Sciences humaines & sociales

  • Qu'est-ce que le socialisme ? Une politique, mais
    fondée sur une philosophie, et sur le coeur de la vie
    humaine. C'est ce que Jaurès, homme politique, mais
    aussi philosophe, démontre dans ces deux inédits
    essentiels. Le socialisme consiste à justifier l'intervention
    de la société dans la vie humaine, les « relations de
    travail ». Mais il le fait pour réaliser la liberté individuelle
    et les principes universels, dans le monde concret et
    vivant. Revenir à l'origine du socialisme pour résister à
    la « fin de l'histoire », tel est le programme de ce livre.
    Ce n'est pas un hasard si ces deux textes précèdent
    le retour de Jaurès en politique en tant que député
    de Carmaux. Jaurès se confronte au réel, à la fois
    en philosophe et en citoyen. Pour lui, la liberté et la
    justice sont indispensables pour sauver la politique et
    l'humanité. Quoi de plus actuel ? Ces textes, qui forment
    une véritable leçon de philosophie, aident à penser le
    socialisme et notre temps.
     
    Frédéric Worms, professeur de philosophie à l'ENS,
    travaille sur le vivant et la politique de Jaurès et Bergson
    à aujourd'hui.
    Gilles Candar, président de la Société d'études
    jaurésiennes, est responsable de l'édition des OEuvres de
    Jean Jaurès aux éditions Fayard.

  • Edition enrichie (Présentation, notes, repères chronologiques, dossier, bibliographie)
    Lorsque Jean Jaurès prend place à la tribune de la Chambre des députés, au cours de la « discussion du projet de loi portant fixation du budget général de l'exercice 1910. Instruction publique », le débat a débuté déjà depuis plusieurs jours. Les échanges sont vifs. La représentation nationale, le monde politique, les correspondants de presse ont compris qu'une bataille est en train d'être livrée entre des ténors de la droite catholique et des figures de la démocratie républicaine. Le retentissement de sa parole est immédiat. Pour la laïque est sans conteste le testament de Jaurès sur l'école publique, la morale laïque et la pensée des religions.V. D.Cette édition, établie par Vincent Duclert, historien et spécialiste de Jaurès, permet d'éclairer un discours capital, toujours actuel. Elle propose également un dossier sur la laïcité en France, du vote de la loi de 1905 à nos jours.

  • Jean Jaurès, Penser dans la mêlée, 1907-1910, édition établie par Jean-François Chanet et Emmanuel Jousse
     
    La période de 1907 à 1910 est apparemment confuse. Le gouvernement Clemenceau ne réalise guère ses promesses de réforme, qu'elles soient sociales ou démocratiques. Les tensions sont exacerbées par la répression des grèves et des manifestations. Période de mêlée, de lutte sociale intense, qui force Jaurès à mieux définir la méthode du socialisme et la place de l'action ouvrière.
    Le contexte politique, dominé par les divisions et la dilution autant du parti radical que du camp modéré, ne favorise aucune clarification. La représentation proportionnelle aux élections serait-elle une solution  ? Bien qu'unis depuis 1905, les socialistes peinent à trouver le ton juste. Faut-il se défier davantage de l'opportunisme des indépendants, comme Aristide Briand ou René Viviani, désormais ministres  ? Ou des débordements du syndicalisme révolutionnaire prôné par la majorité de la CGT, susceptibles de conduire à la violence et à l'isolement  ? Comment faire avancer de grandes réformes sociales, comme l'institution d'un système de retraites ouvrières et paysannes  ?
    Cette période de mêlée force Jaurès à penser en même temps qu'il avance. C'est l'époque de son fameux discours au congrès de Toulouse en 1908, où il expose «  l'évolution révolutionnaire  » dont se revendiqueront nombre de ses héritiers au xxe siècle et après. C'est l'époque de ses grandes joutes contre Clemenceau et Briand, occasions de clarifier les principes républicains sur lesquels il édifie son socialisme. Le regard toujours porté sur l'Internationale, autant que sur son Midi occitan, Jaurès cherche tout autant à armer le mouvement ouvrier dans sa lutte contre le danger de guerre qu'à penser la diplomatie et l'armée d'une république vraiment démocratique.
     
