Grasset

  • Joseph est un jeune homme taciturne. Il mène une vie paisible jusqu'au jour où il découvre la promesse de l'amour avec Annabella, la belle acrobate d'un cirque itinérant. Envoûté, fou d'amour, Joseph ira jusqu'au meurtre pour atteindre son idéal...

  • La Ménagerie de Versailles est un roman d'aventure. Louis XIV vient de se faire construire une ménagerie, dans les dépendances de son palais. Je raconte l'histoire d'un homme, le marquis de Dunan, qui, pour plaire à ce Roi, décide de partir en Afrique lui chercher des bêtes sauvages?
    Je rêvais depuis longtemps d'entraîner le lecteur sur le pont d'un navire du XVIIème siècle, de lui faire entendre le claquement des voiles, admirer la beauté de ce désert liquide où l'eau et le ciel se confondent parfois avant de lui faire poser le pied sur une terre où les arbres se couchent dans la mer. Je suis donc parti, crayon en main et carnet dans la poche. Le voyage a duré trois ans. Et quel voyage ! Les cales puaient le moisi, les biscuits étaient rances, l'eau croupie. Entre les grains et la bonne marche du navire, je n'ai pas souvent trouvé le temps d'admirer le paysage, je vous assure. Et puis le marquis était insupportable. Quand il ne se lançait pas dans ses théories sur la politique, les femmes ou les Noirs, il ne faisait que parler de Versailles et de la gloire qui l'attendait?
    Les lecteurs qui s'embarqueront dans cette folle aventure auront, eux aussi, fort à faire. En plus de supporter l'humeur du marquis, ils devront se prémunir contre les fièvres et la dysenterie, côtoyer des marins ou des hommes de cours peu fréquentables, se méfier des griffes des fauves affamés... Qu'ils tiennent bon : le spécimen que le marquis rapportera de son périple risque bien d être le plus extravagant, le plus extraordinaire, le plus improbable des animaux qu'ils auront jamais vu?


  • Trompé, méprisé, joué par sa femme Christine, Jean-Luc, paysan suisse, se met à boire. Plus tard, face au destin qui s'acharne, la folie le prend. Il commet un geste affreux, qui rend son suicide inéluctable. Ce roman à l'atmosphère épaisse compte parmi les premières réussites de Ramuz, hanté par les forces obscures, malfaisantes, de la montagne. (Présente édition parue en France en 1930.)

  • A l'instant où sonnent les trompettes du Jugement dernier, les habitants d'un petit village ressuscitent et retrouvent l'âge qu'ils avaient en mourant. Le temps s'absente, les souvenirs disparaissent, les projets n'ont plus de sens. Un bonheur qui serait vite lassant, si tout le village n'avait, par accident, un aperçu de l'Enfer...

  • Le comte et châtelain désargenté Dante Castelongo redore son blason en épousant la très jeune Fanny Durondeau, fille de chapeliers lourdauds, mais riches. Il s'emploie à dilapider la dot dans la réfection du château de ses ancêtres, tout en délaissant l'épousée. Il apprend qu'une hérédité criminelle pèse sur sa lignée, comme le laisse entendre un dicton local : « deux Castelongo, un assassin ». Obsédé par la part criminelle qui peut à tout instant se révéler en lui et lui interdit de faire un enfant à sa femme, il se rend à Turin pour rencontrer le célèbre criminologue italien Cesare Lombroso, auteur de L'Homme criminel.
    Pendant ce temps, Fanny ayant monopolisé le magot Durondeau, sa soeur Isabelle, plus belle et amoureuse de Dante, est entrée au couvent. Elle en sera chassée, comme beaucoup d'autres par la loi Combes : « Des religieuses erraient de droite et de gauche comme de grosses poules privées de grains ».
    De retour à Paris, Dante, réenrichi dans l'immobilier catholique grâce à Isabelle, est sauvé par un certain Griffon qui appartient à la mouvance libertaire, alors qu'il était en passe d'être étouffé par la foule le jour de l'exécution de Liaboeuf. Griffon entraîne l'aristocrate à s'intéresser à un enfant qui n'est autre que le fils de Bonnot, le braqueur anarchiste tué avec ses complices lors du siège de leur repaire de Nogent par la police. Peu à peu, au fil des recherches longtemps infructueuses de Dante, c'est toute l'histoire et l'environnement des « illégalistes » de la bande à Bonnot qui se dévoilent à nous. Ainsi, le Victor que Dante est conduit à fréquenter est Victor Kibaltchiche, alias Victor Serge, et Judith est l'ex-femme de Bonnot.
    Tandis que Dante s'efforce d'amener au bien le jeune Justin Besson, fils de Bonnot, caché et élevé en Suisse, la tuerie européenne se prépare. Dante, qui crache du sang depuis longtemps, est réformé, mais son château italien réhabilité grâce à la dot de Fanny, est ravagé lors d'une émeute...

