François-René de Chateaubriand

  • Accepté comme guerrier par la nation indienne des Natchez en 1725, René obtient, une nuit, que Chactas, son père adoptif, lui fasse le récit de ses aventures. Le vieux Sachem commence alors à lui conter comment, après avoir été jadis fait prisonnier d'une tribu, il fut sauvé par Atala et s'enfuit pour vivre avec elle une passion tragique. Les rôles s'inversent plus tard dans René, quand le jeune homme, devant Chactas et le père Souël, fait le récit de son existence marquée par le « dégoût de tout » - existence souvent proche de celle que le jeune Chateaubriand lui-même a vécue. Le Français René qui s'est fait sauvage constitue ainsi le pendant de l'Indien Chactas qui avait voyagé en France, et les deux oeuvres ne sont pas séparables. Chateaubriand avait en effet le projet de les intégrer dans le grand roman américain des Natchez, puis il décida de faire paraître Atala de manière séparée en 1801, avant de l'intégrer l'année suivante dans le Génie du christianisme en même temps que René dont « le vague des passions » fera l'emblème du mal du siècle.Edition de Jean-Claude Berchet.

  • 1791 : Chateaubriand a vingt-trois ans. Désoeuvré et préoccupé par la situation politique révolutionnaire, il quitte la France à destination de l'Amérique : son voyage durera huit mois. Là, au-delà de villes encore en devenir, il découvre, fasciné, la nature sauvage américaine : les chutes du Niagara, les grands lacs, le Mississipi et les Indiens qui peuplent ces contrées... La nature démesurée du Nouveau Monde comble son désir de liberté et lui fournit l'inspiration grandiose qui nourrira toute son oeuvre. Plus de trente ans après, se présentant comme 'le dernier historien des peuples de la terre de Colomb', il rédige son Voyage en Amérique par le prisme de ses souvenirs et de ses lectures. Tout ce qu'il n'a pas vu, il le réinvente. La nostalgie d'une grandeur passée - celle de la Nouvelle-France, l'empire colonial français désormais perdu - se mue sous sa plume en un éloge du Nouveau Monde, ce continent où 'le genre humain recommence'. Chateaubriand nous le rappelle : la littérature demeure le conservatoire des mondes évanouis.

  • Chateaubriand a toujours estimé qu'il appartenait à une « génération perdue » : celle qui a vu le rationalisme optimiste des Lumières se compromettre dans la faillite sanglante de la Terreur. Adam a voulu goûter du fruit défendu : au lieu de devenir semblable à Dieu, il s'aperçoit qu'il est nu. OEdipe croyait régner dans la clarté paisible des énigmes résolues : il ne découvre plus, au coeur de sa destinée, qu'inceste et parricide. Il ne reste plus à Prométhée qu'à nourrir un intense sentiment de culpabilité. Pour incarner ce retour moderne du tragique, le futur mémorialiste ne se contente pas de relire Pascal ou Milton : il renouvelle la poétique du récit. Par la splendeur des images, par la beauté de leur lyrisme, par leur étrangeté onirique, ces trois « nouvelles » ne cesseront pas de projeter sur le XIXe siècle, leur éclat de diamant noir.

  • Edition enrichie (Avant-propos, introduction, notes, chronologie, bibliographie) Achevés pour l'essentiel en 1841, les Mémoires d'outre-tombe entrecroisent superbement le récit d'une existence qui va bientôt finir - celle du jeune chevalier breton d'Ancien Régime, devenu voyageur, diplomate et ministre -, et le récit de l'Histoire marquée par le séisme de la Révolution qui éloigna le monde ancien pour toujours. « Cette voix, dira Julien Gracq, cette voix, qui clame à travers les deux mille pages des Mémoires que le Grand Pan est mort, et dont l'Empire romain finissant n'a pas connu le timbre unique - l'écho ample de palais vide et de planète démeublée -, c'est celle des grandes mises au tombeau de l'Histoire. » Timbre unique que cette anthologie entend préserver au plus près, en demeurant fidèle à la structure même des Mémoires, à la diversité de leurs registres, à la variation de leurs écritures et à l'orchestration de leurs époques : « Mon berceau a de ma tombe, ma tombe a de mon berceau : mes souffrances deviennent des plaisirs, mes plaisirs des douleurs, et je ne sais plus, en achevant de lire ces Mémoires, s'ils sont d'une tête brune ou chenue. » Anthologie établie, présentée et annotée par Jean-Claude Berchet.

    1 autre édition :

  • À la clarté de la lune, assis sur la poupe de la pirogue, Chactas, vieillard de la tribu des Indiens Natchez, fait le récit de ses aventures à René, un jeune Français exilé et recueilli par les sauvages.
    Capturé par une tribu ennemie, Chactas est voué à périr dans les flammes. Atala, fi lle de son geôlier, l'aime et décide de le délivrer. Ils s'enfuient ensemble à travers déserts et forêts, enfin libres... Mais leur amour est impossible : liée à Dieu par une promesse de sa mère, Atala ne peut épouser Chactas.
    Publié en 1801, Atala met en scène les aventures tragiques de ces deux jeunes amants au coeur de la Louisiane française. René, publié l'année suivante, en est la suite.

