes et images, dont récemment Le roman-photo (en collaboration avec Clémentine Mélois, éd. du Lombard) et Adaptation et bande dessinée (Les Impressions Nouvelles). Aux éditions JBE, il vient de publier le «?remix?» d'une collection privée de ciné-romans-photos, Une fille comme toi.

    Jan Baetens est l'auteur de quelque vingt recueils de poésie. Les styles et thèmes de css livres varient considérablement, mais leur point de départ est toujours le même : la vie quotidienne, refaite et repensée par la littérature. Il est également l'auteur de nombreuses études sur les rapports entre textes et images, dont Le roman-photo (avec Clémentine Mélois) et Adaptation et bande dessinée. Il vient de publier le « remix » d'une collection privée de ciné-romans-photos, Une fille comme toi.

  • De tous les genres littéraires, le roman-photo est à la fois le plus méprisé et le moins connu. Pour le roman-photo a l'ambition de révéler toute la richesse de ce genre hybride, dont l'importance est capitale à une époque où se rapprochent littérature et photographie. Abordant aussi bien les stéréotypes du roman-photo sentimental que les inventions du roman-photo moderne, notamment sur Internet, le livre nous donne d'abord un aperçu très richement illustré de l'histoire du genre, que l'auteur compare à ses faux frères, la bande dessinée et le ciné-roman. Il examine aussi la manière dont texte et image peuvent s'allier pour inventer des récits entièrement inédits. Il propose enfin des analyses des grands auteurs du « nouveau roman-photo » (Marie-Françoise Plissart, Michael Snow, Sophie Calle ou Suky Best). Prenant le contrepied de tout ce qu'on écrit depuis cinquante ans, cet essai nous invite à lire, d'urgence, des romans-photos.

  • Est-il vrai, comme l'écrivait Léon-Paul Fargue, il y a près de cent ans, qu'il y a « trop de livres dans les boutiques, trop de pages dans les livres, trop de phrases dans les pages, trop de lignes dans les phrases, trop de mots dans les lignes, trop de lettres dans les mots » ?
    L'inquiétude de Fargue est toujours la nôtre, et elle ne cesse de s'amplifier.
    Comme un rat est comme une réplique à ces angoisses, par exemples interposés : exemples de ce qui mérite d'être lu et, surtout, relu ; exemples de ce qu'il est inutile de lire ; exemples de questions qu'il importe de poser aux livres qu'on s'apprête à donner à l'impression ; exemples d'enthousiasmes et de regrets ; exemples de sujets (et d'auteurs !) à retrouver, voire à inventer. On y croisera chemin faisant Jean Paulhan, Léon-Paul Fargue et Valery Larbaud, Julien Gracq et Henri Thomas, Bernard Frank et Maurice Debroka, Jacques Borel, Michel Lafon, Jean-Benoît Puech et plusieurs autres ; des réflexions sur les vertus du livre pauvre, la fécondité des erreurs d'interprétation, l'âge des textes et des lecteurs, les plaisirs de l'allusion et la disparition des timbres-poste ; mais aussi des croquis de Grenade et de Brattleboro, car la vie est inséparable de la fréquentation des livres.
    Comme un rat n'est pas une bibliothèque idéale. C'est plutôt un livre qui essaie de faire le point, sur le sens du temps qu'on passe avec les livres comme sur les mystères que les textes nous aident à ne pas toujours comprendre.
    Jan Baetens est l'auteur de près de vingt recueils de poésie. Il a publié plusieurs études sur la bande dessinée, la novellisation et le roman-photo, ainsi que deux essais sur la poésie contemporaine : Pour en finir avec la poésie dite minimaliste et À voix haute. Poésie et lecture publique (tous deux parus aux Impressions Nouvelles). Son premier roman, Faire sécession, a paru en 2017 chez L'herbe qui tremble.

  • Vivre sa vie

    Jan Baetens

    « La poésie est comme la philosophie - ou devrait au moins faire comme elle, c'est-à-dire commencer par un moment de doute absolu. Tout poète a intérêt à se poser la question suivante, éminemment cartésienne : la poésie, à quoi bon ? La poésie, pour quoi faire ? À ces questions, des auteurs comme Raymond Queneau et Francis Ponge m'ont toujours aidé à trouver une sorte de réponse. » Cette anthologie propose un parcours de l'oeuvre poétique de Jan Baetens au travers de plusieurs de ses recueils : Autres nuages (2012), Vivre sa vie (2005), Cent ans et plus de bande dessinée (2007) et Cent fois sur le métier (2003). Elle comporte également plusieurs prises de position de l'auteur.

  • Hergé écrivain

    Jan Baetens

    La lecture critique de la bande dessinée valorise souvent la dimension purement visuelle des planches au détriment du texte. C´est sous-estimer un pan décisif de cet art, et singulièrement tout le sel des albums d´Hergé. Son oeuvre, qui transforme la bande dessinée en genre littéraire, invente en effet un nouvel équilibre entre l´iconique et le verbal. Dans le cas d´Hergé, la «ligne claire» est autant question d´écriture que de dessin. Voilà ce que démontre brillamment l´essai de Jan Baetens, initialement publié aux éditions Labor et entièrement revu pour la présente édition. Dans le «style» d´Hergé, le souci du texte complète le goût des histoires et l´invention linguistique renforce les trouvailles de mise en page ; ce sont dans les jeux sur les mots, les lettres, les phylactères et la narration que l´on découvre un Hergé véritablement «écrivain».

