Alain Caillé

  • Extensions du domaine du don rassemble et synthétise la plupart des fils patiemment tissés par Alain Caillé et ses amis du Mouvement anti-utilitariste en science sociale (le mauss) depuis près de 40 ans. Comment trouver les conditions de possibilité théoriques de ce monde post-néolibéral auquel nous aspirons presque tous ? En appliquant, en universalisant "le paradigme du don" à la plupart des champs de la vie en société.

  • Sociologie, économie, histoire, philosophie : comment L'essai sur le don de M. Mauss constitue une approche généraliste radicale des sciences sociales.
    Marcel Mauss, neveu et héritier spirituel de Durkheim, initiateur de l'ethnologie scientifique française, est universellement connu comme un des grands noms de la tradition anthropologique. Aucune discussion sur le don, qu'il s'agisse du don pratiqué dans les sociétés archaïques ou du don des modernes, ne peut ignorer son célèbre Essai sur le don. Mais, pour Alain Caillé et les auteurs regroupés autour de la Revue du MAUSS, si l'Essai est le texte le plus important de toute l'histoire des sciences sociales, c'est parce qu'il contient bien plus encore. Même si Mauss, épris de concret, se méfiait des grandes théories, il y a dans son oeuvre, et plus spécifiquement dans l'Essaisur le don, les fondements d'une approche généraliste en sciences sociales qui concerne aussi bien la sociologie que l'économie, l'histoire ou la philosophie. Encore faut-il les rendre clairement visibles. C'est à ce travail d'explicitation et de systématisation que s'attaque ce livre, qui s'attache notamment à montrer comment Mauss nous offre une pensée du rapport social irréductible aux paradigmes dominants et rivaux de l'individualisme et du holisme méthodologiques, un " tiers paradigme ", le paradigme du don. Les bases d'une sociologie vraiment générale.

  • Si c'est « malgré tout » qu'il faut défendre la sociologie, c'est malgré ce qu'elle est devenue. Bien loin de ses grandes espérances initiales et des splendeurs que nous ont léguées les Durkheim, Weber, Simmel, Mead, Elias, Mauss, etc. Ce que l'on appelle sociologie s'est peu à peu recroquevillé jusqu'à apparaître comme la « science (ou la pseudo science) des restes », la science de ce dont ne parlent ni les philosophes, ni les économistes, ni les historiens, ni les anthropologues, ni les théoriciens de la littérature, etc. Éclatée en de multiples chapelles théoriques ou idéologiques, privée de colonne vertébrale paradigmatique et institutionnelle, elle ne croit plus pouvoir trouver son unité que dans une référence de plus en plus incantatoire au « terrain » et à l'empirisme, et dans ses querelles infinies sur ce qui fait la bonne méthode ou le bon terrain. La sociologie classique, celle qu'il nous faut faire revivre et actualiser, se présentait tout autrement. Elle revendiquait hautement une approche empirique de la réalité et le souci d'établir des faits, elle aussi, mais elle n'imaginait pas que ce puisse être accompli hors-théorie et sans enjeux normatifs, c'est-à- dire éthiques et politiques... Dit autrement, elle se vivait comme le lieu et le moment généraliste de la science sociale générale. C'est cette sociologie là, autrement dit la science sociale générale, qui nous fait désormais défaut et qu'on appelle ici à renaître de ses cendres.

  • Paru en 1989, ce petit texte pédagogique qui présentait le travail de pensée accompli par la Revue du MAUSS, a peu à peu pris des allures de livre culte et exercé une influence souterraine sur des pans importants de la sociologie, de l'anthropologie, de la science économique ou de la philosophie morale et politique. C'est que l'objectif premier du MAUSS -; " Montrer que l'obstacle principal sur lequel bute la pensée moderne est celui de l'économisme, [...] que c'est lui qui souffle l'essentiel des réponses et qui limite abusivement le champ du possible et du concevable " -; est devenu chaque jour plus actuel. Aujourd'hui, nous y sommes en plein. Ce n'est plus seulement la pensée qui se dissout dans l'économisme, c'est le rapport social lui-même qui se dilue dans le marché. D'où la nécessité urgente de chercher des ressources théoriques et pratiques qui permettent de sauvegarder l'essentiel, la civilité ordinaire et le goût de ce qui fait sens par soi-même, à commencer par celui de la démocratie. Épuisé depuis plusieurs années, ce livre est réédité avec un avant-propos et une postface inédits qui permettent également d'introduire le lecteur aux analyses ultérieures du MAUSS sur la genèse de l'utilitarisme (et donc de l'économisme) et sur le paradigme du don.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 2e édition de 2003)

