Guillaume Bridet

  • Dans les années 1920, a lieu en France un événement littéraire et intellectuel de première importance : pour la première fois, la littérature et la pensée contemporaines d'un pays non occidental - l'Inde -, sont considérées comme une ressource majeure pour penser au présent. Situé au croisement de l'histoire littéraire et des études postcoloniales, cet ouvrage montre la manière dont, à l'occasion de la crise de civilisation que connaît l'Europe après la Première Guerre mondiale, les discours orientalistes concernant la culture indienne se trouvent contestés par une parole indienne de plus en plus abondamment traduite et prise en compte (en particulier celle du premier prix Nobel de littérature non occidental, le poète Rabindranath Tagore). L'intérêt qu'on porte à l'Inde depuis l'époque romantique pousse alors à la considérer dans sa tradition spirituelle mais aussi dans son actualité politique et, en retour, à récuser la supériorité de la culture occidentale, à dénaturaliser les savoirs occidentaux et à mettre en cause l'autarcie de la littérature nationale. Tel est l'objet central de ce livre : indiquer le mouvement par lequel la littérature et la vie intellectuelle françaises se nourrissent d'apports étrangers, identifier les résistances que ce mouvement suscite et déjouer la manière habituellement très franco-française d'écrire l'histoire de la vie littéraire et intellectuelle nationale.

  • Après avoir longtemps négligé la présence des femmes dans l'histoire littéraire et artistique, l'historiographie s'intéresse à elles depuis trois décennies, en particulier dans le cadre des études sur les avant-gardes de la première moitié du XXe siècle. De ce point de vue, ce volume poursuit et enrichit une recherche déjà engagée en réfléchissant aux façons dont s'articulent, dans les textes théoriques et les pratiques artistiques des avant-gardes européennes de la première moitié du XXe siècle, des questionnements sur les genres littéraires et artistiques et des questionnements liés au genre sexué.

  • Ce volume des Cahiers de la SIELEC constitue les actes d'une journée d'étude et d'un colloque consacrés au reportage de presse en situation coloniale qui se sont tenus respectivement à l'université de Nice le 11 octobre 2012 et à l'université de Montpellier les 4, 5 et 6 juin 2014.
    Plusieurs études, ces dernières années, ont souligné l'importance du journalisme dans la formation d'un imaginaire culturel spécifique, particulièrement lié à l'expansion coloniale. Ce volume analyse quelques moments forts de cette littérature de reportage extrêmement variée et qui a si puissamment contribué à façonner l'imaginaire moderne.
    Les trois points suivants sont plus particulièrement abordés : d'abord, le lien entre reportage et littérature, puisque la presse reprend à son compte un imaginaire exotique que de nombreux récits de voyage et romans ont largement illustré, tandis que, dans le même temps, le reportage affiche souvent un désir de réalisme et doit donner des gages de véracité ; ensuite, le développement d'un imaginaire héroïque, à des fins de propagande et de popularisation du thème colonial sur fond d'atmosphère virile ; enfin, la collecte d'informations dont l'intention première est d'aider à connaître des peuples que l'on veut soumettre à l'hégémonie européenne, mais qui n'en conduit pas moins aussi parois à prendre ouvertement fait et cause pour les peuples colonisés.
    C'est donc à un ensemble de textes journalistiques riches, variés et témoignant de processus complexes, que sont consacrés les articles rassemblés dans ce volume des Cahiers de la SIELEC.

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