Jean Jaurès

  • Qu'est-ce que le socialisme ? Une politique, mais
    fondée sur une philosophie, et sur le coeur de la vie
    humaine. C'est ce que Jaurès, homme politique, mais
    aussi philosophe, démontre dans ces deux inédits
    essentiels. Le socialisme consiste à justifier l'intervention
    de la société dans la vie humaine, les « relations de
    travail ». Mais il le fait pour réaliser la liberté individuelle
    et les principes universels, dans le monde concret et
    vivant. Revenir à l'origine du socialisme pour résister à
    la « fin de l'histoire », tel est le programme de ce livre.
    Ce n'est pas un hasard si ces deux textes précèdent
    le retour de Jaurès en politique en tant que député
    de Carmaux. Jaurès se confronte au réel, à la fois
    en philosophe et en citoyen. Pour lui, la liberté et la
    justice sont indispensables pour sauver la politique et
    l'humanité. Quoi de plus actuel ? Ces textes, qui forment
    une véritable leçon de philosophie, aident à penser le
    socialisme et notre temps.
     
    Frédéric Worms, professeur de philosophie à l'ENS,
    travaille sur le vivant et la politique de Jaurès et Bergson
    à aujourd'hui.
    Gilles Candar, président de la Société d'études
    jaurésiennes, est responsable de l'édition des OEuvres de
    Jean Jaurès aux éditions Fayard.

  • « Citoyens !... » L'orateur Jaurès, debout face à l'assistance, marque une courte pause puis s'élance. Sa voix, capable d'emplir les plus vastes édifices, épouse chaque nuance de sa pensée. L'effet d'entraînement
    sur l'auditoire est immédiat : les témoignages abondent, qui décrivent son incomparable éloquence. Mais s'il fut un maître reconnu de la parole, l'élu de Carmaux, fondateur de la SFIO, demeure aussi et surtout, Léon Blum l'a souligné, l'« un des plus hauts penseurs et un des plus grands écrivains dont la France ait pu s'honorer ».
    Qu'il s'agisse de l'homme politique, farouche défenseur de la République et socialiste convaincu, du militant pacifiste, du philosophe ou du poète, ce recueil de discours et de conférences constitue la meilleure approche du « tribun extraordinaire ».

  • Edition enrichie (Présentation, notes, repères chronologiques, dossier, bibliographie)
    Lorsque Jean Jaurès prend place à la tribune de la Chambre des députés, au cours de la « discussion du projet de loi portant fixation du budget général de l'exercice 1910. Instruction publique », le débat a débuté déjà depuis plusieurs jours. Les échanges sont vifs. La représentation nationale, le monde politique, les correspondants de presse ont compris qu'une bataille est en train d'être livrée entre des ténors de la droite catholique et des figures de la démocratie républicaine. Le retentissement de sa parole est immédiat. Pour la laïque est sans conteste le testament de Jaurès sur l'école publique, la morale laïque et la pensée des religions.V. D.Cette édition, établie par Vincent Duclert, historien et spécialiste de Jaurès, permet d'éclairer un discours capital, toujours actuel. Elle propose également un dossier sur la laïcité en France, du vote de la loi de 1905 à nos jours.

  • Choix des textes et présentation par Jean-Numa Ducange.Étudié à l'université, considéré comme une référence par la classe politique dans son ensemble, Jean Jaurès demeure, un siècle après sa mort, encore très présent. Mais qui l'a véritablement lu, hors des historiens et des militants ? Tout au long de sa vie, Jaurès ne cessa d'écrire. Après sa thèse de philosophie, il se consacra notamment à l'écriture d'une grande histoire de la Révolution française, tout en conservant un engagement politique actif, dont témoignent ses centaines d'articles publiés dans les grands journaux de son temps. Ces écrits dessinent le portrait d'un homme aux multiples visages : grand penseur, homme politique, citoyen engagé et défenseur de la paix. À travers un choix de textes emblématiques remis dans leur contexte, cette anthologie permet de découvrir Jean Jaurès et son oeuvre.LA LETTRE ET LA PLUME, une collection qui marie littérature et histoire au travers d'écrits intimes (mémoires, correspondances, journaux, chroniques...) d'une grande qualité littéraire.

