Langue française

  • Claire, qui vit en Europe, passe l'été à Tokyo chez ses grands-parents. L'objectif de plus en plus lointain de ce séjour est d'emmener ces derniers en Corée renouer avec leur pays qu'ils ont fui pendant la guerre civile il y a plus de cinquante ans.
    Claire partage son temps entre le quartier coréen de Tokyo, l'appartement des grands-parents et le monde de la petite Mieko, dont elle doit s'occuper pendant les vacances d'été japonaises.

    L'écriture précise et dépouillée d'Elisa Dusapin parvient à plonger le lecteur dans une atmosphère intime de douceur et de violence feutrée. Elle excelle à décrire l'ambivalence propre aux relations familiales : les cruels malentendus comme l'amour entre les personnages sont d'une puissante justesse.

    Née en 1992 d'un père français et d'une mère sud-coréenne, Elisa Dusapin grandit entre Paris, Séoul et Porrentruy. Pour son premier roman paru aux Editions Zoé, Hiver à Sokcho elle reçoit le Prix Walser, le Prix Alpha, le prix Régine Desforges, et est lauréate de l'un des prix Révélation de la SGDL.

  • Chaque matin, à une heure où le coq dort encore, le Felice quitte le village et part vers les sommets qui dominent le Val Blenio, personne ne sait vraiment où. Jusqu'au jour où le narrateur, arrivé de la ville, décide de lui emboîter le pas. Voici le récit de ses journées passées en compagnie du vieil homme et des habitants du village, au contact d'une existence marquée par les mêmes habitudes immuables, les gestes simples et beaux de ceux qui ont construit une relation privilégiée avec la nature. L'écriture de Fabio Andina, aussi sobre que sensible, instille dans Jours à Leontica le rythme lent et serein d'une existence passée au coeur de la montagne.

    Fabio Andina est né à Lugano en 1972 et a étudié le cinéma à San Francisco. Il vit au Tessin, à Malcantone, près de la frontière entre la Suisse et l'Italie. Publié en 2018 en italien, Jours à Leontina est son deuxième roman, le premier à paraître en français.

  • Issue de grandes dynasties viennoises et anglaises au cosmopolitisme vertigineux, Antonia est mariée à un nanti de Palerme. Soumise et contrainte à l'oisiveté, mais lucide, elle rend compte dans son journal de ses journées-lignes et du profond malaise qu'elle éprouve. Suite au décès de sa grand-mère, Antonia reçoit quantité de boîtes contenants lettres, carnets et photographies. En dépouillant ces archives, elle reconstruit le puzzle du passé familial et de son identité intime, puisant dans cette quête, deux ans durant, la force nécessaire pour échapper à sa condition.

    Roman d'une émancipation féminine dans les années 1960, Antonia est rythmé de photographies tirées des archives familiales de Gabriella Zalapì. Comme chez Sebald, elles amplifient la puissante capacité d'évocation du texte.

    /> Gabriella Zalapì est artiste plasticienne, d'origines anglaise, italienne et suisse. Née à Milan, elle a également vécu à Genève et New York. Aujourd'hui elle habite et travaille à Paris. Antonia est son premier roman.

  • Marta et Arthur

    Katja Schonherr

    Lorsque Marta découvre un matin Arthur mort à ses côtés, une à une les petites interdictions qu'il lui imposait se vident de leur sens. C'est aussi le terme de quarante ans d'une relation faite de frustrations et de cruautés ordinaires. Tandis qu'on assiste à l'errance de Marta dans l'appartement, on plonge dans son passé et on découvre comment, jeune écolière, elle a plongé ses yeux dans le regard couleur menthe givrée de celui qui est devenu l'homme de sa vie.L'engrenage d'une relation nourrie d'incompréhension, Katja Schnherr le raconte dans une écriture extrêmement sensible et avec un sens de l'intrigue tel qu'on dévore le roman pour savoir ce qui a bien pu se passer pour en arriver là, ce qui a pu pousser ces deux êtres l'un vers l'autre. Palpitant et glaçant.

    Katja Schnherr est née en 1982 et a grandi à Dresde. Après des études en journalisme à Leipzig, elle reprend, près de dix ans plus tard, des études en écriture littéraire à la Haute école des arts de Berne. Installée à Zurich, elle vit aujourd'hui de l'écriture journalistique et littéraire. Marta et Arthur est son premier roman.