     
    Jean-François Chanet est professeur d'histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris et vice-président de la Société d'études jaurésiennes.
    Emmanuel Jousse est professeur agrégé et docteur en histoire, secrétaire général de la Société d'études jaurésiennes.

  • Le 31 juillet 1914, l'assassinat de Jaurès laissait le champ libre au déclenchement de la guerre. Cent ans plus tard, la mémoire du pacifiste, du républicain, du tribun socialiste est toujours présente et revendiquée. Mais souvent cette référence à Jaurès demeure vague ou ne s'appuie que sur quelques citations. Ce recueil a pour vocation de replonger le lecteur au coeur de la pensée jaurésienne. Il pourra retrouver des discours qui sont devenus des classiques (« République et socialisme », « Pour la laïque », « Discours à la jeunesse »). Il aura aussi l'occasion de découvrir ou de redécouvrir des aspects moins connus : Jaurès face à la violence d'État ou à l'immigration, Jaurès cherchant les voies d'un dialogue avec les civilisations non-occidentales, ou Jaurès observateur de la première mondialisation.
    Loin d'être un hommage au passé, ce livre entend montrer que la réflexion jaurésienne est, plus que jamais, d'une brûlante actualité !Textes présentés par Marion Fontaine, maître de conférences à l'université d'Avignon, chercheuse au centre Norbert Elias. Secrétaire de la Société d'études jaurésiennes, elle participe à l'édition des OEuvres de Jaurès aux éditions Fayard. Elle a récemment codirigé Une contre-histoire de la IIIe République (La Découverte, 2013).

  • Edition établie par Vincent Duclert
    Recueil
    Le 3 décembre 1896, un jeune député du Tarn sadresse aux représentants de la nation française. On massacre des Arméniens dans lest anatolien. Certains voudraient passer sous silence ces massacres. À la tribune, Jean Jaurès dénonce la lâcheté intéressée de la politique du ministre des Affaires étrangères depuis plus de deux ans à légard du « sultan rouge ». Si la France restait sans voix, paralysée pour des raisons économiques, elle encouragerait lEmpire ottoman à maltraiter ses minorités. Au nom de la paix, de la justice et du droit, il rappelle que la morale démocratique impose le combat de la tyrannie où quelle soit.
    Jaurès avait bien vu que des processus dextermination se dessinaient déjà, à la fin du XIXe siècle, et que les puissances et les opinions publiques devaient exercer toute leur influence pour les enrayer.
    Son discours restera lun des plus marquants de la Troisième République.

  • Voici le XXe siècle !Le socialisme, la République et la guerre.Ce volume couvre deux années décisives, de la fin 1905 à l'automne 1907. Tout se transforme en France et dans le monde. Face au gouvernement Clemenceau qui s'arc-boute sur la défense de l'ordre et fait un usage disproportionné de la force, Jaurès fait entendre les revendications de justice des mineurs après la catastrophe de Courrières, des électriciens de Paris ou des vignerons du Midi, et même, fugitivement, des « suffragettes ». Il soutient les demandes de syndicalisation des fonctionnaires, instituteurs et postiers. Ces mouvements sociaux l'amènent à réfléchir sur le rôle de l'État, les moyens de la démocratie et les obligations de la République, alors que s'achève son long combat pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus et que se met en place le nouveau régime de la Séparation des Églises et de l'État. Contre les dangers de guerre, il s'emploie à créer les conditions d'une politique d'action socialiste internationale tout en récusant l'antipatriotisme. Il combat le colonialisme et se dresse contre les expéditions au Maroc. Réflexions et actions nouvelles, qui l'amènent à débattre et parfois à se heurter avec ses anciens alliés républicains et radicaux, y compris ses anciens camarades Briand et Viviani, voire avec son affectueuse amie, la marquise Arconati-Visconti.L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Vincent Duclert, chercheur au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron de l'EHESS, dont il est l'ancien directeur, et vice-président de la Société d'études jaurésiennes.