    Illustration de couverture : Mussini, Cesare (1804-1879), La Mort d`Atala, 1830, huile sur toile © Rabatti - Domingie / akg-images

  • Edition enrichie (Préface, notes, variante, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Après s'être engagé dans l'état ecclésiastique sans autre vocation que son ambition, l'abbé de Rancé consacre sa vie aux festins et aux divertissements. Puis, un jour d'avril 1657, sa maîtresse meurt. Six ans plus tard, il décide d'entrer à la Trappe - et longtemps après, selon la légende, on montrait encore la tête même de Mme de Montbazon que l'abbé avait emportée avec lui après l'avoir trouvée, sanglante, à côté de son cercueil.
    Cette Vie de Rancé que Chateaubriand fait paraître en 1844, il l'a écrite comme une pénitence imposée par son directeur de conscience. Une biographie ? Sans doute, mais elliptique et lacunaire, digressive et souvent désinvolte, où l'écrivain, volontiers, entrecroise sa vie à celle même de l'abbé. Mais dans ce livre de l'extrême vieillesse, ce qui nous touche sans doute le plus, c'est cette langue admirable qui « enfonce vers l'avenir, nous dit Julien Gracq, une pointe plus mystérieuse » que celle des Mémoires d'outre-tombe : « Ses messages en morse, saccadés, déphasés, qui coupent la narration tout à trac comme s'ils étaient captés d'une autre planète, bégayent déjà des nouvelles de la contrée où va s'installer Rimbaud. » Edition de Nicolas Perot  

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Edition enrichie (Introduction, notes, appendice, commentaires sur l'oeuvre et bibliographie)« Atala et René sont des épisodes détachés des Natchez. En regroupant pour la première fois ces trois textes, élaborés par Chateaubriand au cours de son exil  londonien (de 1797 à 1799), on a voulu les replacer sous leur véritable jour. Réintégrés dans leur contexte originel, les uns et les autres prennent en effet une dimension nouvelle : un roman de la vie sauvage qui a bien pour horizon nostalgique une nature (la splendeur des paysages américains, de la Louisiane au Canada), mais qui énonce en réalité une problématique de la Chute ; qui désigne le blocage des énergies vitales ou les contradictions du désir ; qui proclame enfin le malheur de naître au siècle des Révolutions. Ce grand texte fantasmatique, placé sous le signe des enfants-morts, nous apparaît dès lors non seulement comme la source secrète qui alimentera plus tard les Mémoires d'outre-tombe, mais aussi comme une des plus singulières sagas de la période révolutionnaire. » Jean-Claude Berchet.

    édition de Jean-Claude Berchet. 

  • Atala et Chactas, deux jeunes « sauvages » épris l'un de l'autre, fuient à travers les déserts du Nouveau Monde pour sauver l'adolescent de la mort promise par les Muscogulges, tribu indienne dont le père d'Atala est le chef. La nature est somptueuse et les jeunes gens, totalement isolés, brûlent de désir. Mais Atala a fait un serment religieux à sa mère, sur son lit de mort...
    Adolescent, en proie à l'ennui et à la tristesse, et épris d'absolu en même temps, René est, quant à lui, l'emblème de toute la génération romantique à laquelle il lègue, en 1802, ses douloureuses angoisses et ses attentes vertigineuses.
    D'une prose transparente et sophistiquée, Atala et René sont des récits qui emportent le lecteur sur des rivages parfois sombres mais toujours enchantés.Bibliolycée propose :
    O le texte intégral annoté d'Atala et de René, o un questionnaire bilan de première lecture, o des questionnaires d'analyse des oeuvres, o quatre corpus accompagnés de questions d'observation, de travaux d'écriture et de lectures d'images, o une présentation de Chateaubriand et de son époque, o un aperçu du genre de l'oeuvre et de sa place dans l'histoire littéraire.

