Christine Fawer Caputo

  • Comment penser l'accompagnement d'élèves qui vivent une maladie grave, dont l'issue peut être fatale ? Quel rôle pour l'enseignant et quel partenariat avec l'hôpital et la famille ? Comment encadrer des élèves endeuillés par le décès d'un parent ou d'un camarade de classe ? Quelle ritualité proposer pour surmonter la perte ? Que mettre en place et avec qui ? Comment soutenir au mieux mais aussi où s'arrêter et comment se préserver ? Au cours de leur carrière, les enseignants et les professionnels de l'éducation intervenant en milieu scolaire auprès d'enfants et d'adolescents peuvent être confrontés à des situations douloureuses en lien avec la mort. La maladie grave, la fin de vie, le décès d'un élève, d'un collègue ou celui d'un parent sont des événements marquants non seulement dans la vie d'une institution scolaire mais également pour ses membres. Cet ouvrage souhaite contribuer ainsi à la réflexion sur la mort à l'école, au rôle de l'institution scolaire dans la gestion d'un tel évènement et aux divers partenaires qu'elle sollicite pour faire face à ces situations difficiles. Il propose de réfléchir à la manière dont ces situations sont aujourd'hui vécues et gérées au sein des structures d'accueil préscolaire ou des écoles (primaires, collèges ou lycées), aussi bien du côté des enfants et des adolescents que des adultes.

  • Quels rapports les adolescents entretiennent-ils avec la fin de la vie? Comment se représentent-ils la mort? Quelles sont leurs pratiques funéraires? Quelles sont les questions qu'ils se posent sur la mort? Des auteurs ici rendent compte de ce que vivent des jeunes en lien avec la mort, le suicide, le deuil, l'après-mort. Il n'est pas rare que des jeunes soient tourmentés suite à la mort d'une personne aimée. Chaque fois le deuil est bouleversant pour eux. L'expérience d'un décès a des répercussions profondes. Lorsqu'un ami de leur âge meurt d'un accident ou d'une maladie, nombre de jeunes initient, pour soulager leur souffrance, des rites intimes qu'ils pratiquent entre eux. Dans ce numéro plusieurs auteurs rapportent et discutent de ces nouvelles pratiques funéraires des jeunes. La plupart des jeunes utilisent les médias sociaux et les pages d'Internet pour immortaliser l'histoire d'un ami décédé. Les jeunes d'aujourd'hui rencontrent la mort, réelle ou fictive, dans le cinéma, les téléséries, les jeux vidéo, les informations télévisées, etc. Ils n'ont plus les réserves d'autrefois pour parler de la mort. Même s'ils ne la rencontrent pas dans le réel de leur existence, ils connaissent tous un copain qui, par ses conduites, a risqué sa vie pour en évaluer le sens. Nombre d'entre eux, notamment les jeunes djihadistes, discutent sans voile de la possibilité de mourir, d'aller jusqu'au bout d'une passion létale. Toutefois, d'autres se sentent plus fragiles devant la mort. Des adultes peuvent les accompagner, leur donner, dans le cadre scolaire ou dans d'autres cadres sociaux, des occasions de paroles. Les réponses que l'on peut fournir aux adolescents n'ont de sens que si elles sont placées dans la diversité des contextes sociaux et historiques dans lesquels ils évoluent. Des auteurs ici montrent comment certaines pratiques de soutien peuvent aider les jeunes à exprimer leurs réflexions et leurs sentiments sur la mort, le mourir, le deuil et les douloureuses expériences de fin de vie.

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