Arts et spectacles

  • 'Quand venait l'heure de nous coucher et de nous mettre en pyjama, notre père restait près de nous et nous apprenait à disposer nos vêtements dans l'ordre très exact du rhabillage. Il nous avertissait, nous savions que la cloche de la porte extérieure nous réveillerait en plein sommeil et que nous aurions à fuir, comme si la Gestapo surgissait. Votre temps sera chronométré, disait-il, nous ne prîmes pas très longtemps la chose pour un jeu. C'était une cloche au timbre puissant et clair, actionnée par une chaîne. Et soudain, cet inoubliable carillon impérieux de l'aube, les allers-retours du battant de la cloche sur ses parois marquant sans équivoque qu'on ne sonnait pas dans l'attente polie d'une ouverture, mais pour annoncer une brutale effraction. Sursaut du réveil, l'un de nous secouait notre petite soeur lourdement endormie, nous nous vêtions dans le noir, à grande vitesse, avec des gestes de plus en plus mécanisés au fil des progrès de l'entraînement, dévalions les deux étages, sans un bruit et dans l'obscurité totale, ouvrions comme par magie la porte de la cour et foncions vers la lisière du jardin, écartions les branchages, les remettions en place après nous être glissés l'un derrière l'autre dans la protectrice anfractuosité, et attendions souffle perdu, hors d'haleine. Nous l'attendions, nous le guettions, il était lent ou rapide, cela dépendait, il faisait semblant de nous chercher et nous trouvait sans jamais faillir. À travers les branchages, nous apercevions ses bottes de SS et nous entendions sa voix angoissée de père juif : Vous avez bougé, vous avez fait du bruit. - Non, Papa, c'est une branche qui a craqué. - Vous avez parlé, je vous ai entendus, ils vous auraient découverts. Cela continuait jusqu'à ce qu'il nous dise de sortir. Il ne jouait pas. Il jouait les SS et leurs chiens.'

    Écrits dans une prose magnifique et puissante, les Mémoires de l'auteur de la Shoah disent toute la liberté et l'horreur du XXe siècle, faisant du Lièvre de Patagonie un livre unique qui allie la pensée, la passion, la joie, la jeunesse, l'humour, le tragique.

  • De la couleur

    Claude Romano

    Les couleurs existent-elles dans les choses ou n'ont-elles de réalité que dans notre regard ? Sont-elles matière ou idée ? Entretiennent-elles les unes avec les autres des rapports nécessaires ou sont-elles seulement connues de manière empirique ? Y a-t-il une logique de notre monde chromatique ? Pour répondre à ces questions, Claude Romano convoque l'optique, la physique, les neurosciences, la philosophie et la peinture.
    En retraversant certaines étapes décisives de la réflexion sur ces problèmes (de Descartes à Newton, de Goethe à Wittgenstein, de Schopenhauer à Merleau-Ponty), il développe une conception réaliste qui replace le phénomène de la couleur dans le monde de la vie et le conçoit comme mettant en jeu notre rapport à l'être en totalité : perceptif, émotionnel et esthétique. L'auteur fait ainsi dialoguer la réflexion théorique et la pratique artistique.
    C'est parce que la couleur touche à l'être même des choses, en révèle l'épaisseur sensible, que la peinture, qui fait d'elle son élément, est une opération de dévoilement.

