Vie pratique & Loisirs

  • L'équipe de France de football souffre toujours d'une image exécrable dans l'opinion, et les " fauteurs de trouble " (Anelka, Evra, Ribery...) restent pour beaucoup des " bannis ". Pourquoi cette infamie ? Comment rendre compte de l'acharnement des médias à leur encontre, alors que le sport connait d'autres affaires bien plus graves ? Un essai informé et empathique sur ces " porte-parole " malgré eux des milieux populaires confrontés à toutes les formes de discrimination.
    Depuis leur grève lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, en juin 2010, les joueurs de l'équipe de France de football souffrent toujours d'une image exécrable dans les médias et dans l'opinion publique. Qu'est-ce qui explique cette durable infamie ?
    Pour répondre à cette question, ce livre poursuit la réflexion initiée en 2011 avec
    Traîtres à la nation ?, dont il reprend certains éléments d'analyse, en examinant de plus près, d'une part, les profondes transformations du football professionnel depuis le milieu des années 1990 et, d'autre part, la tension structurelle qui existe aujourd'hui entre des joueurs au sommet de la réussite, sportive et économique, et des journalistes soumis à une forte concurrence, avides d'infos et de scoops. Le livre montre aussi que le football peut se révéler un analyseur fin de la crispation autour de la place accordée aux jeunes issus de l'immigration postcoloniale. Souvent suspectés de ne pas chanter
    La Marseillaise, de ne pas " mouiller le maillot " tricolore, de ne pas aimer jouer " pour la France ", les joueurs issus des cités de banlieue ont pourtant grandement contribué à qualifier l'équipe nationale pour le Mondial 2014 au Brésil. Cette qualification ouvre-t-elle la voie d'une reconquête sportive et d'un retournement de l'opinion en leur faveur ?

  • Sport populaire, le football a conquis la planète en moins d'un siècle. Il est devenu le moyen le plus commun de découverte des particularités des nations. Par sa médiatisation à l'occasion des Coupes du monde ou des compétitions continentales, on connaît désormais une nation à travers son équipe, son style de jeu, sa composition. Les équipes nationales de football contribuent à fabriquer des « communautés nationales imaginées » qui semblent plus réelles quand elles se trouvent réduites à onze joueurs dont on connaît les noms. Tout au long du XXe siècle, transgressant la diversité des régions, des générations et des classes sociales, l'équipe nationale de football devient un emblème majeur de l'État-nation. Cependant, bien loin de constituer l'élément cristallisateur exclusif et permanent des fiertés nationales, les sélections nationales, et la passion qu'elles ont pu et peuvent susciter, sont le produit de constructions historiques bien différentes selon les sociétés envisagées. Miroir de nos sociétés et sport à fort investissement nationaliste, le football reste pourtant un objet mineur et peu légitime des sciences sociales. Ce livre collectif propose de retracer, à l'échelle européenne et par des approches monographiques, la diversité des liens entre chaque nation et le football, c'est-à-dire le rapport entretenu à la nation par le football et au football par le prisme du fait national.

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