  • Sous la domination coloniale française, quatre millions d'esclaves ont vécu ou survécu dans les territoires suivants : Gorée, Grenade, Guadeloupe, Guyane, Ile Bourbon (Réunion), Ile de France (Ile Maurice), Louisiane, Marie-Galante, Martinique, Nouvelle-France, Saint-Barthélemy, Saint-Christophe, Sainte-Croix, Saint-Domingue, Saint-Louis du Sénégal, Sainte-Lucie, Saint-Martin, les Seychelles, Tobago. Il existe des histoires de la colonisation française, des histoires de chaque colonie ou ensemble régional colonial, des histoires très générales de l'esclavage, mais il n'existe aucune histoire croisée de l'esclavage dans les colonies françaises sur toute la période coloniale. Ce livre est donc une première. Il s'adresse à un public large, désirant apprendre ce qui s'est passé durant les deux siècles de la période esclavagiste de la France, dans un souci de vérité et de clarté. La France et ses esclaves raconte cette histoire, loin du manichéisme habituel, elle décrit les relations complexes, entre Blancs, Noirs, Amérindiens, les métissages et les transformations. Ce livre, qui couvre une période allant des débuts de la colonisation à la seconde abolition de 1848, utilise des documents jusque là méconnus. Il permet de comprendre à tout lecteur ce que fut l'esclavage sous la domination française - un pan mal connu et peu enseigné de notre histoire .

  • Sphinx

    Garreta Anne F.

    Une ancienne légende raconte que le sphinx dévorait ceux qui échouaient à résoudre son énigme ; qu'en sphinx cohabitaient du lion et de l'oiseau ; et que sphinx deviné se jeta du haut de quelque promontoire. A* danse ; je erre, la nuit. Sur fond de boîtes et de cabarets, à Paris, à New York. Leur histoire d'amour semble répéter la légende ancienne : aux yeux de je, A* devient sphinx. Mais au gré de quelle énigme ? Je ne sait, mais ne peut que deviner obscurément que la résoudre serait perdre A* et ne la pas résoudre, se perdre. Ce livre est un premier roman.

  • Prague, 1969. Dans un café, la patronne acariâtre et jalouse épie sa jeune serveuse. Elle assiste en voyeuse à l'éclosion et au massacre d'un amour pur, qui lui rappelle une blessure de jeunesse. A travers ce huis-clos et une poignée de personnages, c'est tout le cauchemar d'un régime politique qui nous est restitué.

  • « On pourrait dire, si l'expression n'était pas si dévaluée, qu'il s'agit d'un roman d'amour, ou plutôt d'un roman sur l'amour, sa présence, son absence, son retour. C'est un peu La Ronde de Schnitzler, avec un dénouement plus optimiste, et dans l'ambiance brève mais intense de cet Art Nouveau qui fleurit en même temps à Paris, à Berlin, à Bruxelles. Abandonnée par sa mère Évelyne - du moins le croit-elle - Julia ne s'en est jamais consolée et a fait, à trente ans, un mariage idiot. Gérald, son père, sous des dehors maussades, regrette aussi sa femme, bien qu'il ait pris une maîtresse, Tania. Julia a deux amis homosexuels, Marc et Siggi, qui sont aussi ses voisins. Ils habitent une étrange villa « La Pagode », construite par l'oncle de Marc, Bram, au début du siècle. Ces deux jeunes gens s'aiment, semble-t-il, mais Marc, d'un caractère anxieux, s'interroge sur son compagnon, plus jeune que lui. Est-ce un caprice ? Est-il intéressé ? L'angoisse de Marc provient sans doute du fait que sa mère, Jeanne, l'a toujours détesté. En secret, elle aimait son beau-frère, Bram, le séduisant architecte, qui, lui, n'aimait que son art, ce qui est aussi une forme d'amour, et ne s'est même pas aperçu des sentiments passionnés de Jeanne, qui sont devenus de la haine, tant à l'égard de Bram, maintenant mort, qu'à l'égard de Marc, fruit d'un bref égarement où elle a entraîné l'architecte. L'annonce du mariage légal de Marc (qui a surmonté ses doutes) et de Siggi augmente encore la colère de Jeanne qui tente, mais sans y réussir, de l'empêcher. Tout se dénouera plus ou moins grâce à Tania, peu intelligente mais généreuse, qui consulte un détective privé et retrouvera Évelyne dont elle apprendra la triste et romanesque histoire. Ainsi Tania a-t-elle perdu Gérald, qui ne l'aimait pas, mais elle va vite s'apercevoir que le détective, Charles, l'aime depuis le début, et sans doute l'aimera-t-elle un jour, elle aussi. Il n'est pas bien riche, mais que veut-elle sinon être aimée, car elle a senti depuis quelque temps qu'elle n'était auprès de Gérald qu'une figurante. Gérald retrouvera Évelyne, et Julia poursuivra son chemin, éternelle orpheline de ses parents qui ne voient que leur propre amour. » Françoise Mallet-Joris

