Geneviève Brisac

  • « J'avais treize ans, et fini de grandir. On mange pour grandir. Je ne grandirai plus, m'étais-je dit. Je ne mangerai plus que le minimum. Ce qu'il faut pour durer. Cela faisait comme un champ d'exploration immense, la découverte d'un territoire sauvage et secret. »

    Nouk croit reprendre le contrôle de sa vie en cessant de s'alimenter. Elle découvre le plaisir inavouable d'être la plus forte, et de mentir, mentir, mentir jusqu'au vertige.

    Avec ce roman pur et violent, devenu un talisman pour plusieurs générations de lectrices et lecteurs, Geneviève Brisac obéit à une seule exigence : dire la vérité, quoi qu'il en coûte.

  • C'est une histoire d'amour ; une histoire de bibelots, de jouets, de moments de silence, de réconciliations, de signes : une histoire qui tente de démêler, sans trop en dire, ce qu'on partage, ce qu'on ne peut partager lorsqu'on vit ensemble.
    C'est l'histoire d'une femme, nouk, et de son fils, eugénio, qui en sait déjà beaucoup, beaucoup plus que ce que les adultes voudraient qu'il sache.
    C'est l'histoire d'une inquiétude - comment être mère ? se demande nouk ; sur quelle certitude s'appuyer ? - et d'un ravissement : parce que rien n'est joué d'avance, que les relations d'une mère et d'un fils ne sont pas balisées, qu'il faut à ces deux-là inventer leur amour comme on invente, justement, une histoire.

  • Anna est idéaliste. Molly, sa soeur, est réaliste. L'une traque la vérité dans les mots, l'autre la réalité dans l'action. Mais toutes deux militent pour la victoire de la Révolution. Avec leurs compagnons, Marek et Boris, elles se prennent pour les trois mousquetaires de la liberté.Vingt ans après : Anna est devenue écrivain, elle a connu le succès, puis le dénuement et l'oubli. Molly est médecin et affronte la misère du monde. Marek est mort en prison au Mexique, après l'échec de la lutte armée. Boris, lui, continue à se battre - en vain ?C'est alors qu'Anna décide de relire ses carnets. Une mère excentrique, des amants inconstants, le rêve d'une communauté utopique et l'éclat trompeur du milieu littéraire, une balade dans l'Italie « rouge » sont quelques-uns des thèmes et des personnages de ce roman incroyablement vivant, dont l'humour ne parvient pas toujours à dissiper la mélancolie.Complice mais féroce, Geneviève Brisac se penche sur leur destin, leurs engagements et leurs désillusions. Car c'est, bien sûr, d'une éducation sentimentale qu'il s'agit ici. Celle d'une génération qui, à défaut de se perdre, n'a jamais cédé sur son désir.

  • " Il n'y a rien de plus sauvage, de plus libre, de plus irresponsable, de plus indomptable, que les mots, disait Virginia Woolf. Elle attribuait à cette sauvagerie leur pouvoir le plus essentiel et le plus mystérieux : le pouvoir de suggestion. C'est ce dont il est question ici : ce mystère. "
    Geneviève Brisac nous offre ainsi les mots de son choix, ses " mots sauvages " : de hop à vertu, en passant par barbarie, espoir, secrétaire ou bien – " qui ressemble à un petit fauteuil " –, ils sont tour à tour pleins d'esprit et d'érudition, singuliers, malicieux et drôles, intimes et personnels, empreints de culture juive et de références littéraires, et sont l'expression de son féminisme, de ses révoltes et de ses engagements.
    Écrivain, Geneviève Brisac est notamment l'auteur de Week-end de chasse à la mère (prix Femina 1996), de Petite et de Vie de ma voisine, disponibles en Points. Elle écrit également pour le cinéma, le théâtre et la radio.

  • Après un terrible accident de voiture, un homme rentre chez lui. Ayant échappé de peu à la mort (sa femme, elle, a disparu dans l´accident), il lui faut maintenant tout réapprendre. Sa fille, jour après jour, l´accompagne, et tente de tenir la main de cet homme intraitable.
    Inquiète ou joueuse, sa voix décrit les quatre saisons de ce retour à la vie. Elle raconte son histoire, celle d´un Français, juif laïque et républicain, né à la fin des années 20, amoureux des paysages de son enfance qu´il ne concevait pas de défendre autrement que les armes à la main. La guerre, la politique, le travail, les femmes, il a tout vécu sans jamais s´expliquer. Et il n´a pas l´intention de commencer.
    Lumineux, cocasse, bouleversant, ce livre est tout entier du côté de la vie. L´écriture engage avec la mort une course de vitesse, et rien ne dit qu´elle n´en sortira pas gagnante. Chacune - et chacun - y reconnaîtra l´essence même de ces liens si précieux qui se tissent entre les pères et les filles.

