Fabienne Henryot

  • À l'exception d'oeuvres de prestige, au premier rang desquelles le public pense aux manuscrits, les objets textuels ne « naissent pas patrimoniaux », ils le deviennent. À partir de plusieurs exemples, littérature de jeunesse, bibliothèque bleue, écrits protestants, presse régionale, etc., les auteurs, universitaires et professionnels des bibliothèques, montrent comment le travail scientifique ou technique conduit à l'affirmation du caractère patrimonial des oeuvres, des collections, et même des établissements. Cet ouvrage invite aussi à réfléchir sur le sens des activités professionnelles, pour n'être pas dupe des pratiques lexicales et sociales qui sont au coeur du « patrimoine ».

  • À en croire notre imaginaire, bière et vin coulaient à flots dans les abbayes de jadis et on y dégustait les meilleurs fromages. Mais les disciples de l'austère saint Benoît ou de saint Bernard passaient-ils vraiment leur temps à faire bombance ?Les clichés ont la vie dure, et il aura fallu l'étude précise de Fabienne Henryot pour mettre au jour, pour la première fois, les usages de la table chez les moines. Son livre nous ouvre les portes des réfectoires, cuisines et jardins des innombrables couvents et monastères qui parsèment la France, de Sénanque à Cluny, de la Trappe à la Grande-Chartreuse.Elle nous fait voir avec quel soin les moines organisaient leur alimentation et cultivaient leurs terroirs, mais aussi tous les accommodements consentis au sein des cloîtres pour satisfaire l'appétit sans tomber dans le mortel péché de gourmandise : par-delà les doctrines et les rituels, elle écrit là une nouvelle page de l'histoire du corps.

  • La dévotion mariale, une des formes essentielles de la religiosité actuelle, au-delà même du monde chrétien. Aujourd'hui le culte de la Vierge est aussi florissant qu'il l'était hier, et l'intérêt du présent dictionnaire sans équivalent est de montrer la richesse et la multiplicité de ses facettes. Marie est présente dans les maisons et les églises, mais aussi dans les bandes dessinées, les contes pour enfants, le cinéma... Elle est celle vers laquelle, depuis des siècles, s'élèvent des prières. Elle est universelle avec des sanctuaires connus de tous, mais aussi locale avec ses fontaines sacrées, ses arbres mystérieux. Elle est priée par des dévots, mais aussi par des footballeurs ou des marins. C'est devant Notre-Dame d'Aparecida que sont déposés tous les mois 19 000 objets et ex-voto. C'est en son nom que les Loups de la Nuit parcourent les routes de Russie et d'Europe centrale sur leurs motos, c'est toujours en clamant son nom, un rosaire à la main, que les Philippins se sont élevés contre la dictature. Marie est de toutes les causes, de tous les temps et de tous les continents. Pour décrire les innombrables modalités du culte rendu à Notre-Dame, ce dictionnaire de 150 entrées en développe quatre types. Les premières sont des articles généraux, synthèses de sujets déjà bien étudiés (Apparitions, Immaculée Conception, Mariolâtrie...). Les secondes abordent les dévots, confessions constituées (Orthodoxes, Protestants...) ou groupes sociaux moins évidents (Motards, Footballeurs, Marins...). Les troisièmes visitent des sanctuaires (Aparecida, Fatima, Guadalupe, Lourdes...). Enfin, les dernières laissent la parole aux critiques ou aux remises en cause. L'ensemble dessine les contours d'une histoire qui s'articule autour de trois moments forts : le début du XVIe siècle lorsque la figure mariale s'affirme comme un étendard face au protestantisme et qu'en conséquence, les dévotions personnelles ou collectives s'amplifient ; le milieu du XIXe marqué par l'émergence de nouveaux hauts lieux et par la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception ; le milieu du XXe, temps où le concile Vatican II recentre une piété mariale que d'aucuns jugent envahissante.

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