Catherine Coquery-Vidrovitch

  • Arrachés violemment à leur terre et à leurs proches, ils furent des millions à se retrouver enchaînés, entassés comme des bêtes dans des bateaux, contraints à traverser à pied forêts ou déserts dans des conditions tellement inhumaines que presque la moitié d'entre eux en mouraient. Ce crime effroyable, qui a dévasté l'Afrique subsaharienne, a pris de nombreux visages au cours des siècles. Car ses exécuteurs et ses commanditaires sont issus de tous les horizons : de l'Afrique elle-même avec la traite interne, des différentes terres musulmanes avec les traites orientales, de l'Europe avec la traite atlantique.
    Pour comprendre l'ampleur et la complexité historique de l'esclavage des Noirs, il faut donc en faire la géographie, qui passe par les routes des différentes traites. C'est cette synthèse que Catherine Coquery-Vidrovitch nous présente ici avec rigueur et pédagogie, loin de toute polémique. Elle s'appuie sur son savoir immense d'historienne de l'Afrique, mais aussi sur le riche matériau réuni dans une série de quatre films intitulée Les Routes de l'esclavage, diffusée par la chaîne ARTE, dont elle a été la conseillère historique, et où interviennent les meilleurs spécialistes issus de nombreux pays.
    Un ouvrage aussi passionnant que terrible, qui révèle les rouages d'un système criminel sur lequel s'est construit en grande partie notre monde actuel.

  • L'essentiel de l'histoire africaine, par l'une des meilleures spécialistes. Une remarquable synthèse et une invitation à la découverte d'une histoire prodigieusement diverse et encore méconnue. L'Afrique subsaharienne est le berceau de l'humanité, et son histoire la plus vieille du monde. Ce petit livre, qui se destine à un public curieux mais non spécialiste, se nourrit d'un demi-siècle de travaux fondamentaux portant sur la question. Non seulement il fait le point sur une histoire au moins aussi variée et passionnante que celle des autres continents, mais il s'attache à déconstruire un à un les grands clichés qui continuent de nourrir les imaginaires occidentaux ; ceux qui font de l'Afrique un continent subalterne, à part, irrémédiablement à la traîne. Or l'Afrique, depuis toujours, influe sur le reste du monde. Elle lui a fourni main-d'oeuvre, or et matières premières, qui ont joué un rôle essentiel, aujourd'hui encore méconnu, dans la mondialisation économique. Elle a développé, au fil des siècles, un savoir parfaitement adapté à ses conditions environnementales, savoir qui fut taillé en pièces par l'extrême brutalité de la colonisation, pourtant si brève au regard de l'histoire longue. Mais si on lui a beaucoup pris, l'Afrique a aussi donné, avec une formidable vitalité.

  • Les Africaines ; histoire des femmes d'Afrique noire du XIXe au XXe siècle Nouv.

    De la veille de la colonisation à nos jours, la condition féminine en Afrique subsaharienne a connu d'extraordinaires mutations, à des rythmes différents d'un point à l'autre du continent, du Sénégal à l'Afrique du Sud et du Kénya au Congo. Dans ce monde où modes de vie anciens et nouveaux se côtoient et se mêlent, la vie, le rôle et les activités des femmes offrent un éventail de situations extrêmement diversifiées. En un siècle, tout y a changé, à commencer par le déplacement, à un rythme accéléré, des femmes de la campagne vers les villes.De leurs tâches quotidiennes à leurs activités économiques, de leur éducation à leur sexualité, de leur influence sociale à leur rôle politique, de leur affectivité à leur créativité, tout contribue à faire des femmes africaines un des moteurs de leurs sociétés. Connaître leur histoire, c'est comprendre le rôle essentiel qu'elles ont joué dans l'histoire du continent, mais aussi, par l'espoir dont elles sont porteuses, les possibilités d'évolution des sociétés africaines.Publiée initialement en 1994, cette vaste fresque historique et sociale est signée de l'une des meilleures spécialistes de l'histoire du continent.

  • Des historiens africains se sont réunis pour confronter leur regard sur les grandes mutations contemporaines des sociétés africaines. Deux constats majeurs s'imposent : d'une part la permanence des interrogations sur continuité-héritage-rupture par rapport à la colonisation, de l'autre l'ancrage des préoccupations historiques dans le temps présent, celui de la démocratisation laborieuse et des difficultés économiques. Trois thèmes s'entrecroisent : l'héritage des structures et les nécessaires innovations, les groupes de pression et la réinterprétation du politique, les diasporas et les réseaux transculturels et trans-sociaux.