  • Les Printemps sauvages raconte de manière puissante la nature et la surprise du sexe. Odeurs, matières, couleurs, tous les sens sont aux aguets pour saisir la beauté du monde. Et sa fragilité : il y a urgence à inventer de nouveaux rapports au vivant. Simultanément, Douna Loup publie une bande dessinée chez Marabout : L'affaire Clitoris.

    Douna Loup, née en 1982 a passé son enfance et son adolescence dans la Drôme. Son premier roman, L'Embrasure (Mercure de France, 2010), lui vaut le Prix Schiller découverte et le Prix Michel-Dentan 2011. Elle vit aujourd'hui près de Nantes. Toute son oeuvre est une ode solaire à la nature et à la liberté.

  • Recueillis par l'historien et écrivain Luc Weibel, voici les souvenirs de Madeleine Lamouille : les temps de l'enfance, la faim au ventre, dans les années 1900, puis l'adolescence dans une « manufacture-internat » ; l'engagement, surtout, entre 1920 et 1940, comme femme de chambre dans une famille de l'aristocratie vaudoise, puis dans une maisonnée bourgeoise de Genève. À la campagne comme à la ville, bonnes et cuisinières sont des « pipes de terre » quand leurs maîtres seraient de « porcelaine ». Mais si Madeleine Lamouille connaît sa place auprès de « Monsieur » et de « Madame », elle sait se faire entendre pour obtenir un minimum de considération. Lucide et vivant, son récit en dit long sur cet esclavagisme des temps modernes, perpétué au nom de la liberté individuelle.

    Née dans une famille pauvre du canton de Fribourg, Madeleine Lamouille (1907-1993) travaille dans les années 1920 et 1930 comme femme de chambre dans des maisonnées bourgeoises romandes. Dans les années 1970, elle raconte son expérience de domestique à l'écrivain Luc Weibel, petit-fils d'une famille genevoise pour laquelle elle a travaillé. De ces conversations naît Pipes de terre et pipes de porcelaine, publié en 1978.

  • Robert Walser, le promeneur le plus passionné parmi les écrivains, a passé les 27 dernières années de sa vie en internement. Une longue période de silence, dont on ne possède presque aucun témoignage. L'écrivain avait complètement cessé d'écrire, mais non de lire, ni surtout de réfléchir et de penser le monde, comme nous le prouvent les récits de ses promenades avec le journaliste Carl Seelig. Aussi riches en anecdotes qu'en considérations sur l'art, la société et la politique, ainsi que sur les propres textes de Walser, les promenades offrent un matériau rare pour explorer l'oeuvre de cet écrivain à l'esprit primesautier unique en son genre.

    Né en 1894 à Zurich, Carl Seelig était journaliste littéraire et écrivain. Il rencontre Robert Walser en 1936 à Herisau, maison de santé où le poète cessera d'écrire, se soumettant sans rechigner à son traitement : plier et coller des sacs en papier, écosser des petits pois. Seelig s'imposera alors comme le porte-parole du « poète muet ». Il contribuera de façon décisive à ce que l'oeuvre de Walser soit diffusée.

  • Un jeune homme arrive au creux de l'hiver dans une ville encerclée par la mer pour faire l'inventaire de l'oeuvre d'une traductrice célèbre qui s'y est installée. Les détails du quotidien de cette femme - ses habits en tas sur son lit, un vernis à ongle dans la porte de son frigo, deviennent aussi importants que l' « océan de feuillets manuscrits, piles de lexique et carnets de travail ». Peu à peu le jeune homme, dans sa solitude et sa fascination pour la traductrice, s'associe à elle au point que leurs gestes et pensées se confondent. Vertigineuse expérience intérieure pour lui. Un jour de marée et de pluie de fin du monde termine ce roman dont la lumière douce et floue, l'eau noire et épaisse omniprésente, le ciel en ciment, envoûtent le lecteur grâce à une tension permanente.



