Dan Furukawa Marques

  • De publics d'amateurs éclairés et de promeneurs, le musée s'est graduellement adapté pour accueillir des publics scolaires, familiaux, touristiques, etc. C'est ce que plusieurs ont observé comme étant le déplacement du centre de gravité des musées, de l'objet de collection vers le visiteur (Davallon, 1992 ; Desvallées, 1992 ; Weil, 1999 ; Dufrêne et Gellereau, 2004 ; Mariaux, 2005 ; Hooper-Greenhill, 2007 ; Gob et Montpetit, 2010). « Public, premier servi », tel était le principe de Georges Henri Rivière que citait André Desvallées (1992 : 20) dans l'introduction de son anthologie des écrits de la nouvelle muséologie. Cette situation a amené l'institution muséale à développer ses infrastructures éducatives afin de combler les besoins de plus en plus diversifiés de ses visiteurs et de ses publics potentiels.

    En se penchant sur l'histoire des musées d'art, on pourrait supposer que les médiations déployées dans les salles d'exposition aient connu une évolution analogue, marquée par une complexification graduelle des dispositifs autour des oeuvres. Or, ce n'est pas ce qui est observé. Prenons le cas du vénérable MoMa (Musée d'art moderne de New York). Son fondateur Alfred J. Barr, lors de la fameuse exposition Van Gogh (1935), avait installé, outre les cartels contenant les informations en usage aujourd'hui - titre, date et nom du collectionneur -, des extraits de correspondance de l'artiste avec son frère Théo et, même, une reproduction d'oeuvre à des fins de comparaison.

  • Les attentats de Paris et celui commis au Parlement d'Ottawa l'an dernier ont lancé un nouvel épisode d'une « guerre au terrorisme » sans fin. Plus que jamais la crainte d'un ennemi de l'intérieur et l'idée d'une incompatibilité civilisationnelle entre l'islam et l'Occident s'en trouvent exacerbées. Dans ce contexte, djihadistes et intégristes du marché ne se reflètent-ils pas l'un l'autre, comme les deux faces d'une même logique destructrice? Le terreau civilisationnel des sociétés - notamment celui de l'islam - n'est-il pas riche de ressources indiquant des voies de sorties de cette impasse? Imprimé avant les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, ce dossier offre des clés pour penser ces événements tragiques et les questions de fond qu'ils soulèvent. Ailleurs dans la revue, le carnet de Bernard Émond, la chronique poétique de Natasha Kanapé-Fontaine et, en marge de la COP21, un débat sur l'utilité des grandes conférences climatiques.

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