Littérature générale

  • Pour sauver les mauvaises âmes des filles de Fénix, il doit d'abord s'extraire des plis angulaires et cassés de sa vieille peau. Ensuite, il faut qu'il trouve le seul nom qui lui aille, le seul qui rende compte de son identité remarquable. On peut considérer tout ça comme une mission. À la fin, il lui reste le plus difficile : empêcher que s'écrive son histoire officielle.
    Se retrouvent dans cette histoire qui n'a rien d'une histoire officielle, quelques-uns des thèmes qui nourrissaient Rai-de-coeur, comme l'exil, ou l'ambiguïté sexuelle, ou encore la grande ville (c'est d'ailleurs la même... sous d'autres cieux). Mais aussi de nouvelles préoccupations qui ont à voir avec l'identité, la filiation, la folie.

  • Rai-de-coeur

    Emmanuelle Bayamack-Tam

    Au milieu des sables du bush, Kéziah règne en maître sur les moins que rien : Nello, le valet de coeur subjugué, et Siri, l'idiote à la beauté radieuse.
    De l'autre côté du monde, une grande ville occidentale clignote de tous ses feux. Kéziah part donc en guerre contre sa misère native, contre le sort auquel on a pensé pour lui : il invente, pour s'arracher à son coin de terre sinistré, un moyen étrange et cruel.
    C'est Nello qui raconte. C'est Nello qui se dresse au milieu des choses dites, semblable à elles et sans pouvoir sur elles. Mais l'histoire finit par tracer, cahotante, son propre sillage fumeux.

    « Si la seule idée d'un Dieu ne me faisait pas rire, je rendrais bien ici quelques oracles, quelque parole inspirée, quelque évangile enluminé qui réconcilierait les autruches effarées, les sauterelles rongeuses, les guitaristes mystiques, les filles à la blondeur boréale, les mères oublieuses de leur première portée, les pères devenus prédicateurs de salon, tous les ergs et les regs du N'mab, et même le souvenir, toujours fou en moi, toujours miraculeux, du garçon qui a trahi son ami pour les lumières de la ville. »

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