Charles Brucker

  • Dans cet ouvrage, la richesse du champ sémantique de fol et de folie est abordée et analysée dans sa globalité et dans ses dimensions rhétoriques et stylistiques ; elle est, par ailleurs, éclairée par des examens statistiques. L'objectif principal de cette recherche est donc d'étudier l'évolution des emplois des termes qui relèvent du champ conceptuel de la folie en mettant en évidence le jeu des concurrences qui se font jour dans ce réseau lexical, mais aussi de montrer comment les termes ont pu être diversement intégrés dans les structures syntagmatiques et dans les habitudes rhétoriques et stylistiques. La naissance et le développement de la littérature courtoise enrichissent considérablement l'aire sémantique de fol en raison d'un nouveau jeu d'oppositions lexicales, qui fait son apparition au milieu du XIIe siècle : des termes tels que preu/cortois et vilain/coart entrent en contact avec fol. Le passage de l'ancien au moyen français s'accompagne d'une réflexion profonde sur la langue même et le renouvellement de la vision du monde suscite une nouvelle manière de s'exprimer.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Si l'on se refuse à admettre que les auteurs du Moyen Âge qui dissertent du diable sont des faibles d'esprit, si l'on ne croit pas qu'ils cherchent à tromper délibéremment ou à édifier leurs lecteurs à bon compte et si l'on ne présume pas qu'ils répètent inlassablement des histoires venues d'ailleurs, il faut alors convenir, qu'un certain nombre de fois au moins, ils font état de phénomènes, c'est-à-dire, sinon de faits au sens d'aujourd'hui, du moins d'apparences qui y ressemblent fort. Qu'il soit bien entendu que les diableries qui posent vraiment le problème ne sont pas celles qui sont de simples thèmes littéraires. C'est au moment où le démoniaque se présente comme une expérience vécue, une forme de la perception et un fait mental qu'il a sa pleine et entière réalité. C'est à ce niveau que la critique doit par priorité se situer. L'historien n'a certes pas la possibilité de juger de la matérialité d'une manifestation diabolique sur laquelle il n'a aucun moyen de contrôle et qui pour le fond ne relève pas de sa discipline. Par contre il sait qu'un bon observateur doit être pris au sérieux lorsqu'il décrit des phénomènes dont il explique le caractère exceptionnel par l'intervention du démon. Il peut au moins prétendre se faire une idée sur la manière dont s'élabore mentalement une vision diabolique et sur la façon dont elle s'exprime. Faute de mieux c'est sur ce court domaine imaginatif et fabulatoire qu'il a prise et qu'il doit faire porter son effort.

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