  • L'incroyable parcours de vie de l'homme qui a réglé toutes les cascades du cinéma français et international depuis quarante ans.
    Sa vie est un roman. Pilote de course (deux titres de champion de France), ancien mari de Kiki Caron, vainqueur au 24 heures du Mans en 1997, Jean-Claude Lagniez débute dans les cascades de cinéma aux côté de Rémi Julienne avant de monter sa propre structure. Il a été la doublure de Roger Moore dans James Bond, a coaché Matt Damon, est l'ami de Jean Todt et Michael Schumacher, il a appris à conduire à Dany Boon et Guillaume Canet ne ferait pas un film sans lui.
    Sous les ordres John Frankenheimer, il a participé à la plus longue scène de poursuite automobile au cinéma avec Robert de Niro et c'est lui qui a réglé l'accident de scooter de Jean Dujardin dans les "Petits mouchoirs "
    Vous avez peut-être vu ses dernières poursuites en voiture dans Balle Perdue sur Netflix ou bien l'avez-vous confondu (comme Alain Delon) avec Gérard Depardieu qu'il a doublé sur de nombreuses cascades. C'est lui en tout cas qui a officié sur les Jason Bourne et Mission Impossible 6.
    Dans ce livre, il se raconte avec verve et dévoile les coulisses du cinéma français et international.

  • Le parfum

    Jean-Claude Ellena

    Les parfums répondent aux modes, sont le reflet d'une époque, la transcendent parfois. Ils sont aussi affaire de chimie, de marketing, de processus de fabrication et de commercialisation. Ils doivent respecter des normes de sécurité de plus en plus précises. Ils représentent un marché international de plusieurs milliards d'euros. Ils sont surtout affaire de création. À partir d'une palette de matières odorantes, Jean-Claude Ellena raconte comment fonctionne l'odorat et comment se compose un parfum. Il nous livre sa manière unique de créer une fragrance, de jouer avec nos souvenirs olfactifs pour rendre le parfum séducteur.

  • Analyse textuelle, art de l'interprétation, esthétique de la réception, tels sont les différents modes d'approche du phénomène théâtral, qui sont dictés à chacun d'eux, tant par la problématique de la période à laquelle ils appartiennent que par leur pratique personnelle, philosophique, littéraire ou scénique.
    Accompagné d'un glossaire, d'une chronologie sur les théoriciens de l'esthétique théâtrale et d'un index des noms d'auteurs, ce livre constitue un outil de référence pour les étudiants de lettres, les candidats aux concours de recrutement, les élèves des cours d'art dramatique et pour tous ceux qui s'intéressent au théâtre.

  • De 1958 à 1968, Claude Ollier a régulièrement écrit sur le cinéma, principalement dans la Nrf et Les Cahiers du Cinéma, en contrepoint de son travail d'écrivain (de La Mise en scène, prix Médicis en 1958, à Navettes). En 1979, à l'initiative de Jean Narboni, il compose une première compilation de ses chroniques : Souvenirs écran. Devant opérer un choix dans une somme de plus de cinq cents pages, il élimine alors divers textes, le plus souvent en raison de son humeur et non de leur valeur critique et littéraire. Quarante ans plus tard, il nous a semblé nécessaire de redonner à lire ces textes écartés qui n'ont rien perdu de leur acuité.De Jules et Jim de Truffaut à Eva de Joseph Losey, de Cléo de 5 à 7 d'Agnès Varda à Cuba si de Chris Marker, en passant par La Ronde de l'aube de Douglas Sirk, L'Attente des femmes d'Ingmar Bergman, ou L'Année dernière à Marienbad d'Alain Resnais, la totalité des chroniques cinématographiques de Claude Ollier se trouve maintenant rassemblée. Nous avons tenu à ajouter Aquarium, un essai sur l'oeuvre de Josef von Sternberg écrit en 1970 pour un dictionnaire anglais. En postface, un entretien avec Jean Narboni par Emmanuel Burdeau permet de replacer l'extrême singularité de ces chroniques dans la sphère de la critique cinématographique de ces années-là. Claude Ollier (1922-2014) a publié, entre 1958 et 2013, 34 volumes (romans, récits, journal, contes) édités aujourd'hui, pour l'essentiel, chez P.O.L. Il a été, un temps, associé au Nouveau Roman avant de prendre le large, sans rien renier de son implication dans la constitution de cette vraie fausse « école ». Christian Rosset, qui a rassemblé et préfacé ces chroniques, a été témoin en 1979 de la mise en oeuvre de Souvenirs écran, le précédent livre de Claude Ollier sur le cinéma. Il vient de publier aux Éditions Hippocampe un portrait de Claude Ollier intitulé Le Dissident secret.