  • Jean Jaurès, Penser dans la mêlée, 1907-1910, édition établie par Jean-François Chanet et Emmanuel Jousse
     
    La période de 1907 à 1910 est apparemment confuse. Le gouvernement Clemenceau ne réalise guère ses promesses de réforme, qu'elles soient sociales ou démocratiques. Les tensions sont exacerbées par la répression des grèves et des manifestations. Période de mêlée, de lutte sociale intense, qui force Jaurès à mieux définir la méthode du socialisme et la place de l'action ouvrière.
    Le contexte politique, dominé par les divisions et la dilution autant du parti radical que du camp modéré, ne favorise aucune clarification. La représentation proportionnelle aux élections serait-elle une solution  ? Bien qu'unis depuis 1905, les socialistes peinent à trouver le ton juste. Faut-il se défier davantage de l'opportunisme des indépendants, comme Aristide Briand ou René Viviani, désormais ministres  ? Ou des débordements du syndicalisme révolutionnaire prôné par la majorité de la CGT, susceptibles de conduire à la violence et à l'isolement  ? Comment faire avancer de grandes réformes sociales, comme l'institution d'un système de retraites ouvrières et paysannes  ?
    Cette période de mêlée force Jaurès à penser en même temps qu'il avance. C'est l'époque de son fameux discours au congrès de Toulouse en 1908, où il expose «  l'évolution révolutionnaire  » dont se revendiqueront nombre de ses héritiers au xxe siècle et après. C'est l'époque de ses grandes joutes contre Clemenceau et Briand, occasions de clarifier les principes républicains sur lesquels il édifie son socialisme. Le regard toujours porté sur l'Internationale, autant que sur son Midi occitan, Jaurès cherche tout autant à armer le mouvement ouvrier dans sa lutte contre le danger de guerre qu'à penser la diplomatie et l'armée d'une république vraiment démocratique.
     
     
    Jean-François Chanet est professeur d'histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris et vice-président de la Société d'études jaurésiennes.
    Emmanuel Jousse est professeur agrégé et docteur en histoire, secrétaire général de la Société d'études jaurésiennes.

  • Le 31 juillet 1914, l'assassinat de Jaurès laissait le champ libre au déclenchement de la guerre. Cent ans plus tard, la mémoire du pacifiste, du républicain, du tribun socialiste est toujours présente et revendiquée. Mais souvent cette référence à Jaurès demeure vague ou ne s'appuie que sur quelques citations. Ce recueil a pour vocation de replonger le lecteur au coeur de la pensée jaurésienne. Il pourra retrouver des discours qui sont devenus des classiques (« République et socialisme », « Pour la laïque », « Discours à la jeunesse »). Il aura aussi l'occasion de découvrir ou de redécouvrir des aspects moins connus : Jaurès face à la violence d'État ou à l'immigration, Jaurès cherchant les voies d'un dialogue avec les civilisations non-occidentales, ou Jaurès observateur de la première mondialisation.
    Loin d'être un hommage au passé, ce livre entend montrer que la réflexion jaurésienne est, plus que jamais, d'une brûlante actualité !Textes présentés par Marion Fontaine, maître de conférences à l'université d'Avignon, chercheuse au centre Norbert Elias. Secrétaire de la Société d'études jaurésiennes, elle participe à l'édition des OEuvres de Jaurès aux éditions Fayard. Elle a récemment codirigé Une contre-histoire de la IIIe République (La Découverte, 2013).

