Olivier (L')

  • « Quand j'ai quitté Atlanta en jurant de ne jamais y revenir, j'ai emporté ce que j'avais cultivé durant toutes ces années : l'évitement muet de mon passé, le silence et l'amnésie choisie, enfouis comme une racine au plus profond de moi. »

    Memorial Drive raconte deux quêtes d'indépendance. L'une, celle de Gwendolyn, la mère, échouera, se terminant dans la violence la plus inacceptable. L'autre, celle de Natasha, la fille, sera une flamboyante réussite. Elle deviendra une écrivaine reconnue, Poet Laureate à deux reprises, puis récompensée par le prestigieux prix Pulitzer.

    Tout commence par un mariage interdit entre un homme blanc et une femme noire. Leur fille métisse, Natasha, apprend à vivre sous les regards réprobateurs. Sa peau est trop claire pour les uns, trop foncée pour les autres. Lorsque Gwendolyn quitte son mari, elle pense s'affranchir, trouver enfin la liberté. Mais Joel, vétéran du Vietnam épousé en secondes noces, se révèle un manipulateur né, irascible et violent. Elle parvient malgré tout à le quitter. Rien ne pourra enrayer la spirale tragique du destin de Gwendolyn : elle meurt en 1985, tuée par balle. Le meurtrier : Joel, dit « Big Joe ».

    Dans un récit intime déchirant, Natasha Trethewey affronte enfin sa part d'ombre. Pour rendre à sa mère, Gwendolyn Ann Turnbough, sa voix, son histoire et sa dignité.

  • Prix Les Inrockuptibles Roman étranger 2020

    C'est l'été 1938 en Europe centrale. Et comme chaque année ils sont là, sur la rive, en villégiature.
    Il y a Rosa Klein, qui lit dans les lignes de la main. Mais peut-on se fier à ses prédictions ? Et Karl Koenig, l'écrivain. Pourquoi fréquente-t-il les autres vacanciers au lieu de consacrer toute son énergie au roman qu'il est en train d'écrire ? Qui sont vraiment " l'homme à la jambe coupée " et la jeune femme amoureuse que tous les Juifs appellent par l'initiale de son prénom ? Et le père et la mère d'Erwin, l'enfant si sensible à l'anxiété de ceux qui l'entourent ?
    Dans ce roman magistral publié quelques années avant sa mort, Aharon Appelfeld tisse les questions intimes, littéraires et métaphysiques qui l'ont accompagné toute sa vie. Sous sa plume, ces dernières vacances avant la guerre sont le moment où l'humanité se dévoile dans ses nuances les plus infimes, à l'approche de la catastrophe que tous redoutent sans parvenir à l'envisager.
    Traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti.

  • « Le deuxième été après la mort de sa femme, Peter Boyce décida de louer la petite maison au bout de Cod Cove Road. » Boyle pensait pouvoir se réinventer. Il lui faudra d'abord tenter de faire la paix avec sa fille. Mais pourquoi propose-t-il à une jeune femme rencontrée par hasard de l'héberger chez lui ?

    La nuit de l'élection de Bill Clinton, Jimmy Green sort d'un bar parisien et prend une sérieuse raclée. Il a « la sensation d'être ivre plutôt que blessé ».

    À Dublin, Paris, New York ou dans le Michigan, des Américains et des Irlandais sur le second versant de leur vie se penchent sur leur passé. Comme Jonathan Bell, Ricky Grace et les autres, tous sont confrontés à une forme de solitude, de dépaysement ou simplement de rupture. Richard Ford les observe. Non sans ans une certaine ironie, il décrit leurs doutes et leur inconfort, met en scène leurs désarrois et recueille leurs confidences.

  • Le roi fantome Nouv.

