Langue française

  • Nos démocraties marchent sur une seule jambe. Difficile d'avancer dans de telles conditions. Une démocratie ne peut se contenter de mécanismes représentatifs. Elle doit aussi compter sur une véritable vie participative. Les deux vont de pair. Ce qui est vrai de nos sociétés l'est aussi du monde syndical. Il faut allier représentation et participation, c'est-à-dire combiner deux modèles de démocratie syndicale. Un premier, celui de la démocratie représentative, tel qu'il est visible dans les assemblées générales et les congrès. Un autre, celui de la démocratie délibérative, qui implique de construire des lieux d'échanges indépendants, dynamiques et novateurs. À partir d'une réflexion sur les interactions politiques, ce livre tente d'exposer les principales menaces internes au monde syndical et comment une alliance entre représentation et participation permettrait d'atténuer leur effet. Le syndicalisme est une lutte collective. Pour agir ensemble, il faut penser ensemble. Et penser ensemble implique de parler entre nous. En réformant de l'intérieur sa propre démocratie, le syndicalisme pourra contribuer de manière significative à changer aussi la nôtre.

  • Tout en se désignant comme des «conservateurs», Stephen Harper et son entourage cherchent activement à modifier l'organisation politique et sociale du pays. Autrement dit, les conservateurs d'aujourd'hui sont en réalité des réformistes, voire des révolutionnaires. Stephen Harper n'est pas seulement le premier ministre du Canada, il est l'un des acteurs les plus influents d'un vaste mouvement visant à combattre une à une les valeurs progressistes qui ont eu préséance au cours des quarante dernières années et à leur substituer les valeurs d'une nouvelle droite. Dès lors, le meilleur moyen de lutter contre ce mouvement consiste en un exercice de type philosophique. Ce livre milite contre les conservateurs, mais à l'aide des mots, des arguments, des idées et des principes fondamentaux de la philosophie morale et politique. Il n'est pas requis d'être pamphlétaire pour dénoncer ce que font les conservateurs. On peut afficher sa colère sans renoncer aux exigences intellectuelles nécessaires au travail de la raison. Si l'obscurantisme est l'allié du démagogue, la clarté est l'arme du philosophe militant.

  • Vous êtes de gauche ? La belle affaire, de répondre la droite. La gauche est lutopie des désuvrés, tout juste bonne pour éblouir des troupeaux de jeunes niais et quelques séniles agités du bocal. Débarrassons-nous donc une fois pour toutes de ces améliorateurs impénitents et de ces niais projets, voire de ces idées subversives et dangereuses ! Jetons le bébé avec leau du bain. Gauche, gauchistes, socialistes, communistes, tous dehors !

    Tout au contraire, pour Christian Nadeau, le projet politique de la gauche représente lâge adulte de la démocratie. Être de gauche signifie voir dans la justice sociale la condition de la liberté. Bien sûr, la droite se réclame des libertés individuelles, mais en leur refusant leur principal bouclier, soit le pouvoir des groupes : celui de la société civile, celui des institutions et surtout, celui de lÉtat.

    La gauche est seule capable de défendre un individualisme légitime, dans lequel une personne choisit elle-même lavenir et le mode de vie qui seront les siens. Et cela, parce que son projet politique se définit par la convergence de deux principes, légalité et la liberté politique des individus. Or, la rencontre de légalité et de la liberté est possible grâce à la solidarité.

    Christian Nadeau, dans ce livre essentiel, nous rappelle sur quelles fondations celles de la justice sociale est construite notre démocratie.

  • Comment un philosophe ou un théoricien aborde-t-il une question en philosophie politique ? À quel exercice de la pensée se prête-t-il pour régler les problèmes bien réels et souvent très complexes qui se présentent à lui ? Pour l´auteur de cette introduction à la philosophie politique, l´investigation des concepts et des intuitions ainsi que le développement du sens critique sont des étapes nécessaires à la compréhension des principaux débats qui nous occupent encore aujourd´hui.
    Dans ce livre, il s´agit donc de présenter des questions, mais aussi des théories. Christian Nadeau y traite de justice et de démocratie à travers le prisme de l´argumentation philosophique. Peut-on concevoir la démocratie comme un obstacle à la justice ? Est-ce que la démocratie est par définition juste et ne peut donc donner lieu qu´à des décisions justes ? Ces problématiques, comme celles de la liberté, des conflits sociaux, du pluralisme sont disséquées à la lumière du débat contemporain et des différentes approches théoriques.
    Finalement, au-delà des questions politiques soulevées, le lecteur trouvera dans la singularité de cet ouvrage toutes les bases d´une initiation à la philosophie, qui lui permettront d´élaborer sa propre réflexion sur les sujets qui l´intéressent.