  • Edition établie par Vincent Duclert
    Recueil
    Le 3 décembre 1896, un jeune député du Tarn sadresse aux représentants de la nation française. On massacre des Arméniens dans lest anatolien. Certains voudraient passer sous silence ces massacres. À la tribune, Jean Jaurès dénonce la lâcheté intéressée de la politique du ministre des Affaires étrangères depuis plus de deux ans à légard du « sultan rouge ». Si la France restait sans voix, paralysée pour des raisons économiques, elle encouragerait lEmpire ottoman à maltraiter ses minorités. Au nom de la paix, de la justice et du droit, il rappelle que la morale démocratique impose le combat de la tyrannie où quelle soit.
    Jaurès avait bien vu que des processus dextermination se dessinaient déjà, à la fin du XIXe siècle, et que les puissances et les opinions publiques devaient exercer toute leur influence pour les enrayer.
    Son discours restera lun des plus marquants de la Troisième République.

  • Les débats autour de la mondialisation et du commerce international ne datent pas d'aujourd'hui. À la fin du XIXe siècle, ils déchaînent les passions dans les travées de l'Assemblée. S'y affrontent déjà les avocats du libre-échange et les partisans de mesures protectionnistes. Une alternative binaire que certains refusent cependant. Un jeune député du Tarn renvoie ainsi dos à dos les uns et les autres : Jean Jaurès. Au fil de plusieurs interventions, il rappelle que la principale question posée par un tel débat consiste à déterminer qui sont les " gagnants " et les " perdants " des politiques envisagées. Une leçon toujours d'actualité que l'on découvre ici en même temps que la verve d'un orateur d'exception dans l'atmosphère vivante du lieu où se votent les lois de notre République.

  • Le militant ouvrier est le premier des deux volumes qui couvrent la période de janvier 1893 à octobre 1897. Élu et réélu député socialiste de Carmaux, Jaurès doit affronter un très dur conflit social avec le lock-out des verriers de Carmaux. Le pouvoir politique et le patronat se coalisent pour abattre aussi bien la position politique de Jaurès que toute implantation syndicale et socialiste dans sa région  : années d'intenses luttes menées à Carmaux et à Toulouse comme à Paris, dans la presse, en réunion publique ou à la Chambre des députés. L'aventure épique de la Verrerie Ouvrière d'Albi se construit, non sans crises. Jaurès combat la dérive répressive et conservatrice du gouvernement républicain (les «  lois scélérates  ») et cherche à définir une politique socialiste distincte du radicalisme comme de l'anarchie. 

  • Voici le XXe siècle !Le socialisme, la République et la guerre.Ce volume couvre deux années décisives, de la fin 1905 à l'automne 1907. Tout se transforme en France et dans le monde. Face au gouvernement Clemenceau qui s'arc-boute sur la défense de l'ordre et fait un usage disproportionné de la force, Jaurès fait entendre les revendications de justice des mineurs après la catastrophe de Courrières, des électriciens de Paris ou des vignerons du Midi, et même, fugitivement, des « suffragettes ». Il soutient les demandes de syndicalisation des fonctionnaires, instituteurs et postiers. Ces mouvements sociaux l'amènent à réfléchir sur le rôle de l'État, les moyens de la démocratie et les obligations de la République, alors que s'achève son long combat pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus et que se met en place le nouveau régime de la Séparation des Églises et de l'État. Contre les dangers de guerre, il s'emploie à créer les conditions d'une politique d'action socialiste internationale tout en récusant l'antipatriotisme. Il combat le colonialisme et se dresse contre les expéditions au Maroc. Réflexions et actions nouvelles, qui l'amènent à débattre et parfois à se heurter avec ses anciens alliés républicains et radicaux, y compris ses anciens camarades Briand et Viviani, voire avec son affectueuse amie, la marquise Arconati-Visconti.L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Vincent Duclert, chercheur au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron de l'EHESS, dont il est l'ancien directeur, et vice-président de la Société d'études jaurésiennes.