    Claude Ollier (1922-2014) a publié 34 volumes publiés aujourd'hui par P.O.L. Il a été, un temps, associé au Nouveau Roman avant de prendre le large, sans rien renier de son implication dans cette vraie-fausse "école".

    Christian Rosset, qui a rassemblé et préfacé ces chroniques, a été témoin en 1979 de la mise en oeuvre de Souvenirs écran, le précédent livre de Claude Ollier sur le cinéma. Il vient de publier aux Éditions Hippocampe un portrait de Claude Ollier intitulé Le dissident secret.

  • L'accès à la culture est plus grand qu'il ne l'a jamais été. Toutefois, les artistes ne semblent pas profiter d'une émancipation conséquente. C'est que la culture est enclavée. Entre autres par l'industrie culturelle qui rend incontournable sa production de masse et par les algorithmes de recommandation qui renvoient aux oeuvres les plus populaires. Quantité d'oeuvres restent confinées à un espace restreint.

    La culture obéit en grande partie aux règles du libre marché et reproduit le fonctionnement de notre système économique. Les inégalités sociales trouvent leur équivalent dans la disparité entre les rares artistes qui atteignent des sommets de popularité et la majorité qui tire le diable par la queue. Le modèle culturel des États-Unis domine le marché tout autant que son modèle économique. La concurrence, la performance, la dérèglementation, les résultats mesurables et l'emprise des grandes firmes caractérisent le monde culturel contemporain.

    Dans son ouvrage, Claude Vaillancourt s'interroge sur la place de la culture à l'ère de la marchandisation. Comment peut-on favoriser une meilleure diffusion de la diversité ? Est-il possible d'évaluer les oeuvres selon d'autres critères que le succès commercial ? De quelles façons les artistes peuvent-ils vivre de leur art alors que l'accès aux oeuvres est souvent gratuit ? Ce livre ouvre une riche réflexion et propose des solutions en vue d'améliorer une situation qui crée trop de laissés-pour-compte.

  • D'une conception ouverte et neuve, abondamment illustré (plus de 500 exemples musicaux, tableaux et schémas), le Guide de la théorie de la musique est amené à occuper une place centrale dans la pratique musicale du xxie siècle.
    Son premier volet expose de manière claire et concise les notions indispensables à la compréhension de la musique (notes, durées, rythmes, gammes, accords, tonalités, modulations, modes, nuances, ornements...) et offre enfin droit de cité à de nombreux thèmes moins souvent abordés comme les musiques du xxe siècle, le jazz, l'informatique musicale, la notation ancienne, l'histoire de la pensée harmonique ou l'évolution des tempéraments...
    Sans omettre les traditions musicales non occidentales, le Guide des « théoriciens » présente dans un second volet pour la première fois sous une forme chronologique les très nombreux auteurs ayant contribué au développement du langage et de la pratique musicale au cours des siècles, qu'ils soient théoriciens, compositeurs, célèbres, anonymes, voire mythiques.
    Enfin, un inventaire du vocabulaire essentiel et un ensemble de tableaux pratiques synthétisent les réponses aux interrogations les plus fréquentes : chronologie, terminologie, modes, chiffrages, sons harmoniques, neumes, conventions des octaves, rythmes de danse...; tandis que de nombreux index, comme l'I>index visuel reliant les symboles solfégiques courants aux notions étudiées, permettent un accès rapide aux différentes informations, encourageant la brève consultation autant que l'étude approfondie.
    Irremplaçable outil de travail combinant pédagogie, encyclopédie et synthèse, ce guide s'adresse autant aux mélomanes qu'aux élèves de conservatoires, aux étudiants ou aux chercheurs.
    Auteur et concepteur du Guide de la théorie de la musique, Claude Abromont est premier prix d'analyse musicale du Conservatoire national supérieur de musique de Paris où il enseigne l'analyse instrumentiste. Auteur de publications dans plusieurs revues spécialisées, il est également professeur de culture musicale au CNR de Dijon.
    Auteur du volet Guide des « théoriciens », Eugène de Montalembert est titulaire du DNESM de composition du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon. Il enseigne la culture musicale aux ENM de Bourg-La-Reine/Sceaux, Pantin et Yerres, tout en intervenant dans le cadre de nombreuses formations.
    « Un livre qui fera date et qui servira pendant longtemps de référence. »
    (Harry Halbreich)
    « Une petite bible, en quelque sorte. Une bible qu'on pourrait croire. »
    (Jacques Drillon)