  • Cet ouvrage est le résultat de trois années de recherches collectives qui visaient à mesurer les étapes du processus d'urbanisation en Afrique. Le lecteur y trouvera une série d'études de cas centrées sur quelques thèmes privilégiés. A partir de quand peut-on parler d'urbanisation en Afrique ? Quelles en sont les principales étapes ? Tel est le premier thème considéré. Cependant, l'accent majeur de la recherche a porté sur l'accélération du processus d'urbanisation provoqué par l'épisode colonial. L'apport le plus novateur de ce livre consiste en l'analyse précise, pour la période coloniale, de la dynamique de l'occupation des sols, des modalités de l'appropriation foncière. Cette analyse permet non seulement de reconstituer l'histoire de la ville africaine telle qu'elle s'est inscrite en son sol, mais aussi de corréler cette dimension spatiale au processus historique d'affirmation de la ville comme centre de décision politique et de stratégie économique, ainsi qu'au processus de mise en place des groupes sociaux et professionnels dans la ville. Enfin, la dernière partie de l'ouvrage s'interroge sur les filiations et les héritages entre ville coloniale et contemporaine. Sans prétendre à l'exhaustivité, le présent livre permet de suivre, à travers le temps long de l'histoire, la genèse et les étapes d'un phénomène devenu depuis peu la révolution démographique majeure de l'histoire africaine, inscrite à la fois dans l'espace et dans la société l'urbanisation.

  • L'ancienne Afrique Équatoriale Française (AEF), que recouvrent actuellement les territoires du Gabon, du Congo-Brazzaville et de la République Centrafricaine, est passée en trente ans d'un état de type traditionnel à une situation d'économie coloniale. Son évolution économique et sociale ne s'est pas faite sans heurt ni difficulté. Les quarante décrets de concession de 1899-1900 devaient permettre l'établissement des compagnies à monopole d'exploitation des « produits riches » (ivoire et caoutchouc) destinées, en principe, à assumer en trente ans les investissements dont l'État refusait la charge. Mais le refus durable des capitaux nécessaires, aussi bien de la part de l'État que du secteur privé, dans un pays apparemment dépourvu de ressources appréciables et tragiquement dénué de force de travail, condamnait l'entreprise à la faillite. [...] Cependant l'AEF sortit lentement de la stagnation après la guerre, à mesure que l'économie concurrentielle prenait le pas sur le monopole concessionnaire. [...] Outre l'essor de l'okoumé au Gabon, on vit émerger les grandes firmes à venir, se constituer les premières plantations, entrer en exploitation les richesses minières, enfin se mettre en place les principaux travaux d'infrastructure (routes et voies ferrées). Mais ce « décollage » fut payé chèrement. Les salaires ne suivirent ni la hausse de l'impôt, ni l'inflation des prix à l'importation. Le fragile équilibre vivrier traditionnellement établi entre l'homme et la nature fut rompu ; d'où des famines redoutables, et les révoltes les plus sérieuses qu'aient connues le territoire (1928-1932). Le bilan fut d'aggraver encore, pour un temps, un dépeuplement nocif au développement ultérieur du pays.

  • L'économie du Congo-Brazzaville est grevée d'un lourd passé. Domaine privilégié des grandes compagnies concessionnaires qui se sont partagées le pays à la fin du siècle précédent, le « Congo Français » a connu, jusque dans les années trente, un régime fondé sur la contrainte : impôt de capitation, recrutements autoritaires de travailleurs, cultures obligatoires de plantation, ont favorisé les abus, affaibli les populations et accru la misère. La nouvelle République a ainsi souffert dès le départ de déséquilibres structurels massifs résultant de cet héritage sans perspective. Pourtant, les atouts sont nombreux. Le Congo de 1958 n'est plus celui de Céline. Il est « modernisé », sa population urbanisée et prolétarisée. D'un pays primitif, il est devenu un véritable pays sous-développé, une région périphérique du système capitaliste mondial. Les réalisations économiques du régime « socialiste » actuel sont limitées. L'accueil au capital étranger n'a été, à aucun moment, remis en cause. Les industries légères commencent à plafonner. La création d'un secteur commercial d'Etat a jusqu'à présent échoué. Le développement impossible dans le cadre étroit des frontières, impliquerait l'organisation planifiée d'un vaste espace économique, animé par de puissantes industries de base autocentrées. Mais la modestie des résultats ne doit pas être attribuée seulement aux orientations nouvelles de la politique économique, en feignant d'ignorer la réalité du passé colonial.

  • Après avoir été longtemps négligée, la question du sort de la minorité noire et métisse dans l´Allemagne hitlérienne suscite depuis quelques années nombre d´interrogations ? et d´approximations. En historienne, Catherine Coquery-Vidrovitch a voulu remonter aux sources des persécutions dont furent victimes les Noirs sous le régime nazi.