  • Le socialisme est-il compatible avec la République ? Que propose le parti face à la crise du monde paysan ? Réformisme ou « classe contre classe » ? Quel rôle les prolétaires ont-ils joué dans l'histoire de France ? Que penser de la laïcité ? Peut-on vraiment être pacifiste en 1914 ?
    Homme de valeurs, Jaurès est un acteur majeur des principaux enjeux pour la République française au tournant du siècle.
    Cet ouvrage rassemble ses discours les plus importants, notamment le discours des deux méthodes, le discours à la jeunesse et le discours de Vaise, prononcé la veille de son assassinat. Des textes fondamentaux pour penser les racines du socialisme.

    Couverture : création Studio J'ai lu

  • Ce tome 13 est la réédition, introduite, commentée et annotée par Jean-Jacques Becker, professeur émérite de l'université de Paris X-Nanterre, du principal ouvrage rédigé par Jaurès dans sa maturité, L'Armée nouvelle, somme de la pensée jaurésienne non seulement sur le sujet annoncé en titre, mais aussi, d'une certaine manière, sur le socialisme, l'État, l'histoire, le mouvement social, la nation et l'Internationale, la paix et la guerre, la civilisation humaine. L'Armée nouvelle a d'abord consisté en une proposition de loi déposée sur le bureau de la Chambre des députés, avant d'avoir été l'objet de différentes éditions, toutes épuisées ; le texte présent a donc été entièrement revu et confronté aux éditions successives. Complété par une bibliographique précise et un index des noms propres, ce volume est également enrichi de plusieurs textes militaires de Jaurès qui montrent à la fois la permanence et les évolutions de sa pensée : un article du jeune député républicain dans La Dépêche de Toulouse (1887), un discours à la Chambre du député, ardent socialiste et compagnon de route du Parti ouvrier français (1895), et, enfin, l'important et inédit discours à la Chambre dans lequel Jaurès défend sa proposition de loi (1912). Tous les textes de Jaurès, écrits ou parlés, sont donnés dans leur version intégrale et sont l'objet d'une présentation et d'une annotation critiques. À la veille des commémorations du centenaire de 1914, cette publication ne sera pas seulement un apport pour la recherche, mais aussi une importante contribution au débat civique.

  • Les Preuves

    Jean Jaures

    Il n'est plus possible de douter aujourd'hui que dans le procès Dreyfus une illégalité violente ait été commise. La loi veut, l'équité et le bon sens veulent que l'accusé connaisse les charges qui pèsent sur lui, les pièces sur lesquelles il est jugé. S'il n'est pas admis à discuter ces pièces et ces charges, s'il n'y peut répondre, s'il ne les connaît même pas, quelle différence y a-t-il entre la prétendue justice et un coup de force ?
    Ce n'est pas là un détail de procédure : c'est la garantie fondamentale du droit ; c'est la précaution nécessaire contre la violence et l'erreur.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Poèmes

    Jean Jaurès

    Jaurès, avant d'être homme politique, fut professeur de philosophie. Plus que de véritables poèmes, ce sont des rêveries philosophiques qui nous sont ici proposées. L'édition, posthume (1921), ne nous permet pas de connaître la période de composition. Jaurès est né en 1859 dans un département, le Tarn, encore très rural. Il en garde une sensibilité réelle à la nature: nuages, oiseaux, soleil, étoiles, jeux de lumières, ciel bleu, terre, rochers, nuit. La philosophie fait intervenir Pascal, Copernic, Kant, Bossuet... et apporte les notions d'infini, d'espace, d'âme, de Dieu... Pour autant, l'homme n'est pas oublié: c'est un homme prométhéen, acteur de son progrès, qui apparaît dans «le blé». Derrière le tribun socialiste, nous voyons apparaître un homme complexe et sensible.