  • En octobre 1995, il y aura dix ans que Simone Signoret est morte. Jean-François Josselin fut un de ses plus proches confidents. Il vécut les dernières années de Simone en témoin affectueux et privilégié, d'où ce livre - ni biographie, ni recueil de souvenirs, mais tout à la fois... Il se penche sur l'étrange destin de cette femme, ses souffrances secrètes, ses enthousiasmes de gamine, ses désespoirs de vieille femme... Car il en sait beaucoup, Jean-François Josselin, sur la vraie vie de Simone ! Sur ses débuts sous l'Occupation, sur ses amours... Son livre est, ainsi, un voyage en compagnie d'une amie disparue. De la politique au cinéma, de Hollywood à la place Dauphine, de Montand à Corinne Luchaire, la star maudite... Un livre mélancolique et tendre dans lequel l'auteur, à sa façon, adresse un salut à sa propre jeunesse enfuie...

  • L'impératrice est tellement belle que l'empereur voudrait faire faire son portrait. Un vieux peintre célèbre est appelé au palais. Il accepte la commande, puis disparaît...

  • Jeannette est perdue. Perdue dans la foule en liesse. Dans quelques heures son mari, Gilbert Lefèvre, député-maire d'une ville du Nord, doit inaugurer la maison de la culture. Pour être à ses côtés, Jeannette s'est enfuie de la clinique où elle suivait une cure de désintoxication. Jeannette la scandaleuse : elle boit. On dit, pour l'excuser, qu'elle souffre de ne pas avoir eu d'enfant, mais son malheur, en vérité, c'est d'aimer, d'aimer Gilbert depuis près de vingt ans, et de ne plus le reconnaître tout à fait. Gilbert a changé sans doute. Il est absorbé par ses fonctions. Eloigné des rêves de sa jeunesse, soucieux d'efficacité, il s'est attaché à Marie-Christine qui l'assiste dans sa tâche. Et pourtant c'est Jeannette qu'il aime.Jeannette la faible : en cet après-midi de fête où elle attend l'heure de rejoindre Gilbert, elle va errer, misérable, se retrouver parmi les admirateurs de ce chanteur populaire qui officie au théâtre de verdure en célébrant l'amour. Et dans le duel qui l'oppose à Marie-Christine, elle perd...en apparence du moins, car Jeannette est forte, de sa détresse, de son amour, de son désir d'ailleurs. Elle est celle grâce à qui le vrai scandale éclate.

  • " Le droit à la libre circulation des sexes, et donc des obsessions sexuelles, n'est pas encore inscrit dans la Constitution. Ce qui est bien dommage. Il nous faut donc avouer nos petites horreurs comme le font les enfants, la nuit, avec des rires qui s'étranglent. Mes enfants, ou plutôt mes interlocuteurs, sont un coiffeur et son client qui, sous prétexte de lire à voix haute des lettres anonymes, se jettent à la tête des histoires de viols, de meurtres, de tortures et, on n'en doute pas, d'amour. Qui menace qui ? Allez savoir. En tout cas, pour ma part, je plaide non coupable. Et d'ailleurs, même s'il m'arrive de couper les cheveux en quatre, je ne suis pas coiffeur. "J.F. Josselin.

