Gabriel Nadeau-Dubois

  • Dans ce livre, écrit avec le style qu'on lui connaît, on suit pas à pas Gabriel Nadeau-Dubois au fil des luttes, des rencontres décisives, des assemblées générales, des confrontations avec journalistes, ministres, juges et policiers, mais aussi dans son analyse de la grève de 2012.

  • Objet d'un large consensus parmi les protagonistes de la Révolution tranquille, la gratuité scolaire est aujourd'hui généralement considérée comme une proposition politique marginale, voire utopique. Portée par des milliers de personnes au printemps 2012, cette revendication est souvent jugée irréaliste dans le contexte budgétaire actuel. Comment a pu s'opérer un tel glissement?

    Avec la marchandisation grandissante des universités, la gratuité des études supérieures n'a pourtant jamais été aussi pertinente. C'est ce que cherchent à démontrer les auteur.e.s rassemblé.e.s dans cet ouvrage, chacun.e livrant son plaidoyer selon sa génération, son domaine et sa sensibilité. Unissant leurs voix, ils et elles rappellent qu'instaurer la gratuité scolaire, c'est permettre à tous et toutes d'être libres d'apprendre. La gratuité scolaire a bien sûr à voir avec l'accessibilité aux études. Mais il y a plus. «Ouvrir une école, c'est fermer une prison», disait Victor Hugo. Se donner l'éducation, c'est aussi se donner la chance de construire une société plus juste, plus libre; c'est encourager la diffusion de la culture, c'est faire avancer l'égalité des sexes, c'est introduire un peu de gratuité dans une société où l'inestimable a trop souvent un prix... Ainsi, bien que le réalisme économique d'une telle mesure y soit démontré, ce livre veut surtout poser «l'idée de la gratuité» comme un principe fondamental, à défendre en soi.

    En guise d'épilogue, l'intellectuel étastunien Noam Chomsky décrit d'ailleurs ce qui attend le Québec s'il s'entête à reproduire les erreurs de ses voisins du Sud en matière d'éducation supérieure. Il rappelle du même souffle la nécessité de lutter pour une éducation libre et publique.

    Ces vibrants plaidoyers pour la gratuité scolaire constituent un formidable antidote aux discours d'austérité ambiants. Un pavé dans la mare qui nous invite à aller à contre-courant du «chacun pour soi», en faisant le choix d'une éducation émancipatrice et démocratique.

  • Loin d'avoir été affaibli par l'effondrement de la finance mondiale, en 2008, le néolibéralisme en est ressorti plus fort que jamais-avec les conséquences désastreuses que l'on connait pour le Québec. Comment se fait-il que le mouvement syndical ait été incapable de tirer profit de cette conjoncture historique? Gabriel Nadeau-Dubois émet ici quelques pistes de réflexion, tirées de son texte paru dans Renouveler le syndicalisme. Pour changer le Québec (Écosociété, 2015).

  • Considéré dans ce texte: La démagogie. Les conséquences de 40 ans de néolibéralisme. L'élection de Donald Trump et la campagne de Bernie Sanders. La supposée ère postfactuelle. La force de l'action collective et sa nécessité.

  • On February 7, 2012, as students in Quebec prepared to vote to go on strike, Gabriel Nadeau-Dubois gave a rousing speech: "What you do today will be remembered. The decision you make will tell future generations who we were. And you already know what is being said today about our generation. That we are the generation of comfort and indifference, the generation of cash and iPods; that we are individualists, egotists; that we don't care about anything, except our navels and our gadgets. Aren't you tired of hearing this? Well, I am. Luckily, today we have a chance to prove that it's not true, that it has never been true." The "Maple Spring" saw more than 300,000 students across Quebec protest a tuition fee hike by striking from their classes. Nadeau-Dubois takes readers step-by-step through the strike, recounting the confrontations with journalists, ministers, judges, and police. Along the way he exposes the moral and intellectual poverty of the Quebec elite and celebrates the remarkable energy of the students who opposed the mercenary attitude of the austerity agenda. In Defiance is translated from the 2014 Governor General's Literary Award winner for non-fiction, Tenir tête (Lux Éditeur) We acknowledge the financial support of the Government of Canada through the National Translation Program for Book Publishing, an initiative of the Roadmap for Canada's Official Languages 2013-2018: Education, Immigration, Communities, for our translation activities.

  • Monsieur Legault, au printemps 2019, vous avez prévenu les journalistes : il ne faut pas s'attendre à ce que vous vous transformiez en « bonhomme vert » ! Je présume que c'était votre manière - on reconnaît la légèreté comique avec laquelle vous traitez de ces questions - de nous avertir que votre conversion à l'écologisme resterait sagement à l'intérieur des limites de votre conservatisme économique. Je trouve cette attitude franchement naïve.
    Vous espérez une lutte aux changements climatiques qui ne change rien à la société. Vous tenez le pari, sans cesse contrarié par les faits, qu'il serait possible de mener ce combat sans bousculer vos certitudes. Ce coup de dés vous permet d'affirmer que le projet GNL Québec ou le troisième lien ne sont pas incompatibles avec vos nouvelles convictions écologistes. Vous appelez cela être pragmatique.
    Tout en vous concourt ainsi à vous rendre aveugle à la possibilité, plus que réelle, que de succès économique en succès économique, nous puissions aller au-devant d'un désastre. Sachez, monsieur Legault, que la mécanique d'une catastrophe peut être très efficace, et que l'accomplissement d'une folie requiert du fou beaucoup de pragmatisme.
    J'aurai environ votre âge, en 2050, lorsque l'humanité saura si elle a échappé à la catastrophe. J'aimerais pouvoir regarder les jeunes dans les yeux et voir dans leur regard que les gestes que nous avons posés, vous et moi, ne nous ont pas déshonorés.

