Daniel Marcelli

  • Depuis le XVIIe siècle, l'être humain est passé du statut de sujet à celui d'individu. Cette évolution concerne aussi le bébé, sur lequel le regard a changé. À partir des années 80, celui-ci est vu comme une personne, abstraction faite de son état de dépendance primitif. Unique, doté d'un potentiel à développer, l'enfant est d'emblée érigé en un individu dont le désir s'impose. La verticalité disparaît, et avec elle le principe d'autorité traditionnelle. La question de l'identité apparaît alors telle qu'elle se pose aujourd'hui, où l'individualisme triomphe. Aussi, la nécessité d'affirmation de soi face à toute contrainte implique de « choisir » son identité, quitte à en passer par des options radicales.Insistant sur la dimension sociale de l'individu, Daniel Marcelli met en garde contre une éducation qui fait primer le « rapport à soi » de l'enfant sur son « rapport à autrui ». Le rôle des parents est aussi de lui apprendre, avec la capacité de choisir, le renoncement et la frustration, de l'initier au principe de réalité. Si chez l'individu le « moi d'abord » occulte le rapport à l'autre, le lien social risque d'être menacé et la société d'en payer le prix.

  • La question du sens est au coeur de l'adolescence et vient faire rupture avec l'enfance. Les adolescents ont un besoin impérieux de donner un sens à leur vie et recherchent, pour cela, des engagements forts : citoyens, religieux, artistiques...

    Les adolescents vulnérables, parfois relégués du système scolaire ou sans espoir de réussite sociale, en rupture avec les valeurs familiales ou sans étayage parental, trouvent parfois ce sens dans des engagements radicaux. Comment travailler avec eux cette question de la citoyenneté et du sens, et prévenir les dérives potentielles ? Comment aider leurs parents et les professionnels qui les entourent ?

    Les auteurs analysent les multiples raisons individuelles ou sociales qui peuvent inciter un jeune à se tourner vers le radicalisme. Ils repèrent les principales étapes de ce processus afin d'agir quand il est encore temps.

  • « J'ai la rage ! » : ce nouveau signe de ralliement des adolescents et jeunes adultes - là où jadis l'enragé était mis à l'écart - traduit son besoin exacerbé de reconnaissance: il pousse chaque individu à donner le meilleur de lui-même et soutient sa créativité. Mais hélas cette rage peut aussi se transformer en force aveuglément destructrice.
    Entre créer ou détruire, ce moment de basculement témoigne de la vulnérabilité du sujet: comment faire pour que cette rage trouve un chemin positif, devienne un moteur d'épanouissement ?
    Daniel Marcelli, pédopsychiatre, connaît bien cette détresse des adolescents qui se sentent incompris. Ils ont besoin d'une approbation, d'une écoute attentive et durable. Mais autour d'eux rodent des séducteurs en tout genre, habiles à attiser leur rage et à la transformer en haine de l'autre. Il faut donc ne pas se fermer les yeux, savoir repérer les signes inquiétants et réagir de manière appropriée à chaque âge: autant de repères précieux que le lecteur pourra trouver dans cet ouvrage.

  • Les humains sont les seuls êtres vivants à se regarder durablement dans les yeux : les animaux, entre eux, détournent le regard. Pour nous, le regard est un échange, un partage. Dès la naissance, il unit le bébé à ses proches. Il ouvre à la socialisation et à la culture. C'est ce regard, fondateur du lien humain, qu'explore Daniel Marcelli, en analysant sa nature et son rôle à l'échelle individuelle et collective.
    Une véritable histoire du regard, qui nous conduit du point d'émergence de l'humanité aux phénomènes les plus actuels, dont Daniel Marcelli interroge les paradoxes. En effet, aujourd'hui, il existe un droit au regard : nous voulons tout voir, sans limite. Mais nous souhaitons aussi exercer notre droit à l'image et la technologie met à notre disposition des moyens qui, en nous permettant de nous soustraire au regard de l'autre, risquent, ni plus ni moins, de nous déshumaniser. Nous sommes en train d'oublier que les échanges de regards sont aussi indispensables à notre bien-être que l'oxygène à nos poumons...

