Littérature générale

  • Chercheuse à l'Institut des Textes et Manuscrits modernes (CNRS), Catherine Viollet s'était spécialisée dans la génétique des textes : l'étude des brouillons d'une oeuvre avant publication -avec les biffures, les ratures, les retouches qui témoignent du travail d'écriture.
    Les essais réunis dans ce recueil témoignent de la subtilité et de la ténacité de cette chercheuse trop tôt disparue, qui sut avec une tranquille audace imposer des manuscrits d'autrices dans le corpus très masculin de sa discipline.
    Fine connaisseuse de l'oeuvre de Violette Leduc, elle se passionnait aussi pour Annie Ernaux et Marcel Proust, Christiane Rochefort et Simone de Beauvoir. Son décryptage des états successifs de certains de leurs manuscrits - nous rend physiquement sensible l'effort ou l'élan créatif du « je » qui écrit - pas toujours à la première personne.

  • «Tout texte est un intertexte», affirmait R. Barthes. Mais comment se tissent, au cours de sa fabrication, les relations d'un texte donné avec d'autres textes, notamment lorsqu'il s'agit d'écrits autobiographiques ? Sur quels documents, quels livres, quelles archives les auteurs se sont-ils appuyés pour construire une représentation d'eux-mêmes ? Et sur quels modes les différents textes se sont-ils échangés, entrelacés pour créer un nouveau texte ? C'est pour répondre à la polysémie du concept de «transtextualité» (G. Genette) qu'est ici analysée la part des emprunts dans l'élaboration d'un discours sur soi : au fil des lectures (Raymond Queneau, Philippe Soupault, Marie-Claire Blais) ; au travers du dialogue de deux personnalités (Paul Valéry/Catherine Pozzi ; André Gide/Madeleine Rondeaux ; Ingeborg Bachmann/Paul Celan) ; sous forme de palimpseste (Dominique Arban, Jacques Roubaud) ; ou encore à partir d'une multiplicité de sources (Roland Barthes, Georges Perec, Julio Cortázar, Christiane Rochefort).

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