Alexander Werth

  • Le journal inédit d'Alexander Werth, correspondant du Guardian à Paris en 1940 Mai 1940 : la France capitule. Deux mois plus tard, le maréchal Pétain reçoit les pleins pouvoirs, et le régime de Vichy s'installe pendant que les Allemands envahissent le pays. Intime, par ses fonctions, de l'ensemble du personnel politique, Alexander Werth raconte les ralliements spectaculaires à ce qui va devenir Vichy, les accommodements quotidiens et lâches d'une élite exclusivement préoccupée de la survie de son confort. Il raconte aussi la rue, les Parisiens. Passées les quelques heures d'abattement de rigueur, les terrasses des cafés sont pleines, la bonne humeur remplace l'inquiétude, on s'agite, on discute, on rigole... Et surtout, en visionnaire, il annonce le déroulement et l'issue de la guerre, anticipant par là les thèses que défendront plus tard de nombreux historiens. Un journal à lire absolument pour l'éclairage particulier qu'il jette sur la Seconde Guerre mondiale EXTRAIT Vendredi 10 mai 1940 Maintenant, ça y est. Je dormais encore à huit heures et demie dans ma chambre du quai Voltaire quand le téléphone a sonné. C'était Gilbert : « Ce matin à quatre heures, les Boches ont envahi la Hollande, la Belgique et le Luxembourg. Petite nouvelle que j'ai cru devoir t'intéresser. Tu peux maintenant aller t'acheter un pyjama doublé en ciment ». Et voilà. Il y avait eu, tous les quinze jours plus ou moins, des rumeurs d'une invasion possible des Pays-Bas. Mais depuis quelques jours, il n'en était plus question. La semaine dernière, j'ai vu Sandberg, de Het Folk, le journal socialiste d'Amsterdam. Il revenait de Hollande. Bien que la cinquième colonne fût très active - son frère et son père sont tous deux nazis et croient que seule une invasion nazie peut leur assurer une tranquillité favorable à la reprise des affaires - il était convaincu que les Allemands n'attaqueraient pas la Hollande avant juillet ou août. Maintenant, c'est arrivé ; au moment peut-être où nous nous y attendions le moins - nous nous y attendions sûrement moins qu'à bien d'autres moments au cours des huit derniers mois. À PROPOS DE L'AUTEUR Né à Saint-Petersbourg en 1901, Alexander Werth était un journaliste et correspondant de guerre britannique. Les derniers jours de Paris reprend les chroniques qu'il a rédigées durant la Seconde Guerre mondiale.

  • Léningrad, 1943

    Alexander Werth

    Le 10 août 1941, les armées allemandes lancent l'offensive finale sur Leningrad. Moins d'un mois plus tard, la ville est encerclée. Pendant 872 jours - le siège le plus long de l'histoire moderne -, seule la « route de la vie », passant par le lac Ladoga gelé, permet l'approvisionnement, du reste très insuffisant, des Léningradois, qui souffrent de la faim et du froid. Alexander Werth, correspondant de guerre britannique, offre de cette tragédie un témoignage exceptionnel qui retrace la défense de la ville par ses habitants et raconte les stratégies de survie quotidiennes cachées derrière les mots « héroïsme » et « patriotisme ». Alexander Werth (1901-1969), journaliste et historien britannique d'origine russe, est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages remarqués sur la Russie soviétique et sur la France de l'entre-deux-guerres, en particulier, La Russie en guerre (« Texto », 2011) et Moscou, 1941 (Tallandier, 2012).
    Traduit de l'anglais par Evelyne et Nicolas Werth. Présenté par Nicolas Werth.

  • Stalingrad, 1942

    Alexander Werth

    • Fayard
    • 30 Janvier 2013

    Alexander Werth est l'un des rares correspondants de guerre à se rendre à Stalingrad au lendemain de la capitulation allemande, quelques jours seulement après la fin des combats qui opposèrent l'armée soviétique à l'armée allemande. Ainsi, en plus de livrer un témoignage très personnel et très fort de la situation sur place dès 1943, l'auteur revient sur le déroulement précis, d'un point de vue militaire, de ce qui fut le tournant de la Seconde Guerre mondiale : depuis l´offensive allemande sur Stalingrad de l´été 1942, jusqu´à la contre-offensive victorieuse de l´armée soviétique lancée le 19 novembre 1942. Grâce aux entretiens qu´il a eu avec des acteurs-clés, comme les généraux Talanski ou Tchouikov, il décortique en détail les différentes phases des opérations militaires ; mais il analyse aussi à travers la presse, les articles des correspondants soviétiques les plus connus (l´écrivain Konstantin Simonov), la manière dont les Soviétiques ont été informés des événements. Comment la bataille de Stalingrad est-elle devenue une bataille mythique ? Comment a-t-elle influé sur la manière dont l´armée soviétique s´est transformée au cours de ces mois décisifs de l´hiver 1942-1943 ? De l´original en langue anglaise publié sous le titre The Year of Stalingrad en 1946 chez Hamish Hamilton à Londres, la traduction présente réunit les chapitres consacrés exclusivement à la bataille de Stalingrad, qui forment le coeur de l´ouvrage, le premier à paraître sur le sujet.

  • 22 juin 1941. Hitler lance l'opération Barbarossa contre l'union soviétique. Dix jours plus tard, Alexander Werth, correspondant de la BBC, arrive à Moscou. Jusqu'à octobre 1941, il partage le quotidien des Moscovites durant ce terrible été marqué par l'effondrement de l'Armée rouge. Le récit qu'il en a tiré est un témoignage unique sur un moment crucial de l'histoire de la guerre à l'est, celui où l'Allemagne nazie semble invincible.
    Ne disposant que des informations officielles, qui toutes minimisent systé-matiquement les reculs et les défaites de l'Armée rouge, tout en majorant les pertes de la Wehrmacht, Alexander Werth saisit toutes les occasions pour tenter de « prendre le pouls » de la vie réelle. Malgré les contraintes - espionite ambiante, méfiance et peur de l'étranger -, il rend compte avec brio de l'atmosphère à Moscou au cours des premières semaines de la grande guerre patriotique, à un moment où la menace ennemie se rapproche de la capitale soviétique, soumise aux premiers raids aériens. Alexander Werth quitte la ville alors que les détachements avancés de la Wehrmacht ne sont plus qu'à une trentaine de kilomètres de la capitale soviétique. À ce moment-là, la prise de Moscou semble inéluctable.

  • Il n'est aucun domaine qui ait chapp l'emprise du rgime sovitique sur la vie culturelle et artistique dans la Russie de l'aprs-guerre. Aprs la littrature, le thtre, le cinma et la philosophie, c'est au tour de la musique d'tre place sous le contrle du Parti, lors de la Confrence des musiciens, prside par Andrei Jdanov Moscou en janvier 1948. Les oeuvres de quelques grands compositeurs, tels que Chostakovitch et Prokofiev, coupables de formalisme , sont alors mises au ban de la production artistique et leurs auteurs somms de faire amende honorable. Correspondant de la presse britannique en URSS, Alexander Werth est le tmoin attentif de cette offensive idologique. Dans une analyse sur le vif o il laisse largement la parole aux diffrents acteurs, il retranscrit cette confrence, non sans humour, et avec un remarquable sens de l'observation.

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