  • Jaurès est né en 59, 11 ans avant le conflit en 1870, ses parents étaient pauvres et ils vivaient dans le Tarne. Il avait fait ses petites études à Castres. C'était un garçon gentil, intelligent et quand on lui demandait vers 10 11 ans ce qu'il voulait faire, il disait qu'il voulait être receveur des postes.
    Nous étions encore très loin du Jaurès que nous connaissons par les faits de l'histoire comme par ses oeuvres écrites, du génial homme d'idées et d'actions qu'il fut, si loin encore de de celui qui allait participer activement à la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905 et qui la même année, participera à la création de la Section française de l'internationale ouvrière (SFIO).
    L'intégrale des discours et articles de Jean Jaurès, relue, corrigée, mise en forme et enregistrée au Format professionnel électronique © Ink Book édition.
    Contenant :
    - 1891 - De la réalité du monde sensible
    - 1892 - Discours à la jeunesse
    - 1892 - Pour la laïque
    - 1895 - Patriotisme et internationalisme
    - 1900 - Les Deux Méthodes
    - 1902 - Etudes socialistes (recueil d'articles)
    - 1903 - Discours à la jeunesse
    - 1908 - Le Bilan social du XIXe Siècle
    - 1912 - Les Idées politiques et sociales de Jean-Jacques Rousseau
    - 1913 - Le Parti socialiste et la politique générale
    - 1921 - Poèmes

  • Ce tome premier des OEuvres de Jean Jaurès concerne les années de jeunesse : études, amours, mais aussi, très vite, entrée en politique. 
    C'est un Jaurès inattendu qui se découvre à nous, plus humain, avec des informations renouvelées, voire jusqu'à présent inconnues, sur ses amitiés normaliennes ou ses sentiments de jeunesse, grâce à de beaux ensembles de correspondances pour la première fois portées intégralement à la connaissance publique. 
    Nous assistons surtout à l'émergence d'une pensée et d'une pratique politique qui vont compter dans l'histoire de la France contemporaine et au-delà de ses frontières. Ici aussi abondent les informations inédites grâce à l'exploration approfondie de la presse du Tarn, mais aussi la lecture de journaux dans lesquels la signature de Jaurès était restée jusqu'à présent inaperçue. 
    Jean Jaurès est député républicain du Tarn de 1885 à 1889. Nous le voyons en campagne électorale, nous apprécions mieux ses conceptions initiales sur le régime, la force vivante de l'histoire de la Révolution française, qu'il s'agit toujours de conclure, sur la laïcité, sur les réformes démocratiques et sociales. Ce Jaurès surprendra plus d'un lecteur : comme ses grands aînés, Gambetta et Ferry, il est favorable aux expéditions coloniales, il éprouve l'amer sentiment de la France mutilée devant l'Alsace-Lorraine germanisée, il peut se montrer prudent et modéré face aux réformes à entreprendre. Jaurès avant Jaurès ? Pas seulement, car nous voyons aussi ce qui va le faire évoluer et se révéler à lui-même : sa générosité, son intelligence, sa fermeté, car modération n'est pas renoncement, et surtout sa passion de la fierté et de l'éminente égalité entre citoyens, entre tous les fils de la Révolution, son solide et confiant humanisme. 
    L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Madeleine Rebérioux (1920-2005) et à Gilles Candar, chargés de la coordination éditoriale des OEuvres de Jean Jaurès.

  • Jaurès philosophe n'est certes pas l'image la mieux connue du personnage. Les mineurs de Carmaux ne s'y intéressaient guère et la plupart des histoires de la philosophie parues au XXe siècle ignorent jusqu'à son nom : le militantisme socialiste fut longtemps de mauvais aloi aux yeux des milieux intellectuels.
    Ce volume est conçu pour mettre fin à cette injustice et pour souligner l'enracinement philosophique de l'action de Jaurès, sans préjuger ce que lui ont apporté plus tard la défense des travailleurs et la découverte des problèmes du XXe siècle. Les textes reproduits, introduits et annotés ici s'arrêtent en 1891-1892, année où il déposa et soutint ses thèses de doctorat, avant de se définir explicitement comme socialiste engagé dans les luttes politiques et sociales.
    La thèse principale, De la réalité du monde sensible, est, au sens propre du terme, une ontologie : l'être y est explicité comme la réalité concrète dans toute sa complexité et sa diversité. Jaurès y expose sa vision du monde en relation avec la tradition philosophique européenne, de Démocrite à Kant. Il dialogue avec son camarade de promotion, Bergson.
    Écrite en latin, la thèse complémentaire (donc la version française a été soigneusement revue) n'est pas une étude historique sur " Les origines du socialisme allemand ", comme l'a longtemps laissé croire une traduction maladroite du titre, mais un travail de philosophie qui prolonge la grande thèse en renvoyant aux traditions conceptuelles et politiques de la pensée allemande. À travers elle, l' " être en puissance " passe à l'être en acte du socialisme.
    La philosophie de Jaurès doit désormais intéresser non seulement les philosophes, mais les historiens et les hommes politiques, les acteurs de l'histoire à qui elle propose des fondements théoriques.

