Christine Cayol

  • « Les dix proverbes proposés dans ce livre sont puisés dans la vie quotidienne de la Chine actuelle, je les ai choisis simplement parce que je les entends, parce qu'ils sont des compagnons de route et que toute oreille attentive peut y avoir accès. Ils orientent le coeur vers des questions essentielles, celles de la mort et de la relation aux ancêtres. Ils incitent à aimer son pays, apprennent à ne pas séparer la joie de la tristesse, à ne pas s'impatienter, à comprendre à qui l'on a aff aire. Ils rappellent les bienfaits de la justesse et alertent sur les dangers d'en faire toujours plus. Ils invitent à avancer dans la vie comme on le fait dans la rivière, sans cesser d'apprécier la solidité des points d'appui. Ils concilient la vitesse et la patience, l'élan et l'arrêt. Ce sont des proverbes précieux pour aujourd'hui »

  • Nous sommes malades du temps, et nous l'avons toujours été. Il nous pousse, nous devance, nous ennuie, et puis un jour, après nous avoir humiliés, il s'arrête. Nous nous plaignons de son accélération et nous en profitons en même temps. Nous avons peur pour l'avenir de la planète, pour celui de nos enfants. Nous nous jetons sur toutes sortes de méthodes de développement personnel, nous rêvons de nous montrer zen et de savoir faire preuve de lâcher-prise... et nous arrivons à peine à placer dans notre agenda numérique, entre deux rendez-vous, un temps de prière ou une séance de méditation. »
    Christine Cayol vit en Chine depuis quinze ans. Chaque jour, elle s'étonne un peu plus de la façon dont les Chinois appréhendent le temps : un rapport à l'organisation, à la vie, à l'avenir - diamétralement opposé au nôtre - plus efficace, plus libre, plus spirituel. Sans renoncer au progrès, les Chinois puisent dans leur culture traditionnelle une discrète sagesse du temps. Là où nous rajoutons, ils vident, là où nous ralentissons, ils accélèrent. Le temps en Chine ressemble aux vagues qui se couchent sur la plage. Il faut savoir jouer avec elles. Cette agilité du temps chinois est une source d'inspiration pour tous ceux qui savent que c'est en guérissant de la maladie du temps que l'on assumera notre responsabilité du monde à venir.

  • " Je suis catholique. Cela aurait pu être autrement. Il m'arrive de m'imaginer dans un monde bouddhiste, musulman, protestant, juif, orthodoxe, mais je suis catholique et jusqu'à présent je ne l'ai jamais regretté. Une seule chose me gêne dans ce nom : "catholique" voudrait dire "universel". Universel comme tout ce que l'on cherche à imposer au nom d'une supériorité plus ou moins avouée, au nom d'une peur aussi. Être catholique pour moi ne s'apparente pas à l'universel, même si j'éprouve de la joie à me retrouver dans les églises du monde entier. Être catholique n'est pas pour moi une conduite, ni une morale, encore moins une qualité : cela relève tout simplement d'une joie. Depuis que j'ai pris conscience d'être baptisée, cette joie ne m'a pas quittée.
    Je suis catholique et j'ai mal. C'est pour cela que j'écris. Ceci est le journal de ma douleur, de ma révolte, de mon espérance aussi. "

  • À quoi pensent les Chinois quand ils arpentent nos musées ?
    Habitués à leurs paysages célestes, calligraphies et devises confucéennes, que pensent-ils de nos anges, vierges et crucifix ? Aux lisières de l'histoire de l'art et de l'essai, ce livre prend la forme d'un échange entre Christine Cayol, philosophe résidant en Chine, et Wu hongmiao, professeur de français à l'université de Wuhan. À partir d'une vingtaine de chefs-d'oeuvre de la peinture occidentale, de Giotto à Picasso, en passant par Rembrandt et Vélasquez, les deux auteurs confrontent leurs manières de voir, de regarder, de penser, de percevoir et de comprendre le monde aujourd'hui. Il s'agit pour eux de comparer leurs approches afin de mesurer l'étendue de leurs différences et de leurs ressemblances. Car, somme toute, sommes-nous si éloignés les uns des autres ? À l'heure où la Chine devient un partenaire de premier plan, il est grand temps de comprendre ce que les Chinois saisissent de notre civilisation, et réciproquement.

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