Jean Bergeret

  • Fille de missionnaire, Claude Njiké-Bergeret est née au Cameroun et y a grandi jusqu'à ses treize ans, avant de rentrer en France. Dix-huit ans plus tard, elle choisit de revenir au village de son enfance, en mettant de côté son éducation et les valeurs occidentales qu'on lui a apprises pour revenir à une existence moins codifiée, plus libre et plus harmonieuse. 
    A la mort du chef de village, son époux, elle décide de pousser plus loin son aventure africaine, et s'installe sur une parcelle de brousse inhabitée avant elle. Là, au bord du Noun, à 25 kilomètres de Bangangté, au Nord-Ouest du Cameroun, elle construit sa « ferme », cultivant maïs, arachides, maniocs, ignames... d'abord seule, puis rejointe par ses enfants et de nombreux jeunes qui tentent de cultiver ces terres vierges. Une houe sur l'épaule et une machette à la main, elle cherche chaque jour à vivre sur, de et avec la terre. Contre toute son éducation qui l'avait préparé à vivre en ville, dans l'abondance et le culte exclusif du progrès, Claude Njiké-Bergeret habite une nature sauvage, envahissante, imprévisible, mais aussi généreuse et pleine d'enseignements. En tenant compte des valeurs du peuple Bangangté, elle cherche à mieux la comprendre et la respecter. Cette vie, loin de la modernité, peut déranger ceux qui croient aux bienfaits d'un progrès et d'une croissance illimitée mais c'est celle qu'elle a choisie. Bien sûr, ce chemin est difficile : le travail de la terre est épuisant, parfois ingrat et semé d'embûches, lorsque les singes détruisent ses récoltes, ou que les crues inondent tout... mais elle apprend et s'émerveille chaque jour.

  • La vieillesse est un sujet d'actualité : nous n'avons jamais vécu aussi longtemps, promis à une vieillesse plus longue que l'enfance, gagnant un an de vie tous les trois ans. Mais sur ce chemin des années, plusieurs moments critiques jalonnent troisième et quatrième âge et bientôt cinquième âge. Le grand vieillissement lance un défi à la fois économique, social et politique, mais aussi psychologique. A partir d'un colloque qui a eu lieu en juin 2010, ce livre propose de nombreuses pistes pour accompagner les pics de turbulence émotionnelle de la crise existentielle de la sénescence, crise induite par le contexte du temps qui reste, par un rapport tout nouveau au corps et par un environnement institutionnel ou familial très souvent pathogène. Face au véritable racisme anti-âge qui sévit aujourd'hui, il est urgent de regarder autrement la vieillesse, de faire tomber bon nombre de tabous notamment sur la sexualité des aînés et sur la mort. Comment guider les aidants familiaux et professionnels qui ont en charge un parent ou un patient âgé en grande difficulté ? Que peut apporter la rencontre avec un psychanalyste après 70 ans, à l'aube de la sénescence, en temps de vieillesse plus confirmée, voire en fin de vie ? Des psychanalystes d'écoles différentes, des médecins et autres soignants nous proposent d'unir leur compétence pour envisager de vieillir autrement... et mieux.

  • La crise du " milieu de vie " est traversée chez les femmes par un événement majeur, la ménopause, vécue par beaucoup comme une réalité honteuse. Plus encore, constate Catherine Bergeret-Amselek, elle fait l'objet d'un véritable déni, en particulier de la part des psychanalystes. D'où l'ambition de l'auteur de lever un tabou solidement ancré et d'appréhender cette réalité dans sa dimension existentielle. Quelle est la nature de cette crise existentielle parfois violente, susceptible de déstabiliser une femme à la cinquantaine ? En quoi consiste le travail de renoncement nécessaire pour parvenir à une maturité nouvelle pleine de promesses ?