  • Après l'installation de la monarchie de Juillet, Chateaubriand semble promis à des jours obscurs et laborieux qui lui permettent d'achever ses Études historiques en avril 1831. Refusant la France de Louis-Philippe, il s'exile à deux reprises en Suisse pour travailler en paix à ses Mémoires, mais les événements le précipitent de nouveau dans l'arène. Défenseur des Bourbons bannis et humiliés, conseiller attitré de la duchesse de Berry qui l'entraîne malgré lui dans sa folle aventure, il publie de mars 1831 à novembre 1832 quatre brochures étincelantes et immédiatement célèbres qui le désignent à la vindicte de Louis-Philippe. Emprisonné pendant deux semaines à la préfecture de police en juin 1832, le chef du parti légitimiste en ressort avec l'auréole du martyr. En 1833, l'ambassade de la fidélité le conduit auprès de Charles X à Prague où il assiste à la proclamation de la majorité royale du jeune duc de Bordeaux, le 29 septembre. Cependant l'écrivain, obligé de "traduire du Milton à l'aune" pour vivre, organise en 1834 à l'Abbaye-aux-Bois des lectures de ses Mémoires, formidable opération publicitaire à l'attention des éditeurs. La même année, la création malencontreuse de Moïse au théâtre de Versailles, sans son agrément, lui vaut pourtant un succès d'estime. Malgré une intense activité politique et littéraire et sa relation fusionnelle avec Mme Récamier, René ne se résigne pas à la vieillesse qui le talonne. Pour rester jeune, il faut se sentir aimé. S'il rompt avec l'extravagante Mme de Pierreclau devenue par trop encombrante, il écrit ses dernières lettres d'amour, peut-être les plus belles, à Hortense Allart, "dernière Muse, dernier enchantement, dernier soleil".

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Une « saison en enfer » : voilà ce que retracent les livres IX à XII des Mémoires d´outre-tombe. C´est ainsi du moins que, trente ans plus tard, Chateaubriand définit ce qu´ont été pour lui les années 1792 à 1800. Revenant d´Amérique, le jeune noble breton retrouve Paris dans la tourmente de la Révolution. Aux tableaux hallucinés de la Terreur succède alors le récit de sa fuite : son bref passage dans l´armée des émigrés, puis son exil à Londres. Il y découvrira Shakespeare, Milton, Byron, et y puisera l´inspiration qui fera de lui, à son retour, le père des romantiques. Ces pages rendent compte du choc qu´a provoqué l´irruption de l´Histoire dans la vie d´un homme alors âgé de vingt-quatre ans. Et illustrent brillamment le projet des Mémoires, tel que Chateaubriand l´a formulé dans sa Préface testamentaire : « Si j´étais destiné à vivre, je représenterais dans ma personne, représentée dans mes mémoires, les principes, les idées, les événements, les catastrophes, l´épopée de mon temps. »

  • Pour le seul plaisir de la phrase de Chateaubriand, pour la brièveté et la densité de ce texte, pour la fondation de l´approche romantique, et pour le plaisir que j´ai moi-même ces dernières semaines à découvrir l´échelle géographique du continent américain !
    Et aussi pour découvrir les fonctionnalités de publie.net, et là où on en est de la lecture en ligne...

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  • The most enjoyable, glamorous and gripping of all 19th-century autobiographies - a tumultuous account of France hit by wave after wave of revolutions Memoirs from Beyond the Tomb is the greatest and most influential of all French autobiographies - an extraordinary, highly entertaining account of a uniquely adventurous and frenzied life. Chateaubriand gives a superb narrative of the major events of his life - which spanned the French Revolution, the Napoleonic Era and the uneasy period that led up to the Revolution of 1830.

  • Extrait :
    "En arrivant chez les Natchez, René avait été obligé de prendre une épouse, pour se conformer aux moeurs des Indiens, mais il ne vivait point avec elle. Un penchant mélancolique l'entraînait au fond des bois ; il y passait seul des journées entières, et semblait sauvage parmi les sauvages. Hors Chactas, son père adoptif, et le père Souël, missionnaire au fort Rosalie, il avait renoncé au commerce des hommes."

  • Extrait :
    "Je m'embarquai donc à Saint-Malo, comme je l'ai dit ; nous prîmes la haute mer, et le 6 mai 1791, vers les huit heures du matin, nous découvrîmes le pic de lîle de Pico, l'une des Açores : quelques heures après, nous jetâmes l'ancre dans une mauvaise rade, sur un fond de roches, devant l'île Graciosa."

  • BnF collection ebooks - "Les personnages du drame qui depuis trente ans se joue sous nos yeux se retirent. Les acteurs populaires ont descendu les premiers dans les tombeaux qu'ils avaient placés sur la scène : ils sont emporté avec eux quelques têtes couronnées ; d'autres potentats, en plus grand nombre, les ont suivis, Louis XIV, Louis XVII, Gustave III, Pie VI, Léopold II, Pie VII, Catherine II, Sélim III, ..."

  • Extrait :
    "La France possédait autrefois, dans l'Amérique septentrionale, un vaste empire qui s'étendait depuis le Labrador jusqu'aux Florides, et depuis les rivages de l'Atlantique jusqu'aux lacs les plus reculés du haut Canada."

  • Extrait :
    "Lorsque Boabdil, dernier roi de Grenade, fut obligé d'abandonner le royaume de ses pères, il s'arrêta au sommet du mont Padul. De ce lieu élevé on découvrait la mer où l'infortuné monarque allait s'embarquer pour l'Afrique ; on apercevait aussi Grenade, la Véga et le Xénil, au bord duquel s'élevaient les tentes de Ferdinand et d'Isabelle."

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