  • Le militant ouvrier est le premier des deux volumes qui couvrent la période de janvier 1893 à octobre 1897. Élu et réélu député socialiste de Carmaux, Jaurès doit affronter un très dur conflit social avec le lock-out des verriers de Carmaux. Le pouvoir politique et le patronat se coalisent pour abattre aussi bien la position politique de Jaurès que toute implantation syndicale et socialiste dans sa région  : années d'intenses luttes menées à Carmaux et à Toulouse comme à Paris, dans la presse, en réunion publique ou à la Chambre des députés. L'aventure épique de la Verrerie Ouvrière d'Albi se construit, non sans crises. Jaurès combat la dérive répressive et conservatrice du gouvernement républicain (les «  lois scélérates  ») et cherche à définir une politique socialiste distincte du radicalisme comme de l'anarchie. 

  • Luther socialiste

    Jean Jaures

    • Myriel
    • 16 Février 2021

    Au regard des âpres combats de Jaurès, il devrait exister une distance infinie entre lui, chantre des réalités concrètes et du matérialisme, et Luther, homme de spiritualité. Mais ce serait mal connaître la profonde modernité du docteur de la foi protestante ainsi que l'exceptionnelle ouverture d'esprit de Jaurès que de penser comme ça. Ce serait, tout autant, oublier l'incessant va-et-vient entre politique et philosophie dans le Jaurésisme, là où le Luthérianisme fut souvent une conciliation espérée entre impératif de révolte et aspirations métaphysiques.
    La révolte et l'insatisfaction face à l'ordre du monde, voilà bien les deux traits de caractère partagés entre nos deux hommes autorisant, par-delà les siècles, leur rencontre et leur dialogue. Et Jaurès d'encore un peu confirmer le mimétisme de leur tempérament par une savante énumération de leurs points de convergence. Pour cela, le théoricien socialiste se livre à une lecture érudite de l'oeuvre du théologien allemand. Refus de l'exploitation de nos misères, souci d'égalité, primat de la justice, exigence de culture, y compris et surtout pour les plus faibles, révolte contre les puissants, universalisme de la rédemption et des vocations : il y a tout ça dans le Luthérianisme qui le rapproche du Socialisme.
    Le verdict tombe, dès lors ! Toutes ces passerelles, posées par-delà les siècles, enjambant l'Histoire et les incompréhensions, sont autant d'arguments donnant crédit au Socialisme. Car, nul doute que l'intention cachée de Jaurès est essentiellement là. Si Luther fut cet annonciateur du Socialisme, ou le Socialisme cette grande idée reprenant les aspirations les plus humaines de la religion (la réciprocité étant évidente), c'est bien la preuve que le Socialisme est un humanisme ; c'est la forme moderne des combats de toujours.

