Presses Universitaires de France

  • Lorsqu'il commenta l'Épître aux Romains (1515-1516), Luther avait, semble-t-il, déjà découvert le thème central de sa théologie. Identifiant péché et tentation, il fut désormais convaincu que l'homme reste toute sa vie indigne du salut. Le péché originel a été trop profond et trop grave. Mais Dieu se refuse à regarder les fautes d'un pécheur qui continue d'espérer dans son sauveur. C'est la doctrine de la «?justifi­cation par la foi?». Le présent ouvrage la replace dans son contexte historique et en suit la diffusion dans la partie de la chrétienté devenue protestante. Pour la première fois dans l'histoire une «?hérésie?» chrétienne tenait en échec l'autorité romaine.

  • La Renaissance catholique qui suivit le concile de Trente est justiciable de deux lectures historiques concomitantes. Elle fut durcissement des structures, enrégimentement des masses par un clergé mieux tenu en main, puissante entreprise de catéchèse, et cela grâce à l'appui de l'État. Mais elle fut aussi sainteté et piété. Ces deux aspects, qui peuvent paraître contradictoires l'un avec l'autre, cohabitèrent en réalité dans le vécu quotidien. Et si une christianisation quantitativement importante résulta de l'action méthodique de l'Église romaine, c'est parce que cette action fut qualitativement doublée, appuyée, vivifiée de l'intérieur par des trésors de dévouement, d'héroïsme, de charité, de spiritualité, d'imagination créatrice. Se pose toutefois la question des limites de la christianisation ainsi réalisée entre l'arrivée de Luther sur la scène historique et l'époque de la mort de Voltaire. À peine remis de la secousse protestante, le catholicisme dut affronter le choc des « Lumières ».

empty