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  • « La parole est cet instrument précieux qui nous lie aux autres, elle est au coeur de toutes les relations sociales. En ce sens elle est fondatrice de la condition humaine. Cependant la parole contemporaine témoigne d'une nette ambivalence. Jamais elle n'a connu un tel déploiement, mais elle sert le meilleur et le pire. Si elle contribue en permanence à transformer le monde dans une réciprocité aux autres, elle est aussi manipulée ou brisée par les puissants. Souvent elle est difficile à prendre ou bien elle reste sans écho, et nombreux sont les sans-voix dans nos démocraties contemporaines.

    Le silence est nécessaire à la parole, il introduit un espace de respiration, de méditation. Il est le souffle des conversations et leur tempo. Mais le silence tend à être chassé de mille manières de l'environnement social. Le bruit ne cesse de gagner et de rendre parfois la parole inaudible.

    Il est difficile aujourd'hui de s'abstraire, de trouver les conditions d'une intériorité. Le silence se fait rare. Mais peut-on parler sans se taire et donc sans écouter l'autre, peut-on penser dans le bruit ? La parole, dans ce sens, est étroitement solidaire du silence. » P.B. et D.L.B.

  • Préface de Boris Cyrulnik Postface de Pierre Joxe. Comment aider les adolescents à sortir de la délinquance ? En les transformant en héros, acteurs de leur propre réinsertion. L'association Seuil innove résolument dans le domaine difficile, douloureux de l'adolescence marginale en proposant individuellement à des mineurs en grande difficulté des marches qui se déroulent sur 2.000 km dans un pays étranger, en toutes saisons. Accompagné d'un adulte, chaque jeune se trouve en position de devenir  acteur de sa propre réinsertion. Des spécialistes de l'adolescence mais aussi  des acteurs - éducateurs, psychologue et adolescents ayant accompli une marche - analysent et témoignent de cette méthode exigeante et de cette aventure humaine. David Le Breton, anthropologue, université de Strasbourg. Daniel Marcelli, pédopsychiatre, université de Poitiers. Bernard Ollivier, écrivain-voyageur.

  • Face aux excès de la communication, les deux auteurs dialoguent sur les vertus respectives du silence et de la parole. Cette rencontre intellectuelle met en scène une vraie différence d'approche en même temps qu'une forte complicité sur l'essentiel. David Le Breton, anthropologue du corps qu'il définit comme notre « souche identitaire », travaille à une approche globale de l'humain où le silence occupe une place souvent déterminante par sa capacité inouïe à porter le sens. Philippe Breton, pour qui le « pouvoir de la parole » est une alternative historique qui s'impose progressivement à la « parole de pouvoir », propose une approche centrée sur la parole, non pas réduite à l'oral mais en amont de la communication comme source de tout l'être. Leur différence est ici mise à l'épreuve sur une dizaine de thèmes classiques, support d'une réflexion renouvelée, par exemple sur le sacré, la mémoire ou la violence, et prétexte à une exploration en profondeur de la condition humaine. Philippe Breton est chercheur au CNRS, laboratoire Cultures et sociétés en Europe, enseignant à l'université Marc Bloch de Strasbourg et à l'université Paris 1, Sorbonne. Il est lauréat de l'Institut et auteurs de nombreux ouvrages traduits en plusieurs langues, notamment, Eloge de la parole (La Découverte, 2007) et Convaincre sans manipuler (La Découverte, 2008). David Le Breton est professeur de sociologie à l'université Marc Bloch de Strasbourg et chercheur au laboratoire Cultures et sociétés en Europe. Membre de l'Institut universitaire de France, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Silence (Métailié), En souffrance. Adolescence et entrée dans la vie (Métailié) et d'un roman policier, Mort sur la route (Métailié).

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