    En 1935, les troupes de Benito Mussolini envahissent l'Ethiopie avec le soutien des ascari, ces combattants érythréens enrôlés dans l'armée coloniale italienne. Vaincu, l'empereur Hailé Sélassié s'exile en Angleterre. En son absence, la résistance s'organise. Telle est la trame historique de ce roman qui a pour héros Kidane - un chef de guerre glorieux -, sa femme Aster et Hirut, une orpheline récemment devenue leur servante. Lorsque Kidane lève une armée et part au combat, les femmes refusent de se cantonner à un rôle secondaire et prennent les armes à leur tour. Peu à peu, l'espoir renaît dans le camp des rebelles, en dépit des atrocités commises par l'armée d'occupation et ses supplétifs indigènes sous les ordres du colonel Carlo Fucelli.

    A travers le récit croisé de personnages confrontés à une violence extrême, Le Roi fantôme met en lumière un pan méconnu de l'histoire de l'Ethiopie et souligne le rôle éminent qu'y ont joué les femmes. Porté par une écriture lyrique et un puissant souffle épique, ce roman inspiré par les archives familiales de Maaza Mengiste est une véritable Iliade africaine.

  • Connell et Marianne ont grandi dans la même ville d'Irlande. Il est le garçon en vue du lycée, elle est la solitaire un peu maladroite. Pourtant, l'étincelle se produit : le fils de la femme de ménage et l'intello hautaine connaissent ensemble leur premier amour.

    Un an plus tard, alors que Marianne s'épanouit au Trinity College de Dublin, Connell s'acclimate mal à la vie universitaire.

    Un jour, tout est léger, irrésistible ; le lendemain, le drame pointe et les sentiments vacillent.

    Entre eux, le jeu vient tout juste de commencer.

    Sally Rooney réussit le tour de force de donner une dimension unique et universelle à cette histoire. Porté par des dialogues saisissants de justesse, Normal People est un roman magistral sur la jeunesse, l'amitié, le sexe, sur les errances affectives et intellectuelles d'une génération qui n'a plus le droit de rêver, mais qui s'entête à espérer.

    Traduit de l'anglais (Irlande) par Stéphane Roques.

  • Qu'est-ce qui peut pousser un journaliste américain de renom à quitter sa vie new-yorkaise bien établie pour s'installer à Lyon ? Dans le cas de Bill Buford, c'est assurément une passion débordante pour la cuisine doublée d'une curiosité sans limite. Un beau jour de 2008, la famille Buford pose donc ses valises quai Saint-Vincent. Bill parvient à s'inscrire à l'Institut Paul-Bocuse, décroche un stage chez l'incontournable Mère Brazier, puis auprès des plus grands chefs et artisans de la région. Et il ne ménage pas sa peine.

    A la fois roman d'aventures et reportage sur la gastronomie française, dont il célèbre l'excellence, A la française est un récit passionnant qui enchaîne les morceaux de bravoure et nous offre une plongée dans le monde des cuisines d'étoilés. Son sens de l'observation, son humour empreint d'autodérision et son ignorance des usages français font de Bill Buford un compagnon idéal dans l'exploration de ce que notre culture a de plus précieux à ses yeux : la cuisine.



    Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Olivier Deparis

  • "Si j'avais eu un jour la possibilité de voir ce que l'avenir me réservait, j'aurais avant tout voulu savoir si j'allais avoir des enfants. Plus que l'amour, plus que le travail, plus que le nombre d'années ou la quantité de bonheur auxquels j'aurais droit, cette question était pour moi le mystère central."

    Toute femme, qu'elle désire des enfants ou non, est confrontée à la question de la maternité. Aujourd'hui encore, ce sujet reste entouré de tabous, comme s'il était impossible de donner la vie sans obéir à la fiction rassurante de la félicité.

    Au-delà de l'amour infini et de la joie qui l'ont envahie lorsqu'elle est devenue mère, Rachel Cusk explore, dans L'OEuvre d'une vie, le chaos qui succède à la béatitude. Avec un humour tranchant et une absolue sincérité, elle dynamite les clichés et raconte les bouleversements qui accompagnent l'arrivée d'un enfant dans la vie d'une femme, ce moment de transition entre la perte d'une identité et l'émergence d'une autre.