    Le racisme ordinaire, enfant naturel du colonialisme allemand, entraîna au début du XXe siècle le massacre des Herero dans le Sud-Ouest africain. Ensuite se mit en place un racisme scientifique, prélude à la montée du nazisme.



    Après la prise du pouvoir par Hitler viendront les lois racistes, la stérilisation, les massacres de prisonniers et les déportations.



    Un document implacable sur un des aspects les moins connus des crimes du IIIe Reich.

  • En Afrique, aux Antilles et sur le continent américain, les esclaves ont été des acteurs majeurs et pourtant largement mésestimés de l'histoire. À rebours de l'historiographie dominante, ce livre, qui repose notamment sur les nombreux récits de vie qu'ils ont transmis, s'attache ainsi à montrer qu'ils ont contribué à l'évolution culturelle et sociale des côtes et de l'arrière-pays africains, à la création de nouvelles sociétés métissées aux Amériques ou à l'invention de formes de résistance.
    En restituant l'intensité des échanges noués entre l'Afrique et les Amériques, et en décrivant l'importance de phénomènes tels que la traite dans l'Atlantique sud ou la généralisation de l'esclavage interne précolonial dans les sociétés africaines du XIXe siècle,
    Être esclave offre une synthèse particulièrement éclairante des apports les plus récents de l'historiographie internationale sur l'esclavage.

  • Qu'est-ce que le développement ? D'où nous vient cette notion ? Ce concept de développement, typiquement occidental, comment les autres sociétés pouvaient-elles le recevoir et qu'en firent-elles lorsqu'il leur fut imposé comme recette obligée pour rattraper l'Occident ? Telles sont les questions que soulèvent ces communications qui tentent d'apporter des éléments de réponse fondés sur l'analyse des processus historiques de "développement".

  • Le présent ouvrage rassemble les communications présentées lors d'une conférence internationale tenue à Paris en décembre 1984. Cette conférence a été le moment fort d'un travail de réflexion, engagé dès 1983 et poursuivi depuis, mené en collaboration entre le Laboratoire C.N.R.S./Paris VII "Tiers-Monde, Afrique", le Central African Project de l'Université Columbia de New York, le Centre d'Etudes et de Documentation sur l'Afrique de Bruxelles. Ce livre se veut à la fois un bilan provisoire des connaissances sur une révolte populaire africaine majeure du milieu du XXème siècle, et une recherche méthodologique sur l'histoire des mouvements de résistance rurale à partir d'une étude de cas. Les réflexions soulignent la nécessité de rejeter les vieux clichés dualistes ou manichéens pour saisir la complexité des forces, les tensions et les contradictions mises en jeu dans le mouvement de nouveaux dynamismes sociaux, économiques et politiques. De ce point de vue, l'étude de cas gagne beaucoup à être confrontée, dans une approche comparatiste, à l'étude d'autres manifestations de contestation ou d'autres tentatives, ratées ou réussies, de prise de pouvoir en Afrique. Deux problèmes majeurs sont, enfin, posés avec acuité : celui des sources et de leur interprétation ; celui de la subjectivité des approches et de la difficulté de concilier les analyses des "observateurs-chercheurs du dehors" et des "militants-acteurs du dedans".

  • Le présent ouvrage rassemble les communications présentées lors d'une conférence internationale tenue à Paris en décembre 1984. Cette conférence a été le moment fort d'un travail de réflexion, engagé dès 1983 et poursuivi depuis, mené en collaboration entre le Laboratoire C.N.R.S./Paris VII " Tiers-Monde, Afrique ", le Central African Project de l'Université Columbia de New York, le Centre d'Etudes et de Documentation sur l'Afrique de Bruxelles. Ce livre se veut à la fois un bilan provisoire des connaissances sur une révolte populaire africaine majeure du milieu du XXe siècle, et une recherche méthodologique sur l'histoire des mouvements de résistance rurale à partir d'une étude de cas. Les réflexions soulignent la nécessité de rejeter les vieux clichés dualistes ou manichéens pour saisir la complexité des forces, les tensions et les contradictions mises en jeu dans le mouvement de nouveaux dynamismes sociaux, économiques et politiques. De ce point de vue, l'étude de cas gagne beaucoup à être confrontée, dans une approche comparatiste, à l'étude d'autres manifestations de contestation ou d'autres tentatives, ratées ou réussies, de prise de pouvoir en Afrique. Deux problèmes majeurs sont, enfin, posés avec acuité : celui des sources et de leur interprétation ; celui de la subjectivité des approches et de la difficulté de concilier les analyses des " observateurs-chercheurs du dehors " et des " militants-acteurs du dedans ".

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