  • Questions de méthode

    Jean Jaures

    • Myriel
    • 1 Janvier 2019

    On ne présente plus guère l'oeuvre politique et militante de Jean Jaurès. Mais, concernant son oeuvre intellectuelle, force est de constater que sa profusion la rend complexe à connaître dans son ensemble. Et pourtant, quelques grands textes de l'ancien député du Tarn contiennent à eux seuls l'essentiel de sa pensée. Questions de méthode est au rang de ces textes qui en une demi-centaine de pages exposent les conclusions de toute une oeuvre.
    Questions de méthode pose les principes du combat jauressien pour l'instauration d'une République socialiste. Pour cela, Jaurès y convoque ses grands ainés. Il y ferraille avec les présocialistes, les républicains du premier XIXe siècle et bien sûr avec les révolutionnaires de 1789. Il entend s'avouer leur héritier. Pour son grand projet socialiste, Jaurès démontre qu'il est indispensable d'interroger la pertinence de ce qu'ils nous ont laissé. Car nombre de leurs espérances n'ont pas encore trouvé à se réaliser. Le Socialisme, lui, s'y emploiera.
    Si deux méthodes s'affrontent dans le corps de son argumentaire, c'est évidemment que toutes ces affirmations viennent à l'encontre de l'héritage marxiste. Car pour Jaurès, le diagnostic est posé. Il est tranchant et sans appel. Marx et Engels, et par ricochet ceux s'en réclamant, ont tort pour tout ce qui touche à la question de l'héritage révolutionnaire. Si l'avenir du Socialisme est une question de méthode pour lui, c'est parce qu'il faut refuser Marx sur cette question.
    Questions de méthode, c'est un peu l'anti Manifeste du Parti communiste. C'est un texte de combat et un appel. Par et pour lui, Jaurès vise un Socialisme soucieux de démocratie. Il pense que le progrès social peut passer par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.
    Avec ce texte, Jean Jaurès fonde la Social-démocratie. Il pense par avance le Socialisme des siècles d'après. Question de méthode frappe l'âme. C'est un texte exceptionnel de modernité et de prévenance.

  • Les Preuves

    Jean Jaures

    Il n'est plus possible de douter aujourd'hui que dans le procès Dreyfus une illégalité violente ait été commise. La loi veut, l'équité et le bon sens veulent que l'accusé connaisse les charges qui pèsent sur lui, les pièces sur lesquelles il est jugé. S'il n'est pas admis à discuter ces pièces et ces charges, s'il n'y peut répondre, s'il ne les connaît même pas, quelle différence y a-t-il entre la prétendue justice et un coup de force ?
    Ce n'est pas là un détail de procédure : c'est la garantie fondamentale du droit ; c'est la précaution nécessaire contre la violence et l'erreur.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Citation (début du texte)
    « Je ne pourrai pas, en une heure, entrer dans le détail cependant si intéressant des idées politiques et sociales de J.-J. Rousseau. Je serai même obligé, faute de temps, de laisser de côté une partie essentielle de son oeuvre, celle qu'E. Quinet considérait comme vitale, celle qui a trait aux rapports de la religion et de l'État, l'institution d'une religion civile. Je dois me borner à indiquer les grands traits des conceptions politiques et sociales de Rousseau, à marquer surtout quel était son état d'esprit et d'âme dans cet ordre de questions. Ce n'est peut-être pas entièrement inutile à notre époque, car l'homme extraordinaire que L. Blanc et G. Sand admiraient, n'est pas très pratiqué par la nouvelle génération politique et littéraire. Il n'en reste guère dans les esprits qu'une vague idée, une notion confuse de républicanisme théorique, de brillants mais dangereux paradoxes, d'incurable misanthropie. » (J. Jaurès)

    Jaurès rend hommage au génie de Rousseau, en nous éclairant sur les aspects humanistes de sa politique.


    Format professionnel électronique © Ink Book édition.