  • Dans la pratique psychiatrique et psychanalytique actuelle, la référence au groupe des états limites est de plus en plus fréquente. Pourtant l'utilisation d'un tel terme recèle de nombreuses ambiguïtés historiques, sémiologiques, nosographiques, psychopathologiques. En reprenant ces ambiguïtés, ce volume tente de mieux cerner les grands axes sémiologiques et structurels autour desquels les états limites s'organisent, en particulier les rapports entre états limites et pathologie narcissique. Sur le plan thérapeutique, le patient limite place chaque thérapeute à la limite de ses fonctions, aussi les rapports entre la pratique psychiatrique et la pratique analytique sont l'objet d'une attention particulière.

  • On parle aujourd'hui beaucoup de l'autorité, mais peu de son corollaire, l'obéissance. Autant la première est positive, autant la seconde paraît négative. Car, si l'on arrive à distinguer l'autorité du pouvoir, on confond aisément l'obéissance avec la soumission. On adhère à une autorité, alors qu'on se soumet à un pouvoir. Et si la soumission s'obtient par la contrainte ou par la séduction, l'obéissance s'établit sur un rapport de confiance. L'obéissance construit, la soumission détruit. Sans se limiter à une réflexion sur le thème de l'obéissance, il s'appuie sur des cas concrets pour nous rappeler opportunément que l'apprentissage de l'obéissance, nécessaire pendant l'enfance, conduit à l'indispensable liberté de désobéir à la maturité. Ce faisant, il apporte une réflexion nouvelle sur sujet très actuel.

  • Daniel Marcelli parachève dans cette monographie un ensemble de travaux théorico-cliniques. Il s'essaye à une tâche difficile : il s'agit pour lui d'affiner la théorie psychanalytique, de la débarrasser de ses scories génétiques et de la contraindre à trouver sa place dans des perspectives neuro-psychologiques au sens le plus complet du terme.

  • Dans nos sociétés démocratiques et individualistes, sous couvert de respecter la liberté de chacun, la contrainte et la coercition apparaissent comme des moyens d’un autre âge. En politique, comme en matière de marketing, il convient de susciter le désir pour convaincre l’individu d’agir « librement » : c’est le rôle de la séduction.Alors, en matière éducative, face au dilemme « interdire ou séduire », les adultes en appellent à la séduction pour obtenir l’adhésion. Mais cette forme subtile de soumission n’a pas pour corollaire la reconnaissance d’une autorité.Dans la lignée de ses précédents ouvrages, Daniel Marcelli ouvre une réflexion très nouvelle sur l’autorité et sur l’évolution de nos sociétés modernes, aux confins de la psychologie de l’enfant et de la psychopathologie de la vie quotidienne.

  • Autonomes et dépendants, individualistes et fascinés par le groupe, péremptoires et sujets au doute, les adolescents sont les champions du paradoxe. Comment cerner leurs « mille visages » et les aider à franchir cette étape cruciale de leur vie ? Comment ne pas abuser de son autorité sans devenir un parent complice ? Qu'en est-il de la vie amoureuse ? Quand s'inquiéter de manifestations anxieuses ou dépressives ? Qu'est-ce qu'un adolescent « à problèmes » ? Que faire face au danger de la drogue, au risque du sida ? Depuis sa première parution en 1988, ce livre est devenu un classique. Entièrement remis à jour pour la présente édition, il fournit des données épidémiologiques approfondies et propose une vision nouvelle de la dépression à l'adolescence et des relations entre l'adolescent et sa famille. Médecin psychanalyste, directeur de l'Association de santé mentale du XIIIe arrondissement de Paris, Alain Braconnier enseigne à l'université de Paris-V. Il est notamment l'auteur, aux éditions Odile Jacob, de Tout est dans la tête, en collaboration avec Éric Albert , et du Sexe des émotions. Psychiatre, Daniel Marcelli est spécialiste de l'enfance et de l'adolescence.