  • La poésie, aujourd'hui, c'est ce qui se lit : à voix haute, en public, et pourquoi pas sur scène. Les possibilités ouvertes par cette transition sont considérables, comme en témoigne l'émergence d'une autre scène poétique : poésie sonore, performance, slam. De Mallarmé à Tzara, de Roubaud à Gleize, d'Alferi à Goldsmith, tous les grands auteurs se lisent aujourd'hui à voix haute. Mais il arrive que la lecture publique nuise à la qualité de leurs textes. Ce livre examine la cohabitation de l'écrit et de l'oral en poésie. En s'appuyant sur les témoignages des auteurs mêmes, il invite à rompre le consensus sur les bienfaits supposés de la lecture en régime de « voix haute ». Professeur à l'Université de Leuven, Jan Baetens a publié de nombreux ouvrages d'analyse et de critique littéraire. Il est aussi l'auteur de nombreux volumes de poésie, dont SLAM, poèmes sur le basket-ball (2006), Pour une poésie du dimanche (2009), Le Problème du Sud (2013) et Ce monde (2015). Il a reçu le Prix triennal de poésie 2007 de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour son recueil Cent fois sur le métier. Une anthologie de son oeuvre poétique, Vivre sa vie et autres poèmes est parue en 2014 dans la collection de poche Espace Nord, en même temps que son essai, Pour en finir avec la poésie dite minimaliste.

  • Ce livre est un livre de combat : en plein renouvellement aujourd'hui, la poésie française doit d'abord se débarrasser d'une forme d'écriture qui domine le paysage français depuis près d'un demi-siècle et dont la puissance institutionnelle empêche l'épanouissement du nouveau : la poésie dite minimaliste, qui combine effacement de la forme (aux mots sur la page on préfère les blancs) et profondeur du sens (un poème n'est valable que dans la mesure où il se rapproche de la philosophie). Refusant les partis pris et la grande pauvreté d'une telle conception de la poésie, ce livre analyse le travail des auteurs contemporains qui proposent une alternative proprement littéraire : Pierre Alferi, Vincent Tholomé, Virginie Lalucq, Stéphane Bouquet, Philippe Beck, Sophie Loizeau et Jean-Christophe Cambier.
    Critique et poète flamand d'expression française, Jan Baetens est l'auteur d'une quinzaine de recueils remarqués et de nombreuses études sur la poésie contemporaine (souvent publiées en anglais), qu'il analyse en ses rapports avec d'autres arts. En septembre 2013, il a participé au projet de résidence « SIC » de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre du OFF de la Biennale Venise. En juin 2014, la collection patrimoniale Espace Nord publie une importante anthologie de son travail, Vivre sa vie et autres poèmes.

  • Né au sortir de la Deuxième Guerre mondiale en Italie, le roman-photo est devenu, avec une rapidité encore jamais vue, l'un des médias les plus populaires du XXe siècle. Souvent méprisé pour ses approches fleur bleue assumées, le roman-photo est en réalité un mode d'expression aux codes riches et subtils. Le présent ouvrage se donne pour défi de rendre à ce genre, varié et particulièrement dynamique, l'intérêt qu'il mérite.

  • Correspondance is the name of a Belgian Surrealist magazine published in 1924-1925 by Paul Nougé, Camille Goemans, and Marcel Lecomte. It is considered as seminal as Breton's «Surrealist Manifesto» (1924). The texts were tart, obscure responses to the arcane literary debates of the time, in particular those underway in André Breton's circle in Paris. Twenty-two issues of Correspondance were printed, in a modernist typeface on different color papers, and were distributed by mail to selected recipients. Unlike their Parisian associates, the Belgians made an explicit choice against the book as a host medium for literary and other experiments. Nougé, the chief theorist, and his colleagues remained suspicious throughout their careers not only of commercialized literature, but also of literature itself, which they saw as a means to political action, never a goal in itself. Although little recognized, Belgian Surrealists and Correspondance, their earliest manifestation, remain anticipatory and influential in modernist writing practice, especially for their ephemeral style of publishing (proto-mail art) and their intentional plagiarisms (precursor to Situationist détournement).

  • Dans la culture médiatique qui est la nôtre depuis plus d'un siècle, les
    rapports entre formes culturelles et médiatiques ne peuvent plus être
    pensés de manière chronologique, comme si l'histoire se réduisait à
    l'éternel remplacement de l'ancien, par exemple la littérature, par le
    nouveau, par exemple le cinéma. Beaucoup de formes nouvelles disparaissent plus vite que les anciennes et celles-ci, loin de simplement
    survivre, arrivent souvent à se renouveler aussi radicalement que les
    nouveaux médias qui dans un premier temps semblaient les condamner à l'oubli. De la même façon, il serait naïf de penser que l'introduction progressive de nouveaux médias, de nouveaux formats, de
    nouvelles conventions ou encore de nouvelles techniques, se présente
    sur le mode oecuménique de l'élargissement infini de l'éventail des
    possibles. Les formes culturelles font plus que se compléter ou s'enrichir mutuellement, elles sont aussi en concurrence les unes avec les
    autres. De manière générale, les relations intermédiatiques ont produit
    non seulement un paysage plus complexe, elles ont également modifié
    la structure interne des médias, tous de plus en plus hybrides, comme
    la structure de leurs relations réciproques, qui a cessé de mettre en
    rapport des médias autonomes pour y substituer un modèle où chaque
    média intègre peu à peu certaines des singularités des médias qui
    l'entourent

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