  • Ce tome premier des OEuvres de Jean Jaurès concerne les années de jeunesse : études, amours, mais aussi, très vite, entrée en politique. 
    C'est un Jaurès inattendu qui se découvre à nous, plus humain, avec des informations renouvelées, voire jusqu'à présent inconnues, sur ses amitiés normaliennes ou ses sentiments de jeunesse, grâce à de beaux ensembles de correspondances pour la première fois portées intégralement à la connaissance publique. 
    Nous assistons surtout à l'émergence d'une pensée et d'une pratique politique qui vont compter dans l'histoire de la France contemporaine et au-delà de ses frontières. Ici aussi abondent les informations inédites grâce à l'exploration approfondie de la presse du Tarn, mais aussi la lecture de journaux dans lesquels la signature de Jaurès était restée jusqu'à présent inaperçue. 
    Jean Jaurès est député républicain du Tarn de 1885 à 1889. Nous le voyons en campagne électorale, nous apprécions mieux ses conceptions initiales sur le régime, la force vivante de l'histoire de la Révolution française, qu'il s'agit toujours de conclure, sur la laïcité, sur les réformes démocratiques et sociales. Ce Jaurès surprendra plus d'un lecteur : comme ses grands aînés, Gambetta et Ferry, il est favorable aux expéditions coloniales, il éprouve l'amer sentiment de la France mutilée devant l'Alsace-Lorraine germanisée, il peut se montrer prudent et modéré face aux réformes à entreprendre. Jaurès avant Jaurès ? Pas seulement, car nous voyons aussi ce qui va le faire évoluer et se révéler à lui-même : sa générosité, son intelligence, sa fermeté, car modération n'est pas renoncement, et surtout sa passion de la fierté et de l'éminente égalité entre citoyens, entre tous les fils de la Révolution, son solide et confiant humanisme. 
    L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Madeleine Rebérioux (1920-2005) et à Gilles Candar, chargés de la coordination éditoriale des OEuvres de Jean Jaurès.

  • Les deux volumes consacrés aux Temps de l'affaire Dreyfus sont d'une ampleur exceptionnelle. L'Affaire y occupe une place primordiale. Les responsables de l'édition ont voulu donner à lire tous les textes de Jaurès qui permettent de suivre jour après jour son évolution. Celle-ci culmine à l'été de 1898 avec Les Preuves. Ces articles célèbres sont reproduits ici pour la première fois à partir du journal, La Petite République, pour lequel ils ont été écrits, y compris les textes non repris dans l'édition en volume.
    Mais si la moitié des chapitres du volume 6 est consacrée à l'affaire Dreyfus, celle-ci est également liée aux réflexions et aux combats de Jaurès pour la République et le socialisme et à sa découverte des responsabilités de la France dans la crise algérienne.
    L'important article de la revue Cosmopolis est ici repris ainsi que de nombreux articles et discours sur la crise des institutions, l'armée et la justice en premier lieu, les transformations de la société, des plus apparemment triviales comme la mévente du porc, jusqu'aux analyses plus fondamentales sur l'émergence des intellectuels et leur place dans les conflits sociaux, éthiques et politiques.
    Jaurès est à la fois homme d'action et de réflexion, plongé dans la bataille électorale, préoccupé par la situation des ouvriers du Tarn, attentif à l'évolution de la situation internationale, à la répression qui frappe le mouvement ouvrier italien comme aux conflits d'Orient et à ceux liés à la guerre hispano-américaine.
    L'édition, la présentation et l'annotation de ces volumes sont dues à Eric Cahm, secrétaire de la Société internationale d'histoire de l'affaire Dreyfus, et à Madeleine Rebérioux, présidente de la Société d'études jaurésiennes.

  • Ce volume couvre les années 1899-1902, soit la majeure partie de la législature durant laquelle Jean Jaurès ne siège pas au Parlement. Son activité n'a pas pour autant perdu en intensité, ni pris un tour plus modéré, au moment où son engagement pour Dreyfus s'élargit et se transforme en soutien au gouvernement de Défense républicaine et en combat pour l'unité socialiste. Au contraire : il lutte sur deux fronts, contre la droite et contre ceux des socialistes qui ne croient guère aux conquêtes légales et progressives, par l'action gouvernementale et la voie parlementaire.
    L'énergie de Jaurès ne s'absorbe pas tout entière dans la direction de la Petite République ni dans des articles d'actualité politique. Jaurès retrouve le temps de la recherche, des lectures et de la réflexion théoriques et historiques. Elles le ramènent vers les deux grandes sources d'inspiration que sont alors pour tout socialiste la Révolution française et l'oeuvre de Karl Marx. De ce travail inlassable naissent deux grandes oeuvres, l'Histoire socialiste de la Révolution française et les Études socialistes (on trouvera ici la réédition complète de ce dernier ouvrage). La relation entre socialisme et démocratie, la question de la propriété, le dialogue avec la social-démocratie allemande : il n'est aucun des sujets abordés qui ne trouve un écho dans les débats de notre temps.L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Maurice Agulhon, professeur honoraire au Collège de France, président d'honneur de la Société d'études jaurésiennes, et à Jean-François Chanet, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris, vice-président de la Société d'études jaurésiennes.

