Jacques Testart

  • Enfin une bonne nouvelle en politique : on peut se fier à la capacité des citoyens à raisonner et à décider dans l'intérêt public ! Ce livre explique pourquoi et comment...
    " Humanitude ". C'est ainsi que l'auteur baptise l'étonnante capacité des simples citoyens à comprendre les enjeux, à réfléchir, à délibérer et à prendre des décisions au nom de l'intérêt commun de l'humanité. Cet état transitoire se manifeste chez les personnes invitées à constituer des jurys citoyens pour proposer une solution à un problème d'intérêt général. L'humanitude est une propriété générale des êtres humains largement confirmée par l'expérience répétée des conférences de citoyens réunies à l'occasion de controverses sociotechniques. Jacques Testart propose d'exploiter cette capacité pour en faire un outil privilégié d'orientation et de gestion des sociétés humaines. Un protocole rationalisé et reproductible pour ces procédures est disponible sous le nom de convention de citoyens. L'auteur montre ensuite pourquoi et comment ce type de convention pourrait constituer une procédure ordinaire intervenant dans la plupart des choix publics fondamentaux : l'examen critique des programmes électoraux, les controverses sur des sujets de société, les choix à portée anthropologique tels ceux qui s'imposent à tous les humains pour les risques éthiques, écologiques et sanitaires liés aux innovations technologiques.
    Jacques Testart est biologiste de la procréation et directeur de recherches honoraire à l'INSERM. Auteur connu pour son analyse critique de la science et des technosciences, il est aussi très impliqué dans la réflexion sur la nécessaire démocratisation des choix sociotechniques.

  • Jacques Testart pousse ici un cri de colère : quand les plantes génétiquement modifiées ne tiennent pas leurs promesses, quand leurs risques ne sont pas sérieusement évalués, quand les critiques sont systématiquement discréditées, que reste-t-il de la science ? Quand les entreprises qui diffusent les innovations pèsent fortement sur les commissions d'experts et les décideurs politiques, quand sont proposés des simulacres de concertation alors que tout est déjà décidé, que reste-t-il de la démocratie ? Il n'empêche, les innovations s'accélèrent, au nom de la modernité (« on n'arrête pas le progrès »), de la science (« tout est sous contrôle »), et de l'urgence (« on risque d'être en retard »). Et, le plus souvent, contre l'avis des populations. Il est pourtant possible de donner aux citoyens les moyens de produire un jugement éclairé, à l'exemple de la conférence de citoyens : un groupe de personnes, neutres, accepte de recevoir une formation complète et contradictoire avant d'élaborer ensemble un avis. Ainsi, la population pourrait-elle influer sur le choix des grandes orientations, notamment scientifiques. Légaliser cette procédure est la meilleure voie pour échapper au destin qu'imposent les forces économiques dominantes et ainsi appuyer sur les freins du vélo de la croissance tous azimuts. Avant qu'il ne soit dans le mur.

  • Jacques Testart livre ici une analyse critique de la science et des technosciences, ainsi que des éléments de réflexion sur le citoyen et la démocratie. Les innovations s'accélèrent et sont imposées, souvent contre l'avis des populations, grâce à des arguments variés : la modernité (on n'arrête pas le progrès), la scientificité (tout est sous contrôle), le bonheur (ça va améliorer la vie), la nécessité (on risque d'être en retard)... L'auteur démonte ici cette stratégie qu'il considère comme largement mystificatrice. À travers l'exemple des OGM, et d'autres comme le tri eugénique des embryons ou les nanotechnologies, c'est tout le problème du « pilotage » de la recherche publique qui est posé. Des choix extérieurs aux laboratoires, réalisés en l'absence de tout débat démocratique, conduisent à privilégier certaines voies et à orienter le futur des hommes et la survie de la planète, au détriment de la production de nouvelles connaissances. Pour Jacques Testart, si le débat réellement démocratique n'a pas lieu, alors l'innovation mercantile, juchée sur le vélo du progrès compétitif, avec dans sa roue le citoyen muselé, continuera de pédaler jusqu'à s'écraser contre le mur des illusions.

  • Trente-cinq ans après le premier " bébé-éprouvette ", près de 3 % des enfants sont conçus avec l'aide de la biomédecine dans les pays industrialisés. Qu'en sera-t-il dans les décennies à venir ?
    S'il ne s'agit, selon la loi actuelle, que d'aider les couples stériles, l'assistance médicale à la procréation a désormais atteint ses buts avec l'optimisation des actes biologiques et médicaux. Mais la technique, sous couvert de médecine de pointe, cherche toujours à agrandir son territoire et à régenter nos vies, même lorsque la nécessité ne s'impose pas... Aussi, puisqu'aujourd'hui la régulation bioéthique fait l'objet d'une permissivité croissante, la question se pose de savoir jusqu'où ira la médicalisation de la procréation, et comment la société pourra en maîtriser les dérives sociétales et eugéniques.
    Devrons-nous aller jusqu'à compter sur la décroissance économique pour, mieux que les lois de bioéthique, imposer des limites à la démesure technoscientifique ?
    Jacques Testart est directeur de recherche honoraire à l'Inserm. Pionnier des méthodes de procréation assistée, il est l'auteur de nombreux ouvrages dans lesquels il défend l'analyse critique de la science afin de justifier l'engagement éthique et de nourrir la démocratie.