  • L'amour de la littérature et celui des arts sont consubstantiels, on le savait depuis longtemps, à la culture, à la vie intime de Jaurès. Mais l'ampleur, la continuité, voire le professionnalisme de son oeuvre en ce domaine apparaîtront à beaucoup comme une révélation. Dans l'ordre intellectuel, Jaurès ne fut pas seulement philosophe et historien. Il fut aussi critique littéraire et critique d'art.
    Ce volume des Oeuvres le met en lumière en rompant avec l'ordre chronologique selon lequel est organisée cette édition. Les textes de Jaurès sont regroupés en quatre massifs.
    Au départ, des extraits du Cours de philosophie professé à Albi, en 1882-1883 : ils sont consacrés à l'esthétique. Puis un ensemble d'articles et d'études écrits entre 1887 et 1898 : ils sont centrés sur le rapport au politique. Vient alors l'événement : un corpus de 87 articles donnés à La Dépêche entre 1893 et 1898, sous la signature "Le Liseur". Cette "quinzaine littéraire", longtemps oubliée, lui permet de présenter, aux côtés d'écrivains méridionaux comme Armand Silvestre ou Eugène Le Roy, l'avant-garde parisienne de son temps, de Verlaine et Mallarmé à Léon Bloy et Huysmans : c'est la "jeunesse littéraire". Enfin on a réuni des conférences culturelles, prononcées de l'affaire Dreyfus à 1914 : l'art et le socialisme, Zola, Anatole France ; c'est le temps du "lutteur contemplatif", le temps aussi où Jaurès s'adresse aux instituteurs à travers la Revue de l'enseignement primaire et primaire supérieur.
    Michel Launay est professeur émérite de littérature à l'université de Nice. Camille Grousselas est docteur ès lettres. Françoise Laurent-Prigent est agrégée de lettres.
    L'édition des Oeuvres de Jean Jaurès est placée sous la responsabilité de la Société d'Etudes Jaurésiennes.

  • Les deux volumes consacrés aux Temps de l'affaire Dreyfus sont d'une ampleur exceptionnelle. L'Affaire y occupe une place primordiale. Les responsables de l'édition ont voulu donner à lire tous les textes de Jaurès qui permettent de suivre jour après jour son évolution. Celle-ci culmine à l'été de 1898 avec Les Preuves. Ces articles célèbres sont reproduits ici pour la première fois à partir du journal, La Petite République, pour lequel ils ont été écrits, y compris les textes non repris dans l'édition en volume.
    Mais si la moitié des chapitres du volume 6 est consacrée à l'affaire Dreyfus, celle-ci est également liée aux réflexions et aux combats de Jaurès pour la République et le socialisme et à sa découverte des responsabilités de la France dans la crise algérienne.
    L'important article de la revue Cosmopolis est ici repris ainsi que de nombreux articles et discours sur la crise des institutions, l'armée et la justice en premier lieu, les transformations de la société, des plus apparemment triviales comme la mévente du porc, jusqu'aux analyses plus fondamentales sur l'émergence des intellectuels et leur place dans les conflits sociaux, éthiques et politiques.
    Jaurès est à la fois homme d'action et de réflexion, plongé dans la bataille électorale, préoccupé par la situation des ouvriers du Tarn, attentif à l'évolution de la situation internationale, à la répression qui frappe le mouvement ouvrier italien comme aux conflits d'Orient et à ceux liés à la guerre hispano-américaine.
    L'édition, la présentation et l'annotation de ces volumes sont dues à Eric Cahm, secrétaire de la Société internationale d'histoire de l'affaire Dreyfus, et à Madeleine Rebérioux, présidente de la Société d'études jaurésiennes.