  • Hollywood règne sur les salles de cinéma, tant aux États-Unis qu’ailleurs dans le monde. Bien qu’ils vendent du rêve et du divertissement, les films hollywoodiens traitent aussi de questions sociales et politiques. Comment décoder les messages politiques véhiculés par cet imaginaire? Hollywood et la politique est un guide critique du cinéma étatsunien des années 1980 à aujourd’hui, illustré par de nombreux exemples, de V for Vendetta aux documentaires de Michael Moore, en passant par les blockbusters les plus significatifs.

    Forgé au cœur même de l’empire américain, le cinéma hollywoodien est une industrie puissante qui carbure au capitalisme et a tout intérêt à le défendre. Dans ce contexte, les artisans du septième art jouissent-ils de la liberté de créer des œuvres réellement critiques ou sont-ils condamnés à produire des films de propagande? Traitant du politique dans son sens large, Claude Vaillancourt classe les films en trois grandes catégories: le cinéma du statu quo, qui se contente de répéter les discours officiels; le cinéma du questionnement, qui dénonce certains problèmes, mais sans remettre en cause l’ordre social; et le cinéma subversif, où le documentaire occupe une place de premier plan.

    L’auteur démontre en quoi le cinéma hollywoodien, malgré la montée des Netflix et autres Amazon ainsi que  les répercussions de l’affaire Weinstein, demeure un instrument privilégié pour transmettre les valeurs américaines (individualisme, famille, respect des institutions, distinction entre le Bien et le Mal), contribuant à «fabriquer le consentement». Il reconnaît en même temps à certains films une grande liberté de ton. Une analyse tout en nuances qui assume pleinement la subjectivité du jugement sur l’art.

  • Devenue progressivement incontournable pour tout apprenti musicien, l'épreuve du commentaire d'écoute se pratique désormais pendant les dernières années du lycée, dans les cycles avancés des conservatoires, comme au sein des études de musicologie. Il s'agit, après l'écoute d'une musique non identifiée, de synthétiser brièvement cette dernière : déterminer notamment les instruments, le langage, le caractère, la forme, les particularités d'écriture, la situation historique, et proposer un nom de compositeur. Or, il n'existe à ce jour aucun ouvrage de formation à une discipline pourtant omniprésente dans l'enseignement de la musique, la danse ou les métiers du son. Accessible, complet, moderne, souvent amusant, ce Petit précis vient combler cette lacune. Il est le fruit de l'expérience d'un musicien lui-même aguerri à cette pratique. En quelques chapitres, toujours illustrés d'exemples, il échafaude une pédagogie alliant références, conseils, mises en garde, méthodes pour progresser, modèles de rédaction et nombreux tableaux pratiques. Rigoureuse initiation à l'univers de la pensée musicale, le Petit précis du commentaire d'écoute sera l'instrument indispensable pour la préparation des concours et examens musicaux mais aussi un livre de référence pour tous les mélomanes. Cet ouvrage est la reprise d'une première version parue en 2008 (Panama). Auteur du Guide de la Théorie de la Musique (coécrit avec Eugène de Montalembert, Fayard-Lemoine, 2001, traduit en espagnol, Fondo de cultura economica, 2005), Claude Abromont est également le concepteur du cédérom joint à l'Abrégé de la théorie de la musique (Fayard-Lemoine, 2003). Il intervient régulièrement à la Cité de la musique et sur France Culture.