  • De la procréation aléatoire à la reproduction normative
    "Ce livre retrace les chemins, entrecroisés depuis vingt ans, de la science biologique, de la médecine de la procréation et de la réflexion bioéthique. Il veut démêler les avancées véritables d'avec les fausses révolutions techniques, et les principes moraux authentiques d'avec les hypocrites résolutions éthiques. La biologie de la procréation, en retard de science pour cause de tabou, vient d'enjamber allègrement le temps des connaissances, en profitant des acquis de disciplines voisines, ou même, se faisant d'abord médecine, en agissant avant de bien savoir.
    L'analyse du génome produit des informations dont l'acuité croissante augmente la pression probabiliste sur tous les domaines de l'existence : santé, longévité, performances physiques, adaptation au travail, assurances, etc. Il était inévitable que la procréation médicalisée, détenant de nombreux embryons disponibles, propose d'intervenir au départ pour choisir, parmi ces "personnes humaines potentielles", des enfants de qualité probable, bien que largement imprévisible. Mais, puisque la procréation est le lieu même d'où émane la personne, on peut craindre que la prédiction ne finisse par désenchanter le monde en prétendant le maîtriser.
    La production d'humains probablement acceptables semble bien être conforme au désir parental, au projet médical, aux besoins du marché et à la bonne gestion des sociétés. Résister, c'est tenter de rendre l'éthique moins soluble dans le temps afin de diluer la violence de cette mutation."

  • Paris : un gigantesque mur d'enceinte sépare les quartiers privilégiés des zones périphériques. La jeune ève, membre du comité d'évaluation génétique, observe le monde qui l'entoure. Un jour, d'étranges messages reçus sur son ordinateur viennent bouleverser sa vie. Son père, chercheur biologiste, aurait-il découvert le secret du clonage humain avant de mourir et aurait-il tenté ses expériences sur sa propre fille ? Au travers d'une fable scientifique qui mêle suspense et émotion, Jacques Testart nous alerte sur les implications éthiques que poserait la possibilité du clonage humain. " Coréalisateur " du premier bébé-éprouvette français, Jacques Testart est directeur de recherche à l'INSERM. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation sur la procréation médicalement assistée et notamment de L'oeuf transparent (1986) et de Le Désir du gène (1992).

  • Fabriquer un être humain supérieur, artificiel, voire immortel, dont les imperfections seraient réparées et les capacités améliorées. Telle est l'ambition du mouvement transhumaniste, qui prévoit le dépassement de l'humanité grâce à la technique et l'avènement prochain d'un " homme augmenté " façonné par les biotechnologies, les nanosciences, la génétique. Avec le risque de voir se développer une sous-humanité de plus en plus dépendante de technologies qui modèleront son corps et son cerveau, ses perceptions et ses relations aux autres. Non pas l'" homme nouveau " des révolutionnaires, mais l'homme-machine du capitalisme.
    Bien que le discours officiel, en France, résiste encore à cette idéologie, le projet technoscientifique avance discrètement. Qui impulse ces recherches ? Comment se développent-elles dans les champs médicaux, militaires et sportifs ? Comment les débats démocratiques sont-ils éludés ? Et comment faire face à des évolutions qui ne feront que renforcer les inégalités ? Surtout, quel être humain va naître de ces profondes mutations, de ces expérimentations brutales et hasardeuses sur notre espèce, dont l'Homo sapiens ne sortira pas indemne ?
    Jacques Testart, biologiste, est le père scientifique du premier bébé-éprouvette français né en 1982. Il développe une réflexion critique sur les avancées incontrôlées de la science et de la technique dans ses nombreux écrits, dont Faire des enfants demain, Seuil, 2014 et L'Humanitude au pouvoir, Seuil, 2015.
    Agnès Rousseaux, journaliste, coordonne le média indépendant Basta ! (www.bastamag.net) suivi par plus d'un million de lecteurs chaque mois. Elle a codirigé Le Livre noir des banques (LLL, 2015).

  • Il n'est plus possible de penser que la situation actuelle de la planète et celle des humains qui l'habitent, décrite partout comme inquiétante, n'est qu'une péripétie banale de l'histoire. L'humanité intervient désormais de façon majeure sur sa nature propre, sur son évolution et sur l'ensemble de la biosphère. Cette situation interroge la recherche scientifique et technique, à la fois élément de diagnostic, de solutions et de problèmes. Pour autant, les acteurs de la technoscience n'ont aucune légitimité à définir seuls les programmes. Pourquoi autant d'investissements pour les plantes transgéniques et aussi peu sur les méthodes culturales écologiques ? Pourquoi les thérapies géniques et pas plus de recherches sur les maladies contagieuses des pays du Sud, sur la santé environnementale et l'impact des nouvelles molécules chimiques, ou sur les résistances bactériennes ? Pourquoi de nouvelles machines nucléaires et pas plus de recherches sur la relocalisation de l'économie ? Ce que sera le monde dépend de ce qui se passe aujourd'hui, mais aussi demain, dans les laboratoires. C'est pourquoi les orientations scientifiques comme les développements technologiques ne peuvent plus être laissés entre les mains de quelques spécialistes, ni pilotés par les seuls désirs de profit ou de puissance. L'heure est à une mobilisation des consciences et à l'assemblage des savoirs disséminés dans la société, pour un dialogue renouvelé entre chercheurs scientifiques et citoyens chercheurs d'avenir.

  • La science est-elle encore au service de l'Homme ? Le vivant et ses secrets, l'humain et ses mystères ont-ils les moyens d'échapper aux lois du marché ? La biologie, la médecine ne représentent-ils pas aujourd'hui des enjeux industriels et financiers trop lourds pour s'encombrer d'une morale ?
    Sur ces questions brûlantes, un biologiste et un philosophe se livrent à un dialogue éclairant, nourri d'exemples concrets : décryptage du génome humain, clonage, assistance médicale à la procréation, thérapies géniques...
    Un appel à la raison éthique contre la tyrannie économique, un cri d'alarme à l'adresse des citoyens...

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