Alexandre/L'Aulnoit

  • Antonin Carême est l'inconnu le plus illustre de la cuisine française. Il a pourtant été le metteur en scène de fêtes parmi les plus fabuleuses de notre histoire et a, dans le même temps, jeté les bases de la cuisine « diététique ».
    De cet enfant de la Révolution et des rues de Paris, né en 1783, on ne sait presque rien, en dépit de l'oeuvre abondante qu'il a laissée. Philippe Alexandre et Béatrix de l'Aulnoit ont donc mené l'enquête en véritables historiens. Ils rapportent le récit d'une vie extraordinaire, une fresque somptueuse des sociétés aristocratiques à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles.
    Comme le furent le tsar Alexandre Ier et le roi George IV d'Angleterre, comme Talleyrand, Murat et les maréchaux d'Empire, comme les Rothschild ensuite, vous allez succomber à la magie du roi Carême, ce « chef » délicieusement snob, patriote incorrigible, que toute l'Europe s'est arraché.

  • Pourquoi la France est-elle le royaume de la gastronomie ? Grâce à son terroir opulent si généreux. Dès la Renaissance, chaque région a sa spécialité, source de fierté, de rentabilité. Cette histoire de richesses et de voluptés commence dans les couvents qui seuls peuvent déchiffrer les manuscrits du cuisinier Apicius ou les Tables de Santé des médecins de Bagdad, arrivées en Espagne conquise par les Arabes. Les moines possèdent également les vignes. Rois et princes comprennent vite le pouvoir qu´ils peuvent tirer de ces nouveautés. Vatel provoque la jalousie de Louis XIV en mettant en scène les fêtes de Fouquet. Il est le premier de nos maîtres d´hôtel. Les petits soupers du XVIIIème participent au génie de l'époque avec la sauce Soubise aux oignons et la Béchamelle du marquis du même nom. Devant leurs fourneaux, les chefs écrivent les premiers livres de cuisine. La révolution met à la rue rôtisseurs et pâtissiers des grandes maisons, qui créent au Palais-Royal les premiers restaurants. Leurs clients sont les députés de la Constituante arrivés de Versailles. Talleyrand lance le génial Carême, qui écrit après Waterloo les premiers livres de pâtisserie du monde, crée la toque et ouvre la porte à la grande cuisine du XIXème à des chefs comme Escoffier. Derrière ces génies se tient souvent une grand-mère. Les lyonnaises prennent, elles, le pouvoir des casseroles avec la mère Brazier, première femme à obtenir ses trois étoiles Michelin en 1933. Les Bocuse, les Chapel, avec Michel Gérard, jettent les bases de la nouvelle cuisine, cette gastronomie française sans cesse réinventée jusqu´à aujourd´hui.

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