    Né en 1988, Bruno Pellegrino vit et travaille à Lausanne. Là-bas, août est un mois d'automne est son premier roman, récompensé notamment par le Prix des libraires Payot, les prix Alice Rivaz, Écritures et spiritualités, et le prix François Mauriac de l'Académie française. Avec Aude Seigne et Daniel Vuataz, il a cosigné la série littéraire Stand-by (deux saisons, publiés aux éditions Zoé en 2018 et 2019).

  • «Je vois des arbres là où Gustave et Madeleine voyaient des tilleuls, des aulnes, des acacias. J'écris sur des gens qui étaient capables de nommer les choses, les fleurs et les bêtes, alors que j'ai besoin d'une application sur mon téléphone qui identifie les oiseaux par leur chant, les plantes par leurs feuilles. Ce qui me fascine, chez ces deux-là: leur manière lente et savante d'éprouver l'épaisseur des jours.»

    Gustave et Madeleine ont toujours vécu sous le même toit. Elle tient la maison, se passionne pour la conquête spatiale, lui s'acharne à décrire les choses qui changent. Deux vieilles chouettes hyper attachantes qui se shootent au thé et savent habiter leur vie.

    Ce roman aux accents biographiques s'inspire de la vie du poète Gustave Roud (1897-1976) et de sa soeur Madeleine.

    Né en 1988, Bruno Pellegrino vit et travaille à Lausanne. Lauréat du Prix du jeune écrivain (L'Idiot du village, Buchet-Chastel, 2011), il a publié de nombreux textes dans des revues et ouvrages collectifs. Son premier livre, Atlas nègre (Paris, T!nd, 2015), figure parmi la sélection du Prix du Roman des Romands. Bruno Pellegrino est également actif au sein du collectif AJAR, auteur de Vivre près des tilleuls (Paris, Flammarion, 2016). Là-bas, août est un mois d'automne est son premier roman.

  • A la morte saison, dans l'enceinte désertée d'un cirque à Vladivostok, un trio à la barre russe s'entraîne. Nino pourrait être le fils d'Anton, à eux deux, ils font voler Anna dans les airs. Ils se préparent au concours international de Oulan-Oude, visent le quadruple triple saut périlleux sans descendre de la barre. Si Anna ne fait pas confiance aux porteurs, elle tombe et ne se relève plus.Dans ce troisième roman d'Elisa Dusapin, le lecteur retrouve son art du silence, de la tension et de la douceur. Son sens puissant de l'image nous rend le monde plus perceptible, plus proche sans pour autant en trahir le secret.

    Née d'un père français et d'une mère sud-coréenne, Elisa Shua Dusapin grandit entre Paris, Séoul et Porrentruy. Elle a publié aux éditions Zoé en 2016 Hiver à Sokcho (prix Walser, Alpha, Régine Desforges et Révélation de la SGDL) et en 2018 Les Billes du Pachinko (Prix suisse de littérature et Alpes-Jura)

  • Essai pour un paradis (1933) et Pour un moissonneur (1941) constituent deux jalons majeurs dans l'oeuvre du poète Gustave Roud (1897-1976). Ils sont réunis ici pour la première fois et ponctués de photographies de l'auteur. Dédiant l'un et l'autre recueil à un ami paysan, le narrateur dit autant l'amour qui le porte vers lui que la distance qui l'en sépare, avant le retour inexorable a la solitude : pour le poète, l'approche du paradis est une quête qu'il doit sans cesse recommencer.

    Poète, Gustave Roud (1897-1976) est l'auteur d'une oeuvre rare. Les trois volumes d'Écrits, publiés par Philippe Jaccottet en 1978, qui rassemblent l'ensemble de son oeuvre poétique, sont de plus en plus lus. Ses textes poétiques répondent à des préoccupations contemporaines via une écriture d'une grande pureté classique : L'imaginaire roudien séduit les amateurs de poésie mais intéresse aussi les champs suivants : écocritique, géographie littéraire, études sur le paysage, ou encore queer studies.

  • Trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le premier, l'écrivain-voyageur, à 67 ans, évoque son rapport à l'âge, à la mémoire, et naturellement à l'enfance, « état de convoitise et de peur où tout ce qui arrive pour la première fois, cadeau ou blessure, laisse une marque indélébile ». Au centre du livre, le texte éponyme un récit savoureux, quasi-proustien, qui raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, Nicolas triompha de l'« une des figures les plus détestées » de son enfance : Bertha, la bonne prussienne. Le dernier texte est un hommage au père, bibliothécaire et « conteur tout à fait extraordinaire », voyageur « par procuration » au travers des livres.

