J.-M. Lo Duca

  • Tout sur le sexe et la bande dessinée dans cet énorme pavé... Plus de 1 800 vignettes tirées des BD populaires
    Ce livre recense les images de toutes les nuances de la sexualité, dans ses variations et dans ses excès... Une somme en la matière !
    L'Érotisme a 20 000 ans d'âge. Le Péché 2 000 ans seulement. Mais c'est grâce aux Manuels des Confesseurs que toutes les nuances de la sexualité, de ses variations et de ses excès, se sont imposées à l'Occident, jusqu'à devenir obsession. Le confesseur a enseigné à « pécher » à des générations qui, pour la première fois, apprenaient ce « qu'elles pouvaient faire ». Cet empirisme des faiblesses charnelles, du stupre et du contre-nature nous fut distillé par les prêtres. La femme en était l'inspiratrice en tant que suppôt du Diable, et d'ailleurs elle n'eut une âme que bien tardivement. À cet empirisme ecclésiastique succéda la science de Krafft-Ebing, qui devait aboutir à la confession laïque de Freud et à la fonction érotique de Zwang. Krafft-Ebing dressa son célèbre catalogue de toutes les « variantes » du sexe, pilier des universités.
    L'image populaire exigeait d'illustrer ce double monde du confesseur tatillon et du savant scrupuleux. Des premières gravures dans le style d'Épinal et des colporteurs du dimanche, on en est venu à l'éclatement de la bande dessinée. Bien avant la « libération des moeurs », elle prit son caractère obsessif et diffus en Italie, où la répression sexuelle était près des sources, pour se répandre ensuite en France, aux USA, en Belgique, etc.
    J.-M. Lo Duca a fouillé 100 000 images parues en trente ans, pour en tirer 10 000 qui correspondraient à sa thèse, pour enfin en retenir 1 800 qui sont l'objet de ce « Manuel des Confesseurs » et Krafft-Ebing en bandes dessinées. Ce sont 1800 « citations » librement choisies, parfois incroyables mais rigoureusement authentiques.
    Collection Vertiges Graphiques.

  • L'oeuvre de Sacher Masoch adaptée par J.-M. Lo Duca et superbement dessinée par le père de « Paulette ».
    Consoeur ès atrocités de Gilles de Rais, la comtesse Bàthory se livrait en sa forteresse des Carpates au XVIIe siècle à des jeux férocement pervers. Elle fit torturer et mettre à mort plus de 600 jouvencelles afin de se tremper dans leur sang, pensant avoir trouvé dans ces bains criminels, le secret de l'éternelle jeunesse.
    Cette bande dessinée, mise en images par Pichard, entremêle inextricablement l'érotisme le plus plaisamment torride et l'horreur la plus implacablement terrifiante.
    Un simple dessin de Georges Pichard devrait suffire à le présenter. Chacun connaît son baroque devenu un liberty somptueux, son goût de la chair généreuse, radieuse et élégante, sa sensualité faite d'une turgescente ingénue, ses fantasmes cruels ou Giotto l'a précédé avec une troublante identité.
    Les femmes de Pichard ne s'estompent jamais dans la fragilité éthérée, mais elles n'ont pas non plus la dureté scintillante et impénétrable des matières plastiques d'avant-garde. Elles pèsent, elles s'épanouissent, elles souffrent, elles pleurent, elles rient. Bref elles existent, en regardant les autres héroïnes de BD on constate que ce n'est pas si fréquent et on comprend alors toute la magie de l'oeuvre de Pichard.
    Collection Vertiges Bulles.
    Bande dessinée numérique, 54 pages, 44 planches en noir et blanc et couverture en couleurs de Georges Pichard.

  • Les Mémoires de Fanny Hill, Femme de Plaisir est sans doute le roman érotique le plus célèbre du monde.
    Notre histoire de Fanny Hill est tirée de deux longues lettres qu'elle adresse à une femme mystérieuse, auprès de laquelle Fanny s'excuse de décrire le « tourbillon des plaisirs » qu'elle éprouve dans tous leurs détails les plus scabreux, depuis les premières expériences lesbiennes jusqu'à la « vente » de son pucelage en passant par le grand amour, des amours moins grandes et les « parties » le long de la Tamise.
    Si Fanny Hill est la Manon Lescaut anglaise, elle comble les voeux exprimés par Malraux dans sa célèbre préface à L'Amant de Lady Chatterley : « Le livre parfait de la fin du XIXe siècle eût été un supplément au Rouge et le Noir où Stendhal nous eût dit comment Julien couchait avec Madame de Rénal et Mathilde et la différence des plaisirs qu'ils y prenaient tous les trois ».
    C'est justement la clef de Fanny Hill par rapport à Manon Lescaut : Fanny répond abondamment à Malraux. D'autant plus clairement que l'histoire est illustrée par Philippe Cavell et sans autres voiles que ceux de l'art.
    Depuis Transes Mécaniques et Nini Tapioca, chaque nouvel album de Philippe Cavell s'est démarqué du précédent, comme s'il ne pouvait se satisfaire de la perfection acquise. Juliette de Sade représentait la maîtrise de la bande dessinée en noir et blanc. Jessica Ligari inventait une conception de la couleur dont on a pu comprendre ensuite qu'elle devait aboutir aux miniatures fantastiques de L'Ermite de l'Apennin.
    Les Mémoires de Fanny Hill représente le retour à une bande dessinée plus classique, tant par la facture de la planche que par l'emploi du procédé « trait + trichromie ». Mais on y trouve rassemblés tous les acquis des albums antérieurs : la force du premier Juliette de Sade, la suavité des couleurs de Jessica Ligari et la précision maniérée de L'Ermite de l'Apennin.
    Adaptation de J.-M. Lo Duca d'après le roman de John Cleland.
    Collection Vertiges Bulles.
    Bande dessinée, 54 pages, 48 planches et couverture en couleurs de Philippe Cavell.

empty