  • L'oeuvre d'Henri-Georges Clouzot, de L'Assassin habite au 21 (1942) à La Prisonnière (1968), est connue et reconnue. Mais qu'en est-il de son oeuvre fantôme, des scénarios originaux qu'il a écrits mais non tournés, l'un notamment avec Jean-Paul Sartre, des adaptations, telle que Chambre obscure d'après Vladimir Nabokov, de L'Enfer arrêté après quelques jours de tournage, ou encore des remakes qu'elle a suscités ?

    Claude Gauteur a déjà consacré un essai à l'oeuvre de Clouzot face à la critique, Clouzot critiqué (Séguier, 2013). Il est également l'auteur d'ouvrages sur Jean Renoir et Georges Simenon, Michel Simon et Jean Gabin, Louis Verneuil et Sacha Guitry, Léo Malet enfin.

  • Dans des pays caractérisés par une profusion d'images essentiellement venues d'autres continents, et par une production très inégale, voire inexistante, quels ont été les modèles dominants de production ? Quels sont ceux que les mutations en cours font émerger ? Quels sont les enjeux économiques, industriels et sociaux de cette mutation numérique ? Quels en sont les principaux acteurs ? Qu'en est-il de la participation et du rôle des États ? Quels liens financiers, politiques, juridiques, demeurent avec les anciennes métropoles coloniales, avec les nouveaux acteurs de la production ? Qu'en est-il des équipements et de la formation des personnels ? Des contributions de chercheurs abordent ces questions en différents pays d'Afrique et du Moyen-Orient, sous des angles économiques, sociologiques et historiques. Complémentairement, six témoignages de producteurs évoquent leur métier, et les questions spécifiques qui se posent pour eux en travaillant en et avec ces aires géographiques.

  • Le dictionnaire de ma vie

    Claude Lelouch

    • Kero
    • 7 Septembre 2016

    Claude Lelouch est un amoureux. À 78 ans, il nous dit sa passion pour les femmes, le cinéma et la vie. Très librement, il nous raconte ses tournages, mais, aussi, les secrets et les caprices des actrices et acteurs qu'il a mis en scène. Très simplement, il nous révèle l'alchimie du style Lelouch, celui qui donne toutes ses chances à l'instant présent, à la spontanéité et à l'improvisation. Ce dictionnaire, «  Lelouchissime  », est une leçon de vie et de cinéma. Pas de doute, Claude Lelouch appartient, d'ores et déjà, au panthéon du cinéma français.
     
    FEMMES  : «  L'adultère est un sport de haut niveau réservé à des funambules. Il faut vraiment être très fort, surtout lorsque l'on n'a pas de mémoire... Moi, j'ai été lamentable.  »
     
    POLITIQUE :
    «  J'ai toujours été un homme du centre. Je veux me laisser la possibilité de prendre les bonnes idées là où elles se trouvent, et elles se trouvent partout. À gauche comme à droite.  »
     
    VIE :
    «  J'aime le suspens, j'aime les surprises, je ne demande pas à l'ouvreuse de me raconter la fin du film  : je crois à la force du présent comme seule valeur sûre de la vie.  »

