Georges Magnane

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Comment peut-on être professeur ? C'est la question que se posent des milliers de Français, presque chaque jour, en lisant des articles sur la crise de l'enseignement. Georges Magnane s'est demandé comment il vivait et comment vivaient des hommes qui, jour après jour, font le même travail que lui. Il n'a pas essayé de tout dire, mais il n'a donné la parole qu'à des hommes dont chaque geste et chaque pensée révèlent qu'ils sont le centre et le coeur du problème. Ses personnages principaux, aussi bien Jorasse, le professeur de philosophie trop doué, qui ne peut s'empêcher d'abuser de son pouvoir sur les adolescents (et surtout sur les adolescentes), que Larivière le mal orienté, le « chahuté » qui se laisse dévorer, ou que Dumas l'homme équilibré qui cherche et sait trouver la voie la plus efficace, nous surprennent parce qu'ils n'ont rien de « littéraire ». Nous les voyons souvent dans leur vie quotidienne, à leur lycée. Puisque l'homme n'est pleinement l'homme que là où il travaille, ils nous révèlent l'essentiel d'eux-mêmes comme du métier qu'ils font et qui les fait ce qu'ils sont. Outre les habituelles relations, de camaraderie, ces trois protagonistes sont victimes, chacun à sa façon, de la jeunesse qu'ils devraient guider. Aucun résumé ne donnerait une idée juste de cette peinture très riche, où chaque détail compte autant que l'ensemble. Jorasse n'est pas seulement un don Juan universitaire, ni Dumas un intellectuel trop sollicité, ni Larivière, le « pauvre type » que son père voyait en lui. Tous sont de vrais professeurs : des hommes qui, malgré leurs erreurs, mènent un combat désespéré pour persuader l'adolescent d'accepter la condition humaine, sans pour autant tarir en lui les sources vives de l'enfance.

  • Les Hommes forts est un roman qui date de 1942. Sans sucer la roue d'un pétainisme alors en cours, Magnane y réalise, à Marseille, Limoges ou Paris, au stade, sur un tapis de lutte ou l'aviron en main, une approche fervente et empathique de l'acte sportif : vertige de la mécanique corporelle, émulations athlétiques et goût du podium, ivresse de la victoire et dynamique du groupe. Mais ce qui fait la puissance romanesque de ses personnages, c'est que forts ils ne le sont qu'apparemment. Organisé autour des figures tragiques de Quercy, le modèle insurpassable, et de Tania, la muse pathétique, cet ouvrage fait du sport l'élan émergé de drames intérieurs qui finissent toujours par craqueler le masque du héros.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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