  • Les deux volumes consacrés aux Temps de l'affaire Dreyfus sont d'une ampleur exceptionnelle. L'Affaire y occupe une place primordiale : après Les Preuves, sont ici publiés deux ensembles de textes reproduits pour la première fois depuis leur parution dans la presse : les commentaires de Jaurès en avril-mai 1899 sur l'enquête de la Cour de cassation, sa chronique consacrée au procès de Rennes jusqu'à la nouvelle condamnation de Dreyfus et sa grâce. Mais Jaurès s'investit aussi pleinement dans la crise du bâtiment parisien et amorce sur la grève générale un long et mouvant dialogue avec la jeune CGT.
    Ce tome contient quelques-uns des grands classiques de l'oeuvre jaurésienne : certains ont été repris par Péguy pour son volume Action socialiste, d'autres ont été publiés dans Le Mouvement socialiste, la jeune revue fondée par Hubert Lagardelle, ou par La Revue de Paris de Lavisse et Herr, comme sa longue méditation sur « Socialisme et Liberté ».
    Confronté aux bouleversements du monde, de la crise de Fashoda au dépècement de la Chine, Jaurès est amené à réagir de manière originale et créatrice. Il aborde une nouvelle période politique avec l'arrivée au pouvoir de Waldeck-Rousseau, la « défense républicaine » et l'entrée de Millerand au gouvernement : ses choix sont ici explicités par les articles parus dans La Petite République, mais aussi dans La Dépêche de Toulouse. Beaucoup de ces textes sont repris dans la presse régionale.
    L'édition, la présentation et l'annotation de ces volumes sont dues à Eric Cahm, secrétaire de la Société internationale d'histoire de l'affaire Dreyfus, et à Madeleine Rebérioux, présidente de la Société d'études jaurésiennes.

  • Ce volume couvre les années 1899-1902, soit la majeure partie de la législature durant laquelle Jean Jaurès ne siège pas au Parlement. Son activité n'a pas pour autant perdu en intensité, ni pris un tour plus modéré, au moment où son engagement pour Dreyfus s'élargit et se transforme en soutien au gouvernement de Défense républicaine et en combat pour l'unité socialiste. Au contraire : il lutte sur deux fronts, contre la droite et contre ceux des socialistes qui ne croient guère aux conquêtes légales et progressives, par l'action gouvernementale et la voie parlementaire.
    L'énergie de Jaurès ne s'absorbe pas tout entière dans la direction de la Petite République ni dans des articles d'actualité politique. Jaurès retrouve le temps de la recherche, des lectures et de la réflexion théoriques et historiques. Elles le ramènent vers les deux grandes sources d'inspiration que sont alors pour tout socialiste la Révolution française et l'oeuvre de Karl Marx. De ce travail inlassable naissent deux grandes oeuvres, l'Histoire socialiste de la Révolution française et les Études socialistes (on trouvera ici la réédition complète de ce dernier ouvrage). La relation entre socialisme et démocratie, la question de la propriété, le dialogue avec la social-démocratie allemande : il n'est aucun des sujets abordés qui ne trouve un écho dans les débats de notre temps.L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Maurice Agulhon, professeur honoraire au Collège de France, président d'honneur de la Société d'études jaurésiennes, et à Jean-François Chanet, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris, vice-président de la Société d'études jaurésiennes.

