Littérature générale

  • Jean Duvignaud est un sociologue qui a profondément marqué le champ de la sociologie des imaginaires sociaux. Ses travaux sur le théâtre, l'anomie, le don, la fête, le rire continuent à nourrir la réflexion. Toute son oeuvre est dominée par les figures sociales du don, de la gratuité, de l'improductif, du prix des choses sans prix. Toujours, il s'agit de l'élégance de vivre dans le don du rien, mais d'un rien qui fait toute la valeur de l'existence individuelle et collective. Le sentiment aigu que les meilleures choses de l'existence sont éphémères, jamais cumulées, toujours perdues, mais que dans ces moments culmine le goût de vivre, un enchantement qui ne vaut que de se perdre. Des ouvrages comme La sociologie du Théâtre, Le don du rien, Chebika, L'anomie, hérésie et subversion, Fêtes et civilisations, Rire et après et tant d'autres sont devenus des classiques. Personnage multiple : écrivain, dramaturge, grand voyageur, inlassable fondateur de revues (Arguments, Cause commune, Internationale de l'imaginaire, entre autres). Il est président de la Maison des Cultures du monde à Paris et dirige la revue Internationale de l'imaginaire.

  • L'édition numérique de la revue d'avant-garde Change dans un fichier PDF (fac-similé) de 8482 pages permettant une recherche par terme au sein des 42 numéros.
    Construit autour d'un groupe initial constitué de Jean Pierre Faye, Maurice Roche et Jacques Roubaud, le collectif Change aura compté parmi ses membres réguliers Philippe Boyer, Yves Buin, Jean-Claude Montel, Jean Paris, Léon Robel et Mitsou Ronat, et n'aura eu de cesse d'élargir le cercle pour ouvrir le dialogue avec d'autres revues du monde entier dans un « set international ».
    Parce que « la langue, en se changeant, change les choses », le projet est de faire voir ce change - le battement de l'entrelangues. Et d'ouvrir un champ exploratoire sans bornes où se côtoient poésie et mathématique, roman et linguistique, théorie littéraire et recherche psychiatrique, critique générative et rire rabelaisien. On peut ainsi lire un numéro sur le montage placé sous le signe d'Eisenstein, un autre consacré à la poésie orale en collaboration avec Polyphonix, des analyses sur l'oppression politique, Mel Bochner sur Malevitch, Roubaud sur le Shinkokinshu, deux numéros consacrés à la théorie de la traduction, une réflexion sur l'avant-garde, trois livres de Jack Spicer, des traductions des formalistes russes, ou encore, suivre la réception française de Chomsky.
    Change numérique permet aujourd'hui à la fois de redécouvrir des textes devenus introuvables, et de suivre le dialogue entre les contributions dans le contexte de leur première parution pour voir comment la littérature et la pensée se trament.
    « Cette - indispensable - édition numérique, où chaque page de chacun des 41 numéros parus, plus le hors-série Polyphonix (dernier numéro, paru en 1983, à l'occasion de l'édition 5 de cette manifestation créée par Jean-Jacques Lebel) a été scannée, nous donne non seulement accès à l'intégralité de la revue, mais y apporte une circulation nouvelle, permettant de visionner double page par double page (comme un diaporama), page par page via la table des matières (barre latérale) ou via un tableau (avec des liens) reprenant les couvertures des 41 numéros. Mais l'on peut aussi utiliser la fonction de moteur de recherche pour aller directement vers certaines pages (31 pages proposées si l'on fait une recherche sur le terme Jack Spicer ; 186 pages sur le terme cinéma...). Chaque (re-)lecteur de Change numérisé pouvant alors devenir monteur au sein de ce corpus extrêmement riche. »
    Nicolas Tardy, Cahier Critique de Poésie

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