    Traduit de l'anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné

  • Ils vivent en Suisse, au Japon, à New York, Los Angeles ou Tel-Aviv. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges qu'a priori rien ne rapproche. Et pourtant... Saisis à un moment décisif de leur parcours, les personnages d'Être un homme sont poussés à questionner le sens profond de leur existence. Pour certains, il s'agit de leur judéité. Pour d'autres, des liens familiaux, amoureux ou amicaux qui les unissent. Une aura de mystère les entoure, comme si une présence invisible les accompagnait. Dans ce recueil de nouvelles conçu avec l'ampleur d'un roman, Nicole Krauss fait mouche par la justesse et la poésie de son écriture. Elle tient une place à part dans le paysage littéraire américain et le prouve une fois de plus. Magistralement.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Paule Guivarch.

  • « Mon roman comporte autant de lectures qu'il contient de voix. Il peut se lire comme une agonie. Mais aussi comme un jeu. » Roberto Bolaño

    « J'ai su alors, avec humilité, avec perplexité, dans un élan de mexicanité absolue, que nous étions gouvernés par le hasard et qu'au cours de cette tempête nous serions tous noyés, et j'ai su que seuls les plus rusés, pas moi à coup sûr, allaient se maintenir à flot un peu plus longtemps. »
    En 1975, Juan García Madero abandonne ses études pour se consacrer à la poésie. Il plonge dans les bas-fonds de Mexico et fait la rencontre d'Ulises Lima et Arturo Belano,
    chefs de file des réal-viscéralistes, un groupe de poètes avant-gardistes. Accompagnés d'une prostituée nommée Lupe, les trois hommes se lancent à la recherche de la poétesse mythique Cesárea Tinajero, dont la trace se perd dans le désert... Parviendront-ils à la retrouver ?
    De Barcelone à Paris, d'Israël à la Californie, Roberto Bolaño nous offre l'épopée lyrique d'hommes en quête de la vraie vie, « le voyage infini de gens qui furent jeunes et désespérés mais ne s'ennuyèrent jamais », selon Enrique Vila-Matas.


    Comparé par la critique internationale aux oeuvres majeures de Cortázar, de Borges et de Kerouac, Les Détectives sauvages marque le début d'une nouvelle ère dans la littérature latino-américaine.


    Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio.

  • « Quand la connexion s'établit, tout est relié et converge vers un moment d'émotion partagée, vers une affinité créatrice qui arrime chaque personne à un présent vécu comme une expérience collective. »

    Printemps 2020 : alors que la crise du Covid-19 impose au monde de se calfeutrer et prive de scène des milliers d'artistes, Kae Tempest nous livre une réflexion toute personnelle sur la créativité et ce qui la nourrit. À l'heure où les réseaux sociaux nous poussent à la représentation perpétuelle, où l'apathie nous gagne au point de nous faire oublier qui nous sommes, Tempest crie l'urgence de nous reconnecter. À nous-mêmes, aux autres, à la réalité, pour que jaillisse l'étincelle vitale de la création. On retrouve dans ce texte tout ce qui fait sa force : une voix qui porte, cogne parfois, et une grâce hors du temps.

    Traduit de l'anglais par Madeleine Nasalik.

  • « L'oeuvre de Roberto Bolaño est un monde unique dans lequel le lecteur est irrémédiablement happé. Y règnent un humour mordant, une insatiable quête de liberté, un souffle romanesque décalé. » Pierre Ducrozet, Le Monde

    OEuvres complètes IV
    Un petit roman lumpen
    Nocturne du Chili
    Tombes de cow-boys
    Le Gaucho insupportable

    Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio et Jean-Marie Saint-Lu

  • « Une écriture écorchée, onirique, familière, crue, désenchantée, follement mouvante. » Marine Landrot, Télérama

    OEuvres complètes II

    Monsieur Pain

    Conseils d'un disciple de Morrison à un fanatique de Joyce

    L'Esprit de la science-fiction (inédit)

    La Littérature nazie en Amérique

    Des putains meurtrières

    Les Déboires du vrai policier (inédit)

    Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio et Jean-Marie Saint-Lu.