  • Le socialisme en débat couvre la période allant de février 1893
    à octobre 1897. Après Le militant ouvrier, ce tome s'attache au
    théoricien socialiste, qui fait un choix de doctrine, le revendique,
    l'explicite et l'approfondit.
    Ce volume reprend des textes fondateurs : la controverse sur la
    propriété avec Bernard Lavergne dans La Dépêche de Toulouse et
    la série sur L'organisation socialiste de l'avenir : cinq articles parus dans
    la Revue socialiste en 1895-1896 auxquels s'ajoute l'ébauche du sixième,
    un inédit retrouvé dans les archives Renaudel. Jaurès adhère au
    socialisme sans se rallier à une interprétation particulière, lui apportant
    la marque de sa personnalité. Celle-ci s'affirme dans la conférence
    connue sous le nom d'Idéalisme et matérialisme dans la conception de
    l'histoire, mais également dans de grands discours et articles sur les
    liens entre théorie et pratique pour le socialisme, aussi bien concernant
    le monde paysan que la vie intellectuelle et universitaire ou les grandes
    questions internationales : alliance franco-russe, massacres d'Arménie
    et guerre gréco-turque, mise en place de l'empire colonial.
    Alain Boscus est maître de conférences en histoire à l'université de
    Toulouse-Jean Jaurès. Ancien directeur du Centre national et musée Jean-
    Jaurès de Castres (1987-2003), il est membre de l'Association Jaurès Espace
    Tarn et du conseil d'administration de la Société d'études jaurésiennes.
     

  • Table
    Comme un rêve
    Étude de nuages
    Le blé
    Le nuage et l’oiseau
    La couleur fille de la lumière
    Dans le bleu
    Sous les étoiles
    La musique éternelle
    Tambour et violoncelle
    La voix des choses
    L’âme de la terre
    Rêve étoilé
    Dans l’espace
    Le secret de l’univers
    Descente dans l’infini
    L’étonnement éternel
    Ivresses panthéistes
    L’âme et Dieu

  • Questions de méthode

    Jean Jaures

    • Myriel
    • 1 Janvier 2019

    On ne présente plus guère l'oeuvre politique et militante de Jean Jaurès. Mais, concernant son oeuvre intellectuelle, force est de constater que sa profusion la rend complexe à connaître dans son ensemble. Et pourtant, quelques grands textes de l'ancien député du Tarn contiennent à eux seuls l'essentiel de sa pensée. Questions de méthode est au rang de ces textes qui en une demi-centaine de pages exposent les conclusions de toute une oeuvre.
    Questions de méthode pose les principes du combat jauressien pour l'instauration d'une République socialiste. Pour cela, Jaurès y convoque ses grands ainés. Il y ferraille avec les présocialistes, les républicains du premier XIXe siècle et bien sûr avec les révolutionnaires de 1789. Il entend s'avouer leur héritier. Pour son grand projet socialiste, Jaurès démontre qu'il est indispensable d'interroger la pertinence de ce qu'ils nous ont laissé. Car nombre de leurs espérances n'ont pas encore trouvé à se réaliser. Le Socialisme, lui, s'y emploiera.
    Si deux méthodes s'affrontent dans le corps de son argumentaire, c'est évidemment que toutes ces affirmations viennent à l'encontre de l'héritage marxiste. Car pour Jaurès, le diagnostic est posé. Il est tranchant et sans appel. Marx et Engels, et par ricochet ceux s'en réclamant, ont tort pour tout ce qui touche à la question de l'héritage révolutionnaire. Si l'avenir du Socialisme est une question de méthode pour lui, c'est parce qu'il faut refuser Marx sur cette question.
    Questions de méthode, c'est un peu l'anti Manifeste du Parti communiste. C'est un texte de combat et un appel. Par et pour lui, Jaurès vise un Socialisme soucieux de démocratie. Il pense que le progrès social peut passer par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.
    Avec ce texte, Jean Jaurès fonde la Social-démocratie. Il pense par avance le Socialisme des siècles d'après. Question de méthode frappe l'âme. C'est un texte exceptionnel de modernité et de prévenance.

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