Jacques Hassoun

  • Ce texte rend compte du chemin que parcourut un psychanalyste pendant près de cinq ans, alors qu'il exerçait une activité salariée dans des crèches rattachées aux services de Protection maternelle et infantile de la Région parisienne. Livre-itinéraire jusque dans la forme même de son écriture, cet ouvrage décrit la rencontre et l'éclatement d'un projet psychanalytique, celui de la mise à jour et de l'écoute de la dimension désirante telle qu'elle est déniée ou mal-entendue dans l'espace-crèche, quand se révélera dans un même mouvement la finalité normative et freudologique de ce projet et le sens politique de la structure institutionnelle de la crèche. Institution née sous Pétain, la crèche s'inscrit et se révèle dans le spectaculaire du slogan Travail-Famille-Patrie. Lieu de la séparation, la crèche est, telle qu'elle se conçoit actuellement, l'espace où s'illustre le plus clairement le scandale d'une institution entièrement régie par la loi de la nécessité, la loi du salariat. Mais, pour l'auteur, on ne peut aujourd'hui se contenter de décrire et d'analyser un milieu d'essence répressive qui reste néanmoins un lieu privilégié et à privilégier pour y élever des enfants, sans parler de l'oppression généralisée que cette institution dévoile, et dans laquelle elle est inscrite dès son origine même. Toute autre démarche ne serait pour lui que planification de la pénurie et réaménagement de la survie. Survie, car ce que l'auteur va tenter de démontrer, c'est que le règne du salariat, comme fin première et dernière de la doctrine actuelle présidant au statut administratif des crèches, est l'expression même de la mort. Survie, car la famille, qui est encensée par le capitalisme et par tous les tenants de l'idéologie dominante, est morte dès l'aube de l'âge des fabriques, et ne se perpétue plus que comme spectacle, comme pierre angulaire d'une idéologie répressive, comme espace de reproduction (d'enfants mais aussi de significations) et enfin comme lieu de la consolation aliénée. Lieu où le discours tenu par la femme et l'enfant se lit comme séparation inscrite « dans la sphère de la production matérielle » (Marx), la crèche n'est-elle pas parmi les institutions celle où se révèle de la manière la plus éclatante qui soit le sens même de la dimension mortelle du salariat, mais aussi le sens d'une institution première, c'est-à-dire une institution placée à l'origine d'une série de coupures et de barrures socialement prônées, socialement exigées, codées et ordonnées ? Il reste que, pour l'auteur, la seule intervention actuellement possible au plan institutionnel est celle qui se mènerait dans le seul registre de l'unification des praxis, de la critique radicale et du politique.

  • Les textes qui composent ce recueil abordent les rapports du sujet à la langue, celle que l'on dit maternelle. Les termes qui la désignent ne peuvent-ils pas d'ailleurs prêter à confusion ? Car les petits restes de l'enfant merveilleux qui ne finit pas de se meurtrir, ces rescapés d'une brisure, ces éclats d'amour, de nostalgie ou de croyance qui occupent le sujet, constituent la langue du maternel. Assujetti à sa passion, le sujet traque cette langue inarticulable du trauma comme d'autres recherchent des fragments de textes, des parchemins égarés, des objets de fouille, ou des insignes, qui toujours se dérobent. L'[enfant-mort] défini ici comme le point d'ancrage de la pulsion de mort dans le Moi, comme une insistance à mettre des mots à l'endroit d'une parole suspendue, esquisserait un terme de passage, un octroi et soutiendrait la fonction symbolisante de la langue maternelle. A ce titre, il procéderait du lieu de l'Autre. L'auteur fera appel à la clinique, à des personnages de romans ou de films, et au souvenir d'un danseur baroque et insensé - image stylisée de l'exilé - pour évoquer ces différentes métaphores conceptuelles.

  • Les textes qui composent ce recueil abordent les rapports du sujet à la langue, celle que l'on dit maternelle. Les termes qui la désignent ne peuvent-ils pas d'ailleurs prêter à confusion ? Car les petits restes de l'enfant merveilleux qui ne finit pas de se meurtrir, ces rescapés d'une brisure, ces éclats d'amour, de nostalgie ou de croyance qui occupent le sujet, constituent la langue du maternel. Assujetti à sa passion, le sujet traque cette langue inarticulable du trauma comme d'autres recherchent des fragments de textes, des parchemins égarés, des objets de fouille, ou des insignes, qui toujours se dérobent. L'[enfant-mort] défini ici comme le point d'ancrage de la pulsion de mort dans le Moi, comme une insistance à mettre des mots à l'endroit d'une parole suspendue, esquisserait un terme de passage, un octroi et soutiendrait la fonction symbolisante de la langue maternelle. A ce titre, il procéderait du lieu de l'Autre. L'auteur fera appel à la clinique, à des personnages de romans ou de films, et au souvenir d'un danseur baroque et insensé - image stylisée de l'exilé - pour évoquer ces différentes métaphores conceptuelles.

  • Des femmes, épouses, amies, filles ou grand-mères aident l'auteur à renouer les fils dispersés de l'histoire d'un exil qui l'a séparé d'Alexandrie. Un guide pour la nostalgie d'une ville natale.