  • Ce tome 13 est la réédition, introduite, commentée et annotée par Jean-Jacques Becker, professeur émérite de l'université de Paris X-Nanterre, du principal ouvrage rédigé par Jaurès dans sa maturité, L'Armée nouvelle, somme de la pensée jaurésienne non seulement sur le sujet annoncé en titre, mais aussi, d'une certaine manière, sur le socialisme, l'État, l'histoire, le mouvement social, la nation et l'Internationale, la paix et la guerre, la civilisation humaine. L'Armée nouvelle a d'abord consisté en une proposition de loi déposée sur le bureau de la Chambre des députés, avant d'avoir été l'objet de différentes éditions, toutes épuisées ; le texte présent a donc été entièrement revu et confronté aux éditions successives. Complété par une bibliographique précise et un index des noms propres, ce volume est également enrichi de plusieurs textes militaires de Jaurès qui montrent à la fois la permanence et les évolutions de sa pensée : un article du jeune député républicain dans La Dépêche de Toulouse (1887), un discours à la Chambre du député, ardent socialiste et compagnon de route du Parti ouvrier français (1895), et, enfin, l'important et inédit discours à la Chambre dans lequel Jaurès défend sa proposition de loi (1912). Tous les textes de Jaurès, écrits ou parlés, sont donnés dans leur version intégrale et sont l'objet d'une présentation et d'une annotation critiques. À la veille des commémorations du centenaire de 1914, cette publication ne sera pas seulement un apport pour la recherche, mais aussi une importante contribution au débat civique.

  • Le socialisme en débat couvre la période allant de février 1893
    à octobre 1897. Après Le militant ouvrier, ce tome s'attache au
    théoricien socialiste, qui fait un choix de doctrine, le revendique,
    l'explicite et l'approfondit.
    Ce volume reprend des textes fondateurs : la controverse sur la
    propriété avec Bernard Lavergne dans La Dépêche de Toulouse et
    la série sur L'organisation socialiste de l'avenir : cinq articles parus dans
    la Revue socialiste en 1895-1896 auxquels s'ajoute l'ébauche du sixième,
    un inédit retrouvé dans les archives Renaudel. Jaurès adhère au
    socialisme sans se rallier à une interprétation particulière, lui apportant
    la marque de sa personnalité. Celle-ci s'affirme dans la conférence
    connue sous le nom d'Idéalisme et matérialisme dans la conception de
    l'histoire, mais également dans de grands discours et articles sur les
    liens entre théorie et pratique pour le socialisme, aussi bien concernant
    le monde paysan que la vie intellectuelle et universitaire ou les grandes
    questions internationales : alliance franco-russe, massacres d'Arménie
    et guerre gréco-turque, mise en place de l'empire colonial.
    Alain Boscus est maître de conférences en histoire à l'université de
    Toulouse-Jean Jaurès. Ancien directeur du Centre national et musée Jean-
    Jaurès de Castres (1987-2003), il est membre de l'Association Jaurès Espace
    Tarn et du conseil d'administration de la Société d'études jaurésiennes.
     

  • La crise militaire et politique qui a secoué la Côte d'Ivoire de 2002 à 2011 a été le choc entre deux Côte d'Ivoire antagoniques: celle qui aspire à naître et celle vassalisée qui refuse de disparaître. Les acteurs de cette crise doivent assumer devant l'histoire leurs responsabilités. Et cela passe par la restitution des faits. C'est à cela que répond ce livre.