  • Écrire, pour une femme, est-ce faire un pas de côté ? D'où vient l'illégitimité dont les femmes écrivains sont frappées ? Et si notre monde était trop bruyant, trop académique, pour entendre leurs voix subtiles et légères, mais aussi profondes et rebelles. De Jane Austen à Virginia Woolf, en passant par Alice Munro et Karen Blixen, Geneviève Brisac approche l'énigme de la création sexuée.

  • Peur de n'être plus aimé, peur de l'accident, de la mort, d'une rencontre, d'une trahison...
    Pour se rassurer face aux angoisses du quotidien, on pense très fort à un mot, une phrase ou une image. paysages mentaux. petites guerres intérieures. chaos intimes. onze histoires stylisées à l'extrême sur les petits riens de la vie qui nous tourmentent sans cesse, narrées avec humour, légèreté et autodérision.

  • « Observez perpétuellement, observez l'inquiétude, la déconvenue, la venue de l'âge, la bêtise, vos propres abattements, mettez sur le papier cette seconde vie qui inlassablement se déroule derrière la vie officielle, mélangez ce qui fait rire et ce qui fait pleurer », conseille Virginia Woolf.
    C'est ce que fait admirablement Geneviève Brisac dans ce roman-mosaïque dédié aux femmes. A deux voix, l'auteure et Alice Butaud lisent 9 de ces 52 histoires. Des fragments de vie, des conversations, des souvenirs, des rencontres, racontés par des personnages féminins, où les anecdotes les plus anodines laissent percer l'intime, où la réalité la plus triviale devient support de rêverie et d'humour..

  • " Comment dire mieux ce travail de Sisyphe : remettre à l'honneur ces grandes écrivaines, nos aînées, celles à qui nous devons la force et le courage d'écrire ce que nous voyons, ce que nous sentons, ce que nous savons, et qui, décennie après décennie, sont renvoyées à leurs ténèbres, oubliées, effacées encore et encore. Celles à qui nous devons la force et le courage de décrire ce recoin de perplexité où rien n'est majestueux ni symbolique, mais où tout est important, les soupirs, les rhumes, les agonies, les bains de mer. "
    Dans la nouvelle édition, révisée et augmentée, de La Marche du cavalier, Geneviève Brisac explore les œuvres de Christiane Rochefort, Doris Lessing, Natalia Ginzburg, Vivian Gornick... Un regard singulier sur les femmes et l'écriture, une invitation à lire autrement.

  • Walter Benjamin aimait, dit-on, les jouets, les marionnettes, les objets minuscules. Et le « petit bossu » de la chanson. Dans Les Soeurs Délicata, qui est un drame en miniature, on trouve aussi toutes sortes d´objets étranges, des marionnettes, des corps déformés.
    Est-ce un hasard ?
    Sûrement pas.
    Car ce roman bref et violent raconte comment, pendant la nuit de Noël, sept petites filles se trouvent confrontées à la disparition de tout ce qu´elles aimaient.

  • « Je ne veux pas être "célèbre" ni "grande". Je veux aller de l´avant, changer, ouvrir mon esprit et mes yeux, refuser d´être étiquetée et stéréotypée. Ce qui compte c´est se libérer soi-même, découvrir ses propres dimensions, refuser les entraves. » Virginia Woolf Parce qu´il est très difficile de décrire un être humain, et encore davantage quand celui-ci a noirci des milliers de pages de romans, de lettres, de journaux, il n´est pas inutile de flâner un peu dans le vague et le brûlant des souvenirs, comme un fond de couleurs et de sensations, sur lequel inscrire les hiéroglyphes, les lignes noires et entremêlées de l´histoire familiale.
    En mettant l´accent sur le caractère contemporain de l´oeuvre de Virginia Woolf, Geneviève Brisac et Agnès Desarthe invitent à la relecture d´un auteur capital, dont l´importance commence tout juste à être comprise.

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