Christian Lazzeri

  • Il existe chez Pascal plusieurs conceptions de la justice. La première s'emploie à montrer, à partir de la notion de point de vue, la difficulté d'en construire les concepts fondamentaux; la deuxième vise à établir la légitimité de l'ordre politique à partir de la loi divine. La troisième, les ordres de justice, échappe à tout modèle légal.

  • La pensée de Spinoza est, tout entière, une philosophie de la puissance de la raison. Plus encore, il découle de ce rationalisme le projet, sans précédent dans l'histoire de la philosophie, d'une identification entre la raison théorique et la raison pratique. La partie IV de L'éthique étudie le comportement d'un homme qui peut connaître les prescriptions éthiques de la raison. Cependant, la connaissance vraie de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, ne le conduit pas, immédiatement et infailliblement, à désirer le premier et à écarter le second : on ne peut faire abstraction de la force des affects. Il devient alors pertinent de s'intéresser non seulement au contenu des prescriptions rationnelles, mais aussi aux causes mêmes du conflit entre ces prescriptions et les passions. Comment comprendre la servitude dans laquelle se trouvent les hommes et l'expérience de ce que nous appelons l'impuissance morale ? Le présent ouvrage cherche à éclairer cette question fondamentale de la vie éthique.

  • Les différentes contributions réunies ici traitent de la question de l'intégration sociale et des conflits de reconnaissance. Cette thématique est abordée à travers différentes modalités : éthique, juridico-politique, économique, sociale, et selon différentes approches disciplinaires. De quelle manière peut-on penser concrètement les différents processus d'intégration sociale fondée sur la reconnaissance ? Par le recours à la théorie psychanalytique de l'identification ? Par le recours à l'identification empathique étudiée par la psychologie sociale et par les sciences cognitives ? Par le recours aux analyses produites par la sociologie et l'économie de l'estime sur les conséquences de la multiplicité des standards de reconnaissance ? Par l'analyse juridique de l'effet de la distribution des droits ? Quels sont les obstacles que rencontre une telle intégration ? Nous pouvons avoir affaire à des catégorisations sociales négatives comme la dépréciation, la stigmatisation, la disqualification ou à des catégorisations et des pratiques beaucoup plus radicales comme la réification ou l'exclusion sociale. Quels types de réponses conflictuelles se révèlent les plus appropriés à ces différentes formes de mépris social ? Enfin, quel type d'éthique est le mieux à même de prendre en charge l'offre et la demande de reconnaissance ? L'éthique de la communication défendue par Habermas et fortement amendée par Honneth ? Les théories de la justice dans la version déontologique rawlsienne ou dans la version anthropologique-historique défendue par Walzer ? Telles sont quelques-unes des questions que pose ce volume à partir des recherches les plus récentes menées sur la question de la reconnaissance.

  • Cherche à déterminer sur la base de la comparaison des deux doctrines politiques, ce que Spinoza doit à Hobbes et de quelle manière il a tenté de s'en démarquer.

  • Cet ouvrage propose une histoire de la philosophie morale et politique ambitieuse et originale. De Platon à John Rawls, en passant par Machiavel, Adam Smith ou Rousseau, de Montesquieu à Max Weber, une quarantaine de spécialistes montrent comment les interrogations se déplacent et les hypothèses se reformulent, mettant au jour les ruptures et les continuités. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2001.)
    Être heureux, seuls ou ensemble : individus ou communautés peuvent-ils s'assigner un autre objectif ? Comment penser cet " être ensemble " ? Au coeur de cette interrogation s'en dissimule une autre, âprement discutée depuis vingt-cinq siècles : est-il d'autre fondement possible au politique et à la morale que l'intérêt ? Mais l'intérêt, à son tour, consiste-t-il en autre chose que la poursuite du bonheur, du plaisir et de l'utilité ? De quels instruments intellectuels la pensée politique disposent-elles pour penser cette articulation ? C'est à partir de ces questions que s'organise cet ouvrage, proposant une histoire de la philosophie morale et politique ambitieuse et originale. Une quarantaine de spécialistes français et étrangers, parmi les plus reconnus dans leur domaine, y présentent de manière accessible le résultat de leurs travaux. De Platon à John Rawls, en passant par Machiavel, Adam Smith ou Rousseau, de Montesquieu à Max Weber, ils montrent comment les interroga-tions se déplacent et les hypothèses se reformulent, mettant au jour les ruptures et les continuités. Cette histoire " raisonnée " de la philosophie morale et politique, sans méconnaître les clivages irréductibles, choisit de montrer qu'entre les doctrines parfois les plus opposées peut surgir un dialogue et que des points de rencontre et de débats inattendus peuvent alors se créer. Destiné à un public d'étudiants et d'enseignants, mais aussi au plus grand nombre, ce livre, qui est à la fois un outil d'initiation et l'exposé des recherches les plus récentes, constitue un ouvrage de référence sans équivalent.

  • Contribue à l'étude des significations que les notions d'intérêt et d'utilité ont pu revêtir dans le temps, comme les usages auxquels elles ont donné lieu. Au sommaire notamment : Raison d'état et raison d'intérêt dans la pensée politique italienne de Botero à Sarpi par Domenico Taranto ; Intérêt et politique dans la pensée de Hobbes par Luc Foisneau...

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