  • Qu'ont à nous dire les sciences sociales sur la société ? Peuvent-elles nous aider à comprendre le monde, et à agir pour le changer ? Si l'on se donne la peine de regarder de près la production des chercheurs, au-delà des quelques grands intellectuels qui monopolisent l'attention des médias, la réponse à ces questions apparaît fort embarrassante. Car la majorité des spécialistes en sciences sociales semblent avoir renoncé à se saisir du politique : réfugiés derrière les murs de leur discipline ou de leur sous-discipline, ils ne savent plus interroger l'époque, ni répondre à l'exigence démocratique qui sourd de partout. Ce sont les formes et les causes de cette " démission des clercs " qu'explore avec rigueur Alain Caillé dans cet essai roboratif. À partir d'une critique remarquablement argumentée de théories dominantes de la sociologie, de l'économie et de la philosophie politique, il montre comment l'oubli du politique s'inscrit au coeur même de ces théories. Ainsi de l'utilitarisme et de l'individualisme méthodologique, qui ne permettent pas de reconnaître la dimension plurielle et collective de l'action sociale. Mais ce livre, n'est pas qu'un état des lieux critique de la recherche et des idées contemporaines. Il pose les bases d'un programme de travail pour les sciences sociales : sans rien céder sur les exigences d'un savoir rigoureux, elles doivent inventer de nouvelles formes de citoyenneté qui soient universalisables, et en même temps capables de reconnaître les singularités historiques et culturelles dans lesquels les hommes puisent leurs raisons de vivre et d'espérer.

  • Sans bonne volonté, nous le savons bien, rien ne se fait. Mais elle ne se décrète pas. A contrepied du néomanagement, qui sévit désormais dans les organisations, l'anthropologie aide à comprendre, notamment grâce à Marcel Mauss, fondateur de l'ethnologie scientifique française et auteur du célèbre Essai sur le don (1925), comment sans don, il n'est pas de bonne volonté et pas d'efficience possibles.Les entreprises, administrations, associations, équipes sportives, etc. qui fonctionnent bien savent reconnaître dans le cycle du don et dans ceux qui s'y adonnent la véritable source de la coopération efficace, de la confiance et du travail pris à coeur. Le mauvais gestionnaire, qui s'acharne à tout contrôler et rationaliser, tue la « poule aux oeufs d'or ». En enfermant tout le monde dans le cercle vicieux du chacun pour soi et du découragement, il « perd tout en voulant tout gagner » (La Fontaine).Mais ce qui est vrai des organisations l'est tout autant de nos relations sociales, de nos amitiés comme de notre vie familiale. Les principes du don et du contredon, ici dévoilés, sont aux relations humaines ce que l'inspiration et l'expiration sont au souffle de la vie. En questionnant nos manières de penser ce que nous sommes et notre rapport aux autres, La Révolution du don nous touche tous au plus profond de nous-mêmes.Professeur émérite de sociologie à l'université de Paris X - Nanterre, Alain Caillé, économiste de formation, a fondé et dirige la Revue du MAUSS (Mouvement Anti Utilitariste dans les Sciences Sociales). Il a écrit plus d'une vingtaine d'ouvrages.Anthropologue, docteur en droit et diplômé de l'EDHEC, président du cabinet AlterNego, Jean-Edouard Grésy est médiateur et enseigne la négociation. Il est intervenu dans plus d'une centaine d'entreprises aux fins de développer une conflictualité productive.

  • Nous voulons tous être reconnus pour les dons que nous faisons ou que nous croyons faire. Telle est la vérité que les auteurs font apparaître. En relisant Sénèque, Marcel Mauss et beaucoup d'autres, ils montrent comment notre existence s'inscrit au coeur de nombreux cycles du demander, donner, recevoir et rendre, et analysent les troubles psychiques comme autant de blocages dans ces cycles qui fondent les sociétés.Ainsi, nous demandons trop (nous sommes exigeants) ou trop peu (nous sommes timides) ; nous donnons trop (nous sommes grandioses) ou trop peu (nous sommes calculateurs) ; nous n'acceptons pas de recevoir (nous sommes blasés) ou surestimons toujours ce qu'on nous donne (nous sommes extasiés) ; nous ne savons pas rendre (nous sommes ingrats) ou ne supportons pas d'être en dette (nous sommes tourmentés).Décrivant avec humour tous ces « ratés » de la relation avant qu'ils ne deviennent pathologiques, Alain Caillé et Jean-Édouard Grésy nous donnent les moyens de les surmonter pour retrouver un équilibre, c'est-à-dire un juste rapport aux autres et au monde.
    Alain Caillé, professeur émérite de sociologie à l'université Paris-Ouest-Nanterre et directeur de La Revue du MAUSS, est l'auteur d'une trentaine de livres, dont Anthropologie du don (2000; 2006), Anti-utilitarisme et paradigme du don (2014) et co-auteur de Pour une nouvelle sociologie classique (2016). Il a également co-signé avec Jean-Edouard Grésy La Révolution du don. Le management repensé à la lumière de l'anthropologie (2014).
    Jean-Edouard Grésy est anthropologue. Associé fondateur du cabinet AlterNego, docteur en droit et diplômé de l'EDHEC, ses recherches portent sur la conflictualité et la coopération. Il est notamment l'auteur de Gérer les ingérables (2009) et co-auteur de Gérer les risques psychosociaux (2012) et Comment les négociateurs réussissent (2017).

