Christian Ducomte

  • Surpris par les Anglais, Soult vient d'abandonner Porto. Les dragons de Ligneville ont pris cantonnement au hameau de Casa-Rocca, et, de là-haut, ils couvrent la retraite. Mais voici que, chacun à leur tour, les officiers du régiment s'en vont mourir, de nuit, dans les fourrés qui bordent le village. « Arrêt du coeur, je ne vois rien de plus », répète le médecin major. Il en perd son latin. Mais Xavier Morchamps pense qu'« Il faut chercher la femme ». Survivra-t-il à ses malheureux compagnons ? Il s'agit d'un de ces romans qu'on nomme populaires. On y trouve un moine batailleur, cabaretier à ses heures perdues, un capitaine cuirassier gueulard et sac à vin, un vieux briscard, un jeune dragonneau tout en chair fraîche et en gambades, un bouc noir qui ressemble au démon, une fille qui... une fille que... la plus belle du monde enfin. Mais le ton du récit, allègre, impertinent, riche d'odeurs acerbes, de feuillages, d'insectes, de paresse au soleil, est celui qu'on attendait de l'auteur. Quant à Morchamps, lieutenant de dragons, ci-devant chevalier, émigré puis rallié à l'Empire par haine du jeu de Tric-trac, on ne peut que lui souhaiter chance tant il a de défauts.

  • Ce roman, le premier d'un jeune auteur, nous apporte beaucoup plus que des promesses. Le lecteur chargé du rapport concluait par ces mots : « le ton fait toute la valeur du récit ; il me semble extraordinaire ; c'est le ton cinglant et amer qu'on imaginerait à Rimbaud après la Saison en Enfer ». L'histoire de Simon, qui se laisse entretenir par une prostituée, qui étrangle une maîtresse d'âge mûr, puis qui s'engage comme parachutiste au Maroc et qui, au contact d'une petite Berbère, retrouve une éblouissante pureté, pureté qui le forcera - encore une fois - à donner la mort avant de se tuer lui-même, ne peut se résumer. Elle est, comme on le devine, pleine d'action, très proche du roman d'aventures de notre temps, mais elle s'en distingue par le style, par le souffle, par la poésie. Cette pureté, que Simon saura conserver à travers les pires turpitudes, ce farouche besoin d'exister qui l'habite, font de lui un hallucinant personnage, que l'on ne peut comparer à aucun héros de roman - présent ou passé - et qui, pourtant, est d'une vérité bouleversante.

  • « Il y a, dans son style, de la chaleur, des images neuves et vigoureuses, un accent hardi, des frissons, une amertume sincère, et l'abandon sous le soleil... Christian Ducomte n'a pas les mains vides. Nous avons le droit d'espérer », écrivait Kléber Haedens, à propos des « Assassins », le premier roman de l'auteur. Avec « Le sang de ce juste », nous retrouvons le même ton, nerveux et cruel, plus ferme et dépouillé peut-être, et la même plongée jusqu'au coeur de l'inquiétude contemporaine. Face à face : Laurent, jeune intellectuel de gauche renié par ses camarades, et son beau-frère Frank, prétorien du régime. Chassé du Parti pour désaccord idéologique, Laurent a pu se faire admettre, en cachant son identité, dans une bande de partisans communistes. Le drame va se nouer et éclater brutalement, en moins de vingt-quatre heures, implacable machine déclenchée d'un simple mouvement du pouce. Laurent tombe vivant aux mains des miliciens. Tiraillé entre sa haine politique, la passion qu'il éprouve pour sa soeur Christine, et son amour des situations grandiloquentes, Frank va pourtant tenter de sauver son beau-frère. Pendant ce temps, au camp des partisans, les chefs discutent interminablement pour savoir s'ils iront au secours de leur camarade, dont ils viennent d'apprendre la véritable identité. Finalement Laurent mourra, victime expiatoire de tous les fanatismes, rejeté de partout à la fois, coupable de n'avoir pu choisir... Il y a l'obsédante présence de la forêt, jetée comme un manteau sur le corps des collines, cernant le camp et les villages, et gorgée de sa vie printanière. Avec « Le sang de ce juste », Christian Ducomte justifie brillamment les espoirs que la critique avait placés en lui.

  • Ce roman, le premier d'un jeune auteur, nous apporte beaucoup plus que des promesses. Le lecteur chargé du rapport concluait par ces mots : « le ton fait toute la valeur du récit ; il me semble extraordinaire ; c'est le ton cinglant et amer qu'on imaginerait à Rimbaud après la Saison en Enfer ». L'histoire de Simon, qui se laisse entretenir par une prostituée, qui étrangle une maîtresse d'âge mûr, puis qui s'engage comme parachutiste au Maroc et qui, au contact d'une petite Berbère, retrouve une éblouissante pureté, pureté qui le forcera - encore une fois - à donner la mort avant de se tuer lui-même, ne peut se résumer. Elle est, comme on le devine, pleine d'action, très proche du roman d'aventures de notre temps, mais elle s'en distingue par le style, par le souffle, par la poésie. Cette pureté, que Simon saura conserver à travers les pires turpitudes, ce farouche besoin d'exister qui l'habite, font de lui un hallucinant personnage, que l'on ne peut comparer à aucun héros de roman - présent ou passé - et qui, pourtant, est d'une vérité bouleversante.

  • « Il y a, dans son style, de la chaleur, des images neuves et vigoureuses, un accent hardi, des frissons, une amertume sincère, et l'abandon sous le soleil... Christian Ducomte n'a pas les mains vides. Nous avons le droit d'espérer », écrivait Kléber Haedens, à propos des « Assassins », le premier roman de l'auteur. Avec « Le sang de ce juste », nous retrouvons le même ton, nerveux et cruel, plus ferme et dépouillé peut-être, et la même plongée jusqu'au coeur de l'inquiétude contemporaine. Face à face : Laurent, jeune intellectuel de gauche renié par ses camarades, et son beau-frère Frank, prétorien du régime. Chassé du Parti pour désaccord idéologique, Laurent a pu se faire admettre, en cachant son identité, dans une bande de partisans communistes. Le drame va se nouer et éclater brutalement, en moins de vingt-quatre heures, implacable machine déclenchée d'un simple mouvement du pouce. Laurent tombe vivant aux mains des miliciens. Tiraillé entre sa haine politique, la passion qu'il éprouve pour sa soeur Christine, et son amour des situations grandiloquentes, Frank va pourtant tenter de sauver son beau-frère. Pendant ce temps, au camp des partisans, les chefs discutent interminablement pour savoir s'ils iront au secours de leur camarade, dont ils viennent d'apprendre la véritable identité. Finalement Laurent mourra, victime expiatoire de tous les fanatismes, rejeté de partout à la fois, coupable de n'avoir pu choisir... Il y a l'obsédante présence de la forêt, jetée comme un manteau sur le corps des collines, cernant le camp et les villages, et gorgée de sa vie printanière. Avec « Le sang de ce juste », Christian Ducomte justifie brillamment les espoirs que la critique avait placés en lui.

  • Cet ouvrage examine les règles de la Tora formant les codes civil, pénal et de la guerre. Le constat de nombreuses contradictions, lacunes et obscurités amène l´auteur à dénier l´origine mosaïque écrite du Pentateuque au profit de la thèse d´une rédaction étagée sur des siècles à partir d´une tradition orale et à reformuler le concept d´inspiration divine, inassimilable à une dictée.

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