  • Dès les débuts du mouvement ouvrier socialiste, le prolétariat s'est efforcé d'exercer une pression sur les Parlements, d'acquérir de l'influence dans leur sein et de parvenir ainsi à la puissance politique ; et dès les débuts du mouvement, dans les rangs mêmes des socialistes, on s'est opposé à cet effort.
    Le mouvement chartiste anglais d'il y a un demi-siècle, nous présente déjà cette opposition : les Chartistes, eux, emploient toutes leurs forces à lutter pour le suffrage universel et la journée de 10 heures ; les partisans du socialisme philanthropique, des utopistes, au contraire s'opposent de la manière la plus décidée à toute tendance entraînant le prolétariat et les socialistes dans les luttes parlementaires ;
    Le prolétariat militant socialiste a fait depuis, en théorie comme en pratique, des progrès considérables ; il a gagné en profondeur de vue et en expérience, et cependant la vieille querelle revient toujours sur l'eau : la participation aux luttes parlementaires, - conquêtes des sièges et batailles parlementaires, - est-elle nécessaire, est-elle même avantageuse pour le prolétariat, ou bien n'est-elle pas plutôt propre à le corrompre et à lui nuire ?
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Il fait nuit, le ciel est criblé d'étoiles ; tout le long de la route, par la portière entr'ouverte du wagon, j'avais respiré un air délectable chargé du parfum des foins fraîchement coupés ; je m'étais laissé vaguement assoupir dans la contemplation des paysages noirs fuyants sous ce ciel d'orfèvrerie, enveloppés par une brume fine où persistait un peu des clartés bleues d'un crépuscule attardé.Seul dans mon compartiment, je ne pensais plus au Creuzot ni à rien de ce qui m'y amenait, tout à la jouissance molle de cette soirée rêveuse et douce.

  • Ce tome 2, qui s'insère dans la série qui prévoit 17 volumes (et dont on a déjà publié 5 tomes), couvre la période allant de l'échec électoral de Jaurès en septembre 1889 à son retour réussi à la Chambre en janvier 1893. Ces quatre années voient Jaurès, universitaire et élu local, issu d'un républicanisme exigeant mais modéré, compagnon de route du radicalisme, faire face à la question sociale, aux premières grèves comme à l'institution des Bourses du Travail, à tous les débats de politique nationale ou internationale du temps. Le volume présente en outre un texte inédit important, rédigé au cours de l'été 1891, "La question sociale, l'injustice du capitalisme et la révolution religieuse", dont seul le dernier tiers était connu depuis sa publication en 1959 par Michel Launay. Cet inédit est essentiel à la compréhension de l'évolution politique et intellectuelle de Jaurès au moment où il achève ses thèses (déjà publiées dans le tome 3 paru en 2000) et s'interroge sur ses orientations personnelles, sur la société et le monde dans lequel il vit. L'ouvrage est conçu selon les mêmes principes que les précédents : choix raisonné des textes publiés, reproduits dans leur intégralité, qu'il s'agisse d'articles ou de discours, et éclairés par un riche appareil critique, complété d'un index, d'une bibliographie et de la liste exhaustive avec leurs références de tous les textes connus de Jaurès de septembre 1889 à janvier 1893.

  • Les années 1904-1905 représentent un tournant dans la pensée et l'action de Jean Jaurès. Cet ensemble de textes - encore célèbres ou tombés dans l'oubli - permet d'en éclairer et d'en restituer les enjeux, autour de trois thématiques principales : la laïcité, l'unité socialiste, la politique internationale. La première se rapporte aux questions de laïcité, à la loi de séparation des Églises et de l'État, de mars 1904 à décembre 1905. La deuxième, l'unité socialiste, porte sur la formation du parti socialiste, unifié après le congrès des 23-25 avril 1905, et ses relations avec les autres forces politiques. Enfin, la guerre russojaponaise, la révolution russe de 1905 et la première crise marocaine, mettent en évidence l'articulation entre internationalisme et patriotisme chez Jaurès. Plus que les autres tomes, celui-ci incite à s'interroger sur l'oeuvre politique de Jaurès, ses priorités et ses évolutions.
    L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Jacqueline Lalouette, professeure émérite des universités à Lille-III, membre du comité d'honneur de la Société d'études jaurésiennes et membre de l'Institut Universitaire de France, et à Gilles Candar, professeur d'histoire en classes préparatoires au lycée Montesquieu (Le Mans), président de la Société d'études jaurésiennes.

