Fayard

  • Ces souvenirs ne sont pas venus selon un ordre chronologique comme le sont habituellement les Mémoires. Ils sont venus à ma rencontre selon l'inspiration, les circonstances. S'interpellant les uns les autres, certains en ont fait émerger d'autres de l'oubli.
    Ils témoignent que j'ai pu admirer inconditionnellement des hommes ou femmes qui furent à la fois mes héros et mes amis.
    Ils témoignent des dérives et des dégradations, mais aussi des grandeurs et des noblesses que les violents remous de l'Histoire ont entraînées chez tant de proches.
    Ils témoignent des illuminations qui m'ont révélé mes vérités  ; de mes émotions, de mes ferveurs, de mes douleurs, de mes bonheurs.
    Ils témoignent que je suis devenu tout ce que j'ai rencontré.
    Ils témoignent que le fils unique, orphelin de mère que j'étais, a trouvé dans sa vie des frères et des soeurs.
    Ils témoignent de mes résistances : sous l'Occupation, puis au cours des guerres d'Algérie, de Yougoslavie, du Moyen-Orient, et contre la montée de deux barbaries, l'une venue du fond des âges, de la haine, du mépris, du fanatisme, l'autre froide, voire glacée, du calcul et du profit, toutes deux désormais sans freins.
    Ces souvenirs témoignent enfin d'une extrême diversité de curiosités et d'intérêts, mais aussi d'une obsession essentielle, celle qu'exprimait Kant et qui n'a cessé de m'animer : Que puis-je savoir ? Que puis-je croire ? Que puis-je espérer ? Inséparable de la triple question : qu'est-ce que l'homme, la vie, l'univers ?
    Cette interrogation, je me suis donné le droit de la poursuivre toute ma vie.
     
      Edgar Morin
     
    Né en 1921, ancien résistant, sociologue et philosophe, penseur transdisciplinaire et indiscipliné, Edgar Morin a conçu la «  pensée complexe  » dans son oeuvre maîtresse, La Méthode. Il est l'un des derniers intellectuels à avoir observé et vécu une grande partie du XXe siècle et les premières décennies du XXIe. Il est docteur honoris causa de trente-quatre universités à travers le monde.

  • « Qui augmente sa connaissance augmente son ignorance » disait Friedrich Schlegel.
     
    « Je vis de plus en plus avec la conscience et le sentiment de la présence de l'inconnu dans le connu, de l'énigme dans le banal, du mystère en toute chose et, notamment, des avancées d'une nouvelle ignorance dans chaque avancée de la connaissance » nous dit Edgar Morin.
     
    Ainsi a-t-il entrepris dans ce livre de patrouiller dans les territoires nouveaux de la connaissance, où se révèle un trio inséparable : connaissance ignorance mystère.
     
    A ses yeux, le mystère ne dévalue nullement la connaissance qui  y conduit. Il nous rend conscient des puissances occultes qui nous commandent et nous possèdent, tels des Daimon intérieurs et extérieurs à nous. Mais, surtout, il stimule et  fortifie le sentiment poétique de l'existence.

  • Sociologie

    Edgar Morin

    C'est à la sociologie qu'Edgar Morin consacre ici la réflexion entreprise dans Science avec conscience sur la possibilité d'une connaissance qui ne soit ni mutilée ni arbitraire. La sociologie doit-elle prendre pour modèle les sciences de la nature? Comment peut-elle fonder scientifiquement les notions d'acteur, de sujet, d'autonomie, de liberté, d'invention? Comment concevoir la société sur le modèle de l'auto-éco-organisation et y intégrer la part de mythe qui est dans sa nature même?
    Edgar Morin pousse la réflexion de la sociologie sur elle-même jusqu'à une sociologie de la sociologie. Le sociologue, en effet, ne passe pas impunément de l'individu au groupe, de la classe à l'Etat-nation. Autant de points de vue qui le contraignent à intégrer la dimension historique, à interroger l'événement imprévu. Tel est le propre des diagnostics sociologiques du temps présent auxquels se livre Edgar Morin à propos de l'automobile, du cinéma, de la mode, de l'écologie ou de la crise étudiante. Avec toujours l'aller et retour du micro-social au macro-planétaire qui brise les isolements réducteurs et restitue l'unité complexe.
    Minutieuse anthologie des démarches plurielles de la sociologie, ce livre est la Somme sociologique d'Edgar Morin.

