Frederic Aribit

  • « Qui est Garry Davis ? Pourquoi ce nom dans votre bouche, ce soir, comme un leitmotiv d'objections à mes désenchantements ? Pourquoi un livre sur lui ? Vous ne savez pas vous-même, dites-vous, mais vous voudriez pourtant me le présenter. C'est un bon début, je trouve. On ne devrait jamais présenter que ceux que l'on ne connaît pas. Du reste, c'est sans doute ce que nous faisons toujours, à notre insu. Buvez encore une gorgée, je vous en prie, et racontez-moi son histoire tandis que le soleil descend et que je réalise non sans un léger trouble que sous la table, tout en parlant, vous avez ôté vos chaussures. »
    Un soir d'été, à Guéthary, un homme rencontre une jeune femme. La conversation s'engage. Il aimerait la séduire, mais il a perdu l'élan et ne croit plus en rien.
    Elle lui raconte alors l'histoire du dernier idéaliste du XXe siècle, personnage insaisissable et excentrique : Garry Davis, fondateur du Mouvement des Citoyens du Monde.
    Leur conversation se prolonge le temps d'une nuit où passé et présent se mêlent peu à peu.
    Porté par une langue surprenante, ce roman brosse le portrait d'un utopiste qui a tenté toute sa vie de corriger les folies des hommes et dont l'étonnante épopée, par-delà les frontières, trouve de profonds échos dans ce dialogue envoûtant comme dans les inquiétudes du monde d'aujourd'hui.
    Frédéric Aribit est docteur ès lettres. Il a publié des essais sur André Breton et les surréalistes.
    Et vous m'avez parlé de Garry Davis est son troisième roman.

  • Entretenir le feu sacré sous peine d'être enterré vivant.
    On ne rencontre pas l'art personnifié tous les jours.
    Elle est violoncelliste, elle dessine, elle peint, fait de la photo. Elle s'appelle Lou. Lorsqu'il tombe sur elle, par hasard, à Paris, c'est sa vie entière de prof de lettres désenchanté qui bascule et, subjugué par ses errances, ses fulgurances, il se lance à la poursuite de ce qu'elle incarne, comme une incandescence portée à ses limites.
    Mais le merveilleux devient étrange, et l'étrange inquiétant : Lou ne dort plus, se gratte beaucoup, semble en proie à de brusques accès de folie. Un soir, prise de convulsions terribles, elle est conduite à l'hôpital où elle plonge dans un incompréhensible coma. Le diagnostic, sidérant, mène à la boulangerie où elle achète son pain.
    Quel est donc ce mystérieux " mal des ardents " qu'on croyait disparu ? Quel est ce " feu sacré " qui consume l'être dans une urgence absolue ?
    Il va l'apprendre par contagion. Apprendre enfin, grâce à Lou, ce qu'est cette fièvre qui ne cesse de brûler, et qui s'appelle l'art.

  • La rencontre de Georges Bataille et André Breton pourrait bien servir de détonateur de la modernité à plus d'un titre. L'histoire de cette confrontation est ici reprise, en tentant d'en éclairer les enjeux dans les champs du savoir successivement concernés. Des romans familiaux jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, où les dissensions s'apaisent. On y entend quelque chose comme un dialogue, qui, avec l'automatisme collectif ou les jeux, voire avec un certain partage de silence ou une surenchère dans le potlatch, est peut-être le propre de l'échange surréaliste.


  • Un roman initiatique fulgurant, sur la langue comme identité. Entre histoire individuelle et histoire politique, un chef-d'oeuvre de style, d'humour, de précision et d'acuité.

    Il croyait l'avoir perdue à jamais : sa langue maternelle se réveille. Agitée par les coups du hasard, elle secoue le Basque qui sommeille en lui et le propulse dans les vies minuscules de son enfance. Alors il n'a plus le choix. Cette langue devenue étrangère, il la tourne mille fois dans sa bouche. Et elle met son corps à l'épreuve d'un long baiser qui embrasse avec une même fougue les livres qu'il lit, les gens qu'il aime et ceux qui meurent, broyés parfois dans les mâchoires des revendications politiques.
    Furieusement poétique, Trois langues dans ma bouche est l'aventure saisissante d'un homme en quête d'identité, avec le basque aux trousses et l'écriture pour horizon.


  • Cette année, la collection " Remake " réunit 11 nouveaux auteurs pour un ouvrage collectif haut en couleur. Redécouvrez les incontournables Contes de Perrault, réinterprétés par Leila Slimani, Cécile Coulon et bien d'autres.

    Perrault, c'est ce dont on hérite au plus jeune âge et que l'on transmet parce qu'il s'adresse à tous. Vibrant hommage aux contes de la tradition orale, ses Histoires ou contes du temps passé avaient pour fin selon ses dires " moins de plaire que d'instruire ". A l'heure où la question de l'instruction se pose plus que jamais, il nous semblait fondamental d'interroger Perrault en invitant 11 écrivains à le réinterpréter dans la collection " Remake ".
    Subversifs, burlesques, pleins de sagesse et de dérision, leurs contes de Perrault dressent un panorama de la littérature contemporaine dans toute sa diversité. De Hervé Le Tellier à Christine Montalbetti en passant par Cécile Coulon et Fabienne Jacob, l'écriture va de la gouaille à la poésie comme un ruisseau qui chanterait sur des pierres, en n'omettant pas de bousculer au passage une société qui en a bien besoin. Un nouvel éloge de la sagesse populaire.

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