    Christian Nadeau est professeur au Département de philosophie de l´Université de Montréal.

  • On accuse parfois les intellectuels progressistes d'être déracinés. Aucune expression ne saurait être plus injuste à l'endroit de Georges Leroux. Né au sein d'une famille de la petite bourgeoisie catholique, il a évolué, de sa formation chez les Jésuites aux débats politiques enflammés du Québec des années 70 et 80, en passant par les années studieuses à Paris. Partout il se révèle un constructeur d'institutions, un intellectuel engagé au sein de sa société, et surtout un connaisseur perspicace et attentif du débat public qui a peu à peu façonné le Québec d'aujourd'hui. Pensons en particulier à son engagement des dix dernières années au service du pluralisme.

    Dans ces entretiens avec Christian Nadeau, Georges Leroux célèbre un idéal d'amitié intellectuelle qu'il a découvert dans sa jeunesse, au début de sa formation à l'Institut d'études médiévales, et retrouvé à différents moments de sa longue carrière. Le récit de sa vie devient alors l'accompagnement d'une période d'effervescence où le Québec s'est doté de grandes institutions publiques, d'une vie intellectuelle et culturelle diversifiée, de savoirs et d'espoirs.

  • Qu'est-ce que le racisme systémique? Comment parler d'un phénomène, qui selon l'idée même de « système », est si vaste qu'on en perçoit difficilement les frontières?
    Par racisme systémique, il faut entendre les oppressions diverses mais toujours connexes vécues par les personnes racisées dans des domaines comme le travail, la justice pénale, la santé, l'éducation, le logement, etc. Ainsi, le simple nom de famille d'une personne peut représenter un obstacle majeur à l'obtention d'un emploi ou d'un logement, et le Québec n'est pas aussi distinct qu'on voudrait parfois le croire.

    Ce livre montre que la lutte contre le racisme n'est pas l'affaire de quelques individus isolés ou d'idéalistes. Il faut passer de l'aveuglement à la prise de conscience collective pour agir et établir des normes politiques et sociales valables pour toutes
    et tous. Ce livre est aussi militant car il ne prétend pas à la neutralité : il contribue à sa modeste façon à une lente mais radicale transformation du monde dans lequel nous vivons. L'antiracisme gagne chaque jour des batailles importantes grâce aux efforts inlassables de femmes et d'hommes à qui nous devons beaucoup plus qu'on ne peut l'imaginer, à commencer par les treize militantes et militants de ces 11 brefs essais, qui persistent... et qui signent !

  • Né en 1940 à Oslo, Jon Elster est professeur au collège de France, après avoir enseigné la science politique aux Etats-Unis. Il a développé une "théorie générale de l'action humaine", qui s'oppose aux visions utilitaristes, centrées sur un individu mû par son seul intérêt, qui sous-tendent par exemple le néo-libéralisme. A rebours de ces représentations réductrices de l'action humaine, il met en évidence l'importance de la demande de justice et d'équité dans la motivation des acteurs sociaux.

  • Dans ce numéro : 8 pages sur Miron : un homme revenu d'en dehors du monde (dont un entretien de 6 pages avec le réalisateur Simon Beaulieu), 6 pages sur le documentaire Le Semeur (sortie 9 mai) de Julie Perron (dont un entretien de 5 pages en primeur), un hommage à Philip Seymour Hoffman, 4 pages sur le cinéma de Philippe Garrel à l'occasion de la sortie de La Jalousie, la filmo de Woody Allen revisitée suite aux accusations chocs, 6 pages sur Les Amours d'une blonde de Milos Forman pour dire l'importance de ce film dans l'histoire du cinéma et la première collaboration de Christian Nadeau à la barre de la chronique Philosophie et cinéma. Aussi, des textes sur Miraculum, Quai d'Orsay, Nymphomaniac, etc.

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