    NICOLAS BOUVIER (1929-1998), est un des plus grands écrivains de langue française de la deuxième moitié du 20e siècle, voyageur, photographe et iconographe.

  • Coupe sombre

    Oscar Peer

    Un accident de chasse, le procès, la prison. Simon a pris un homme pour une bête, son ami Luzi avec qui il avait eu une dispute la veille. De retour au village après ses trois années d'enfermement, il doit affronter les regards, il faut être endurant comme un âne pour vivre avec. Pour retrouver une dignité et éprouver sa force et sa solitude, Simon accepte une tâche qu'on ne souhaiterait même pas au diable : une coupe de bois dans l'endroit le plus reculé et le plus difficile de la région.

    Une histoire de grandeur humaine dans la nature, d'obstination et de fureur, dans une écriture elliptique et dense.

    Oscar Peer, né le 23 avril 1928 à Lavin et mort le 22 décembre 2013 à Coire, est un romancier, dramaturge et philologue suisse qui écrit en romanche et en allemand.

  • En mai 1941, Annemarie Schwarzenbach embarque à Lisbonne pour Brazzaville, désormais la capitale de la France libre, dans l'espoir de rallier la Résistance. Mais au Congo, la guerre de propagande fait rage entre Vichy et les forces de la libertéAnnemarie, suspectée d'être un agent nazi, n'échappe pas à la censure.

    Les Forces de liberté regroupe des textes écrits par Schwarzenbach durant les neuf mois et demi que dure son voyage en Afrique. Pour la plupart inédits en français, ces reportages, récits et poèmes questionnent le rapport du journalisme à la vérité et donnent à lire la réalité méconnue du continent africain durant la Seconde Guerre. Ils offrent aussi à l'écrivain des moments de grâce, de plénitude, la description de contacts miraculeux avec le fleuve, la jungle ou la brousse.

    Journaliste de génie, écrivain, archéologue, Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) fut une femme libre, grande voyageuse. Ses reportages la menèrent sur les routes du monde, d'Istanbul à Persépolis, de l'Europe centrale à New York, de Lisbonne à Brazzaville, de Madrid à Tanger. Les grands lointains l'attiraient irrésistiblement, mais elle ne perdait jamais de vue le dramatique combat du moment en Europe, la lutte contre le nazisme.

  • Nicolas Bouvier est devenu l'incarnation d'un art de voyager, L'Usage du monde s'est imposé comme la référence de la littérature du voyage. Mais la critique sur son oeuvre n'englobe pas les relations de Bouvier à l'histoire, à la géographie, à tous ces savoirs qu'il dit vouloir ignorer afin d'être plus disponible à ce qu'il découvre. L'éloge de l'ignorance et la logique du désencombrement sont pourtant loin de mettre fin au désir de connaissance, explique Liouba Bischoff : ils visent surtout à fonder un rapport authentique au monde.L'auteure explore les carnets inédits de Bouvier et l'ensemble de son oeuvre dans le but de comprendre ce paradoxe. Elle démontre brillamment et sans jargon, quel usage des savoirs Bouvier a développé, dans ses voyages comme dans son oeuvre.

    Liouba Bischoff, maître de conférence à l'École normale supérieure de Lyon, est spécialiste des récits de voyage et des rapports entre littérature et sciences humaines (géographie, histoire, anthropologie.Elle a écrit sur Jean Rolin, Nicolas Bouvier, Lorenzo Pestelli.

  • Confidences

    Max Lobe

    Max Lobe est retourné chez lui. Il est allé dans la forêt camerounaise rencontrer Ma Maliga pour qu'elle lui raconte ce qu'elle sait du mouvement de l'indépendance au Cameroun et de son leader Ruben Um Nyobè. Le roman est le récit de Ma Maliga, femme vive et espiègle malgré son âge bien avancé, volubile, généreuse et dotée d'un bon sens stupéfiant. En racontant, elle n'oublie pas de boire, et de faire boire son interlocuteur. C'est donc avec un mélange de légère ivresse et de profonde gravité, que le lecteur découvre l'histoire de l'indépendance du Cameroun et de sa guerre cachée.  Max Lobe est né à Douala, Cameroun, en 1986, il vit en Suisse. 39 rue de Berne (Zoé, 2013) a reçu le prix du roman des Romands et La Trinité bantoue (Zoé, 2014), le prix de l'académie romande 2015. Dans Confidences, il examine avec mélancolie, stupéfaction et drôlerie son rapport avec sa terre africaine. Suivi d'une lettre d'Alain Mabanckou à l'auteur.