  • Catherine Bergeret-Amselek explore depuis plusieurs années les crises maturatives que nous traversons, en vacillant parfois fortement, à chaque entrée dans un nouvel âge de la vie. La vie à l'épreuve du temps propose un regard nouveau sur le grand âge qui tient compte des âges précédents. Et si, contrairement aux idées reçues, un travail analytique pouvait être fructueux après 70 ans ? Qu'en est-il de la sexualité, de la créativité dans la deuxième partie de la vie ? À condition d'assumer les pertes, les renoncements et les deuils en cours, sénescence peut être une étape fondamentale pour se réaliser pleinement. L'auteur nous fait entrer dans les coulisses de la scène analytique, dévoilant sa pratique atypique avec les personnes âgées, mais aussi ses doutes et ses questionnements. On s'aperçoit qu'au crépuscule, la lumière peut être aussi vive qu'à l'aube pour éclairer le temps qui reste. Catherine Bergeret-Amselek est psychana­lyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne où elle anime un séminaire sur les âges de la vie. Elle a publié notamment Le mystère des mères et La Femme en crise, aux éditions Desclée de Brouwer.

  • "J'ai vécu trente-sept ans à Bangangté. Les souvenirs les plus lointains de mon enfance ont pour horizon ce pays de montagnes. Parfois, je me pose la question de savoir si ce que j'ai appris des Bangangté m'aide à voir la vie différemment de ce que mon éducation française m'a transmis et si, à leur contact, je ne me suis pas transformée au point d'avoir une double culture.
    "Je parle le Bangangté peut-être mieux que ma langue maternelle, ce qui me permet de saisir et d'apprécier, sans doute, les motivations, les valeurs, en un mot les coutumes, qui régissent la vie des habitants de cette région d'Afrique. Je m'y sens chez moi et j'aime y vivre. J'y ai découvert une autre façon d'être qui m'a souvent émerveillée, parfois choquée, mais qui toujours m'a permis de me remettre en question à tout moment.
    "La Sagesse de mon village est un simple témoignage de ce que j'ai vu et compris en partageant la vie de ma famille africaine."

    Française et protestante d'origine, africaine par choix, Claude Bergeret, veuve du roi Njiké de Bangangté, vit au Cameroun. Elle est l'auteur de Ma passion africaine qui a rencontré un immense succès.

  • Pourquoi ai-je épousé le chef traditionnel de Bangagté ? Parce que je l'aimais, voilà tout. Et puis, ce genre de questions, on ne se les pose pas dans mon pays, on ne se les pose pas en Afrique. Demandez donc à un Africain : "Que faisit cette Blanche au sein d'une chefferie polygame ?" Il répondra simplement : " Dieu seul le sait." Pour lui, personne n'est maître de son destin. Nul besoin d'explication, d'analyse, Dieu seul le sait. Rechercher la sagesse est bien plus important que la quête du savoir.
    Ainsi commence la confession de Claude Njiké-Bergeret, "La Reine blanche" d'un des plus passionnants reportages d'Envoyé spécial. Fille et petite-fille de missionnaires protestants, Claude vit ses treize premières années au Cameroun. Une expérience qui la marquera à tout jamais. De retour en France, ni une éducation provinciale étriquée, ni un premier amour suivi des joies de la maternité ne lui feront oublier les fortes sensations de l'enfance. Et un jour de destin l'appelle à nouveau en Afrique. Amoureuse du Chef de Banganté, elle va l'épouser et s'installer à la chefferie en compagnie d'une quarantaine de co-épouses et leur progéniture. Pendant neuf ans, elle y mènera une vie riche et singulière entre le quartier des femmes, le palais, les bois sacrés. Aujourd'hui, Claude vit dans sa "ferme africaine" au bord du fleuve Noun, vallée féconde où, avec ses enfants, l'une de ses anciennes compagnes et d'autres pionniers, elle cultive ses champs.
    Itinéraire unique d'une femme exceptionnelle,ma passion africaine est avant tout un lyrique chant d'amour à une terre, le pays Banganté, à un homme, le chef, à une famille élargie et à un peuple. Mais c'est aussi la découverte d'un autre mode de vie et de pensée. Un modèle de tolérance.

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