  • Paul Valéry. Le grand poète. L'écrivain quasi officiel de la Troisième République. Le théoricien de la littérature pure, qui, dans Monsieur Teste, a déclaré vouloir rester « maître chez lui », c'est-à-dire libre des passions. « Prenez garde à l'amour », dit-il. Eh bien, il n'y a pas assez pris garde, et il a accueilli beaucoup de maîtresses chez lui. Et, contrairement à ce qu'il craignait, cela n'a pas nui à sa création littéraire.
    De son grand amour de jeunesse, la baronne de Rovira, dont l'identité est pour la première fois révélée ici, à l'écrivain Catherine Pozzi et au sculpteur Jean Voilier (pseudonyme de Jeanne Loviton et figure étonnante du milieu artistique parisien), ce livre nous révèle les relations passionnées entre Valéry et les femmes, qui lui ont offert le matériau de son insatiable désir d'analyse des passions humaines. Ou : comment une éducation sentimentale devient une éducation d'écrivain.

  • C'est l'histoire d'une petite danseuse française devenue une chanteuse américaine à la fin des sixties. Belle, et intrigante, elle inspire les Rolling Stones et fait tourner toutes les têtes. Elle connaît le succès, la fortune, et l'existence fastueuse des stars de Hollywood. Puis elle rencontre Spider une légende du sport américain avec qui elle a une liaison explosive. Leur love-story à Aspen, la station de ski huppé du Colorado défie la chronique. Le 21 mars 1976, Claudine tue son amant. Accident ou meurtre prémédité ? L'Amérique se passionne pour cette affaire de moeurs qui possède tous les ingrédients du plus sulfureux des polars chez les riches et célèbres et qui connaîtra un dénouement inattendu.

  • « C'est un gosse qui s'émerveille de la multitude de ses jouets. C'est dimanche. C'est Noël. C'est la fête. Il est assis au pied du sapin et il hésite un instant : quel est le cadeau qu'il faut ouvrir en premier ? Celui-là, tout près, avec un beau ruban ? Il s'en empare : un gros avion envoyé par Bush, on tourne la clef et il bombarde le salon. Un autre là-bas ? C'est une centrale nucléaire, un modèle réduit pour chinois débutants. Et puis cette multitude de petits paquets qu'il découvre fébrilement : un grand Mickey en plastique, un journaliste à plat ventre, plusieurs Guaino en peluche et des bons d'achats dans un catalogue du M.E.D.E.F. : croisière sur le Nil, abonnement à T.F.1, Star'Ac à l'Elysée, petits flacons pour tests A.D.N... Il n'en finit pas de découvrir sa joie. Où sont les photographes ? Il appuie sur la multitude des boutons, noirs, rouges, bleus, offerts par le grand frère Hortefeux. Fillon arrive croyant que c'est lui qu'on appelle. Trépignements, colères : dehors ! Remaniement vite fait. Le petit garçon est aux anges... On était au matin du septième jour. Dieu vit que cela était bon et il décida de se reposer. Mais il ne s'est pas vraiment reposé ! Et cela a continué le huitième, le neuvième, le dixième jour... Sans cesse. La création du monde n'était jamais terminée. Et le public en redemandait. C'est normal. Quand on choisit de préférence le public du Crazy Horse, il ne faut pas s'étonner que la demande l'emporte sur l'offre. Dans ce domaine il y a de très beaux métiers : DJ, crooner, animateur télé, cracheur de feu, rappeur. Cela n'a rien de déshonorant. C'est même mieux que « Petit père des Peuples ». C'est surtout moins dangereux... »