  • La mélancolie, cette « bile noire » que les Anciens considéraient comme constitutive de l'être, occupe une place de choix dans la théorie psychanalytique. Freud la définit comme une destruction, marque d'un deuil impossible qui touche à la structure même du sujet. Elle se signale effectivement comme suspens du désir, emprisonnement dans la mort, ressassement, apathie, cruauté - et jouissance - exercée à l'endroit de l'autre et de soi-même, et va de pair avec une réduction des fonctions du vivant au seul ordre du besoin et de la survie. La souffrance, la passion, la toxicomanie, la violence, le désespoir politique et l'appel à la tyrannie sont autant de manifestations d'une affection dont Jacques Hassoun entreprend ici d'analyser le fonctionnement et les causes à travers la clinique et la littérature.

  • Les textes qui composent ce recueil abordent les rapports du sujet à la langue, celle que l'on dit maternelle. Les termes qui la désignent ne peuvent-ils pas d'ailleurs prêter à confusion ? Car les petits restes de l'enfant merveilleux qui ne finit pas de se meurtrir, ces rescapés d'une brisure, ces éclats d'amour, de nostalgie ou de croyance qui occupent le sujet, constituent la langue d'un exil intérieur. Assujetti à sa passion, le sujet traque cette langue inarticulable du trauma comme d'autres recherchent des fragments de textes, des parchemins égarés, des objets de fouille, ou des insignes, qui toujours se dérobent. « L'enfant mort » défini ici comme le point d'ancrage de la pulsion de mort dans le Moi, comme une insistance à mettre des mots à l'endroit d'une parole suspendue, esquisserait un terme de passage, un octroi et soutiendrait la fonction symbolisante de la langue. L'auteur fera appel à la clinique, à des personnages de romans ou de films, et au souvenir d'un danseur baroque et insensé image stylisée de l'exilé pour évoquer ces différentes métaphores de l'exil de la langue.

  • Le même livre, dans la tradition des correspondances qui, en leur temps, firent circuler la pensée, redonne la vie à l'échange, et veut signifier à l'aveuglement contemporain que Juifs et Arabes sont issus d'un même Livre, qu'ensemble, ils en ont perpétué la mémoire, et qu'ensemble ils doivent reprendre la plume pour couvrir - d'une même encre - les pages encore blanches de leur histoire. En cela, Abdelkebir Khatibi et Jacques Hassoun ont réussi un dialogue qui inaugure et ne se fonde pas seulement sur ce qui les lie aujourd'hui, mais sur ce qui - depuis toujours - les regarde et les comprend... le livre même.

  • « En proie à l'Étranger », écrit Jacques Hassoun, « en proie à la xénophobie, la République est parfois tentée de détruire ses mythes fondateurs [...] et de piétiner ses emblèmes. [...] En arriver à rabattre sur sa propre légalité au nom de ce pelé, ce galeux, par qui tous les malheurs arrivent, l'Étranger, tel est le paradoxe auquel nous sommes aujourd'hui confrontés. » Anne Longuet Marx croise sa réflexion par une fable dédiée : À ceux dont le nom à prononcer est difficile, au tailleur du Sentier qui fut leur ami, à Ulysse quand il s'appelle Personne.

  • Le même livre, dans la tradition des correspondances qui, en leur temps, firent circuler la pensée, redonne la vie à l'échange, et veut signifier à l'aveuglement contemporain que Juifs et Arabes sont issus d'un même Livre, qu'ensemble, ils en ont perpétué la mémoire, et qu'ensemble ils doivent reprendre la plume pour couvrir - d'une même encre - les pages encore blanches de leur histoire. En cela, Abdelkebir Khatibi et Jacques Hassoun ont réussi un dialogue qui inaugure et ne se fonde pas seulement sur ce qui les lie aujourd'hui, mais sur ce qui - depuis toujours - les regarde et les comprend... le livre même.

  • « En proie à l'Étranger », écrit Jacques Hassoun, « en proie à la xénophobie, la République est parfois tentée de détruire ses mythes fondateurs [...] et de piétiner ses emblèmes. [...] En arriver à rabattre sur sa propre légalité au nom de ce pelé, ce galeux, par qui tous les malheurs arrivent, l'Étranger, tel est le paradoxe auquel nous sommes aujourd'hui confrontés. » Anne Longuet Marx croise sa réflexion par une fable dédiée : À ceux dont le nom à prononcer est difficile, au tailleur du Sentier qui fut leur ami, à Ulysse quand il s'appelle Personne.

  • En s'appuyant sur des exemples cliniques, Jacques Hassoun montre qu'il faut toujours quitter son passé pour mieux le retrouver, détourner notre histoire familiale pour recomposer un espace de liberté entre ce que nous avons reçu, ce que nous construisons, ici et maintenant, avec nos descendants et ce que nous leur transmettons, un peu à la manière des contrebandiers qui traversent les frontières pour faire passer des produits de façon clandestine, hors du contrôle des polices. La question de la transmission se pose pour les déracinés, les exilés, les immigrés, mais tout le monde n'est-il pas, d'une manière ou d'une autre concerné ? Ce livre, d'une brûlante actualité, est " habité " par l'auteur qui déploie " sa " question en la faisant peu à peu devenir celle du lecteur... De la contrebande en acte ! Un texte d'une écriture fluide dans lequel la théorie passe, elle aussi, en contrebande.

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