  • « Peu de romanciers ont comme Roberto Bolaño,avec un sens formidablement élégant de la dérision et de l'absurde, réveillé le tonnerre littéraire. »

    Philippe Lançon, Libération


    OEuvres complètes III

    La Piste de glace

    Le Troisième Reich

    Intempéries

    Traduit de l'espagnol (Chili)
    par Robert Amutio et Jean-Marie Saint-Lu.

  • Will marche dans Clapham Road. Il doit absolument se procurer sa dose quotidienne d'héroïne avant d'aller travailler. Et il n'a que 57 pence en poche. Nous sommes à Londres, le 6 mai 1986.

    Ainsi commence cet extraordinaire récit autobiographique, qui relate cinq moments clés de la vie de son auteur. Car Will, c'est Will Self, éternel enfant terrible d'une littérature britannique qu'il ne cesse de perturber depuis son premier roman, Vice-Versa, jusqu'à sa trilogie « moderniste », Parapluie, Requin, Phone.

    Qu'est-ce qui pousse cet écrivain, l'un des plus doués de sa génération, à revisiter sa jeunesse ? La nostalgie ? Certainement pas. La honte d'avoir été un junky ? C'est peu probable. À l'instar de Joyce écrivant l'admirable Portrait de l'artiste en jeune homme, Will Self revient à la source même de son oeuvre : la crise existentielle d'où jailliront plus tard des romans pleins d'une énergie sauvage.

    Brillant, comique, émouvant, ce livre est un feu d'artifice littéraire unique en son genre.

    Traduit de l'anglais par Françis Kerline.

  • Université de Harvard, 1995. Selin, une jeune Américaine d'origine turque, entame des études de lettres et de langues. Selin se sent à part. Elle ne maîtrise pas les codes, sa gaucherie lui fait honte et ses amours avec Ivan, un étudiant en mathématiques hongrois, sont rapidement déçues. Pétrie d'illusions, elle envisage sa vie au miroir de la littérature, en particulier les romans russes, dont elle raffole. Don Quichotte des temps modernes, Selin comprend peu à peu que la réalité ne ressemble pas à ce qu'en disent ses livres favoris.

    Au terme de ce magnifique roman d'apprentissage plein d'humour et d'autodérision, une jeune femme trouve sa voix dans l'écriture, unique manière raisonnable, selon l'auteur, de supporter le monde réel.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Manuel Berri.

  • Francie a huit ans quand la dépression de sa mère, Elaine, vient bouleverser à jamais son existence. Recueillie par son oncle et sa tante, Francie grandit entourée d'affection auprès de sa cousine Vicky. Malgré tout, elle vit une jeunesse singulière, détachée du réel, habitée par la peur de la folie. Mère et fille tracent dès lors leur chemin : l'une survit, l'autre se construit en s'efforçant de « ralentir le monde » et de sonder ses souvenirs d'enfance.

    Mais comme toujours dans les romans d'Aimee Bender, la fantaisie règne : un insecte décorant un abat-jour prend vie puis s'échappe, une fleur brodée sur un rideau tombe au sol, bien palpable... L'imaginaire devient le lieu le plus propice à la découverte de vérités profondes.

    Un papillon, un scarabée, une rose est avant tout le récit d'une transformation : du chaos au pardon, de l'incompréhension à la résilience.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy

  • « Vous pouvez continuer d'espérer que la catastrophe est évitable, et éprouver toujours plus de frustration et de colère face à l'inaction du monde. Ou vous pouvez accepter que le désastre est pour demain, et commencer à reconsidérer ce que cela veut dire d'espérer. »

    Romancier célébré, Jonathan Franzen est également un brillant essayiste et le prouve dans ce recueil composé de textes écrits entre 2001 et 2019. À travers des récits personnels et des réflexions plus vastes sur l'Amérique, le réchauffement climatique, la littérature ou les nouvelles technologies, Franzen nous pousse à interroger notre rôle dans la marche du monde.