  • « Brassens ? C'est un anarchiste pour rire ! » : Paul Fort, déjà, bouleversait l'image réductrice et consacrée d'un Brassens athée et rebelle. Ce faux sauvage, fruste et intellectuel à la fois, antimilitariste et patriote, anticlérical et respectueux de la religion, dissimulait en effet un « croyant malgré lui ». C'est ce que nous révèle cette biographie qui, pour la première fois, explore la face cachée de ce « poète par vocation, chanteur par occasion » dont l'oeuvre s'inscrit dans une longue lignée qui va de François Villon à Francis Jammes. Comme eux, il partage des valeurs profondément humanistes à connotations chrétiennes, au nom d'une foi qui dépasse la dimension religieuse et le rend plus chrétien que les vrais chrétiens : Brassens est un homme libre qui sait pardonner.
    De ses engagements à ses amitiés indéfectibles, Jean-Claude Lamy nous présente à travers les témoignages de l'abbé Barrès, du père Doumairon, de Mgr Poupard, de Georges Moustaki, François Cavanna, Bernard Clavel, Raymond Devos et tant d'autres, un Brassens pudique et généreux, extrêmement cultivé et tourmenté jusqu'à ses derniers jours par une angoisse métaphysique. Un« mécréant de Dieu » d'une noblesse d'esprit et d'une exigence rares.

  • Retraçant l'histoire de cette salle de quartier totalement atypique et devenue un lieu de visite touristique, analysant sa programmation et le comportement de son public très loin des clichés convenus, l'ouvrage est largement illustré par des images d'archives du Beverley. Une série de photos originales redonne vie au lieu, dévoile ses coulisses, et de nombreuses affiches de l'époque l'enrichissent en rappelant l'ambiance de celle qui fut la plus ancienne salle porno de France.

  • Ce livre retrace l'histoire du Hot Club de Limoges et de son président-fondateur, Jean-Marie Masse. Aujourd'hui âgé de 90 ans, successivement artiste peintre, musicien de jazz professionnel et producteur-animateur de radio, il est depuis 70 ans un personnage incontournable de la vie culturelle limousine. Depuis sa création en 1948, le Hot Club a organisé des centaines de manifestations avec les plus grands musiciens de jazz, et créé sa propre radio locale, Swing FM, diffusée sur internet.

  • Meurtrie à jamais par l'absence du père, qui ne la reconnaîtra jamais, la jeune Norma Jeane se sent inexorablement attirée par des hommes plus âgés. Elle va plus loin encore lorsqu'elle appelle ses trois maris « papa » ou accroche le portrait de Clark Gable dans sa chambre, image du père idéal, avec lequel elle partagera l'affiche, bien plus tard, dans The Misfits. Monteuse de métier, sa mère Gladys lui transmet le virus du cinéma. Instable et endettée, elle échoue à remplir son rôle maternel et la confie à d'autres. A son amie d'enfance, Grace, portée sur l'alcool, qui voit en la ravissante fillette une promesse de star, vivant à travers elle par procuration...A la merveilleuse tante Ana qui s'éteint trop tôt...Arrive le moment où Marylin, devenue adulte, se dégote quelques mères de substitution telle la sombre Paula Strasberg, l'un de ses « coach », avant de s'enliser dans une relation empoisonnée avec son psychanalyste Greenson. Le miroir implacable renvoie une double image, celle de Norma Jeane, enfant victime et bègue, qui de maux de ventres en avortements souffrira de ne jamais pouvoir enfanter, et celle de Marilyn Monroe, objet de désir et manipulatrice. En mettant en avant les failles d'une icône ô combien vulnérable, Claude Delay nous raconte à sa manière l'histoire de Marylin, entourée par d'autres géants, amis, amants, admirateurs ou destructeurs. D'Arthur Miller à Elia Kazan, de Gary Grant à DiMAggio, de Truman Capote à Marlon Brando, de Montand et Signoret à Billy Wilder ou Sinatra, tous traversèrent cette vie si brève.

  • Les effets de la culture et de la création sur la croissance économique et sur le développement des villes et des territoires sont tangibles, principalement au travers du tourisme. Le processus est plus compliqué qu'il n'y paraît. Les relations complexes qu'entretiennent la culture avec le développement de la société au-delà des retombées économiques sont mises en évidence. Ces expériences éclairent sur l'importance des arts du patrimoine et du secteur culturel pour le bien-être de la société.

