Carolyn Podruchny

  • Les travailleurs canadiens-français qui pagayaient dans les canots, transportaient des marchandises et étaient affectés dans les postes les plus septentrionaux de l'Amérique du Nord à l'époque de la traite des fourrures sont entrés dans la culture populaire sous le nom de voyageurs. Les chercheurs universitaires autant que les vulgarisateurs de l'histoire leur ont attribué le rôle romantique de joyeux et robustes héros qui ont frayé le chemin à la colonisation européenne dans le Nord-Ouest sauvage. Carolyn Podruchny regarde au-delà des stéréotypes pour révéler les contours des vies des voyageurs, leur vision du monde et leurs valeurs.

    Les voyageurs et leur monde démontre que les voyageurs avaient développé des identités distinctes, modelées par leur racines de paysans canadiens-français, les peuples autochtones qu'ils rencontraient dans le Nord-Ouest et la nature de leur emploi, engagés à contrat dans des environnements divers. Les identités des voyageurs s'imprégnaient également de leurs constants périples et de leur propre idéal de masculinité qui valorisait la force, l'endurance et l'audace. Bien qu'il soit difficile d'entendre les voix des voyageurs dans les documents d'archives, il est possible d'y découvrir une impressionnante quantité d'informations dans les descriptions laissées par leurs maîtres, les explorateurs et d'autres personnes de passage. En analysant leurs vies en conjonction avec la métaphore du voyage, Carolyn Podruchny ne fait pas que révéler la vie quotidienne de ceux qu'elle examine - ce qu'ils mangeaient, leur consmologie et leurs rituels festifs, leurs familles et, par-dessus tout, leur travail -, elle souligne aussi leur influence sur le paysage social et culturel de l'Amérique du Nord.

  • The Carolingian conquest of Lombard Italy (774) was preceded by a massive effort on the part of the Church to convince the Frankish court of the legitimacy of the invasion. Relying on a terminology borrowed from Gregory I, the papal court produced an offensive portrait of the Lombards, depicted as treacherous, vile, and heathen. This article analyzes eighth-century papal epistolary and the Liber Pontificalis in order to establish the strategies behind this campaign. In a second moment, we turn to the Lombard response after the conquest, and the efforts of Paul the Deacon as well as the anonymous author of the Origo Langobardorum codicis Gothanis to question the papal portrait of the Lombards and to reclaim the Christian past of their people. Both Paul and the Gotha Origo focused on the importance of the conversion - and especially the role of Gregory the Great - in the rehabilitation of the Lombards. Their works, this article suggests, represent an attempt of the Lombards to dissociate their Christian faith from the conquest and to reclaim the narrative about their own past.

    Avant la conquête carolingienne de la Lombardie en Italie (774), l'Église a déployé de grands efforts auprès de la cour franque pour la convaincre de la légitimité de l'invasion. En empruntant les termes de Grégoire Ier, la cour pontificale trace un portrait offensant des Lombards, les dépeignant comme étant traîtres, exécrables et sauvages. Le présent article analyse l'épistolaire papal du VIIIe siècle et le Liber Pontificalis afin d'établir les stratégies derrière cette campagne. Ensuite, il se penche sur la réaction des Lombards après la conquête et s'attarde aux efforts de Paul Diacre et de l'auteur anonyme de l'Origo Langobardorum codicis Gothanis pour remettre en question le portrait des Lombards dressé par la cour pontificale et pour se réapproprier le passé chrétien de leur peuple. Tant Paul que l'Origo de Gotha ont mis l'accent sur l'importance de la conversion - et surtout du rôle de Grégoire le Grand - dans la réhabilitation des Lombards. Cet article avance que leurs travaux constituent une tentative des Lombards de dissocier leur foi chrétienne de la conquête et de se réapproprier le récit de leur propre passé.

  • The winner of the 2014 Ferguson Prize was Mark Phillips' On Historical Distance, a work that sets itself the task of examining what historians usually take for granted: historical distance, conventionally conceived, in Phillips' words, as "a position of detached observation made possible by the passage of time." Phillips reimagines historical distance as enacted in multiple dimensions of representation. The work, then, is an investigation of the unseen architecture of historical understanding. Of undeniable importance no matter one's field of investigation, the book is also an intensely pleasurable journey of discovery, inviting reflection, engagement, and elaboration.

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