    Aujourd'hui, ses mots résonnent d'un écho particulier. Comment réagir face à l'inéluctable ? Jonathan Franzen décrit la lutte qui se joue en chacun de nous entre l'optimisme béat, le déni et le pessimisme, proposant une voie médiane : celle du pragmatisme combatif.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Olivier Deparis.

  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marc Amfreville.
    Nous sommes en 1937, et tout va mal pour Francis Scott Fitzgerald. Il est ruiné, miné par l'alcool, en panne d'inspiration, et Zelda, l'amour de sa vie, est internée dans un asile. Elle est loin l'époque où leur couple défrayait la chronique. L'Âge du Jazz est terminé, avec ses fêtes, son glamour, ses extravagances. Répondant à une proposition de la Metro Goldwyn Mayer, Fitzgerald joue sa dernière carte et débarque à Hollywood comme scénariste. Ses collègues se nomment Dorothy Parker, Ernest Hemingway, Humphrey Bogart. Dans une soirée, il croise la ravissante Sheilah Graham, une journaliste mondaine dont il tombe follement amoureux. Il se remet à écrire, s'efforce de ne plus boire, rend visite à Zelda avec sa fille Scottie.
    Mais comment continuer à vivre quand le monde semble s'effriter autour de soi ? " Toute vie est un processus de démolition ", avait-il écrit dans La Fêlure (1936). Quelques années plus tard, cette phrase sonne comme un avertissement du destin.
    Avec grâce et subtilité, Stewart O'Nan trace le portrait romanesque du plus attachant – parce que le plus fragile – des écrivains de la " Génération perdue " inventée jadis par Gertrude Stein.

  • Après Disent-ils (2016) et Transit (2018), acclamés par la critique, Rachel Cusk conclut son ambitieuse trilogie.

    Dans ce troisième volet, nous retrouvons le personnage de Faye, romancière britannique, divorcée et mère de deux enfants. Elle passe quelques jours en Europe pour participer à un festival littéraire et promouvoir son travail. De cette ville où a lieu l'événement, nous ne saurons rien ou presque, tant l'essentiel est ailleurs dans le projet romanesque de Rachel Cusk.

    Faye est le point névralgique du roman, la chambre d'échos, recueillant la parole des hommes et des femmes qu'elle croise sans en dévoiler beaucoup sur elle-même. Cette observatrice singulière regarde le monde avec une précision tranchante. D'un livre à l'autre se dessine un autoportrait en filigrane de l'auteur. Tout l'art de Cusk est d'interroger notre rapport au réel à travers des scènes de la vie quotidienne, des rencontres, des conversations. Le lecteur tisse alors avec Faye une relation fascinante, oscillant entre intimité et distance.

  • Henri est l'aide-cuisinier de Napoléon Bonaparte, chargé de préparer son met préféré : les volailles, que l'empereur dévore. Il devient ensuite soldat, et vit la guerre de l'intérieur. Mais lorsque les troupes françaises s'acheminent péniblement vers la Russie, son adoration pour Napoléon s'effrite.
    Pendant ce temps, à Venise, Villanelle, fille d'un batelier, mène une vie bien mystérieuse. Elle se travestit en homme, travaille au Casino et connaît une histoire d'amour secrète qui tourne au drame quand elle perd littéralement son cœur – son amante le lui a volé.
    Les chemins de Villanelle et Henri se croisent à Moscou : c'est là-bas qu'elle a fui l'Italie, et qu'il a déserté son régiment. Entre eux se nouent les fils de la passion, et les deux jeunes gens n'ont désormais qu'un seul but : retrouver le cœur de la jeune femme, pour enfin devenir amants.