  • La mort en gondole Nouv.

    Fatigué de tourner en rond dans son passé, le narrateur prend le train pour Venise afin de prêter main forte à Silvia, une éternelle étudiante qui consacre une thèse à Léopold Robert, peintre Neuchâtelois oublié du début du 19ème Siècle. Plus fascinée par l'homme que par son oeuvre, elle fouille sa vie en commençant par la fin, avide de comprendre les raisons qui ont conduit le peintre à se trancher la gorge dans son atelier de Venise, alors que ses toiles, pour certaines exposées au Louvre, rencontraient un vrai succès.Ils écument les lieux, ruelles, monuments, par lesquels le peintre est passé, il y a près de deux-cents ans. Venise et ses charmes irrésistibles se déroulent alors sous les pieds du lecteur.

    Ecrivain et journaliste, Jean-Bernard Vuillème vit à La Chaux-de-Fonds. Il s'est fait connaître par des romans, des nouvelles, et des chroniques pleines d'ironie, proches de l'ethnologie, sur la société d'aujourd'hui.

  • Gloria Vynil

    Rose-Marie Pagnard

    Porter en soi une amnésie comme une petite bombe meurtrière, avoir cinq frères dont un disparu, vivre chez une tante tutrice et folle de romans : telle est la situation de Gloria, jeune photographe, quand elle tombe amoureuse d'Arthur, peintre hyperréaliste, et d'un Museum d'histoire naturelle abandonné. Dans une course contre le temps, chacun des deux cherche alors, au moyen de son art, à capter ce qui peut l'être encore de ce monument avant sa démolition. Un défi à l'oubli, que partagent des personnages lumineux, tel le vieux taxidermiste qui confond les cheveux de Gloria et les queues de ses petits singes. Avec le sens du merveilleux et le vertige du premier amour, Gloria traverse comme en marchant sur l'eau cet été particulier et sa révélation monstrueuse.

    ROSE-MARIE PAGNARD a notamment publié La Période Fernandez (1988, Actes Sud, prix Dentan), Dans la forêt la mort s'amuse (1999, Actes Sud, prix Schiller), Janice Winter (2003, éditions du Rocher, Points Seuil), J'aime ce qui vacille, 2013, Zoé, Prix suisse de littérature).

  • AcaDa-Writa est le raconteur d'histoires d'Élobi, république de Crevetterie.

    Au bar d'Uncle Godblessyou, il trompe l'attente du peuple crevettard avec sa panoplie de fables. Dans sa tête, Dibéa le fou occupe beaucoup de place. Il se manifeste sans crier gare, s'empare de la bouchanus de son hôte pour réclamer l'avènement du Grand Jour que tout le monde attend à Élobi, celui où Sa Phall'Excellence et Sa Clith'Altesse apparaîtront devant le peuple pour lui accorder sa part de richesse.

    Mais seuls les Calaos-Cabellos, percepteurs de l'impôt royal, toquent aux portes des habitants pour leur soutirer leur bien le plus personnel et précieux, leurs cheveux, leur âme. Tout ça pour que Sa Royale Bien-Aimée puisse se coiffer d'une Tour Eiffel grandeur nature en mèches authentiques.

    Né à Douala au Cameroun, Max Lobe vit en Suisse depuis 16 ans d'où il élabore une langue rythmée, dialoguée et nourrie d'expressions bassa, son ethnie. Parmi les distinctions reçues, le prix du Roman des Romands (2014) pour 39 rue de Berne et le prix Ahmadou-Kourouma (2017) pour Confidences.

    Avec La Promesse de Sa Phall'Excellence, Max Lobe confirme son talent pour inventer une véritable langue pleine de trouvailles et de fulgurances. Rabelais n'est pas loin.