  • De gauche ?

    ,

    • Fayard
    • 22 Avril 2009

    Mai 2007: la gauche aurait dû gagner. La conjoncture s'y prêtait: croissance atone, chômage et sous-emploi, précarité et inégalités, insécurité sociale, morosité, immobilisme, sans compter l'usure du pouvoir à droite. Elle était donnée gagnante, elle a perdu. Au-delà des multiples raisons qui peuvent expliquer sa défaite, la gauche s'est enfin aperçue qu'elle avait cessé de penser depuis bien longtemps. À tel point que ce que signifie "être de gauche" pose de plus en plus question. Aujourd'hui, chacun en convient, il faut à nouveau labourer en profondeur et "revisiter les fondamentaux", réinterroger les paradigmes, faire retour sur le "logiciel" sans lequel il n'est pas de bon programme. Refaire de l'histoire, sans quoi l'on n'écrira pas de nouvelle histoire. Le projet de ce livre est de partir de notions et de thèmes essentiels qui ont irrigué et porté la pensée et la culture de gauche - égalité, travail, croissance, richesse, démocratie, socialisme. -, de les resituer dans le contexte social, économique et politique d'aujourd'hui, d'en proposer une conception renouvelée et d'esquisser des pistes de réflexion, voire d'utiles propositions pour l'avenir. En procédant à l'examen de ces différents thèmes, en interrogeant leur actualité et leur avenir possible, c'est aussi un diagnostic pluriel sur notre temps que nous livrent les auteurs ici réunis. Cet ouvrage aux multiples entrées, qui se répondent les unes aux autres, se prête aisément à une lecture vagabonde, au gré de l'envie du moment, au fil des préférences et des interrogations. Le temps de se forger sa propre opinion. À gauche? Ont contribué à cet ouvrage : Serge Audier - Geneviève Azam - Philippe Chanial - Pascal Combemale - Philippe Corcuff - Thomas Coutrot - Guillaume Duval - Francesco Fistetti - Jean-Baptiste de Foucauld - Jean Gadrey - Guy Groux - Gérard Grunberg - Justine Lacroix - Christian Laval - Jean-Louis Laville - Claude Lelièvre - Dominique Méda - Yann Moulier Boutang - Bernard Perret - Dominique Schnapper - Jacques Testart - Irène Théry - Catherine Wihtol de Wenden - Jean-Pierre Worms

  • Cet ouvrage propose une histoire de la philosophie morale et politique ambitieuse et originale. De Platon à John Rawls, en passant par Machiavel, Adam Smith ou Rousseau, de Montesquieu à Max Weber, une quarantaine de spécialistes montrent comment les interrogations se déplacent et les hypothèses se reformulent, mettant au jour les ruptures et les continuités.

  • Tous les dix jours, une nouvelle Église évangélique est créée en France. Depuis 1950, le nombre de leurs fidèles, dont 65 % ont moins de 35 ans, est ainsi passé de 50 000 à près de 500 000. Pourquoi un tel succès ? Ces chrétiens militants sont-ils tous des intégristes de la Bible ? Pourront-ils un jour faire élire un président ? Sont-ils le bras spirituel de la CIA ? Pour répondre à ces questions, Linda Caille est partie à la rencontre de ces citoyens qui, depuis le XVIe siècle, se disent évangéliques avant d´être français. Pendant cinq ans, dans les petites communautés comme dans les « megachurch », elle a partagé la vie de ces étranges missionnaires : Nicole, la chef d´entreprise qui prie dans les rues de Cergy-Pontoise pour faire reculer les « forces des ténèbres » ; Shora Kuetu, le pasteur d´origine congolaise qui se bat avec des méthodes « Full metal jacket » contre le « Malin » dans les banlieues ultraviolentes... On rencontre aussi Nadja, l´Algérienne, qui a quitté l´islam et raconte l´enfer qu´elle vit dans sa communauté d´origine. Car l´islam et la foi évangélique sont en France les deux seules religions en croissance depuis 1945. Dans les banlieues, elles sont en concurrence ouverte. Ce livre, où des jeunes évangéliques ont accepté de parler de leur sexualité, où des déçus de l´évangélisme témoignent et où l´on tente de percer à jour la stratégie de conquête des dirigeants évangéliques, nous propose une plongée surprenante dans un monde inconnu.

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