Antoine Boisclair

  • C'est le nom qu'on donne à la conscience malheureuse des lieux. Des paysages, des habitats, des villes, des quartiers : de tout ce qui se transforme, s'appauvrit, s'uniformise. On en fait l'expérience concrète, à petite échelle, lorsqu'un environnement aimé subit l'assaut d'un promoteur immobilier. On l'éprouve par procuration, en regardant son écran, quand le climat se dérègle un peu partout sur Terre, fait fondre les glaciers, bousille les écosystèmes, propage les feux. Au sens où elle a été définie par l'environnementaliste australien Glenn Albrecht, la solastalgie repose moins sur le désir de restituer un passé idéalisé, sur la nostalgie d'un âge d'or, que sur l'impression de ne plus pouvoir compter sur le réconfort ou le soulagement (solacium) procuré par le présent et l'avenir. Ce mal, cette douleur (algia), les poèmes de ce recueil s'en font l'écho. Ils luttent avec un mélange d'espoir et de consternation contre ce qui les dépasse.

  • Un poeme au milieu du bruit. lectures silencieuses Nouv.

    Lire un poème en silence, à l'écart de l'agitation quotidienne et du bruit : tendre l'oreille à la voix qui se tait au fond des mots. Renouer avec cette langue où «les choses muettes nous parlent», comme l'écrivait Hofmannsthal, de manière à mieux mesurer leur profondeur ou leur part d'ombre. Les essais rassemblés dans ce livre s'intéressent à des poèmes qui peuvent se dispenser d'accompagnements sonores, de performances ou de mises en scène. Ils commentent des textes connus et moins connus, écrits au XXe ou au XXIe siècle par des auteurs d'ici et d'ailleurs, et s'efforcent de ramener la poésie à sa dimension littéraire. Peu importe les sujets qu'elles abordent - le réalisme, la sensibilité écologique, la filiation, par exemple -, ces lectures se mettent à l'écoute du silence au milieu du bruit.

  • Ce numéro marque le centième anniversaire de naissance du poète, né le 13 juin 1912, et propose des relectures qui éclairent des zones peu explorées jusqu'ici de l'oeuvre de Garneau ou abordent celle-ci en dialogue avec d'autres oeuvres, d'ici comme d'ailleurs, d'hier à aujourd'hui. Ces différents types d'« accompagnements », pour reprendre un terme bien garnélien, ouvrent l'oeuvre à des résonances nouvelles et la situent dans le contexte transnational de la littérature et de l'art[1].

  • « Faudra-t-il toujours lutter pour le français ? » demande L'Inconvénient en couverture de son numéro d'automne. Pris entre l'angoisse financière de la souveraineté et l'insécurité culturelle d'une nation minoritaire dont la présence maintenue au sein de la fédération canadienne ne peut que nourrir l'angoisse identitaire et linguistique, le Québec, en plein dilemme, se cherche, mais ne se trouve pas. La province comme société « divisée, déchirée, entravée par des peurs contradictoires qui ne veulent pas s'effacer » et le rapport à la langue autour duquel se cristallisent et s'incarnent ces peurs, voilà ce qu'explorent les collaborateurs de L'Inconvénient dans le dossier thématique de ce numéro. Lisez aussi la deuxième partie de l'essai « Le délire collectif des déclinistes français » d'Alain Roy, un portrait du peintre Mark Puchala par Marie-Anne Letarte, Stanley Péan qui parle de la saxophoniste jazz Christine Jensen et Sylvain David des « Communautés (ré) imaginées » dans les séries télé Fauda, Bron/Broen et The Fall.

  • Un poème au milieu du bruit Nouv.

    Lire un poème en silence, à l'écart de l'agitation quotidienne et du bruit : tendre l'oreille à la voix qui se tait au fond des mots. Renouer avec cette langue où «les choses muettes nous parlent», comme l'écrivait Hofmannsthal, de manière à mieux mesurer leur profondeur ou leur part d'ombre. Les essais rassemblés dans ce livre s'intéressent à des poèmes qui peuvent se dispenser d'accompagnements sonores, de performances ou de mises en scène. Ils commentent des textes connus et moins connus, écrits au XXe ou au XXIe siècle par des auteurs d'ici et d'ailleurs, et s'efforcent de ramener la poésie à sa dimension littéraire. Peu importe les sujets qu'elles abordent - le réalisme, la sensibilité écologique, la filiation, par exemple -, ces lectures se mettent à l'écoute du silence au milieu du bruit.

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