  • Mon Paris, ma mémoire

    Edgar Morin

    « Je suis né à Paris, le 8 juillet 1921, rue Mayran, dans le IXe arrondissement, au pied de la butte Montmartre... »C'est à l'occasion de la remise par Bertrand Delanoë, maire de la capitale, de la médaille d'honneur de la Ville de Paris, que, prononçant son discours de remerciement, l'auteur de La Voie, bon pied , bon oeil, a eu l'idée de ce récit de sa vie en évoquant ses tribulations dans les différents quartiers de la capitale. A chaque déménagement, à chaque compagne ou conquête amoureuse correspondent aussi des étapes de la vie intellectuelle et des engagements politiques de l'inventeur de la « pensée complexe », co-auteur avec Stéphane Hessel du Chemin de l'espérance. Un récit pétillant d'humour et d'intelligence par le plus non-conformiste des jeunes nonagénaires, traduit et célébré dans le monde entier.

  • Stéphane Hessel, 94 ans, a dit Indignez-vous ! et Engagez-vous ! Ses appels ont touché près de deux millions de Français et été traduits partout en Europe. Edgar Morin, 90 ans, a indiqué La Voie (70 000 ex.) pour exposer en tous domaines de la vie sociale et politique la meilleure façon, selon lui, de « changer le changement », en cessant de ressasser les solutions éculées, partisanes ou en trompe-l'oeil. Grand résistant, Hessel a salué à maintes reprises en Morin son frère de lutte et le metteur en forme du soulèvement des consciences et de l'engagement qu'il préconise. Tous deux ont marié leur ardeur et leur réflexion dans ce manifeste appelant à l'imagination et à l'exigence citoyenne pour redonner un horizon à ce siècle, un avenir à cette planète, une espérance à tous ceux à qui elle est ici et maintenant refusée.

  • Voici le chemin d'un homme
    Voici la pensée qui s'est formée au cours de ce cheminement et qui a produit une oeuvre majeure.
    Ce parcours fut continu, accompli dans une curiosité
    jamais assouvie, un questionnement permanent, un lien
    inséparable entre la vie et l'oeuvre, une lente gestation de la pensée complexe, mais il fut discontinu dans les recommencements et les renaissances qui ont scandé sa vie tous les dix ans.
    Ce livre d'entretiens accordés par Edgar Morin à
    Djénane Kareh Tager montre l'unité d'une oeuvre à travers
    sa diversité, l'unité d'une vie à travers ses vicissitudes.
    Dans Mon chemin, c'est l'homme qui parle, sans dissimuler ses émotions ni ses passions. Il nous dit sa propre expérience de la vie, de l'amour , de la poésie, de la vieillesse, de la mort.
    Edgar Morin est né à Paris en 1921, d'une famille de nationalité italienne, d'ascendance judéo-espagnole. Son adolescence est marquée par la montée en puissance du nazisme, les procès
    staliniens de Moscou, la marche somnanbulique vers la guerre.
    A 20 ans, sous l'Occupation, il entre à la fois au parti communiste et dans la résistance gaulliste. Après la guerre, c'est une vie qui
    se poursuit dans la résistance au stalinisme, à la guerre d'Algérie, à toutes les barbaries.
    Djénane Kareh Tager est journaliste.

  • Commune en France ou la métamorphose de Plodémet (Fayard) a été, dès 1967, l'un des premiers livres qui analysait, à travers ce microcosme breton, la Révolution française de l'après-guerre : la fin des paysans, la révolte des jeunes, l'émancipation des femmes, l'entrée du village dans la civilisation planétaire. Plodémet était le pseudonyme transparent de Plozévet, ce village du sud-Finistère sur lequel la D.G.R.S.T. a conduit dans les années 1960 une grande enquête réunissant toutes les sciences sociales, dont l'ouvrage d'Edgar Morin constituait le versant sociologique. Il s'est vite imposé comme un modèle, à la fois méthodologique (une enquête conduite à partir d'entretiens approfondis) et scientifique (une monographie permettant la description minutieuse de transformations beaucoup plus amples), qui en firent d'emblée un classique. Dans une préface inédite, Edgar Morin revient, à l'occasion de cette réédition, sur la percée que fut alors la publication de cet ouvrage.

  • Alors qu'il mettait la dernière main à son autobiographie, Mon Chemin, Edgar Morin a perdu Edwige, la compagne d'une grande partie de sa vie, celle qui a vu l'accomplissement et la reconnaissance de ses oeuvres majeures (La Méthode, notamment). Au mitan de sa huitième décennie, cette page-là est pour lui impossible à tourner. Il lui faut au contraire la continuer, et ce, par ce bouleversant hommage où le philosophe se fait écrivain pour raconter à mi-voix ce qui fut et reste un grand amour.