  • Pascal Jardin

    Cheze-F

    Scénariste et dialoguiste à succès, écrivain qui nous a laissé des romans pleins de tendresse et d'humour, comme La Guerre à neuf ans (Grasset, 1971), Pascal Jardin (1934-1980) est non seulement une grande figure du cinéma et des lettres françaises des années 1960 et 1970, mais aussi un personnage faisant partie d'une mythologie entrée dans la mémoire collective des Français. Il a contribué à cette mythologie en racontant son histoire familiale dans plusieurs livres, et en est lui-même devenu le sujet quand son fils Alexandre l'a décrit dans Le Zubial (Gallimard, 1997) et dans Le Roman des Jardin (Grasset, 2005). C'est cette mythologie que Fanny Chèze parcourt pour y départir la légende de la vérité. Et la vérité n'est pas moins romanesque que la légende... Pascal est le fils de Jean Jardin, chef de cabinet de Pierre Laval sous Vichy. C'est grâce à ce père aussi trépidant qu'influent qu'il fait la connaissance de toutes les célébrités d'avant-guerre, comme Paul Morand (qui sera le parrain de son frère Gabriel). Très tôt, il développe un type de relation frénétique et passionné avec les femmes. Il publie un premier roman à 23 ans (Les Petits Malins, 1957), puis devient un des grands talents du cinéma français, écrivant les scénarios ou les dialogues de films aussi célèbres que la série des Angélique (à partir d'Angélique et le Roy, 1966), mais aussi de véritables chefs-d'oeuvre, comme Le Chat, avec Jean Gabin et Simone Signoret (1971) ou Le Vieux fusil, avec Philippe Noiret et Romy Schneider (1975). Ami de toutes les stars, il est un grand noctambule et un amoureux passionné - mais aussi la proie d'une forme de panique. Quelle était la blessure secrète qui a fait de Pascal Jardin cet « homme pressé », pour reprendre l'expression de Morand, dont la trajectoire brève et lumineuse marque encore les mémoires ?

  • Et si le prince charmant au lieu de métamorphoser Cendrillon en princesse l'avait accompagnée dans son univers de souillon ? AN., ville de province où l'on cherche à imiter les mondanités de Paris, un jeune homme bien sous tout rapport vit une passion sans amour avec une bonne à tout faire. Une vraie passion, avec chemin de croix dans les bas-fonds, violences et tortures diverses. C'est l'enfer et compagnie, les déserts du désir, l'absence du plaisir, les tentations exquises de l'horreur. A la fin du cauchemar, le jeune homme aura-t-il découvert son identité derrière ses masques et ses travestissements ? Et qui, en fin de compte, sortira vainqueur de cette aventure où les bourreaux se déguisent en victimes pour mieux assouvir leur cruauté ?

  • Un petit garçon est assis devant sa table de travail. Il n'étudie pas, il rêve. Il s'appelle Howard Guitry. Il n'est pas l'enfant d'un couple de professeurs, n'habite pas la banlieue parisienne et ne poursuit pas mollement des études secondaires dans un lycée de Paris. Non, Howard, fils secret de la star américaine Susan Hayward et de Sacha Guitry, est la vedette prodige de Hollywood. C'est aussi un pianiste génial, un chanteur paralytique à la voix d'or, l'ami intime de Lauren Bacall et de Line Renaud.Voici une autobiographie singulière : à la recherche de son identité, le narrateur effeuille ses fantasmes comme on arrache des masques. Amoureux intrépide du monde du spectacle, il risque de se perdre dans les pages des magazines du cinéma, où d'illustres célébrités aux noms bizarres l'entraînent vers les rivages du Pacifique. Plus tard, tout aussi téméraire, il monte enfin sur les planches d'un très modeste cours d'art dramatique, figure dans les choeurs d'un opéra d'Honegger, invente une star caricaturale, guette dans les autobus les " cadillac " de producteurs. Car le monde entier, pour lui, est un studio : il joue ses scènes d'amour avec les tables et danse avec les portes. Les seuls soleils qui le réchauffent sont les spots et les projecteurs, en dépit de toutes les désillusions de l'enfance.

  • "Un fou, Van Gogh ?" protestait Antonin Artaud. Pour le diagnostic, deux camps s'opposent : les Arlésiens - et même son ami, Gauguin - décrivent cet étranger comme une "bête curieuse", un "fou dangereux" s'oubliant dans l'absinthe, et ne méritant pas mieux que l'internement immédiat ; d'autres voient dans la "fracture mentale" de l'artiste une fragilité passagère. Lui-même affirmera : "Comme peintre, je ne signifierai jamais rien d'important, je le sens absolument." Et pourtant...
    Non, Van Gogh n'est pas fou. Il l'écrira lui-même : "Si je suis toqué, tant pis, je préfère ma folie à la sagesse des autres." Schizophrène, épileptique, possédé par le Malin, "impressionnable" selon sa formule ? - le vrai visage de Van Gogh reste dans l'ombre. François-Bernard Michel s'applique à retracer l'itinéraire peu commun de celui qui ne sera pas tant abîmé dans l'absinthe que dans une profonde mélancolie.
    Ni psychanalyste ni critique d'art, mais scrutateur de la face humaine de Van Gogh, François-Bernard Michel s'attaque à une énigme : Fou-suicidé, peintre des ventes records, plagié, exclu récupéré par la société du spectacle, Vincent Van Gogh reste-t-il un soleil noir ?
    Le Professeur François-Bernard Michel, membre de l'Académie de médecine, est l'auteur de nombreux essais parmi lesquels Le Souffle coupé : respirer et écrire (Gallimard, 1984 - Prix de l'Académie française), Proust et les écrivains devant la mort (Grasset, 1995).