  • Il y a soixante-cinq ans, Donald W. Winnicott présentait à la Société britannique de psychanalyse son célèbre exposé sur les « objets et phénomènes transitionnels » qui allait bouleverser l'accompagnement psychologique du tout-petit enfant... et l'économie du jouet.

    Aujourd'hui, les parents achètent le précieux « doudou » que l'enfant est censé « trouver-créer » dans son environnement immédiat pour, entre autres, apprivoiser l'absence de la mère (du père, des parents...). Ces nouveaux objets transitionnels, surinvestis par les adultes (parents et professionnels), jouent-ils toujours leur rôle initial ? Que disent-ils de la fragilité de nos liens ?

    Les objets numériques (téléphones portables, jeux vidéos, robots...) qui nous relient les uns aux autres et meublent notre solitude, sont-ils les doudous d'aujourd'hui ? Ou des objets-fétiches, si l'on en croit notre dépendance à leur égard ?

    Psychiatres, psychologues, psychanalystes, sociologues, philosophe et puéricultrice revisitent le concept de Winnicott à l'ère de la marchandisation et des nouvelles technologies.

  • L'animal familier est un compagnon privilégié pour l'enfant dès son plus jeune âge. Il partage avec lui ses jeux, ses moments de joie et de tristesse, ses découvertes motrices et sensorielles. Les récentes découvertes des neurosciences, de la psychologie et de l'éthologie montrent qu'il participe à sa sécurité affective et contribue à son développement émotionnel, affectif, cognitif et social.

    À l'adolescence, âge traversé par de multiples turbulences, il se révèle un ami précieux, fidèle et indulgent.

    Chiens, chats, poneys, chevaux... les animaux sont susceptibles de devenir également des partenaires de soins, auxiliaires subtils des thérapeutes et des éducateurs, pour les enfants souffrant de handicaps physiques, mentaux ou psychiques.

    A partir de leurs expériences professionnelles et personnelles, les auteurs, réunis à l'initiative de L'école des parents, explorent cette relation unique entre l'enfant et l'animal qui occupe une place importante dans nos vies et dans notre imaginaire, comme en témoignent les nombreuses figures animales dans la littérature jeunesse.

  • Outils emblématiques des Écoles des parents et des éducateurs, les Cafés des parents® ont aujourd'hui vingt ans et se déclinent en de multiples formes. Cet ouvrage revient sur leur histoire, explicite l'originalité de leur démarche et souligne leur utilité sociale.

    Les Cafés des parents® s'appuient sur l'expression individuelle et la dynamique de groupe dans un climat convivial. Ils misent sur les alliances atypiques et l'intelligence collective pour accompagner au mieux les parents et valoriser leurs compétences.

    Des chercheurs et des acteurs de terrain analysent le succès de ces lieux de démocratie, qui reflète l'aspiration des parents à une transmission plus horizontale.

  • Parce qu'ils sont en pleine mutation, les adolescentssont des êtres tracassés, aux désirs et aux contradictions multiples. Ce phénomène, normal dans la plupart des cas, donne du souci aux parents. D'autant plus que l'adolescent(e) d'aujourd'hui affronte un monde qui a évolué et dans lequel la pression pour lui faire brûler les étapes est très forte.
    À travers plus de cent questions, le Pr Daniel Marcelli et Guillemette de La Borie expliquent les sentiments de cet enfant qui devient grand et indiquent comment l'aider lorsque :
    - Il se trouve trop petit
    - Elle est horriblement insolente
    - Il ne veut plus venir à table
    - Elle monopolise la salle de bain
    - Son premier chagrin d'amour l'accable
    - L'école est le cadet de ses soucis
    - Chez ses copains, il y a du hasch...
    Santé, vie de famille, argent, relations parents-enfants, scolarité, amours et amitiés, autonomie... Tous les angles sont abordés dans cet ouvrage qui ne ressemble à aucun autre guide de l'adolescence et qui apporte des réponses claires lorsqu'on ne sait plus quoi penser.