  • Acteur du Bloc des gauches, majoritaire à la Chambre des députés, et auquel appartient son parti socialiste français, Jaurès est confronté de près à l'exercice du pouvoir. Vice-président de la Chambre en 1903, il anime la délégation des gauches et fait figure de grand orateur parlementaire de la majorité qui soutient la politique laïque, anticléricale et réformatrice du gouvernement Combes (1902-1905).
    Mais Jaurès ne se laisse pas enfermer dans la seule pratique politique, intérieure et internationale. Il relance l'affaire Dreyfus dans un grand discours à la Chambre en avril 1903 et publie quelques-uns de ses plus importants textes de réflexion historique et politique : le Discours à la jeunesse au lycée d'Albi en juillet 1903 et l'étude intitulée Le socialisme et le radicalisme en 1885, vaste enquête sur ses débuts en politique en préface à l'édition de ses Discours parlementaires en janvier 1904. Il participe ainsi pleinement aux grandes controverses du début du siècle sur la nature du socialisme français et international, notamment lors du congrès d'Amsterdam (août 1904).
     
    Gilles Candar est professeur d'histoire en classes préparatoires au lycée Montesquieu (Le Mans).
    Vincent Duclert est chercheur au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (École des Hautes Études en Sciences Sociales) et professeur associé à Sciences Po.
    Rémi Fabre est professeur émérite à l'université Paris-Est Créteil.

  • Jaurès pacifiste, dreyfusard, père du socialisme réconcilié avec la République. Toutes ces images bien sûr recouvrent une certaine réalité, mais elles n'épuisent pas les questions entourant le personnage. Comment, en particulier, Jaurès a-t-il perçu le monde nouveau qui s'annonce durant ces années où le xixe siècle bascule vers le xxe ?
    L'oeuvre de Jaurès ne porte pas seulement la marque d'un siècle qui s'attarde. À l'inverse de préjugés largement répandus, plus Jaurès vieillit, plus il se montre ouvert à la compréhension d'un monde internationalisé et pluriel, qu'il observe avec un enthousiasme interrogateur. Cette quête jaurésienne du pluralisme culturel se lit aussi bien dans sa critique de l'ordre colonial que dans sa découverte de l'Amérique, autant dans son interrogation sur les formes de la culture scolaire, dans sa lutte contre la peine de mort que dans sa définition du socialisme comme culture. Il se penche de la même manière sur les premiers mouvements qui s'érigent contre l'omnipotence européenne, en Asie ou encore au Maghreb. Lui qui avait été un temps un soutien déterminé de la colonisation, le voici qui s'ouvre, notamment à propos du Maroc, à sa critique progressive, voire à une hostilité manifeste. Il cherche en général à comprendre avec une force renouvelée la rencontre des cultures locales, nationales ou internationales, avec la volonté qu'elle soit le signe, non de la fermeture et de la barbarie, mais de la construction d'une nouvelle humanité. C'est ce Jaurès original et attentif aux questions du nouveau siècle que ce volume invite à découvrir. L'édition, la présentation et l'annotation de ce volume sont dues à Jean-Numa Ducange, maître de conférences à l'université de Rouen, spécialiste des gauches en France et en Allemagne, et à Marion Fontaine, maître de conférences à l'université d'Avignon, spécialiste des mondes ouvriers. Tous deux sont membres de la Société d'études jaurésiennes.

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