  • Le cinéma en Afriques se trouve devant une situation inédite. La disparition des salles de cinéma sur ce continent coïncide avec une production de films accrue, y compris de ces pays, et une diffusion considérablement développée pour une grande partie des populations urbaines. Mais où et comment sont-ils vus ? De quels films s'agit-il ? Sommes-nous toujours dans le cinéma ? Un ensemble de travaux tente de répondre à ces questions, posant un jalon dans une réflexion sur les rapports que des publics entretiennent aujourd'hui avec des films en Afriques. Ces recherches de rendent compte de la façon dont les mutations technologiques affectent le rapport aux films dans des régions caractérisées jusqu'à très récemment par la rareté dans des économies du cinéma et de l'audiovisuel largement dominées par les pays occidentaux. Sont livrés également les premiers résultats d'une enquête comparative inédite menée en Tunisie, au Togo et au Tchad sur la façon dont les spectateurs voient aujourd'hui des films.

  • Quatre enquêtes de terrain menées auprès de 3 000 personnes dans deux pays d'Afrique du Nord (Maroc, Tunisie) et deux du Sud du Sahara (Tchad, Togo), à partir d'un questionnaire commun avec des adaptations locales, posent un jalon dans une réflexion sur les rapports que ces publics entretiennent aujourd'hui avec les films en Afriques. L'analyse permet de rendre compte des oeuvres vues, par quels moyens dans différents contextes, et de questionner les usages, les sociabilités qu'ils suscitent, les cultures de films qui en découlent, etc. Il s'agit ainsi d'interroger le statut du film dans le jeu de l'offre et de la demande de productions audiovisuelles dans les pays concernés, la place de la production locale sur des marchés longtemps dominés par les productions audiovisuelles occidentales. Ce volume est un approfondissement des premiers résultats d'enquête publiés dans Regarder des films en Afriques (Presses universitaires du Septentrion, 2017).

  • De la musique finlandaise, on connaît surtout les oeuvres de Jean Sibelius, compositeur dont la notoriété a largement dépassé les frontières nationales. Mais dans son ombre, un riche mouvement musical populaire puis savant s'est épanoui dans un climat propice à toutes les expressions artistiques. Aujourd'hui, des compositeurs comme Kaija Saariaho et Magnus Lindberg, des cantatrices comme Karita Mattila, de nombreux chefs d'orchestre, tels Esa-Pekka Salonen sont présents dans le monde. Prolongeant des travaux de vulgarisation publiés notamment dans la revue Boréales, cet ouvrage est le premier à présenter au lecteur français un panorama complet de la musique finlandaise, en abordant toutes les musiques et tous les acteurs de cet univers d'une étonnante richesse.

  • A travers une série d'études sur les films de F.W. Murnau, consacrées à divers aspects de l'oeuvre de ce grand cinéaste, on voit se manifester l'obsession d'une pureté qui ne peut donner lieu à des films que sous des formes qui la compromettent et la dénoncent - comme le givre, disait Cocteau. Peut-on donc filmer la pureté ? Murnau nous montre que tout peut être sujet à apparition, y compris la transparence.