  • Le vaisseau spatial terre, agité de conflits ethniques, religieux, politiques et de convulsions économiques, continue sa course à toute vitesse. Il est propulsé par plusieurs moteurs : science, économie, technique, profit, chacun portant en lui les possibilités du meilleur et du pire. Pas de pilote à bord, pas de boussole. Suit-il la bonne voie? Ne va-t-on pas vers des désastres? Est il possible de changer de voie ? Le pire est probable, mais l'improbable est souvent advenu dans l'histoire humaine. Ce livre s'essaie à un diagnostic sur le cours présent et futur de la mondialisation. Il indique comment une multiplicité de crises se trouvent enchevêtrées dans la grande crise de notre humanité qui n'arrive pas à devenir humanité. Il montre comment nous vivons à la fois le pire et le meilleur. Il indique comment peut-être un nouveau futur, encore indiscernable, a déjà commencé. Une Voie nouvelle, issue de la conjonction de myriades de voies réformatrices, pourrait nous conduire à une métamorphose encore plus étonnante que celle qui a jadis transformé de petites sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs pour engendrer les sociétés historiques

  • « Dans un sens, ce livre prolonge et actualise mon Penser l'Europe ainsi que Barbarie et culture européennes. Mais il s'agit surtout d'une « repensée de l'Europe » en notre époque de crises conjuguées, dont la crise multidimensionnelle de l'Europe, en une grande crise de l'humanité qui n'arrive pas à se constituer en humanité. Cette repensée est l'oeuvre de deux esprits frères, celui de Mauro Ceruti et le mien : je me retrouve en lui comme il se retrouve en moi. Notre communauté de pensée s'est ainsi trouvée concrétisée dans cette oeuvre méditante et militante. »                                                        Edgar Morin

  • Après le « non » au référendum qui a retenti comme un coup de tonnerre, les grands intellectuels évoquent la crise profonde de notre société. Nos pays sont malades du politique, car le politique n'existe plus. Nos sociétés sont malades du sens, car le sens ne prévaut plus. Et pourtant jamais les défis sociaux, culturels, environnementaux, bref, de civilisation, n'ont été aussi importants.
    Un livre qu'il est urgent de lire si nous voulons devenir responsables de notre avenir.

  • Ce livre vient à point nommé : au coeur de la campagne présidentielle de 2012, il place la citoyenneté française partageant deux France - les Français dits de souche et les citoyens de France - au carrefour de l'ensemble des problématiques sociétales actuelles (incertitude de l'avenir de la zone euro et repli identitaire face à l'angoisse de la finitude d'un monde - celui du néolibéralisme triomphant - dont on sent obscurément la petite mort dans sa forme actuelle ou sa transformation en quelque chose d'autre). C'est la France du XXIe siècle qui est ici dessinée. Une France qui tire partie de la globalisation du monde, c'est-à-dire de la richesse humaine du monde entier, qui s'invite chez elle et dont elle a naturellement besoin pour continuer à tenir son rang dans l'orchestre des grandes nations, historiques ou émergeantes. Au-delà de cette France renouvelée se laisse découvrir une francité en transformation qui, discrètement et sereinement, fait la part des choses : entre le respect de l'esprit du legs du peuplement historique et la sommation faite à tout nouveau citoyen de France d'origine étrangère de respecter les héritages et d'apporter sa pierre à l'édifice du projet France. Ce livre est un diptyque : un texte d'Edgar Morin : La francisation à l'épreuve et celui de Patrick Singaïny : Lettre aux Français (de souche). Etre citoyen, en France, ne veut pas dire forcément être français. S'ajoute une deuxième partie constituée de témoignages de cinq chercheurs au carrefour de la double appartenance culturelle (Sabah Abouessalam, Nacira Guénif, Misako Nemoto, Nelson Vallejo-Gomez, Yu Shuo-Bossière), de deux personnalités politiques de premier plan qui présentent la particularité d'avoir été naturalisées (Eva Joly et Manuel Valls), de textes rédigés par des auteurs faisant partie de cercles de réflexion sur le sujet (Marc Cheb Sun, Rockhaya Diallo, Doudou Diène, François Durpaire).

  • Plus que jamais, à l'occasion de la succession de Brejnev et de l'avènement de Iouri Andropov, se pose " à bout portant ", autant comme une énigme que comme une menace, la question: qu'est-ce que l'U.R.S.S.?
    Comme le constate Edgar Morin, " on a longtemps cru que le mot communisme, qu'il signifie émancipation ou, au contraire, asservissement, rendait compte de la nature de l'U.R.S.S. Le vrai problème de la nature de l'U.R.S.S. émerge dès lors qu'on ne se satisfait plus de ce mot et qu'on commence à supposer que le communisme est un masque, une illusion qui occulte la réalité qu'il prétend nommer. Ainsi commence la première prise de conscience, celle de notre cécité devant un mystère: la nature de l'U.R.S.S. L'U.R.S.S. nous apparaît alors comme le Sphinx qu'éclairent partiellement toutes les théories, à commencer par les théories marxistes, mais qui les défie et les égare toutes ".

empty