  • Gus a quitté lenfance un été de canicule. Alors quil aide son père paysan, lit et relit ses bandes dessinées, se baigne dans un réservoir souterrain avec Mado, la fille perdue du village, son univers familier et rassurant se fissure.
    La mère de Gus, présence constante, tendre et complice séloigne peu à peu de lui, tandis que son père, pourtant véritable force de la nature, senferme dans sa chambre pour cuver son chagrin. Limpensable arrive. Gus doit alors prendre en main lexploitation, guider les camions-citernes de larmée vers les champs desséches, traire les vaches trop pleines davoir été oubliées.
    Quand il découvre le secret de sa mère, dans une scène magnifique de pudeur, il vit la fin dun monde.
    Roland Buti nous livre ici un récit ample, sensuel et puissant.

  • L'enfant d'une famille de saisonniers italiens, entré illégalement dans le « pays d'accueil », passe son enfance caché dans l'immeuble qu'habitent ses parents, développant d'étonnantes capacités de dissimulation. De ses cachettes sous le buffet ou du moindre recoin sombre de la cage d'escalier, il observe le microcosme familial.Ce roman d'apprentissage captivant, fable sociale flirtant avec le surréalisme sur un tabou de l'histoire sociale suisse - le destin des travailleurs étrangers dans les années 1960-1970 - ne peut qu'amener le lecteur aux questions actuelles sur l'immigration clandestine, les politiques hostiles aux étrangers, ou plus généralement l'isolement d'existences partagées entre deux mondes, qui ne trouvent nulle part où s'installer.

    Vincenzo Todisco est né en 1964 dans une famille de travailleurs italiens, dans une petite ville de Suisse allemande. Il parle couramment les quatre langues nationales. L'Enfant lézard est son premier livre écrit en allemand.

  • Lectrice du monde et d'elle-même, Aude Seigne, bourlingueuse du 21e siècle, écrit avec une acuité et une souplesse inédites sur le voyage et ses amours lointaines.
    Le voyage ? Un exercice de légèreté. Un ravissement aussi : parce que parfois la beauté est terrassante, complète, trop forte, une illumination, une sorte d'orgasme métaphysique tremblant. Chroniques de l'Occident nomade a tout d'un roman d'apprentissage. Aude Seigne tâtonne autour du globe comme dans sa narration, elle le sait et le revendique. Le voyage certes, mais pour être plus présente au monde.

  • Sans alcool

    Alice Rivaz

    Histoires de couples, comme « Le chemin des amoureux » et « Film muet », ou de personnages solitaires tels « Sans alcool » et « Le petit compagnon », les destins racontés dans ces pages sont marqués par la privation, le renoncement involontaire, les espoirs déçus. Un ton lisse, dépourvu d'emphase, donne une intensité particulière à ces récits où la voix narrative se montre toujours solidaire des personnages.

  • Tout commence lorsque David Chariandy est victime, dans un restaurant éthique de Vancouver, d'un acte de racisme ordinaire en présence de sa fille de trois ans. Dix ans plus tard, l'élection de Donald Trump lui donne l'occasion d'adresser à sa fille désormais adolescente une lettre pour évoquer les questions universelles de l'identité et de la race. Chariandy puise dans son propre passé, dans celui de ses ancêtres afro-asiatiques et dans des épisodes concrets vécus en famille une réflexion sur l'héritage de l'esclavage, le statut de « minorité visible » et d'immigré de deuxième génération : que ressent-on lorsqu'on est considéré comme un étranger alors que l'on est né au Canada ? Lorsqu'on nous demande, inlassablement, « non, mais d'où viens-tu vraiment ? »

    Né en 1969 à Toronto, David Chariandy vit aujourd'hui à Vancouver, où il enseigne à la Simon Fraser University. Il compte parmi les auteurs contemporains majeurs au Canada. À travers son premier roman, Soucougnant (Zoé. 2012, prix Baudelaire de traduction) ou plus récemment 33 tours (Zoé, 2018, finaliste du Prix littéraire des lycéens et apprentis de la Région PACA 2019), Chariandy puise son inspiration au sein de la diaspora caribéenne au Canada et traite de son intégration à la culture locale.

empty