  • Biographie d'un musicien qui sublima la musique populaire en un art novateur et singulier.
    Qui, en pensant au piano, ne songe d'abord à Frédéric Chopin ? Enfant précoce, pianiste virtuose tôt reconnu, il puisa dans la matière brute de la musique populaire de son pays pour la sublimer en un art novateur et singulier. C'est en explorateur de toutes ces ressources, plutôt qu'en interprète étincelant de sa seule virtuosité, que Chopin réussit à en extraire une oeuvre musicale originale et forte. Il traversa son époque, tel un météore, rencontrant les grands artistes romantiques de son temps, en apportant sa contribution à ce courant dont il fût un des porte-parole. Il laissa une oeuvre musicale riche et multiforme, surtout pour son instrument de prédilection, le piano, et influença bien d'autres compositeurs tels que Bedrich Smetana, Antonin Dvorak, Béla Bartok, ou encore Zoltan Kodaly.
    Une biographie à lire comme un roman.
    Plongez dans cette biographie écrite comme un roman, et découvrez le parcours de Frédéric Chopin, virtuose du piano qui livra une oeuvre riche, forte et multiforme et influença de nombreux compositeurs.
    EXTRAIT
    « Qu'elle est antipathique, cette Sand ! Est-ce bien une femme ? J'arrive à en douter. »
    Il est vrai que, de petite taille, le visage un peu empâté, les cheveux noirs, le regard sombre, rêveur au point d'en paraître parfois hébété, l'écrivain arbore une allure insolite, un parler rude et parfois choquant...
    De son côté, Aurore Dupin, baronne Dudevant, dite George Sand, ne trouve guère à son goût ce jeune homme hautain et souffreteux.
    « Ce Monsieur Chopin, c'est une jeune fille ? » demande-t-elle à la comtesse Charlotte Marliani, une amie commune assistant à la rencontre.
    Interrogation ambiguë, qui soulève de nouveau la question de la part féminine de Frédéric, déjà présente dans ses lettres à Tytus. Présente aussi dans sa fréquentation du marquis de Custine, homosexuel notoire, qui ne cesse de lui faire des avances. Présente enfin dans ses efforts, révélés plus tard par Liszt dans ses écrits sur Chopin, pour éviter la rencontre avec « cette femme au-dessus des autres femmes qui, comme une prêtresse de Delphes, disait tant de choses que les autres ne savaient pas dire. »
    Toujours d'après Liszt, George Sand a souvent entendu de nombreux éloges au sujet de « cet artiste si exceptionnel ». Elle a entendu vanter « plus que son talent : son génie poétique. »
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Après un diplôme de tchèque à l'INALCO et un diplôme de slovaque à l'université de Bratislava, Claude Clément participe plusieurs années de suite au séminaire de littérature d'Europe Centrale de Milan Kundera. Un temps traductrice, elle se lance dans l'écriture de ses propres textes et devient auteur de très nombreux ouvrages pour la jeunesse. Ayant parallèlement suivi des cours de théâtre et de comédie musicale, elle fonde sa propre compagnie en 1995, au sein de laquelle elle s'efforce de promouvoir la musique classique et d'autres types de musiques auprès du Jeune Public et de Public Adulte. Le Théâtre du Châtelet lui a commandé l'adaptation en livret d'opéra de son ouvrage Le luthier de Venise, en 2004. Pour cela, elle a étroitement collaboré avec le compositeur Gualtiero Dazzi et le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti. Passionnée par le rapport du texte et de l'image dans ses albums, elle n'en est pas moins investie dans le rapport du texte et de la musique dans ses autres prestations.

  • Qu'en est-il dans les romans de Pierre Mac Orlan et Roger Vercel, Marcel Aymé et Antoine Blondin, dans les séries noires d'Albert Simonin et Auguste le Breton, sans oublier Georges Simenon, des personnages sur lesquels Jean Gabin a jeté son dévolu et qu'il s'est appropriés ? Quelles transformations, physiques et/ou morales, ont-ils subies pour correspondre à celui, mythique, que la star a imposé à l'écran ?


    Voici donc revisités les films de Jean Gabin à la lumière des quelque cinquante romans qui les ont inspirés, du Quai des brumes à La Traversée de Paris, de Gueule d'amour à Un singe en hiver, de Touchez pas au grisbi à Maigret tend un piège.
    Claude Gauteur est l'auteur, avec Ginette Vincendeau, de Jean Gabin, anatomie d'un mythe, ainsi que d'essais sur Michel Simon, Jean Renoir et Georges Simenon, Henri-Georges Clouzot, Sacha Guitry et Louis Verneuil.

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