Andre Langaney

  • La propriété la plus troublante de la vie est sans doute le renouvellement continu de ses formes. Son caractère d'innovation permanente est au coeur des problèmes scientifiques, philosophiques et moraux, que pose la biologie moderne. C'est dire l'importance d'une réflexion générale sur les mécanismes de cette innovation. Innovation dans les structures biologiques elles-mêmes d'abord. Innovation, bientôt, par la sexualité qui transforme les comportements et l'organisation sociale des espèces ; à travers l'histoire naturelle de la sexualité, souvent pittoresque, qui nous est contée ici, se présente une véritable "évolution buissonnière". Innovation, enfin, dans les sociétés humaines, sur la base de mécanismes nouveaux de stockage et de réemploi de l'information. A ce niveau, son analyse conduit l'auteur à nous présenter sa propre position dans le grand débat d'aujourd'hui, sur l'importance des contraintes biologiques dans les comportements humains. Dans un style vif et allègre, se trouvent ici liées indissolublement information scientifique et réflexion philosophique.

  • Il y a environ cinq millions d'années, un groupe familial de singes devenait ce que l'on appela, par la suite, le genre humain. Par des changements d'abord très lents, puis de plus en plus rapides, les Hommes se sont singularisés au milieu des autres animaux. Parmi toutes les populations de la préhistoire, un groupe unique, limité, qui vivait sans doute quelque part entre l'Ethiopie, le Moyen-Orient et la péninsule indienne, il y a environ cent mille ans, a donné naissance à toutes les populations humaines actuelles. Aussi variés que soient leurs caractères physiques et génétiques, tous les Hommes d'aujourd'hui descendent donc des mêmes ancêtres, très tardifs dans une préhistoire humaine déjà relativement courte. Ce livre de synthèse explique comment les découvertes de la génétique sur la diversité des Hommes et les fossiles humains connus à ce jour ont démontré ces résultats étonnants au cours des quinze dernières années. La répartition des gènes à la surface de la planète permet de reconstituer l'histoire des mouvements de populations du passé, tandis que les dimensions, les formes ou les couleurs du corps ne sont que l'empreinte de l'environnement des deux cents derniers siècles. Tout ce que l'on pensait de l'histoire de l'humanité et des relations entre les populations humaines s'en trouve bouleversé et la considération des phénomènes en cours, en particulier sur le plan démographique, permet d'effectuer un certain nombre de prévisions à court ou moyen terme sur l'évolution probable de nos éventuels descendants.

  • On comprendra en lisant ce livre que l'idéologie innéiste de la sociobiologie humaine, aux accents inévitablement inégalitaires et racistes, est interdite par les sciences mêmes que cette « discipline » prétend intégrer. Mais disqualifier scientifiquement l'hypothèse centrale de cette théorie - l'aptitude des gènes à déterminer le jeu complexe des relations sociales, et à en fournir la clé - n'est assurément pas tout ce à quoi des scientifiques peuvent aujourd'hui aspirer. Il faut en outre, dès cette tache accomplie, en vulgariser l'explication, de manière à combattre l'emprise d'un fascisme théorique - celui, notamment, de la « nouvelle droite » - dont l'actuelle « sociobiologie », relayée par un certain journalisme, constitue, en remplacement du vieux « darwinisme social » et suivant la même stratégie, l'idéologie de soutien Première réfutation pluridisciplinaire des fondements de cette idéologie de crise, ce livre dont les enjeux contemporains sont considérables - l'interprétation du darwinisme, sa lecture marxiste hier et aujourd'hui, les rapports de la science et de l'idéologie, les limites de la génétique, les sciences de l'homme dans leurs relations aux sciences de la nature, le couple nature culture ou nature/société -, a choisi d'exister en vue de cette action.

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