Presses Universitaires de France

  • « Casimir, le constipé » ; « Moi, je ne dis pas Pétain, mais putain », « Général rebelle, bradeur de l'Empire, paranoïaque à délire intermittent » : ces diverses apostrophes adressées au chef de l'État furent poursuivies par le Parquet et leurs divers auteurs - citoyens ou journalistes - condamnés par les juridictions pénales. Délit méconnu, le délit de presse a protégé le président de la République en France de 1875 à 2013 et a souvent été présenté comme un délit d'opinion. Or, cet ouvrage entend réfuter ce lieu commun en se fondant sur une étude des procès à partir de documents d'archives. Il met notamment à jour l'épisode méconnu des paroles publiques injurieuses adressées par l'homme de la rue au maréchal Pétain et la sévérité des sanctions pénales. Il retrace la lutte judiciaire menée par le général de Gaulle à partir de 1959 contre les opposants d'extrême droite, « ennemis » du régime. Il permet, en étudiant cette face cachée de la République - la République injuriée -, de révéler la permanence d'une guerre civile larvée dans l'histoire politique française contemporaine.

  • A une époque où l'État et la souveraineté occupent à nouveau l'actualité politique et juridique, cet ouvrage propose une réélaboration théorique de ces deux notions centrales. Il esquisse une théorie générale de l'État à travers la figure centrale de la souveraineté dont les deux modalités, monarchique et démocratique, sont examinées sous l'angle de la théorie générale du droit. Par là même, il voudrait contribuer à ce que les juristes, conscients de la richesse et de l'intérêt de leur savoir (notamment de la dogmatique juridique et constitutionnelle), se réapproprient leur propre territoire.

  • Des faits, un dossier, des pièces. Ils semblent ne guère intéresser la plupart. Et si l'affaire était moins simple qu'on ne le voudrait ? Et si la substitution de la responsabilité pénale des ministres à leur responsabilité politique, génératrice sans doute d'apaisements symboliques, n'était pas une si bonne idée, même dans l'hypothèse où l'incompétence ministérielle a tué ? Et si et la politique, et le droit pénal, et la simple justice, avaient tout à perdre dans la redoutable partie qui s'engage ?

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