Les Presses de l'Université de Montréal

  • À l'époque du retour turbulent des identités, notamment religieuses, et dans un contexte d'érosion relative des solidarités citoyennes et des loyautés constitutionnelles, les polarisations sociales qu'engendrent les extrémismes de tout acabit nuisent à la cohésion sociale et fragilisent les fondements de nos sociétés démocratiques. Où en est la recherche en sciences sociales sur cette question ? Quels sont les débats récurrents et les enjeux qu'elle soulève ? Comment peut-elle contribuer à mettre en place des solutions ?

    En regroupant plus d'une quarantaine de spécialistes et de chercheurs issus de différentes disciplines dans une dizaine de pays occidentaux, cet ouvrage participe à sa façon à l'enrichissement des connaissances. Sur le plan théorique, d'abord, en revenant sur l'apport de plusieurs disciplines et modèles conceptuels qui permettent d'éclairer divers aspects de ce phénomène complexe. Sur le plan empirique, ensuite, en s'inscrivant dans un effort de contextualisation de l'extrémisme violent et en présentant des études de cas dans plusieurs pays occidentaux. Sur le plan des pratiques, enfin, en analysant les réponses et les politiques mises en place (ou non) pour contrer ces extrémismes en Occident.

  • Ce numéro spécial d'Intermédialités/Intermediality se penche sur les rapports qu'entretiennent les médias, le temps, et les différentes formes d'expression artistiques et culturelles. Notre réflexion part d'un point élémentaire : toute forme de communication médiée peut être entendue en termes d'espace et de temps. Qu'il s'agisse d'un contenu culturel donné, de la capacité qu'ont nos appareils d'arrêter le temps ou de le remonter, ou de la variété de développements liés à la culture digitale que nous avons pu concevoir, tout est intimement lié aux notions de temps. Avec les chaînes d'information en continu ou l'obsolescence programmée en tête, nous avons l'idée que le temps est restitué à la fois par et à travers les technologies médiatiques. Les contributions à ce numéro s'intéressent donc à un thème de recherche aussi vieux qu'excitant, mêlant la philosophie et les études médiatiques et cinématographiques à des travaux portant sur l'histoire, la géographie, les études sur les femmes et le genre, ainsi que le vaste domaine des études environnementales et écologiques. En réponse à deux articles proposés, un dossier spécial portant sur le travail du William Basinski, comportant une entrevue avec l'artiste, vient poser la relation entre les médias et la restitution du temps au coeur d'une pratique musicale.

  • Objet de vifs débats littéraires à sa parution en 1911, Le Paon d'émail fait aujourd'hui figure de classique. C'est le premier de trois recueils qui forment l'oeuvre d'une vie, rassemblée ici pour la première fois.
    En 1911, Le Paon d'émail de Paul Morin paraissait à Paris, chez Alphonse Lemerre, l'éditeur des poètes parnassiens. L'oeuvre du jeune poète de Montréal fut accueillie d'emblée comme une révélation: on n'avait rien vu de tel depuis la publication d'Émile Nelligan et son OEuvre. Paul Morin participait ainsi, avec Guy Delahaye, René Chopin et Marcel Dugas, à la révolution littéraire d'une génération en train de s'affirmer: Le Paon d'émail deviendra le livre culte de la nouvelle esthétique et il sera au coeur de toutes les polémiques opposant les « exotistes » aux écrivains régionalistes.
    Saluée comme une exceptionnelle réalisation de jeunesse, cette oeuvre placée sous l'égide de l'exotisme se terminait par un poème intitulé « À ceux de mon pays », où s'énonçait le projet d'une poésie célébrant aussi les beautés de son pays natal. On y annonçait même la publication imminente d'un recueil intitulé Les Bois et les lacs. Pourtant, le recueil suivant ne paraîtra que dix ans plus tard, après bien des déboires et des vicissitudes. Poèmes de cendre et d'or propose un parcours à rebours du temps, dans lequel la grisaille du présent n'est évoquée que pour retrouver l'enchantement des années méditerranéennes. En 1960, Morin réunira, sous le titre Géronte et son miroir, des poèmes où il jette un regard ironique sur ses années de jeunesse et sur la déchéance du poète vieilli.
    À la fin des années cinquante, Paul Morin avait formulé le projet d'une nouvelle édition de ses poèmes, qui comprendrait ses trois recueils ainsi que des poèmes retrouvés: il entretint vainement l'espoir que les Éditions Fides y donneraient suite dans la collection du Nénuphar. C'est ce projet que réalise aujourd'hui l'édition critique des OEuvres poétiques complètes dans la Bibliothèque du Nouveau Monde.
    Jacques Michon, professeur au département des lettres et communications de l'Université de Sherbrooke, dirige le Groupe de recherche sur l'édition littéraire au Québec. Il est l'auteur, notamment, de Fides, la grande aventure éditoriale du père Paul-Aimé Martin et de Émile Nelligan, les racines du rêve ainsi que de l'édition critique des Poèmes et textes d'asile d'Émile Nelligan.

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