  • « Reviens Mahomet, ils sont devenus fous ! » Cette inscription, découverte par l'auteur sur le mur d'un village afghan, illustre parfaitement le fossé qui s'est creusé, au fil des siècles, entre la parole du Prophète et celle des islamistes extrémistes... Pendant plus d'un quart de siècle, Freidoune Sahebjam a sillonné le monde islamique et en a rapporté des centaines de témoignages, autant de récits d'hommes, de femmes et d'enfants victimes de la barbarie extrémiste. Les affaires relatées impliquent souvent des civils anonymes, mais aussi des religieux connus voire des chefs de l'Eglise, comme lors du procès et de l'exécution des dirigeants de l'Église protestante en Iran. Ce document met en lumière l'interprétation et l'application des versets du Coran par certains religieux musulmans qui, lors de procès factices, condamnent et mettent à mort en masse, pour non-respect des lois coraniques ou talibanes et appartenance à une autre religion que l'islam. Les faits décrits couvrent plus d'une vingtaine d'années, du début des années 1980 (avec l'arrivée de Khomeiny au pouvoir en Iran et la montée d'un islamisme extrême dans la région du Caucase) à aujourd'hui, et s'étendent de l'Iran à l'Afghanistan en passant par le Pakistan, le Tadjikistan, l'Azerbaïdjan, l'Irak et le Cachemire.

  • Sous ce titre évidemment ironique, Charles Dupechez nous donne un " portrait de famille " savoureux. Au début, toute la tribu est réunie dans la maison de vacances de Lozère, et s'accommode comme elle peut du gouvernement de deux soeurs assez redoutables, Lucette et Paulette... Amours, amitiés, tissent leurs liens subtils. La jeune Laurène est courtisée par un homme mûr, Roland, qui lui fait découvrir la région le temps d'un été. Un des garçons s'inquiète des bruits qui courent dans Paris sur son camarade parisien... Nous faisons la connaissance des parents de celui-ci : un de ces couples mi-bourgeois, mi-intellectuels, qui ne rendent pas facile l'existence de leurs enfants. Comme "l'amour familial" est cruel...

  • "Le visage masqué d'un loup blanc, ils sont trois : un grand brun mal rasé, mais cette négligence est à la mode ; un rouquin à la bouche malicieuse et à la voix douce, presque féminine ; une fille aux lèvres minces, serrées, dont les cheveux ont été ramassés sous un béret noir. Ils ont l'air poli, on dirait qu'ils jouent la comédie."
    Cela commence à la manière d'un fait divers. Du massacre de toute sa famille ne survit qu'une petite fille. Elle grandit, et un jour l'occasion de se venger vient à elle. Mais que se passe-t-il si l'on aime celui qui vous a infligé la pire des souffrances ?
    Jean-François Josselin est l'auteur entre autres de L'Enfer et Cie (Prix Médicis 1982), Quelques jours avec moi ou Les petites horreurs.

  • Histoire d'amour fou, de manipulation, de perdition, L'amour grave met en scène une de ces femmes vénéneuses qui détruisent, de leur fragilité apparente, l'homme qui croit pouvoir les les sauver. Cette noyée naufrageuse s'appelle Claire. Affectée d'une voix trop grave, elle consulte un phoniatre, Arthur Létoile, pour qu'il lui rende un organe de femme.
    Il la soumet à des exercices vocaux, puis l'opère. Entre eux, tout est sensuel, à portée de voix : à distance, au téléphone, parfois la nuit, il s'entendent à merveille. Se désirent tout en différant sans cesse le moment de se toucher.
    Ils finissent par se rapprocher physiquement. Mais plus ils se touchent, plus ils s'enveniment. Claire s'échappe par le mouvement même où elle s'abandonne.
    Losque ces deux là croiront pouvoir vivre ensemble, le calvaire d'Arthur commencera vraiment.
    Car Claire l'enjôleuse est une embaumeuse : sa vie, ce sont les morts...

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