  • «There's class warfare, all right, but it's my class, the rich class, that's making war. And we're winning.»

    «Bien sûr qu'il y a une lutte des classes, mais ç'est ma classe, la classe des riches, qui la mène. Et nous la gagnons. »

    Warren Buffet

    Article de Gabriel Nadeau-Dubois, sur la guerre sourde que mène l'élite.

    Extrait du dossier Rétro, les classes sociales?

    Si le dessin d'une société découpée entre prolétaires et bourgeois peut en effet paraître aujourd'hui obsolète, il est peut-être prématuré, si ce n'est trompeur, d'affirmer que les tensions et la violence qui caractérisaient les rapports de classes au dix-neuvième siècle ne sont plus que des reliques du passé. Quant à la classe moyenne, la seule que l'on ose encore considérer comme une classe et nommer ainsi, elle semble désormais contenir en son sein pratiquement tout et son contraire. C'est sans doute pourquoi on ne se prive pas d'annoncer, à plus ou moins long terme, son éventuelle disparition.

  • Il y a peu de sujets aussi vastes que le travail. L'aborder, c'est inévitablement être confronté à des enjeux à la fois économiques, sociologiques, philosophiques, technologiques et environnementaux. Et puis il change, le travail. Affecté par des transformations tant techniques que sociales, il est en constante évolution.

  • Dans un contexte mondial caractérisé par une ruée vers les ressources naturelles depuis une dizaine d'années, la vagues d'acquisitions massives de terres à laquelle on assiste relève d'un véritable phénomène d'accaparement. Des millions d'hectares de terres sont appropriés pour l'agriculture industrielle - incluant la production d'agrocarburants -, pour les industries extractives, ou tout simplement pour la spéculation, menaçant la sécurité et la souveraineté alimentaires des peuples au Sud, mais aussi au Nord. Quelles solutions les populations trouvent-elles pour faire face au problème? Quelles alternatives existe-t-il au modèle d'appropriation capitaliste de la terre? Les textes de ce dossier tentent de répondre à cette question « À qui la terre? et analysent l'accélération de l'accaparement et de la dépossession des terres, mais aussi les résistances qui s'organisent pour les défendre. Hors dossier, un débat sur ce que la popularité de Donald Trump révèle de la société américaine, le texte d'Hugo Bonin, lauréat du concours Jeunes voix engagées 2016, et le portrait d'Afra Jalab, pionnière et source d'inspiration féministe en islam.

  • «There's class warfare, all right, but it's my class, the rich class, that's making war. And we're winning.»

    «Bien sûr qu'il y a une lutte des classes, mais ç'est ma classe, la classe des riches, qui la mène. Et nous la gagnons. »

    Warren Buffet

    Dans ce dossier extrait de la revue Liberté 302, nous nous demandons si le dessin d'une société découpée entre prolétaires et bourgeois peut en effet paraître aujourd'hui obsolète, il est peut-être prématuré, si ce n'est trompeur, d'affirmer que les tensions et la violence qui caractérisaient les rapports de classes au dix-neuvième siècle ne sont plus que des reliques du passé. Quant à la classe moyenne, la seule que l'on ose encore considérer comme une classe et nommer ainsi, elle semble désormais contenir en son sein pratiquement tout et son contraire. C'est sans doute pourquoi on ne se prive pas d'annoncer, à plus ou moins long terme, son éventuelle disparition.

    Avec des textes de Alain Deneault (auteur, entre autres, de Gouvernance, Noir Canada et Off Shore), Éric Pineault (sociologue, professeur à l'UQAM et chroniqueur à l'émission Médium Large), Julia Posca (doctorante en sociologie à l'UQAM) qui discuteront sur le statut de la classe moyenne de Gabriel Nadeau-Dubois et de Jean Pichette, ainsi qu'une entrevue avec Louis Roy, Le syndicalisme désemparé

  • Si nous portons notre regard sur les installations pétrolifères de Syncrude à Fort McMurray en Alberta, sur les forêts abitibiennes scarifiées par les coupes à blanc ou le site minier Manitou-Goldex, abandonné, à Val-d'Or, on se demande assez vite si nous savons encore habiter le monde. Le sol, la boue, l'humus, l'air, les quenouilles, les maringouins semblent aujourd'hui être pour nous plus abstraits et, du coup, moins sensés, moins signifiants, que les retombées économiques, le taux de chômage ou le bourdonnement de la bourse de Tokyo.

    Comme l'avançait le sociologue Jean-Philippe Warren en 2005 dans nos pages - plus précisément celles du no 268, intitulé Intellectuel sans domicile fixe -, la nature s'est, pour nous tous, transmutée en environnement. Elle n'est plus un cosmos, un espace avec lequel dialoguer, une part du récit nous englobant en tant que communauté, mais un pur objet extérieur à nous et, de là, une simple ressource. Or, la ressource, comme chacun sait, ne s'habite pas. Elle s'exploite.

    S'il nous est bien sûr impossible, à tout le moins peu souhaitable, de revenir au cadre des cosmogonies grecques ou romaines, il nous faut pourtant trouver le moyen d'investir de nouveau la Terre comme un lieu, c'est-à-dire apprendre à la percevoir et à la lire autrement afin de développer avec elle un nouveau commerce - à entendre ici au sens de relation et de façon de se comporter à l'égard d'autrui. Chacun à sa manière, les textes du présent dossier nous invitent à cette tâche.

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