François Cariès

  • Burlesque et onirique, ce conte politique met en scène, comme un opéra, une aventure africaine : celle d'un jeune français envoyé en mission auprès d'un président noir pour un projet purement technique. Comment il éprouve d'abord le plus grand mal à rencontrer les vrais responsables ; comment, entre le potentat et le Français, s'établissent d'étranges connivences et une certaine estime ; comment le jeune homme déjoue un complot : voilà de quoi est faite la matière du livre. Le président est loin du fantoche attendu, mais il règne sur un pays minuscule, d'une extrême pauvreté, incapable, non seulement de jamais jouer le moindre rôle international, mais encore de subvenir à ses propres besoins. Il se réfugie donc dans le despotisme et le faste, dans le discours et le verbe. Le livre glisse ainsi rapidement du dialogue initial au monologue du prince, dans une atmosphère merveilleuse et bizarre de sieste constamment interrompue et reprise, où les événements ne s'articulent pas comme il faudrait, où personne ne vit d'une manière très confortable tout en étant très entouré, où la police, bien que discrète, est omniprésente, où tout tourne vite au rêve et au mauvais rêve. Dans un style jamais naturaliste, légèrement surchargé comme le sont les effets d'opéra, ce beau livre inquiet est, au-delà du conte ou de son prolongement, une allégorie, celle de la connaissance, de cette tendance que nous avons tous d'aller vers l'Entrée, comme les dieux qui montent une passerelle en forme d'arc-en-ciel dans L'Or du Rhin, mais qui montent sans nous, alors qu'ils sont habillés comme nous et qu'ils nous ressemblent.

  • Un chant du Japon à la manière de l'auteur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • "Aucuns jours", pas de journal, rien sur le vif, pas une « chose vue », que des souvenirs (en noir et blanc, plus dépeints que peints). Autant dire des sous-produits, matériaux ou semence pour aider la mémoire, si elle existe, à regagner son seul paysage : l'avenir. Quatre-Canaux, qui invite les enfants trahis par leur pays défiguré (ici, le Bas-Languedoc) à ne pas se perdre en élégies, mais à prendre la fuite, participe aussi de ce travail de mémoire tourné vers l'avenir.

  • En pleine guerre, en province, une classe de grands reçoit un nouveau professeur, qui ne ressemble à personne. Qu'il soit vieux, mal tenu, ivrogne peut-être, n'y fait rien : il conquiert tout son monde.

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