Littérature générale

  • Faire avouer le pécheur pour qu'il reçoive du prêtre le pardon divin et s'en aille rassuré : telle a été l'ambition de l'Église catholique, surtout à partir du XIIIe siècle, lorsqu'elle a rendu la confession privée obligatoire chaque année et qu'elle contraint à l'aveu détaillé de tous les péchés mortels.

    En prenant ces décisions l'Église romaine ne mesurait sans doute pas quelle avalanche de problèmes elle allait déclencher. A l'Age classique, la pratique pénitentielle suscita des débats qui passionnèrent Pascal, Boileau et Bossuet.
    Confidence volontaire des péchés ou aveu autoritairement décrété ? Morale de la compréhension ou rigidité élitiste? Les débats furent vifs. Ils subsistent toujours.

    Quel fut le comportement réel des confesseurs? Comment les chrétiens vécurent- ils cette obligation de la confession? Les conseils d'écoute bienveillante donnés aux confesseurs renvoient indiscutablement à la difficulté psychologique de l'aveu, en particulier celui des péchés sexuels.

    La confession a voulu rassurer, mais c'était après avoir inquiété le pécheur.
    Elle a affiné la conscience, fait progresser le sens des responsabilités, mais elle a aussi suscité les maladies du scrupule et fait peser un joug très lourd sur des millions de fidèles. La confession des péchés, qui n'a d'équivalent dans aucune autre religion, bouleversa le vécu religieux. Aujourd'hui encore nous restons marqués par cette formidable contribution à la connaissance de soi.

    Jean Delumeau, membre de l'Institut, professeur au Collège de France, est l'auteur de nombreux ouvrages, dont La Peur en Occident (Fayard, 1978), Le Péché et la Peur (Fayard, 1983), Rassurer et protéger (Fayard, 1989).

  • Ce que je crois

    Jean Delumeau

    • Grasset
    • 2 Octobre 1985

    Il y a des chrétiens heureux pour lesquels l'histoire a un sens et l'homme un avenir : Jean Delumeau en témoigne. Il croit à la beauté de Dieu et du monde, non sans s'interroger sur la permanence du mal ; il croit en l'harmonie de la science et de la religion. Comme Montaigne et Pascal, il met en relief la nécessité d'une Révélation et explique pour les hommes d'aujourd'hui la richesse et l'actualité du credo chrétien. Hors de toute polémique, il affronte aussi les préoccupations concrètes qui sont celles de tout croyant. Sur l'oecuménisme, la théologie de la libération, la contraception, l'avortement ou la fécondation artificielle, il prend position avec la plus grande netteté, mais aussi avec les nuances qu'impose le respect des opinions en présence.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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