  • Traduit de l'anglais (Australie) par Carine Chichereau.
    " Ruth s'est réveillée à quatre heures du matin et son cerveau endormi lui a murmuré : "Tigre'. "
    Ruth Fields, 75 ans, vit seule avec ses chats dans une maison isolée de la côte australienne. Sa santé décline, mais elle tient à son indépendance. La vie s'écoule lentement, bercée par le rythme des vagues et le bruit du vent. Mais certaines nuits, Ruth entend un tigre rugir dans son salon. Est-elle en train de perdre la tête ? Ou est-ce une manigance de Frida, son aide-ménagère depuis peu à son service ? À mesure que surgissent de troublants détails, chacune des deux femmes va s'accuser d'être une menace pour l'autre, et l'on ne sait à qui se fier. Tout cela finira mal, c'est certain.
    L'Invité du soir est un huis-clos à l'ambiance hitchcockienne, où " l'inquiétante étrangeté " règne en maître. Au fil d'un suspens implacable, Fiona McFarlane esquisse un émouvant portrait du dernier âge de la vie, et interroge l'origine de nos peurs, réelles ou fantasmées.

  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Madeleine Nasalik.
    " Ici je deviens musique, ici je suis jamais allé chez les flics à cause de bobards, ici j'ai une mère et c'est pas une pute crevée du sida. Ici c'est le rythme de ma vie. "
    Abdul Jamal Jones est le fils de Precious, l'héroïne de Push dont l'histoire nous avait bouleversés. Abdul a 9 ans, et sa mère vient de mourir. Recueilli dans un foyer pour orphelins à Harlem, il grandit dans un monde rendu toxique par la perversité des adultes. Sans repères, contaminé peu à peu par la violence qui l'entoure, Abdul est mal parti. Mais lorsqu'il découvre la danse, tout est transformé :
    il vient peut-être de trouver là le moyen de sauver sa peau – et son âme.

  • Traduit de l'allemand (Autriche) par Olivier Mannoni
    " Un regard fugitif à sa montre, puis il a allumé une cigarette. La fumée s'est élevée dans une suite de ronds. Ce fut le début de notre relation. Une odeur âcre à mes narines. Le vent soufflait la fumée dans ma direction. Avant même que nous ayons échangé nos noms, c'est ce vent qui nous fit faire connaissance. "
    Dans un parc, quelque part au Japon, Taguchi Hiro et Ohara tetsu se sont assis sur un banc. Le plus jeune vient de sortir de la chambre où il vit cloîtré depuis deux ans.
    L'homme à la cravate a été licencié, mais il est incapable de l'avouer à sa femme.
    L'ermite moderne et l'employé modèle se regardent en silence, s'apprivoisent, se racontent. La disparition d'un ami poète fauché par une voiture, le suicide d'une camarade de classe, la vie professionnelle brisée, l'amour d'une épouse, les rêves et les renoncements.
    Bribe par bribe, ils se livrent l'un à l'autre.

  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marc Amfreville.
    En 1931, à Park Ridge (Illinois), un certain Cornelius O. Pierson assassina une jeune veuve, Asta Eicher, et ses trois enfants. En enquêtant sur leur disparition, la police découvrit que Pierson n'était autre que Harry Powers, un serial killer qui recrutait ses victimes par le biais d'annonces matrimoniales. Cette affaire qui bouleversa l'Amérique inspira à Charles Laughton son admirable film, La Nuit du chasseur.
    Tous les vivants est le " roman vrai " de cette histoire. Jayne Anne Phillips reconstitue avec minutie le déroulement de la tragédie, la traque du meurtrier et son arrestation. Mais c'est d'abord son extraordinaire imagination romanesque qui frappe à la lecture de ce livre. La voix de la petite Annabel, assassinée par Powers, se mêle à celle des vivants, qu'ils soient réels ou inventés de toutes pièces, comme Emily Thornhill, la journaliste qui mène les investigations.
    Porté par un souffle puissant, Tous les vivants explore un territoire où se mêlent le réel et le surnaturel, l'innocence et la perversité, la beauté et l'horreur. C'est aussi une radiographie de l'Amérique profonde des années 30, de ses peurs et de ses espoirs, au lendemain de la " Grande Dépression " qui l'a dévastée.

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