  • L'adolescence tend à devenir un état : on y rentre de plus en plus tôt, on en sort de plus en plus tard. Si cette période de la vie s'étend, ce n'est pas le fruit du hasard. C'est le signe que le statut de l'adulte n'a jamais été aussi fragilisé et ébranlé qu'aujourd'hui, pendant que celui du jeune, à l'inverse, a gagné en popularité. Car c'est l'âge de tous les possibles, de la croissance.
    D'une certaine manière, les valeurs de la société (excitation, instantanéité, urgence, etc.) se rapprochent de plus en plus de ce qui caractérise l'adolescent lui-même, d'où un effet de miroir, fascinant et presque enivrant. L'adolescent apparaît comme un symptôme de la société actuelle, tout comme il tend à en devenir le modèle : un consommateur riche de sa seule illusion de toute-puissance personnelle. Daniel Marcelli nous propose une analyse inédite de l'impact des valeurs de la société actuelle sur les adolescents et nous invite à être attentifs à ce qui, dans la course de la modernité, peut bousculer cette phase singulière de la constitution des individus qu'est l'adolescence.

  • Le phénomène physiologique de la puberté de même que l'éveil psychique à la sexualité génitale représentent l'un comme l'autre une menace sur le sentiment de continuité existentielle : malgré ce qui lui en coûte, l'adolescent est contraint de se désengager de ses liens aux objets d'amour primaires que sont ses parents, et d'engager un travail de subjectivation pour éviter un vécu de rupture dans sa quête identitaire. Certains adolescents en difficultés ou en décrochage scolaires connaissent des pannes de ce processus de penser. Comment dès lors relancer cette dynamique ? L'objectif du travail de soin avec médiation consiste à trouver les voies pour réinvestir le plaisir à penser. Au plus près de leur pratique clinique dans un hôpital de jour, les auteurs, engagés auprès d'adolescents en échec scolaire, proposent ici une théorisation du soin avec médiation qui vient prolonger et « pousser à bout » les travaux de Winnicott sur l'espace transitionnel. Nicole Catheline est psychiatre, praticien hospitalier au sein de l'accueil thérapeutique de jour pour adolescents Mosaïque du centre hospitalier Henri-Laborit à Poitiers Daniel Marcelli est professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, chef de service de pédopsychiatrie au centre hospitalier Henri-Laborit, CHU de Poitiers

  • Préface de Boris Cyrulnik Postface de Pierre Joxe. Comment aider les adolescents à sortir de la délinquance ? En les transformant en héros, acteurs de leur propre réinsertion. L'association Seuil innove résolument dans le domaine difficile, douloureux de l'adolescence marginale en proposant individuellement à des mineurs en grande difficulté des marches qui se déroulent sur 2.000 km dans un pays étranger, en toutes saisons. Accompagné d'un adulte, chaque jeune se trouve en position de devenir  acteur de sa propre réinsertion. Des spécialistes de l'adolescence mais aussi  des acteurs - éducateurs, psychologue et adolescents ayant accompli une marche - analysent et témoignent de cette méthode exigeante et de cette aventure humaine. David Le Breton, anthropologue, université de Strasbourg. Daniel Marcelli, pédopsychiatre, université de Poitiers. Bernard Ollivier, écrivain-voyageur.

  • El cuarto de un adolescente suele parecerse a la cueva de un oso, un lugar donde se nota el olor de tabaco y, quizá, también de hachís... Los padres no siempre saben cómo reaccionar ni qué actitud adoptar ante sus hijos, sobre todo cuando ellos mismos han consumido cannabis cuando eran jóvenes. Este libro aborda un gran número de preguntas que se hacen a propósito de las mal llamadas drogas blandas:
    * ¿Se debe tolerar una sustancia ilegal, aunque corriente?
    * ¿Qué hay que pensar sobre el cannabis?
    * ¿Cuáles son los verdaderos peligros?
    * ¿Su hijo adolescente fuma?
    * ¿Cómo hablar de ello con su hijo?
    * ¿Por qué fuma?
    * ¿Cómo ayudarlo a decir «no»?...
    Daniel Marcelli, psiquiatra especializado en adolescencia, es autor de numerosos libros sobre psicología. Christine Baudry es periodista de la revista Psychologies magazine.

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