Frederique Le Nan

  • En 1925, paraissait le premier volume de la Continuation de Perceval de Gerbert de Montreuil par Mary Williams, mais c'est Marguerite Oswald qui, en 1975, en acheva l'édition intégrale, à partir de deux manuscrits français de la Bnf. L'ouvrage parut en trois volumes et demeura la seule édition disponible durant de nombreuses décennies. Il lui manquait cependant une introduction scientifique, une cohérence affirmée dans la lecture des variantes, ainsi que dans l'établissement du texte et des notes.
    L'oeuvre d'origine picarde, datée du premier tiers du XIIIe siècle, propose le récit de nouvelles pérégrinations de Perceval, qui a pour ambition de faire réparer une petite brisure dans la lame de l'épée magique que lui avait présentée le Roi Pêcheur au château du Graal. Il n'y parviendra que 17 000 vers plus tard, après maintes aventures « felenesses et dures », un mariage avec Blanchefleur, de chaleureuses retrouvailles avec Tristan, Gauvain, le vieux Roi Ermite qui veille sur le tombeau de sa mère et même avec Gornumant de Grohaut, son maître ès armes.
    Cette nouvelle édition critique de la Continuation de Perceval est précédée d'une riche introduction qui examine la tradition manuscrite et l'attribution - souvent débattue - de l'oeuvre à Gerbert de Montreuil ; et qui étudie de manière approfondie la langue franco-picarde, celle du copiste et de l'auteur. Frédérique Le Nan y souligne également la grande qualité du récit, souvent méconnu ou mal jugé. L'ouvrage propose enfin un recueil des sources iconographiques du ms. fr. 12576, des notes et un important glossaire

  • Avec les mots, avec le corps, le genre s'impose. En ouvrant la bouche
    ou en nous habillant le matin, nous portons les marques du genre.
    Nos moyens d'expression sont genrés.

    Avec les mots, avec le corps, le genre s'impose. En ouvrant la bouche

    ou en nous habillant le matin, nous portons les marques du genre.

    Nos moyens d'expression sont genrés. Nous en jouons et, ce faisant,

    nous élaborons un imaginaire de la différence sexuelle. Le plus souvent, nous

    nous contentons d'activer des stéréotypes. Étudier ces marques du genre

    est donc un vaste chantier, auquel cet ouvrage collectif entend contribuer.

    Les mots d'abord. La langue continue à véhiculer de redoutables préjugés

    /> sexistes. En témoigne la règle apprise à l'école : " Le masculin l'emporte sur

    le féminin. " Mais l'écriture inclusive aujourd'hui proposée s'insurge contre

    la prééminence du masculin sur le féminin dans la langue française.

    Et l'histoire des langues et des oeuvres littéraires donne bien des exemples

    de résistance à ce masculin qui s'impose comme neutre et universel.

    Le corps ensuite. Des espaces de liberté se sont ouverts, mais les normes

    traditionnelles n'ont pas disparu. Le corps vêtu continue de dire le genre.

    À moins de perturber le regard avec un travestissement, des pilosités

    inattendues ou une gestuelle inhabituelle, s'" attaquer " au genre,

    à son binarisme obligatoire et hiérarchisé, n'est pas chose facile.

    Peut-on dépasser le genre ? L'annuler ? Créer du neutre ?

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